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Pierre Versini : « Mon ambition est de redonner confiance aux Sartenais »


Rédigé par Nicole Mari le Lundi 13 Janvier 2014 à 22:52 | Modifié le Lundi 13 Janvier 2014 - 23:21


Conseiller général et conseiller municipal de Sartène, 3ème vice-président du conseil général de la Corse-du-Sud, président de la commission départementale de la Vie associative et sportive, vice-président du syndicat de l'Energie de la Corse-du-Sud, Pierre Versini est, aujourd’hui, le seul candidat déclaré à l'élection municipale de mars prochain à Sartène. Elu à l’occasion d’une Municipale partielle en juin 2009, il a décidé de conduire une liste d’ouverture. Il explique, à Corse Net Infos, les raisons de son choix, revient sur la situation politique délétère qui règne dans la ville et fustige les atermoiements de ses adversaires potentiels. Il donne rendez-vous à la jeunesse sartenaise jeudi à 17h30 à l’hôtel San Damiano.


Pierre Versini, Conseiller général et conseiller municipal de Sartène, 3ème Vice-Président du Conseil général de la Corse du Sud, Président de la commission départementale de la Vie associative et sportive, Vice-Président du syndicat de l'Energie de la Corse du Sud.
Pierre Versini, Conseiller général et conseiller municipal de Sartène, 3ème Vice-Président du Conseil général de la Corse du Sud, Président de la commission départementale de la Vie associative et sportive, Vice-Président du syndicat de l'Energie de la Corse du Sud.
- Pourquoi avez-vous décidé de vous présenter à la Mairie de Sartène ?
- Je suis parti d’un constat presque unanimement partagé par tous les Sartenais. Sartène est devenu un village qui dépérit, se meurt et, surtout, est incapable de faire face à ses obligations de chef-lieu d’arrondissement. Seul, un sursaut salutaire pourrait permettre d’endiguer cette régression largement amorcée depuis les années 80 et qui s’est, hélas, accentuée depuis 6 ans. C’est ce qui a motivé ma démarche personnelle et mon engagement. Mon ambition est de redonner confiance aux Sartenais et, surtout, aux jeunes qui représentent l’avenir de la cité.
 
- Comment se manifeste cette régression ?
- Par quelques exemples significatifs. La cité administrative s’est dévitalisée au profit de l’Extrême-Sud. La poste et son receveur ont vogué vers Propriano. Tout comme, d’ailleurs, le laboratoire d’analyse. Le lycée se vide progressivement, l’effectif d’élèves se réduit comme peau de chagrin. La sous-préfecture, qui a été maintenue par une décision politique fortuite, est menacée à terme. Les actes, qu’elle produit, ne sont plus suffisants. Tout se passe sur Porto-Vecchio et sur l’Extrême-Sud, compte-tenu de l’importance de leur bassin de vie. La zone artisanale est inopérante. Le Plan local d’urbanisme (PLU) est en souffrance depuis février 2010. 4 ans après, il n’est toujours pas publié. Nous n’avons toujours pas discuté, au sein du Conseil municipal, du PADD (Plan d’aménagement et de développement durable) du PLU, alors que c’est déjà le cas pour le PADDUC (Plan d’aménagement et de développement durable de la Corse).
 
- A quoi ou à qui imputez-vous cette situation ?
- Il y a eu plusieurs étapes. Du temps de Mr Bucchini, prévalait, à la Mairie, une conception quelque peu dogmatique. Un seul exemple : alors que Porto-Vecchio ne dispose pas encore d’un PLU, Sartène a été, dès 1976, engoncée dans un POS (Plan d’occupation des sols), pratiquement au moment où le document était initié au plan national ! Ce qui fait que des zones ont été proscrites, la construction a été limitée. Même si Porto-Vecchio n’est pas le bon exemple à suivre, on aurait pu agir différemment, plutôt que de jouer les communes vertueuses qui n’ont pas pu se développer parce qu’elles ont respecté un certain nombre de règles de droit. De cette façon, Sartène a cumulé beaucoup de retard. Le développement, aussi, c’est bien !
 
- Que reprochez-vous à la mandature actuelle ?
- Elle n’a pas eu de volonté politique réelle de reprendre les choses en main, d’incarner de nouvelles résolutions, d’aller de l’avant, de faire prospérer la commune… Elle est restée dans le train-train ! Cette mandature a suscité beaucoup d’espoir. Elle avait tout pour réussir. J’ai le sentiment d’une grande déception et d’un immense gâchis.
 
- Est-ce à cause du climat politique délétère qui règne au sein du Conseil municipal ?
- Qu’avons-nous vu pendant 6 ans ? Des conseils municipaux fixés à 8 heures du matin ! Le maire et ses adjoints ne communiquant jamais, donc ne parlant jamais des projets et des dossiers, si tant est qu’il y en ait eu ! Avec la bagatelle de 3 premiers adjoints différents au fur et à mesure des démissions successives ! C’est un triste record en Corse, voire au-delà. Dans ces conditions-là, il était très difficile de travailler dans la sérénité et de produire quelque chose d’intéressant, d’initier des projets, de les mener à terme, de conclure des procédures... Cette analyse est partagée par le plus grand nombre de conseillers municipaux.
 
- Avez-vous tenté d’y remédier ?
- Quand je suis arrivé, j’ai essayé d’instaurer une méthode de travail simple et cohérente : fixer les conseils municipaux à date fixe, plutôt en fin de journée pour que les élus soient disponibles, réunir les commissions organiques et la Direction municipale pour que le maire et les adjoints se parlent ! Je regrette que mes tentatives réitérées, y compris par écrit, auprès du maire, n’aient pas abouti. Autour de Paul Quilichini (maire sortant), il ne reste plus que 2 conseillers municipaux sur 23. C’est, quand même, révélateur ! C’est un constat d’échec !
 
- Comment expliquez-vous que vous soyez, à 2 mois du scrutin, le seul candidat déclaré ?
- Je ne peux pas l’expliquer. Je trouve ahurissant qu’à 2 mois d’une élection de cette importance pour Sartène, aucun de mes concurrents présumés ne se soit encore déclaré ! Je suis le seul candidat déclaré depuis le 18 mai 2013. Le fait que les autres prétendants potentiels ne se soient pas déclarés est un manque de respect flagrant à l’égard des Sartenais. Je le regrette.
 
- Vous présentez-vous sous l’étiquette UMP ?
- Je suis très clairement un homme de droite. Mais, je me présente dans le cadre d’une campagne municipale sans esprit partisan. Brandir l’étiquette UMP ne va pas régler les problèmes de Sartène ! Ce qui compte est de fédérer l’ensemble des Sartenais et l’ensemble des tendances dans une liste représentative qui allie, à la fois, la compétence et une certaine liberté politique. Chacun, sur ma liste, a sa propre opinion politique : nationaliste, gauche et même communiste, c’est vous dire !
 
- Communiste ! Est-ce que ce sont des anti-Bucchini ?
- Non ! Pas du tout ! Ce sont surtout des Pro-Versini ! Ce sont des gens convaincus par ma démarche, qui adhèrent au programme que je propose. Pour régler les problèmes de Sartène, il faut une volonté, un engagement, une bonne équipe au service des Sartenais. Je suis partisan de soumettre à mes colistiers une charte d’engagement individuel qu’ils devront signer et qui sera rendue publique. Les Sartenais sauront exactement sur quoi nous nous engageons. C’est une question de morale quand on voit les délitements qui interviennent par la suite. Pour moi, c’est fondamental ! Faire de la politique, c’est se mettre au service des gens. Il ne s’agit pas seulement de le dire, mais de le faire ! Mon parcours de conseiller général le démontre et les Sartenais le savent.
 
- Que proposez-vous pour Sartène ?
- En tant que conseiller général, je me suis beaucoup investi pour promouvoir Sartène et le canton. Le musée a rouvert ses portes, un an après mon élection, alors qu’il était fermé depuis 10 ans. A Casa di Roccapina, pour laquelle je me suis beaucoup battu, est, aujourd’hui, avec plus de 5000 visiteurs sur une demi-saison, un succès. Les routes ont été reconstruites et la dernière d’entre-elles est en passe de l’être. J’ai finalisé le projet de Maison du département, dont les travaux débuteront sous peu. Ce projet, important pour la microrégion, regroupera, en une sorte de guichet unique, tous les services départementaux disséminés dans la ville. Le dispositif d’irrigation de Cauria a été réalisé grâce à l’investissement du Conseil général et de l’Etat. Tout comme le projet de construction de l’unité d’Alzeimher de 15 lits à l’hôpital de Sartène où le département est partie prenante à hauteur de 3 millions €. J’ai créé un service d’accompagnement à la vie sociale (SAVS) pour les personnes handicapées. D’autres services seront implantés, je m’y engage fermement. Au terme de mon mandat de conseiller général en 2015, nous aurons investi entre 25 et 30 millions € sur Sartène et son canton.
 
- Quel est votre objectif pour la commune ?
- Mon objectif est d’essayer de faire la même chose pour Sartène en tant que maire. Mon programme, que je dévoilerai au moment venu, s’articule autour de 3 axes forts : la culture, le bâtiment et l’environnement. J’ai l’intention, si je suis élu, de me consacrer à 100%, avec mon équipe, à ma ville car je sais que ce sera difficile et qu’il faudra beaucoup d’investissement personnel pour extraire Sartène de l’ornière actuelle. Ma priorité sera, d’abord, la propreté de la ville, je dirais même l’hygiène à certains endroits !
 
- La ville n’est-elle pas propre ?
- C’est de notoriété publique ! La communauté de communes est chargée de l’enlèvement des ordures ménagères. Mais, à partir du moment où vous gérez un périmètre urbain, c’est aussi aux responsables municipaux d’y veiller et de traiter les endroits les plus obscurs. Il faudra, aussi, construire en faisant travailler les entreprises locales. Par exemple, un pôle Petite enfance qui regrouperait la crèche associative, le centre aéré et l’école maternelle. Ou encore des logements sociaux, un parking… Egalement créer un office municipal des sports. Et, surtout, il faut recréer le tissu associatif voué à la solidarité, qui a complètement disparu. Il n’y a plus aucune structure : ni Secours catholique, ni Resto du Cœur, ni Croix rouge.
 
- Vous insistez sur les jeunes. Que prévoyez-vous pour eux ?
- A Sartène, la tranche d’âge 18-30 ans est largement représentée avec environ 300 jeunes. La plupart sont désespérés parce qu’ils ne trouvent pas d’emploi et ont tendance à partir, à voguer vers des eaux plus clémentes. La renaissance de Sartène passe obligatoirement par leur engagement et par leur enracinement local. Mais, pour les retenir, pour qu’ils puissent fonder une famille sur place, il faut que la ville prospère. C’est un cercle vicieux ! Je leur donne rendez-vous le jeudi 16 janvier à 17h30 dans la grande salle de l’hôtel San Damiano pour une réunion d’information interactive afin qu’ils nous disent comment ils voient l’avenir de Sartène et fassent des propositions. Mon intention est d’intégrer leurs propositions dans mon programme. C’est ma façon de leur montrer à quel point je m’intéresse à eux et à quel point ils sont importants. J’espère qu’ils viendront nombreux.
 
- La rumeur donne Dominique Bucchini favori, s’il se présentait. Etes-vous confiant ?
- Je suis très confiant. Je ne tiens pas compte des rumeurs. Quand à Mr Bucchini, il n’est pas déclaré, il tergiverse, il ne sait pas encore s’il va ou non conduire une liste. En 2001, il a été battu. Je suis le seul à candidat m’être déclaré. Je fais campagne. J’organise des réunions. Je parle de mon programme. Je propose une voie nouvelle. Je m’engage résolument pour ma commune et je fais de la politique pour elle ! J’ai un bilan en tant que conseiller général. Les Sartenais savent que je tiens mes engagements. Ce qui est essentiel pour moi, et que j’ai toujours accompli dans ma démarche politique depuis que je suis élu, c’est de remettre l’intérêt général au centre du débat, au cœur du dispositif. C’est le moteur de mon action et cela me rend très confiant.
 
- L’élection de Sartène pourrait se jouer à Porto-Vecchio. Ne craignez-vous pas la persistance de ce syndrome porto-vecchiais que vous avez déjà dénoncé ?
- C’est une situation politique que j’avais, effectivement, déjà dénoncée au moment des Législatives. A ce moment-là, le Front de gauche, porté par Dominique Bucchini, s’est associé avec les Nationalistes pour booster la candidature de Jean-Christophe Angelini au 2nd tour. Cette union s’est faite au détriment de l’intéressé parce qu’on ne peut pas dire que les résultats sur Sartène, avec quelques 200 bulletins nuls, aient été bons. En l’occurrence, ce ne serait, donc, pas une crainte. Si cette alliance se reproduisait, j’en serais le premier satisfait ! Maintenant, chacun procède comme il l’entend. Tout ce que je peux dire, c’est que Sartène est à la croisée des chemins. Si rien ne se passe, on coule !
 
- C’est-à-dire ?
- Pour que les jeunes puissent s’enraciner sur Sartène, fonder des foyers, il faut faire l’effort utile. C’est le dernier espoir, puisque les politiques, menées jusque-là, ont montré leurs limites !
 Propos recueillis par Nicole MARI.
 
Réunion d’information interactive avec la jeunesse, le jeudi 16 janvier à 17h30 dans la grande salle de l’hôtel San Damiano.



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