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Paul Giacobbi mis en examen pour "détournement de fonds publics"


Rédigé par Nicole Mari le Mardi 21 Juillet 2015 à 19:37 | Modifié le Mercredi 22 Juillet 2015 - 14:15


Paul Giacobbi, président du Conseil exécutif de Corse, a été entendu pendant plus de 13 heures par le juge Thomas Meindl dans l'affaire des gîtes ruraux du Conseil général de Haute-Corse. Une audition, dont la longueur inhabituelle, surprend. Paul Giacobbi est mis en examen pour « détournement de fonds publics ». 16 personnes, dont 12 élus et 4 fonctionnaires, ont déjà été inculpées dans cette affaire.


Paul Giacobbi mis en examen pour "détournement de fonds publics"
C’est accompagné de son avocat, Me Jean Louis Seatelli, et de ses gardes du corps, que le président du Conseil exécutif de Corse et député de la 2ème circonscription de Haute-Corse, Paul Giacobbi, s’est rendu, mardi matin, au Tribunal de grande instance de Bastia pour être entendu dans l'affaire des gîtes ruraux. Arrivé au Palais de justice incognito à 9 heures par la souricière, l'entrée réservée aux magistrats, Paul Giacobbi a fait un crochet par le bureau de procureur général, avant de rejoindre celui du juge d’instruction Thomas Meindl. Ce magistrat, qui a intégré, à l’automne dernier, le pôle économique et financier de Bastia, l’a convoqué pour un interrogatoire de 1ère comparution à des fins de mise en examen dans le dossier de détournements présumés de fonds publics au détriment du Conseil général de Haute-Corse.

Détournements de fonds publics
Ces détournements, estimés à près de 480 000 €, sont intervenus entre 2008 et 2010, sous la présidence de Paul Giacobbi. Ils consisteraient en des subventions indument versées à certains de ses proches, élus ou conseillers politiques, qui prétendaient posséder des gites ayant le label national « Gîtes de France ». Ils auraient obtenu du département des subventions pour la rénovation de pseudo-gites ruraux, puis les auraient détournées et utilisées pour réaliser des travaux dans leur résidence privée. L’affaire est révélée, par Tracfin, en avril 2011, juste après l’assassinat de Dominique Domarchi. 16 personnes bénéficiaires, dont 12 proches de Paul Giacobbi et 4 fonctionnaires du Conseil général, ont déjà été mises en examen pour « détournement d'argent public, escroquerie et abus de biens sociaux ». Le Conseil général de la Haute-Corse s'est constitué partie civile. 
 
Les 3 plaintes d’Anticor
La justice n’avait, pour l’instant, pas jugé utile d’auditionner celui qui fut président du Conseil général à l’époque des faits. L’affaire semblait enlisée, quand une plainte de l’Association de lutte contre la corruption, Anticor, la fait rebondir en avril dernier. Anticor dépose trois plaintes contre X sur trois dossiers impliquant le Conseil général de la Haute-Corse. La première est celle des gîtes ruraux. La seconde porte sur des soupçons de détournements de fonds publics d'une association inconnue d'aide aux jeunes errants. Fondée en 2008, disparue en 2013, elle aurait perçu près de 700 000 € de subventions. La troisième concerne des emplois fictifs. Paul Giacobbi, affirmant qu’il n’avait rien à voir dans ces affaires « montées de toutes pièces », se disait : « serein et prêt à répondre à toutes les questions du juge sur toutes les affaires ».
 
Une longue journée
Le juge Meindl, assisté du juge Patrice Revel, ne l’aurait, à priori, interrogé que sur le seul dossier des gites ruraux où il avait, de source judiciaire, « plusieurs dizaines de questions » à lui poser. Au total, ce fut une centaine. La question-clé est de savoir si, oui ou non, Paul Giacobbi était au courant des détournements de fonds attribués à ses proches et s’il en a été complice. Rien n’a filtré pendant toute la durée de la très longue audition qui a duré toute la journée de mardi, soit plus de 13 heures, et dont la longueur inhabituelle a surpris et agité le landernau judiciaire bastiais. Finalement, Paul Giacobbi a été mis en examen pour « détournement de fonds publics entre 2007 et 2010 ».
 
Des indices graves
Pour le procureur Nicolas Bessone : « Il est reproché à Paul Giacobbi d’avoir participé au système qui a permis d’attribuer des subventions. Les explications de Paul Giacobbi n’ont pas été jugées suffisantes. Les magistrats ont estimé qu’il existait des indices graves et concordants pour établir sa responsabilité, mais il demeure, à ce stade de la procédure, présumé innocent ». Aucune mesure n’a été prise à l’encontre de Paul Giacobbi qui bénéficie toujours de l’immunité parlementaire. « Il est mis en examen, mais reste libre de ses moments et n’est pas astreint au contrôle judiciaire ». Le président de l’Exécutif qui « conteste l’ensemble des faits qui lui sont reprochés » a signé un procès-verbal de 33 pages avant de disparaître discrètement. Son avocat s’est refusé à tout commentaire.
 
D’autres inculpations
Cette mise en examen, qui fait suite à diverses perquisitions, pourrait bien en déclencher d’autres. Quoi qu’il en soit, Paul Giacobbi devrait, de toute façon, être, également, entendu dans les deux autres affaires. Comme il l’avait prophétisé lui-même, le président de l’Exécutif de Corse, candidat à sa propre succession, entre, à 5 mois des élections territoriales dans une zone de grandes turbulences !
N.M.
 




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