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Municipales à Ajaccio : Tête à tête avec... José Filippi


Rédigé par Vanina Bruna le Samedi 11 Janvier 2014 à 21:04 | Modifié le Samedi 11 Janvier 2014 - 22:53


Après Laurent Marcangeli, Jean-Paul Carrolaggi et Simon Renucci Vanina Bruna a rencontré José Filippi, chef de file de la liste Aiacciu Cità Nova, en tête à tête…


Si vous deviez vous définir en quelques mots en tant qu'homme?

Municipales à Ajaccio : Tête à tête avec... José Filippi
Déterminé, passionné, avec des convictions. Ce qui est dur, c'est que j'ai souvent du mal à admettre qu'il faut composer. Mais l'âge et l’expérience aidant, il est toujours bon de prendre un peu de recul. Je suis opiniâtre aussi. Lorsque je m'accroche à une idée, je veux aller jusqu'au bout. Dans la mesure ou c'est réalisable, j'aime aller au bout de mes projets.

Qu'aimez-vous dans la vie?

Tout ce qui a trait à la famille. J'ai une grande famille, j'aime en profiter, passer du temps et partager les bonnes choses avec eux. J'accorde beaucoup de temps à ma mère. En dehors de ça, je suis passionné de montagne. Tout le reste du temps, je le consacre à mon travail, et à ma passion pour les finances publiques, domaine dans lequel je suis formateur à la base. L'organisation et la gestion des collectivités me passionnent également. 

Qu'est-ce qui vous a amené à faire de la politique?

Je ne me définis pas comme un politique. Chaque fois que j'en ai fait, ce sont mes amis qui m'ont sollicité pour apporter des solutions à des problémes qu'ils avaient en charge, en matière de gestion des collectivités. Puis les élections aidant, les rencontres ont fait que je me suis impliqué de plus en plus et les choses sont venues naturellement.  

Vous vous êtes donc retrouvé en tête de liste naturellement?

Sur Ajaccio oui ! En fait sur Ajaccio, j'ai vu passer des militants nationalistes, même si pendant quelques années je ne me suis pas trop impliqué. J'étais premier élu STC en 1985. Après 2010, des amis nationalistes m'ont demandé de les aider à structurer leur parti, ce que j'ai fait. J'ai travaillé avec toute l'équipe. En perspective des municipales, on m'a demandé de monter un projet et d'animer une équipe de travail. Nous nous sommes donc naturellement réunis, anciens et jeunes nationalistes, et nous avons pensé qu'il était intéressant de s’asseoir autour d'une table et d'imaginer un projet sur le bloc communal. Au bout de plusieurs heures de travail, nous nous sommes aperçus que nous ne savions plus qui était dans quel mouvement. C'est plus le contenu de ce que nous disions, que le fait d'être dans une liste qui nous a rapproché et nous a amené à l'union. Il s'agit d'une opération qui est faite dans le cadre des municipales, C'est une démarche originale. D'ailleurs, le score respectable du premier sondage, tend à démontrer que nous avions raison. C'est ce que j'entends en permanence, "il était temps que vous vous unissiez et que vous fassiez quelque chose". L'union est quelque chose de souhaitable, pas seulement l'union des nationalistes, mais l'union de tous les corses. Pour se battre pour les intérêts de ce pays, pas besoin d'être nationaliste, il y a des gens de toutes tendances, même des gens qui ne font pas de politique qui ont le souci de vivre ici, et de vivre bien, Nous avons la modeste prétention de bâtir un projet dans lequel tout le monde se retrouve. 

En parlant d'alliance, que penseze-vous de celle passée entre Aiaccini et Simon Renucci? Et y a-t-il eu consultation avec votre parti à ce sujet?

Je ne juge pas. Les gens sont libres. Consultation ? Personnellement je ne suis pas au courant. Nous ne sommes pas du tout dans une démarche de ce type là ! Pour une fois, tous les mouvements nationalistes s'unissent, pour Aiaccini, il s'agit plus de démarches individuelles. Ceci étant, c'est une démarche qui est respectable, et je pense que ce sont des nationalistes sincères. En ce qui nous concerne , nous avons fait un choix totalement différent. Nous refusons, nous rejetons la politique de Simon Renucci qui, pendant treize ans, a mis la ville dans l'état où elle est, et bien entendu, de l'autre coté, la droite n'a pas fait mieux ! Si aujourd'hui nous en sommes là, c'est que les autres ont échoué. Nous ne pouvons donc décemment pas partir sur une liste avec les sortants. 

Et en cas de défaite, allez-vous appeler au vote pour l'un ou l'autre, ou alors vous abstenir ?

Pas du tout ! D'abord, je pense que nous ferons un très bon score et de plus nous ne sommes pas dans une perspective d'alliance avec qui que ce soit. En ce qui nous concerne, nous avons un idéal. Ce que nous voulons, c'est faire un très bon score au premier tour. Ce que je ressens autour de moi, c'est l'envie de continuer ! Nous ne sommes pas là après un poste d'adjoint ou de vice-président. Ce qui nous intéresse, c'est de faire passer nos idées. Il est hors de question pour nous d'aller avec une des deux tendances pour la faire gagner ! Et quand bien même il y aurait un marché passé avec eux, pour les faire gagner, je pense que les exigences que nous aurions avec eux seraient tellement hautes, que je n'envisage pas un seul instant qu'il l'accepte. Cela voudrait dire qu'il renonce au type de management et de gouvernance actuel, si tant est qu'on puisse parler de gouvernance actuellement. Nous ne sommes pas du tout dans cette logique là. En ce qui nous concerne, le combat nous le menons, sur nos idées, et jusqu'au bout. Pour le moment il est hors de question de s'allier avec qui que ce soit. 

Quelle place pour Ajaccio dans l'Europe dans votre programme?

C'est un des objectifs que l'on veut porter pour cette ville, parce qu'elle est totalement isolée. Ne serait ce qu'au niveau local, les guerres avec le département, avec la CTC. La municipalité est en rupture de bord, nous voyons très bien qu'elle est incapable de négocier quoique ce soit. Les subventions qu couvrent les investissements sont dérisoires, Qu'il s'agisse au niveau local, au niveau national, ou au niveau international, ce que nous prônons dans nos projets, c'est la coopération et la concertation. Nous allons vendre Ajaccio au niveau de l'Europe, c'est la raison pour laquelle nous avons trois axes stratégiques. L'identité et la culture comme vecteur de lien social, le développement de la coopération et des partenariats, notamment avec l'Europe, de nouveaux moyens fondés sur la mutualisation et une stratégie financière originale. Ces trois grands axes sont déclinés en une vingtaine d'objectifs stratégiques qui seront publiés la semaine prochaine lorsque nous proposerons notre plan qui prévoit 196 millions d'euros de travaux sur six ans.

Quelle place pour la culture dans votre programme?

Très importante. La culture, les instruments et les acteurs culturels. La culture à travers l'identité evidemment, qui tiendra une part très importante, mais aussi à travers la richesse d'Ajaccio, à travers son histoire, avec Napoléon Bonaparte. Dans nos propositions, la culture est un de nos objectifs prioritaires, il faut que tous les acteurs se réunissent sur un même projet, en incluant les associations à nos projets. Dans le nationalisme on ne paut pas passer à coté de la culture, c'est aussi un vecteur de développement économique.

Qu'est-ce que vous prévoyez pour le logement et pour l'emploi dans votre programme?

En premier lieu il y aura un dispositif de suivi des 16-25 ans, nous nous impliquerons directement avec eux dans une prise en charge suivie. Des mesures sont prises en ce sens dans notre programme. Le logement est également une de nos priorités. La politique du logement qui a été menée jusqu'à aujourd'hui est un échec patent. Les objectifs du PLH qui a été voté en 2006 n'ont pas été atteints. Le PLH qui va être voté est encore plus ambitieux, je me demande comment avec ce qu'ils n'ont pas pu faire jusqu'à aujourd'hui ils vont pouvoir faire maintenant. Pour nous les choses sont très simples. Pour le logement, au niveau de ce qui existe, il y aura une répartition beaucoup plus équitable, plus juste et beaucoup moins opaque qu'elle ne l'est aujourd'hui, avec des attributions très souvent clientéliste. Mais il y aussi et surtout une originalité dans notre programme, nous avons l'intention de monter une SPA, Société Publique d'Aménagement local qui sera constituée essentiellement de capitaux publics, qui sera opérateur, qui construira de logements, et qui exploitera le parc. Nous ne voulons pas qu'il y ait une seule société qui ait le monopole, c'est à dire Erilia aujourd'hui, nous voulons construire et gérer notre propre société d'aménagement. Nous disposerons du foncier qui nous permettra de construire des logements et de les distribuer, en priorité, à des gens qui en ont réellement besoin. 

Que diriez-vous aux électeurs qui hésitent encore?

Je leur dirai qu'ils ont une opportunité fantastique aujourd'hui, c'est de voter pour une équipe dynamique, qui est généreuse, qui a démontré en œuvrant pour l'union des corses qu'elle a une compétence incontestable et reconnue aujourd'hui. Ils savent d'où ils viennent et ce qui s'est fait jusqu'à présent, nous ne pouvons faire que mieux. Nous avons un idéal, c'est le bien de cette ville et de ses habitants, c'est l'identité ajaccienne. Qu'ils nous laissent simplement notre chance de mettre en œuvre nos objectifs sur six ans à partir d'un programme que nous allons leur offrir, qu'ils pourront analyser, et pour lequel nous sommes prêts à discuter avec les interlocuteurs qui s'intéressent à la politique. Ce programme est fait par des militants ajacciens et nous n'avons pas fait appel à des cabinets extérieurs. Nous pensons avec nos têtes! 



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