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Moustique-tigre en Corse : 14 cas suspects et 1 cas de chikungunya importé en 2015


Rédigé par le Vendredi 24 Juin 2016 à 21:22 | Modifié le Vendredi 24 Juin 2016 - 22:06


L'ARS de Corse a présenté jeudi son plan de lutte contre le moustique tigre et les différentes mesures à prendre, collectivement ou au sein des foyers, pour éviter la prolifération de ces insectes et une possible épidémie.


Moustique-tigre en Corse : 14 cas suspects et 1 cas de chikungunya importé en 2015
Il existe en Corse environ 47 espèces de moustiques, présentant chacune des caractéristiques différentes. Parmi ces espèces, 5 ou 6 peuvent potentiellement propager des maladies chez l’Homme : les « moustiques vecteurs ».
Ainsi il est important de lutter contre ces moustiques pour à la fois réduire la nuisance occasionnée par les piqûres et prévenir l’apparition d’épidémies. Les pouvoirs publics sont impliqués dans cette lutte mais chacun, à domicile, a aussi un rôle à jouer.
Depuis 1987, la Corse du Sud et la Haute-Corse sont présents dans la liste des départements concernés par les mesures de lutte contre les maladies humaines transmises par des insectes.


En 2006 et 2007, la Haute-Corse puis la Corse-du-Sud ont été classés en « niveau 1 albopictus » du plan national anti-dissémination de la dengue et du chikungunya, qui compte 6 niveaux. La présence du moustique tigre est donc avérée, il est durablement implanté et actif, ce qui nécessite une vigilance des acteurs pour éviter l’apparition, en Corse, de cas de dengue, de chikungunya ou de Zika. 
 
Les acteurs de la lutte
Il s'agit, essentiellement, des conseils départementaux qui opèrent la démoustication dite « de confort », contre les « moustiques nuisants » dans la vie du quotidien.
Il leur revient également la mise en œuvre opérationnelle de la lutte antivectorielle, contre les moustiques potentiellement vecteurs de maladies.
La définition de la stratégie de lutte contre les moustiques vecteurs relève de la compétence de l’État.
L’agence régionale de santé (ARS) exerce les missions de surveillances : entomologique, en partenariat avec l’office de l’environnement de la Corse (OEC), et épidémiologique, en lien avec la cellule d’intervention en région de Santé publique France (Cire sud PACA-Corse)
L’information et l’éducation sanitaire sont des mesures conjointes.
 
Présence du moustique-tigre en Corse
Depuis dix ans, un réseau complet de pièges pondoirs a été déployé sur l’ensemble de l’île et évolue parallèlement à la progression de la colonisation. Fin 2015, plus de 95 % des communes corses connaissent une implantation durable de ce moustique.
Cette année, le moustique-tigre s’est « réveillé » plus tôt que les années précédentes (a minima deux semaines de précocité dans certains secteurs). Les causes de cette précocité restent encore à étudier. La période hivernale particulièrement douce n’est probablement pas étrangère à un tel phénomène.
 
Maladies transmises par le moustique-tigre : Nouveau virus en 2016
 Aedes albopictus peut transmettre des virus comme ceux de la dengue, du chikungunya et du Zika. Ce moustique n’est à l’origine pas porteur de ces virus, mais en piquant une personne infectée revenant d’une zone épidémique, il peut développer le virus et ainsi le véhiculer à d’autres personnes par piqûres.
L’épidémie de Zika sévissant actuellement en Amérique du Sud et dans les départements français d’Amérique (Antilles et Guyane) est à surveiller car, au même titre que le virus du chikungunya et de  la dengue, le virus Zika peut être propagé par le moustique.
Ce « nouveau » virus (sous nos latitudes) présente une très forte proportion de formes sans (ou avec peu de) symptômes (environ 80 % des cas). Toutefois, les formes sévères associées (atteintes neurologiques de type syndrome de Guillain-Barré ou malformations cérébrales fœtales), bien que rares, sont potentiellement graves et nécessitent donc d’être surveillées.
Pour l’année 2016 et à ce jour, aucun cas confirmé importé et virémique en Corse n’a été déclaré.
 
Bilan épidémiologique 2015
Depuis 2006, un système national de signalement accéléré de cas a été mis en place afin de pouvoir détecter au plus tôt des personnes revenant en Corse (et dans toute la zone métropolitaine concernée) avec l’une de ces maladies. Ce dispositif deux objectifs principaux : avoir une prise en charge médicale adaptée pour la personne malade ; la soustraire au risque de piqûre afin d’éviter une chaîne de transmission.
Les actions de lutte contre ce moustique ont lieu lors du signalement de cas suspects importés, afin d’éviter la transmission de cas secondaires. Durant la saison favorable au moustique (du 1er mai au 30 novembre), les professionnels de santé suspectant un cas de chikungunya, de dengue ou de Zika, de retour d’une zone où ces maladies sont présentes, doivent le signaler à la plateforme régionale de réception des signaux de l’ARS, sans attendre la confirmation des analyses biologiques.
L’ARS informe le conseil départemental concerné pour effectuer des actions de démoustication dans les différents lieux de vie de la personne. Ces opérations doivent être menées le plus tôt possible, afin d’éliminer les moustiques qui auraient pu la piquer avant la visite chez le médecin et éviter ainsi des cas de transmission secondaire.
Ces actions de terrain sont réalisées par les personnels formés, équipés et habilités des conseils départementaux. Les substances actives utilisées contre Aedes albopictus sont des biocides autorisés. Les traitements sont ciblés et conduits par voie terrestre. Dans tous les cas, les interventions sont respectueuses des espaces naturels protégés et sensibles.
En Corse, en 2015, on a recensé 14 cas suspects signalés, pour 1 seul cas confirmé importé de chikungunya.
A la demande de l’ARS, 4 de ces cas suspects ont entraîné des traitements par le conseil départemental de la Corse-du-Sud dans le cadre de la lutte opérationnelle antivectorielle. Un traitement a également été réalisé par le conseil départemental de Haute-Corse. Il est rappelé qu’il n’y a encore jamais eu de cas autochtone en Corse.
 
Actions de sensibilisation, formation et information
Pour limiter le risque de transmission d’un virus importé par des personnes ayant séjourné dans des zones d’épidémie et donc potentiellement contagieuses, il est nécessaire que des précautions soient prises pour réduire les piqûres.
Les agents du conseil départemental ne peuvent accéder à toutes les caves, vides sanitaires, gouttières ainsi qu’aux différents réceptacles. Le moustique, lui, en est capable.
En revanche, les particuliers peuvent empêcher la création de gîte larvaire en éliminant les stagnations d’eau, en surveillant les fosses septiques, en entretenant leur piscine, etc. Ces gestes font indéniablement partie intégrante de la lutte contre le moustique. A ce titre, il est nécessaire de poursuivre et d’amplifier les actions de communication, afin de sensibiliser le plus grand nombre de personnes par des messages de lutte responsable contenant des bonnes pratiques à mettre en œuvre par chacun.
Cette année, les actions suivantes réalisées ou amorcées les années précédentes sont poursuivies :
  • professionnels de santé
Tous les ans, au début de la saison, des documents (fiches de signalement, fiches sur les moyens de protection individuelle) sont diffusés aux médecins susceptibles d’accueillir en première intention des patients ayant des symptômes ressemblant au chikungunya, à la dengue ou au Zika, i.e généralistes, urgentistes, rhumatologues, gynécologues-obstétriciens, pédiatres et biologistes. Un courrier d’information est également diffusé aux établissements de santé et aux laboratoires de biologie médicale.
  • communes
En 2015, les maires ont reçu un courrier d’information et de sensibilisation signé par les présidents des conseils départementaux, les présidents des associations des maires et le directeur général de l’ARS.
  • population
Afin d’éviter la survenue de cas autochtones, la lutte contre la colonisation et contre l’augmentation de la densité de ce moustique s’avère indispensable. Étant inenvisageable d’utiliser des traitements en continu, même biologiques, il convient alors de lutter contre les gîtes larvaires (bidons, gouttières, coupelles de pots de fleurs, citernes, etc.)
 
Parmi les actions menées, l’ARS et les conseils départementaux réalisent des campagnes d’information pour améliorer les connaissances de la population et réduire le comportement à risque des personnes. L’office de l’environnement de la Corse diffuse également régulièrement des « actus » à destination du grand public.
Enfin, sur le terrain, le CD2A et le CD2B ont distribué plusieurs milliers de prospectus de sensibilisation et ont participé à des manifestations grand-public : « fête de la nature » pour le CD2A, « mer en fête », « semaine du développement durable », « fête de la science » pour le CD2B, qui ont permis d’informer plus de 1.500 personnes.
 
  • scolaires
  •  
Suite à un appel à projet de l’ARS, le conseil départemental de Corse du sud a développé une action de sensibilisation du public scolaire en 2013/2014 et élaboré des ateliers pédagogiques. Afin d’étendre ces actions, l’ARS et le CD2A ont signé une convention fin 2015 pour recruter et former des volontaires du service civique afin qu’ils réalisent, en accord avec le rectorat et l’inspection académique de Corse du sud, des interventions auprès de plusieurs centaines d’élèves du primaire.
En Haute-Corse, le département a poursuivi une initiative, déployée depuis 5 ans, de sensibilisation des jeunes publics et écoles. Cette action est fondée sur le déploiement de deux ateliers : « à la découverte du moustique », qui se déroule en milieu scolaire et « à la recherche des gîtes larvaires », intervention réalisée sur le terrain, associant des supports et fiches pédagogiques.
  • voyageurs
Suite à l’épidémie de chikungunya ayant eu lieu aux Antilles en 2014, les agences de voyage sont sensibilisées par l’OEC au risque d’introduction des virus liés aux voyageurs de retour de la zone.
De plus, en lien avec l’ARS, Santé publique France envoie aux différents points d’entrée (ports maritimes et aéroports) de la Corse des documents de prévention (affiches, dépliants) à destination des voyageurs partant dans des zones endémiques ou revenant sur le territoire.





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