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Michel Stefani : " 140 millions d'euros pour moderniser les chemins de fer


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 9 Août 2012 à 14:44 | Modifié le Vendredi 28 Décembre 2012 - 09:58


Fin juillet, l’Assemblée territoriale a adopté, à l’unanimité, le schéma directeur des investissements ferroviaires sur dix ans, d’un montant de 140 millions €. Président des Chemins de fer de la Corse (CFC), l’élu territorial du Front de Gauche, Michel Stefani, explique, à Corse Net Infos, que ce schéma est une étape décisive pour moderniser le rail corse. Il prévoit l’achat de 8 rames neuves pour les lignes urbaines et péri-urbaines et la gratuité pour les étudiants sur la desserte de l’Université de Corte.


Michel Stefani : " 140 millions d'euros pour moderniser les chemins de fer
 Quel est l’objectif du schéma directeur des CFC ? - Ce schéma directeur, présenté par l’Exécutif, constitue une étape décisive dans la modernisation des chemins de fer de la Corse. Cette présentation s’est faite de manière concomitante avec le lancement des travaux d’élaboration du PADDUC, le Plan d’aménagement et de développement durable de la Corse. Ce qui montre une certaine cohérence dans les objectifs politiques que la majorité se fixe. Nous avons adopté un schéma d’investissement ferroviaire pour dix ans, d’un montant de 140 millions €, qui doit nous permettre d’examiner le devenir du chemin de fer sur 30, voir 40 ans.
 
- En quoi consistent ces investissements ?
- Ils incluent des investissements particuliers, comme la commande centrale pour voie unique, qui devraient améliorer la fluidité, la gestion des trafics, le cadencement et les capacités dans une sécurité renforcée. Ils portent aussi sur l’amélioration et la remise à niveau, là où c’est nécessaire, de la voie et d’un certain nombre d’ouvrages d’arts. Ils concernent l’intermodalité afin de mieux connecter le chemin de fer avec les usagers qui pourraient l’utiliser. Les usagers, ce sont les individus, mais aussi les entreprises, et nous réfléchissons à développer le fret. Nous allons, d’ailleurs, conduire une étude commerciale et technique sur le sujet. Enfin, ce schéma va permettre le lancement de l’étude de l’extension de la ligne en plaine orientale.
 
- Y-a-t-il des investissements prévus au niveau du matériel roulant ?
- Oui. L’achat de matériels nouveaux qui répondraient mieux aux besoins, qui sont les nôtres, dans les services urbains et suburbains. Les rames Soules ou les rames 2000 sont anciennes, il faudrait les réhabiliter et engager, là-dessus, beaucoup d’argent. Le choix de l’Exécutif me semble plus judicieux de s’orienter vers l’achat de 8 rames neuves qui se rapprocheraient de ce que nous définissons comme du tram-train. Ces rames seront affectées sur les dessertes urbaines et péri-urbaines.
 
- Avez-vous réparti les montants ou juste défini les grandes lignes ?
- Ce schéma, à la fois, trace des grandes lignes et fait preuve d’une grande précision car tout y est détaillé : les projets concernant la voie, le matériel roulant, la sécurisation, les dessertes urbaines et péri-urbaines et l’extension de la ligne en plaine orientale. C’est précis. Savoir, aujourd’hui, quels seront les types de financement qui permettront de réaliser ces projets est un peu compliqué. Nous savons déjà qu’il y aura des investissements de l’Etat, d’autres garantis par les fonds européens du FEDER et certains inscrits au PEI (Plan exceptionnel d’investissements). La maquette financière est suffisamment précise, ainsi que les différents niveaux d’intervention et les institutions qui participeront à ces investissements.
 
- Qu’est-il prévu pour la rentrée ?
- En septembre, va se mettre en place le plan transport d’hiver. Nous avons prévu un certain nombre de dispositions particulières, notamment la desserte spécifique de l’université de Corse et d’un service dédié aux étudiants pour lequel nous envisageons la gratuité si, évidemment, les élus de la CTC nous suivent dans ce choix. Nous serons aussi amenés à délibérer pour confier l’étude de l’extension de la ligne en Plaine Orientale. Plus tard, nous nous occuperons de la commande centrale pour voie unique qui est une question importante dans la maquette financière. Nous estimons, aujourd’hui, cet investissement à près de 20 millions €. Lui aussi, nécessite des études et des pré-études et une assistance à maîtrise d’ouvrage. Tout cela doit se mettre en place.
 
- D’autres délibérations sont-elles prévues à la CTC ?
- Oui. Il y a encore matière à délibérer parce que le schéma des investissements ferroviaires, tel qu’il est aujourd’hui, définit de grandes orientations, une méthode et un ensemble de priorités hiérarchisées. Nous serons amenés à revenir, de manière régulière, devant l’Assemblée, pour que celle-ci se prononce au fur et à mesure de l’évolution de ce schéma d’investissement.
 
- Que répondez-vous aux critiques qui qualifient ce schéma de poudre aux yeux ?
- Ce n’est pas de la poudre aux yeux. Pas du tout ! C’est un schéma très sérieux qui permettra de faire un nouveau bond qualitatif aux chemins de fer de la Corse.
 
- Les CFC sont un service public très déficitaire. Vous posez-vous la question de sa rentabilité ?
- Il est déficitaire comme beaucoup de service public. Même des services privés perdent beaucoup d’argent. Un service public est un choix politique. A partir de là, on ne réfléchit pas de la même façon. Je pense qu’il faut se poser, de temps en temps, la question de la rentabilité sociale des choses et de l’impact qu’elles peuvent aussi avoir sur l’environnement. Nous savons très bien, aujourd’hui, que le développement du ferroviaire s’opère partout. Il est inscrit, d’ailleurs, dans le Grenelle de l’environnement. Nous croyons, effectivement, qu’il est un outil indispensable à l’aménagement du territoire dans l’intérêt des Corses et de la Corse. Nous nous employons à investir, à faire ce qu’il faut pour que ce chemin de fer fonctionne, qu’il réponde aux besoins, aux attentes et aux exigences des usagers dans le cadre d’un service public fort.
 
- Le développement ferroviaire sera-t-il une priorité du PADDUC ?
- Il est de fait dans le PADDUC. Le rapport sur les grandes orientations proposé par l’Exécutif pose la question des transports, de leur maîtrise et de leur intermodalité. On ne peut pas imaginer une telle réflexion sans y inscrire, avec toute la place qu’il doit occuper, le chemin de fer de la Corse.
                                                                                     Propos recueillis par Nicole MARI


Le schéma directeur des investissements ferroviaires

Ce schéma décline trois grandes orientations : la prise en compte des spécificités locales, l’amélioration de la desserte de l’intérieur et le développement de la complémentarité avec les transports collectifs, notamment vers les ports et les aéroports d’Ajaccio et de Bastia.
Il établit les aménagements nécessaires à  réaliser d’ici à huit ans pour améliorer la qualité  du service à l’usager, garantir à tous l’accessibilité  des installations, augmenter les fréquences et réduire le temps du trajet entre Ajaccio, Bastia et Corte afin de renforcer la compétitivité  du train vis-à-vis de la voiture.

Trois nouvelles gares

La construction d’un nouveau dépôt est prévue à Bastia. A Ajaccio, les installations techniques, situées sur le terre-plein de l’Amirauté, seront déplacées à proximité de la gare de Mezzana. Trois nouvelles gares de voyageurs seront édifiées à Ajaccio, Calvi et Bastia, où sur le site de la Carbonite sera aménagée une liaison entre les espaces urbains (quartier de la Carbonite, cité Aurore) et le Front de mer par le biais de passerelles.
Un nouvel arrêt au Complexe sportif de Lucciana sera ouvert sur la desserte Bastia-Casamozza et 2 nouvelles haltes, Ricanto (Aéroport-Plages) et Baléone Effrico (collège), sur la desserte Ajaccio-Mezzana.
Le nœud intermodal des gares de Casamozza et de Corte sera réaménagé. 

Une information en temps réel

Le système d'enclenchement automatique, qui simplifie la gestion du trafic, sera étendu à tout le réseau. Déjà effectif sur 21 kilomètres, il augmente le débit des lignes pour accroitre les fréquences, permet le passage des trains sans arrêt et diminue le temps nécessaire au croisement de deux trains. La sécurité sera améliorée dans les sept tunnels dont la longueur est supérieure à 300 mètres. Le pont ferroviaire de Lupino sera remplacé et élargi. Au niveau des passages à niveau, des traversées piétonnes seront aménagées et le passage à niveau de Ponte Novo sera supprimé.
Enfin, ce schéma prévoit la mise en place d’un système d’information voyageur avec la centralisation des informations et des perturbations. Il permettra la mise en ligne en temps réel des informations sur le site internet des CFC, l’affichage des heures d’arrivées, départs et retards sur les quais des gares principales et le développement d’une application smartphone.

                                                                                                                               N. M.

 






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