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Michel Bruschini : « Je vais gagner l’élection pour le canton, pour le FN et pour le peuple corse ! »


Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 23 Septembre 2016 à 21:37 | Modifié le Samedi 24 Septembre 2016 - 01:27


A dix jours du 1er tour de l’élection départementale partielle du 3ème canton de Bastia, qui se tiendra les 2 et 9 octobre prochains, un cinquième – et dernier – binôme rejoint officiellement le peloton des candidats : celui du Front National (FN). Il est porté par Michel Bruschini, salarié dans une société de courrier express, et Cathy Grimaldi, une jeune étudiante en droit de 18 ans. Avec comme suppléants : le conseiller territorial Christophe Canioni et Alexandra Maïnetti, déjà suppléante en mars 2015. Michel Bruschini, dont c’est la 3ème participation à ce type de scrutin, avait déjà créé la surprise en 2004, dans l’ancien 3ème canton, en réalisant 16% des suffrages, puis en totalisant 17,54 % en 2015 dans le 4ème canton. Cet homme de terrain, très populaire, explique, à Corse Net Infos, qu’il entend sortir en tête au 1er tour en visant 22% des suffrages et qu’il gagnera l’élection.


Cathy Grimaldi et Michel Bruschini, le binôme du Front national candidat à l'élection départementale partielle du canton de Bastia III.
Cathy Grimaldi et Michel Bruschini, le binôme du Front national candidat à l'élection départementale partielle du canton de Bastia III.
- C’est votre troisième participation à ce type de scrutin. Pourquoi avez-vous décidé de vous présenter une nouvelle fois ?
- En 2004, j’étais candidat dans l’ancien 3ème canton de Bastia et, en mars 2015, dans le 4ème canton. L’ancien candidat de Bastia III, Marc Cerf, ne voulant plus repartir, comme je suis le secrétaire de la 1ère circonscription du FN de Haute-Corse, le secrétaire territorial m’a demandé de me présenter. Je l’ai fait sans hésiter.
 
- Le mandat sera court, à peine un an, focalisé sur la collectivité unique. Quel est, pour vous, l’enjeu de cette élection ?
- Toute élection a un enjeu. Toute élection est très importante. On ne peut pas dire qu’un mandat d’un an n’est pas utile : les gens vivent pendant un an ! On ne peut pas les abandonner ! C’est, peut-être, le cas des autres candidats qui prennent cette élection à la légère, moi, je ne peux pas ! J’estime qu’il faut apporter des solutions aux personnes âgées, aux personnes paralysées, à l’attribution des logements HLM, à l’immigration… Sans oublier les commerçants. On a transformé un parking en place, depuis, les commerçants voient leurs chiffres d’affaires baisser, les médecins s’inquiètent parce que leur cabinet est devenu plus difficile d’accès pour les malades et les personnes âgées… Les conseillers sortants n’ont rien dit, alors que c’est le rôle d’un élu de le faire.
 
- Quel est le problème concernant les logements HLM ?
- Par exemple, des vieux bâtiments, comme les barres 42 et 43, sont à rénover. Une politique est en train d’être menée. C’est très bien ! Quand quelque chose est positif, il faut le dire ! Mais, il reste beaucoup à faire, il y a des préoccupations à prendre en compte. Quand des personnes habitent au dernier étage et que l’ascenseur tombe en panne, il faudrait trouver des solutions pour les reloger plus bas. Les adultes handicapés devraient être logés automatiquement en rez-de-chaussée et pas dans les étages supérieurs. C’est simplement du bon sens !
 
- Les attributions de logement sont une des polémiques de cette élection. Qu’avez-vous à dire à ce sujet ?
- Il y a 1400 demandes de logement, voire plus, en attente depuis des années. Il faudrait privilégier les gens qui vivent ici depuis longtemps au lieu d’attribuer ces logements à d’autres personnes. Je travaille et je livre dans ces quartiers populaires, je suis tous les jours dans les étages. Quand on voit arriver certaines familles qu’on ne connaît ni d’Adam, ni d’Eve, alors que des familles du canton, des Bastiais attendent… Quand une mère isolée avec trois enfants, qui vit dans le quartier et attend un logement HLM depuis 5 ans, n’est pas relogée, ça pose problème ! Ces familles sont obligées de louer dans le privé pendant que d’autres en profitent. C’est la même chose pour les places en crèche. Il faut privilégier les gens du canton.
 
- Vous parlez d’être un élu de terrain. Les thèses du FN ne sont-elles pas souvent nationales ?
- Non ! Toutes les thèses sont bonnes à dire ! Un élu est, d’abord, un élu de terrain. Il n’a pas à rester dans un fauteuil à regarder des dossiers, mais il doit rencontrer les gens et, quand il y a un problème, leur apporter des solutions le plus rapidement possible. Je veux être l’interlocuteur de ces personnes qui ont des difficultés et que je vois tous les jours, être un intermédiaire pour pouvoir intervenir, à mon niveau, s’il y a quelque souci que ce soit, et faire remonter les informations aux instances en charge des problématiques. C’est ça être un élu ! Etre auprès des gens. Pas être un élu fantôme, promettre monts et merveilles et, une fois élu, ne réapparaître, comme le petit Papa Noël, que le 24 décembre !
 
- Ne pensez-vous pas, au regard du contexte national et local, plutôt surfer sur les thèses favorites du FN, comme l’immigration ?
- Il n’y a pas que ça ! Dans les thèses que Marine et le FN ont défendu depuis longtemps, il n’y a pas que l’immigration, il y aussi les travailleurs détachés, l’insécurité, l’islamisation à forte échelle… Depuis 30 ans, nous disons qu’il y aura des changements problèmatiques à ce niveau-là, personne ne nous a écoutés ! Nous sommes, aujourd’hui, devant le fait accompli ! Si je me mets en avant dans cette élection, c’est justement pour dire aux gens : « Regardez bien ! Vous ne nous avez pas écoutés ! Il reste encore un peu de temps avant que vraiment il n’y ait plus de solution, ne le perdons pas ! ». Je suis là pour apporter ces solutions.

Christophe Canioni, conseiller territorial FN, suppléant de Michel Bruschini, candidat à l'élection départementale partielle du canton de Bastia III.
Christophe Canioni, conseiller territorial FN, suppléant de Michel Bruschini, candidat à l'élection départementale partielle du canton de Bastia III.
- D’un point de vue local, il y a eu les incidents de Siscu qui ont débordé sur Lupinu. Quelle est votre position sur cet événement précis ?
- Je suis Corse, et bien sûr, j’apporte mon soutien à toutes les familles de Siscu. Je suis content que des Corses n’aient pas été condamnés à de la prison ferme parce qu’ils n’ont fait que se défendre, à juste titre, et que ça aurait pu arriver à n’importe qui. Je ne vais pas commenter une décision de justice, il y a eu appel. Laissons faire. Nous attendons, avec impatience, le prochain procès pour que les gens de Siscu soient, enfin, apaisés. Mais, le problème n’est pas qu’à Siscu ! On l’a bien vu cet été et tout au long de l’année ! Il y a eu, dernièrement, des problèmes dans une école à Bonifacio, des problèmes sur une plage d’Aregno... Le problème est permanent ! Il remonte à 30 ans. Je le répète : nous l’avions prédit. Maintenant, nos élus doivent avoir un discours de fermeté.
 
- Que préconisez-vous ?
- Je préconise déjà d’avoir l’honnêteté de parler, de dire que c’est un problème ! Il faut arrêter de se voiler la face ! La Corse a toujours été une terre d’accueil. Pour ma part, j’ai fait la Légion étrangère, j’ai des amis de tous horizons, je sais ce que veut dire partir de son pays et arriver dans d’autres terres. Mais, quand on accueille quelqu’un, on l’accueille à sa table, si on a une place à table, autrement on ne peut pas l’accueillir. Ensuite, la Corse est une terre avec ses traditions et ses coutumes. Il est hors de question que je change mon mode de vie parce que des gens ont décidé qu’il fallait en changer ! Je crois que la majorité des gens qui habitent ici, qu’ils soient Corses ou non-Corses, pensent la même chose que moi.
 
- Dans le 3ème canton, plus particulièrement sur le quartier de Lupinu, la question du communautarisme et de l’intégrisme est-elle prégnante ?
- Je vous rappelle qu’il y a déjà eu des problèmes de ce type en 2004 à Bastia, à la rue Droite. Ce n’est pas tout nouveau ! Il ne faut pas avoir la mémoire courte ! On dirait que nos élus découvrent les évènements au fur et à mesure, mais il y en a déjà eu plusieurs. Il y a eu aussi les jardins de l’Empereur… Malheureusement, ça va continuer. Le FN l’a déjà dit, sans mentir à personne, mais tout le monde nous a pris à la légère sur ces thèmes-là.
 
- L’abstention s’annonce très forte. On parle de 35% de participation. Que faites-vous pour inciter les électeurs à voter ?
- On fait toujours des pronostics bas, mais, au bout du compte, les gens votent. Je pense que la participation sera à hauteur de 50%, comme elle l’a toujours été dans le canton. Les Corses sont très attachés aux élections et votent beaucoup. Quand les gens, dans la rue, me disent qu’ils n’iront pas voter, je leur explique qu’il faut y aller, c’est très important, c’est un devoir de démocratie. Je leur dis, ensuite, que s’ils veulent vraiment un élu de terrain qui soit auprès d’eux, comme je le suis tous les jours, qu’ils votent pour moi. Chacun dans l’isoloir va se rappeler des promesses qui ont été faites l’an dernier et qui n’ont pas été tenues, des promesses qui sont faites aujourd’hui et qui ne seront peut-être pas tenues. La seule promesse que je fais est d’être là tous les jours sur le terrain auprès des gens qui en ont besoin, qu’ils soient ou non de mon parti. Si je suis élu, je représenterai tous les gens du canton et pas seulement ceux qui ont voté FN.
 
-  Le FN a réalisé 16,5 % des suffrages sur ce canton en 2015. Vous avez décroché 17,5% sur Bastia IV. Ces bons résultats vous donnent-ils des ailes ?
- Il est vrai que, dans le 4ème canton, j’ai réalisé un résultat historique, j’ai multiplié le score du FN par deux. Je l’avais annoncé avant le scrutin, mais personne n’y croyait, comme lorsque Marine Le Pen parle d’immigration massive, personne ne l’écoute. Et, pourtant… ! Là, je vous annonce, encore, - je l’ai annoncé avant la campagne, mais personne ne m’a cru - : je vais faire un score très audacieux. Je pense que je vais atteindre 20 à 22 % des suffrages. Je serai en tête au 1er tour. Si je ne suis pas en tête, je serai en deuxième position. Je serai, c’est sûr, présent au 2nd tour. Le 9 octobre au soir, je gagnerai l’élection.
 
- Ne craignez-vous, dans ce cas, un front républicain contre vous au 2nd tour ?
- Non ! Ça n’existe plus ! Les gens voient bien les alliances qu’il y a dans cette élection. Mr Gandolfi a pour binôme Mme De Gentili, les Nationalistes modérés sont alliés à la secrétaire territoriale du Parti socialiste et sont soutenus par les Indépendantistes de Mr Talamoni. Ce sont des calculs politiques, mais je ne pense pas que la base soit d’accord ! De l’autre côté, Mme Poggi du MCD a fait des tractations avec Mr Alessandrini du PRG dans une pseudo-réunion clandestine du côté de Corte ! Mr Martelli, qui a lancé la plainte pour invalider l’élection, a été mis à l’écart, mais il a, quand même, eu le courage de repartir. Les Communistes présentent aussi une liste. La Gauche est divisée. Pour moi, tous les voyants sont au vert.
 
-  Etes-vous vraiment sûr de gagner ?
- Ah oui ! C’est évident ! Je ne serais pas parti si je pensais à une défaite. Je suis un ancien militaire, on part toujours à la bataille gagnant, autrement on ne part pas ! Ou alors, on fait, comme les autres, des alliances un peu bizarroïdes ! Je vais gagner cette élection pour le troisième canton, pour le parti, et pour le peuple corse.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.




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