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Les médecins en colère, en Corse comme ailleurs


Rédigé par Michel Allal-Volterra le Dimanche 14 Décembre 2014 à 22:28 | Modifié le Dimanche 14 Décembre 2014 - 23:41


Un mouvement national de protestation contre le récent projet de loi de santé de Marisol Touraine, auquel adhérent tous les syndicats de médecine libérale, se manifeste par un appel à la fermeture des cabinets médicaux du 24 au 31décembre prochains. Les médecins insulaires seront aussi dans le mouvement…


Les médecins en colère, en Corse comme ailleurs
Tous les syndicats de la CSMF à MG France en passant par la FMF ou l’AMUF, Association des médecins urgentistes de France ainsi que l'Union régionale des professionnels de santé – Médecins libéraux de Corse, ont mobilisé leurs adhérents médecins pour ce mouvement qui est une première .
L’inquiétude des patients face à cette fermeture envisagée est légitime, mais ceux qui ont initié ce mouvement considèrent qu’ils ont beaucoup plus encore à perdre dans les mois et années à venir, si la profession ne réagit pas, que cette semaine sans médecins. 
Gérard Olivieri , médecin généraliste et président de la CSMF de Corse-du-Sud explique les raisons de cette grogne .

Les causes ?
- Cela fait des mois que notre syndicat, et les autres, adressent des signaux au Gouvernement pour l’avertir qu’il fait fausse route et qu’il conduit les médecins libéraux dans l’impasse.
Il contient une remise en cause  de la liberté d’installation. Ce dispositif vise à bureaucratiser la médecine libérale en la plaçant sous l’autorité des ARS qui détiendront les leviers financiers et conventionnels au niveau régional. C’est aussi la mise à l’écart de la médecine libérale spécialisée qui n’est même pas mentionnée alors qu’elle est indispensable à un parcours de soins complets et pour éviter des hospitalisations.

- La généralisation du tiers payant intégral et obligatoire ?
- Les médecins y sont opposés pour deux raisons : d’abord la démonétisation de leurs actes ensuite le coût de la mesure que le Gouvernement ne financera pas (3€,50 de frais par acte) et les médecins n’en ont pas les moyens.

- Le service public hospitalier ?
Le projet de loi organise ainsi la mise à l’écart des établissements de soins privés. Mais il interdit également les compléments d’honoraires ce qui interdit le secteur 2 et cela nie le contrat d’accès aux soins.

- Le démembrement des compétences médicales des médecins pour les transférer à d’autres professionnels de santé ?
- La santé des patients ne peut être tronçonnée. On ne peut laisser d’autres professionnels que les médecins établir des diagnostics . le diagnostic doit rester l’apanage du médecin . Ceci est fondamental pour la santé du patient.

Le démantèlement de la convention médiale ?
- Il organise la prise de contrôle par l’Etat Cela n’a pour but que de resserrer l’étau comptable de l’Etat afin de dégager des moyens au profit des hôpitaux.

- Le refus du Gouvernement d’accorder la revalorisation du tarif des actes ?
- Tous les gouvernements ont bloqué cette revalorisation . En 2011 l’acte est passé à 23 € mais normalement aujourd’hui il devrait être de l’ordre de 26 € .

- La liberté de prescription ?
- Plusieurs décisions de l’UNCAM (union nationale des caisses d’assurances maladie) ont imposé la mise sous accord préalable des prescriptions des médecins pour certains médicaments. Cela constitue une atteinte à notre indépendance et à notre liberté de l’exercice de notre profession.Avec en plus la multiplication de démarches bureaucratiques qui nous prennent u temps précieux qu’on pourrait consacrer aux malades.

- Le développement professionnel continu ?
- Le Gouvernement a refusé aux médecins libéraux de financer cette actualisation du savoir au-delà d’un stage par an. , toujours au détriment de la santé des patients.
En se mobilisant ainsi les médecins ne déclenchent pas une action corporatiste , ils pensent également à la sauvegarde des soins libéraux. Un économiste rappelait récemment dans la presse tout le danger que représente pour le patient mais aussi pour les dépenses de santé un système de soins étatisé.

Les médecins de « SOS Médecins » d’Ajaccio et de Bastia  devraient également suivre le mot d’ordre de grève .

De son coté l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf) a appelé, dans un préavis déposé avec la CGT, jeudi 4 décembre, à une grève illimitée dans les services d'urgences à partir du 22 décembre, soit la veille de l'appel à la grève pour les cabinets médicaux. Les revendications des urgentistes portent sur le temps de travail et la revalorisation des gardes. "Ce qu'on demande c'est que notre temps de travail soit limité à 48h et qu'entre 39 et 48h de travail, il y ait une valorisation", a précisé Christophe Prudhomme, porte-parole de l'Amuf.
Christophe Prudhomme a précisé cependant que les services d’urgence continueraient à être opérationnels pendant leur grève.



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