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Le Collectif anti Xylella perturbe le Conseil d’administration de l’ODARC et interpelle le Préfet de région


Rédigé par Nicole Mari le Samedi 1 Août 2015 à 01:38 | Modifié le Samedi 1 Août 2015 - 03:03


Comme prévu lors de la réunion de Corte, une soixantaine d’agriculteurs et de membres du Collectif de lutte contre la Xylella Fastidiosa ont retardé de près de deux heures et demi la tenue du Conseil d’administration de l’ODARC (Office de développement et d’aménagement rural de la Corse) qui recevait le Préfet de région, Christophe Mirmand. Après négociation, le Prefet a accepté de répondre à trois questions, sans être interrompu. Mais le Collectif n’a obtenu, ni l’embargo total sur les importations de végétaux, ni d’être associé à la cellule de crise mise en place.


Le Collectif perturbe le Conseil d'administration de l'ODARC.
Le Collectif perturbe le Conseil d'administration de l'ODARC.
 
Le Conseil d’administration de l’ODARC était prévu de longue date, mais, devant l’urgence de la situation provoquée par la découverte de cas de xylella en Corse, son président, Jean-Louis Luciani, avait décidé de convier le préfet de Corse à une réunion extraordinaire. Une soixantaine de membres du Collectif anti-Xylella, emmenés par les élus nationalistes de Femu a Corsica, Saveriu Luciani, Agnès Simonpietri et Nadine Nivaggioni, et l’élue de Corsica Libera, Josepha Giacometti, ont donc, envahi, vendredi matin, les locaux de l’office hydraulique où se tenait la réunion. Leur but était d’interpeller directement Christophe Mirmand sur le refus de l’Etat d’imposer un embargo total sur l’importation de végétaux. Il leur faudra, finalement, plus d’une heure de négociation pour obtenir gain de cause. Le Préfet accepte le principe de trois questions du Collectif, mais exige de ne pas être interrompu pendant ses réponses.
 
Une cellule d’urgence
C’est Louis Cesari, président du syndicat d’huile d’olive, qui relaye la triple demande réitérée d’embargo, de mise en œuvre de moyens massifs à la hauteur de l’ampleur de la crise et d’intégration du Collectif à la cellule de crise. En réponse, le préfet prend, d’abord, soin de lister tous les efforts de l’Etat depuis des mois, botte en touche sur l’embargo qu’il juge illégal, justifie l’efficacité des mesures déjà prises et révèle cinq nouveaux cas de contamination dans le Sud (cf article par ailleurs). Il annonce la mise en place, sous sa présidence, d’une cellule d’urgence hebdomadaire, réunissant services de l’état, élus, et représentants des filières agricoles, mais refuse les représentants du Collectif.
 
Sous tension
La réponse préfectorale achevée, les manifestants, guère plus satisfaits, quittent la salle, à l’exception de cinq membres du Collectif et des élus nationalistes, administrateurs de l’ODARC, qui continuent l’offensive pendant la tenue du Conseil d’administration proprement dit. Pas un seul élu de droite et de gauche, présents en tant qu’administrateurs, ni les représentants des chambres d’agriculture n’interviendront devant les caméras. A l’extérieur, les agriculteurs, et surtout les oléiculteurs, restent tendus. Surtout les jeunes, dont certains sont en phase d’installation, très inquiets de la découverte de nouveaux cas d’infection dans le Grand Sud. La limitation actuelle de la bactérie aux plants ornementaux de polygale à feuilles de myrte n’apaise pas les craintes. Il faudra, néanmoins, attendre encore dix jours pour connaître le résultat des dernières analyses effectuées. L’arrivée de biologistes et d’entomologistes, en début de semaine prochaine devrait permettre d’y voir un peu plus clair.
 
N.M.
 

Les élus nationalistes sur la ligne de front.
Les élus nationalistes sur la ligne de front.
U RINNOVU NAZIUNALI demande des mesures adaptées maximales
 « Comme pour la fièvre catarrhale, l'Etat s'est montré défaillant vis à vis de la Corse en matière de contrôle sanitaire.
Malgré les mises en garde d'un collectif, il a tardé à  réagir contre la menace phytosanitaire de la xylella fastidiosa, menace considérable pour notre agriculture et  notre patrimoine végétal.
A ce stade, les imprécations sont inutiles, il faut s'en tenir à des mesures adaptées maximales, dans l'attente des résultats des analyses.
Le dogme européen de "la libre circulation" doit être revu, Rinnovu Naziunali demande naturellement  le blocage des végétaux originaires des zones contaminées, la mise en quarantaine des intrants, la lutte contre les ventes sauvages.
Mais très rapidement il faut renforcer les moyens humains de la Fredon, disposer d'un laboratoire habilité en Corse pour raccourcir les délais, et mettre en œuvre une aide aux professionnels (pépiniéristes, arboriculteurs) pour la production de plants en Corse
Avec cette crise, la question de la mise en œuvre concertée avec la CTC de la  compétence du contrôle sanitaire se pose plus que jamais. » 
 



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