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Le 151e anniversaire du combat de Camerone célébré au 2e REP de Calvi


Rédigé par (Jean-Paul-Lottier) le Mercredi 30 Avril 2014 à 16:58 | Modifié le Mercredi 30 Avril 2014 - 17:39


Prise d’armes mercredi matin au camp Raffalli du 2e REP de Calvi pour célébrer le 151e anniversaire du combat de Camerone. Cérémonie à laquelle étaient associés ceux tombés au combat lors de la plus longue bataille du corps expéditionnaire français à Diën Biên Phu en Indochine, il y a 60 ans.


Le 151e anniversaire du combat de Camerone célébré au 2e REP de Calvi
C’est dans la plus grande simplicité et discrétion que le 2e REP de Calvi a fêté mercredi matin le 151e anniversaire du combat de Camerone
La prise d’armes à 10 heures autour de la voie sacrée était présidée par le général de corps d’armée Alain Bouquin, inspecteur de l’armée de terre, ancien chef de corps du 2e REP, de 2000 à 2002, autour duquel se tenaient général de brigade Barrera, caporal d’honneur du 2e REP, ancien commandant de l’opération Serval au Mali, le colonel Desmeulles, chef de corps du 2e REP, Jean-Toussaint Guglielmacci, 1er adjoint au maire de Calvi, conseiller général de Calvi – Lumio, Pierre Guidoni, maire et conseiller général de Calenzana, le chef d’escadron Reverdy représentant le colonel Didier Rahmani, commandant le Groupement de gendarmerie de Haute-Corse, le capitaine Thierry  Veyre, commandant en second de la compagnie de gendarmerie de Calvi–Balagne.
A noter la présence à la cérémonie des jeunes sapeurs-pompiers volontaires, des représentants des associations des anciens combattants et de l’amicale des anciens du 2e REP et de l’orchestre de  la musique des parachutistes
Les autorités ont salué le drapeau du régiment avant que le général Bouquin accompagné du colonel Desmeulles ne passe les troupes en revue.

"La fête de Camerone c’est un devoir de mémoire"
Dans l’ordre du jour, le général Bouquin insistait sur le caractère de cette date anniversaire de Camerone où chaque année, selon un rituel immuable on rend honneur au combat héroïque du Capitaine Danjou qui incarne depuis 1863 les valeurs de la Légion Etrangère ( respect de la parole donnée, caractère sacré de la mission, sens du devoir, esprit du sacrifice…)
«  La fête de Camerone c’est un devoir de mémoire, (…), fêter Camerone ce n’est pas seulement  pour se souvenir du passé car c’est toujours dans une perspective d’avenir qu’il faut cultiver les vertus du légionnaire (…)
Camerone, pour chacun de nous est un moment très fort de notre vie de militaire »
Au cœur de la voie sacrée, il était ensuite procédé à une remise de décorations.

Le récit du combat

C’est à l’adjudant-chef Fayolle, un ancien du 2e REP de Calvi que revenait l’honneur de faire le récit officiel du combat de Camerone :
 « L’armée française assiégeait Puebla. La Légion avait pour mission d’assurer, sur cent vingt kilomètres, la circulation et la sécurité des convois. Le colonel Jeanningros, qui commandait, apprend, le 29 avril 1863, qu’un gros convoi emportant trois millions en numéraire, du matériel de siège et des munitions était en route pour Puebla. Le capitaine Danjou, son adjudant-major, le décide à envoyer au-devant du convoi, une compagnie. La 3e compagnie du Régiment étranger fut désignée mais elle n’avait pas d’officier disponible. Le capitaine Danjou en prend lui-même le commandement et les sous-lieutenants Maudet, porte-drapeau, et Vilain, payeur, se joignent à lui volontairement.
Le 30 avril, à 1 heure du matin, la 3e compagnie, forte de trois officiers et soixante-deux hommes, se met en route. Elle avait parcouru environ vingt kilomètres, quand, à 7 heures du matin, elle s’arrête à Palo Verde pour faire le café. À ce moment, l’ennemi se dévoile et le combat s’engage aussitôt. Le capitaine Danjou fait former le carré et, tout en battant en retraite, repousse victorieusement plusieurs charges de cavalerie, en infligeant à l’ennemi des premières pertes sévères.
Arrivé à la hauteur de l’auberge de Camerone, vaste bâtisse comportant une cour entourée d’un mur de trois mètres de haut, il décide de s’y retrancher, pour fixer l’ennemi, et retarder ainsi le plus possible le moment où celui-ci pourra attaquer le convoi.
Pendant que les hommes organisent à la hâte la défense de cette auberge, un officier mexicain, faisant valoir la grosse supériorité du nombre, somme le capitaine Danjou de se rendre. Celui-ci fait répondre : « Nous avons des cartouches et ne nous rendrons pas ». Puis, levant la main, il jura de se défendre jusqu’à la mort et fit prêter à ses hommes le même serment. Il était 10 heures. Jusqu’à 6 heures du soir, ces soixante hommes, qui n’avaient pas mangé ni bu depuis la veille, malgré l’extrême chaleur, la faim, la soif, résistent à 2 000 Mexicains : huit cents cavaliers, mille deux cents fantassins.
À midi, le capitaine Danjou est tué d’une balle en pleine poitrine. À 2 heures, le sous-lieutenant Vilain tombe, frappé d’une balle au front. À ce moment, le colonel mexicain réussit à mettre le feu à l’auberge.
Malgré la chaleur et la fumée qui viennent augmenter leurs souffrances, les légionnaires tiennent bon, mais beaucoup d’entre eux sont frappés. À 5 heures, autour du sous-lieutenant Maudet, ne restent que douze hommes en état de combattre. À ce moment, le colonel mexicain rassemble ses hommes et leur dit de quelle honte ils vont se couvrir s’ils n’arrivent pas à abattre cette poignée de braves (un légionnaire qui comprend l’espagnol traduit au fur et à mesure ses paroles). Les Mexicains vont donner l’assaut général par les brèches qu’ils ont réussi à ouvrir, mais auparavant, le colonel Milan adresse encore une sommation au sous-lieutenant Maudet ; celui-ci la repousse avec mépris.
L’assaut final est donné. Bientôt il ne reste autour de Maudet que cinq hommes : le caporal Maine, les légionnaires Catteau, Wensel, Constantin, Leonhard. Chacun garde encore une cartouche ; ils ont la baïonnette au canon et, réfugiés dans un coin de la cour, le dos au mur, ils font face. À un signal, ils déchargent leurs fusils à bout portant sur l’ennemi et se précipitent sur lui à la baïonnette. Le sous-lieutenant Maudet et deux légionnaires tombent, frappés à mort. Maine et ses deux camarades vont être massacrés quand un officier mexicain se précipite sur eux et les sauve. Il leur crie : « Rendez-vous ! 
»
« Nous nous rendrons si vous nous promettez de relever et de soigner nos blessés et si vous nous laissez nos armes ». Leurs baïonnettes restent menaçantes.
« On ne refuse rien à des hommes comme vous ! », répond l’officier.
Les soixante hommes du capitaine Danjou ont tenu jusqu’au bout leur serment. Pendant 11 heures, ils ont résisté à deux mille ennemis, en ont tué trois cents et blessé autant. Ils ont par leur sacrifice, en sauvant le convoi, rempli la mission qui leur avait été confiée.
L’empereur Napoléon III décida que le nom de Camerone serait inscrit sur le drapeau du Régiment étranger et que, de plus, les noms de Danjou, Vilain et Maudet seraient gravés en lettres d’or sur les murs des Invalides à Paris.
En outre, un monument fut élevé en 1892 sur l’emplacement du combat. Il porte l’inscription :
« Ils furent ici moins de soixante opposés à toute une armée, sa masse les écrasa. La vie plutôt que le courage abandonna ces soldats Français le 30 avril 1863. A leur mémoire, la patrie éleva ce monument »
Depuis, lorsque les troupes mexicaines passent devant le monument, elles présentent les armes
. »
A l’issue de la prise d’armes, les troupes avec à leur tête le colonel Desmeulles défilaient.
 



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