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La CADEC crée deux nouveaux outils de financement des entreprises corses et des collectivités rurales


Rédigé par Nicole Mari le Mardi 26 Juillet 2016 à 00:04 | Modifié le Mardi 26 Juillet 2016 - 00:57


La Caisse de développement économique de la Corse (CADEC) a tenu, lundi après-midi, au Palais des Gouverneurs de Bastia, son premier Conseil d’administration délocalisé en présence de Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de Corse et de Jean Biancucci, président de la Commission des finances de l’Assemblée de Corse. Réactivée il y a cinq ans, cette institution financière a financé 730 entreprises insulaires dont 85% de TPE (Très petites entreprises) et généré 380 millions d’euros d’investissements et la création de plus de 1300 emplois. Elle vient de lever 25 millions d’euros et va mettre en place deux nouveaux outils de financement des entreprises et des collectivités, notamment rurales. Explications pour Corse Net Infos, d’Alex Vinciguerra, président de la CADEC.


Alex Vinciguerra, président de la CADEC, et Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif, entourés des membres du Conseil d'administration.
Alex Vinciguerra, président de la CADEC, et Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif, entourés des membres du Conseil d'administration.
- Quel est l'objet de ce conseil d'administration, le premier délocalisé à Bastia ?
- Ce conseil d'administration a, d'une part, exposé la situation de la CADEC. La Caisse de développement de la Corse, qui a redémarré depuis moins de cinq ans, équilibre, aujourd'hui, ces ressources, à la fois sur des financements publics grâce principalement à la CTC, mais aussi et surtout sur des financements privés. Cette société anonyme a comme actionnaire la CTC à hauteur de 33%, la Caisse des dépôts, le Crédit coopératif, la Caisse d'épargne et, depuis peu, le Crédit agricole. Cette société financière, la seule agréée de Corse, remplace les banques. Elle a réussi à lever 25 millions d'euros pour permettre aux entreprises corses, un meilleur accès au crédit.
 
- De quel montant disposez-vous chaque année ?
- Nous intervenons chaque année en mettant, dans le secteur de l'économie insulaire, environ 20 millions d'euros sur près de 200 projets. Chaque fois que nous intervenons et que nous investissons 1 euro, les banques locales financent 3 euros dans les projets que nous accompagnons. Au total, c'est 5 euros d'investissement qui se réalisent. En 5 ans, la CADEC a généré 380 millions d’euros d’investissements. Son argent a un effet de levier important sur le développement économique local.

- Quels projets êtes-vous en train de financer ?
- Les projets des entreprises corses sont souvent financés par leurs fonds propres et peu par le crédit. Or sans crédit, il n’y a pas d’investissement, pas d’activité, pas de création d’emploi, pas de développement ! Donc, l’un des défis important de la CADEC est de fluidifier l’accès au crédit. Depuis 2010, 730 entreprises ont pu réaliser leurs projets et ont créé plus de 1300 emplois. Par exemple, l'hôtel Mercure est en train d'être construit à l'entrée de Bastia au numéro 4 grâce à notre filiale Crédit Bail immobilier, Corsabail. Il verra le jour à horizon 2017 et créera 45 emplois. C'est un projet important pour nous.
 
- Avez-vous des projets en cours pour les TPE-PME ?
- Nous sommes essentiellement la banque des TPE puisque 80% de nos interventions sont en faveur des TPE. Nos avances remboursables, qui sont débloquées avant la réalisation de projets, permettent d'amorcer le développement de ces projets et de les accompagner d’un point de vue bancaire.
 
- Vous développez de nouveaux outils. Lesquels ?
- Nous proposons à notre Conseil d'administration de développer deux types d'outils. Le premier est la garantie bancaire qui permet aux entreprises d'être garanties par la CADEC lors de prêts bancaires. La CADEC garantit l'entreprise auprès des banques. Cela concerne tous les types d'entreprises et tous les types de projets à condition qu'ils soient structurés et ambitieux. Le deuxième outil sera un outil d'investissement pour les projets industriels et commerciaux portés par les petites collectivités, notamment rurales. Ces projets peuvent être, par exemple, des gîtes communaux, une mini centrale électrique... Toutes sortes de projets viables. Nous fixerons des seuils financiers.
 
- Qu’allez-vous faire d’autre ?
- Notre ambition est d'attirer des ressources supplémentaires, évidemment plus des ressources de marché que des ressources publiques. Cela peut prendre une forme très simple comme un emprunt bancaire. Cela peut être aussi des financements beaucoup plus structurés comme l’Euro PP (Euro Private Placement) ou des parts d'obligations comme le feraient certains groupements.
 
- Quel sentiment vous inspire la situation du secteur économique insulaire ?
- Un sentiment très partagé. Il y a, en Corse, des entreprises qui fonctionnent bien et même très bien, qui investissent, projettent et se développent. Il y en a d'autres qui sont en difficulté du fait d'un certain nombre de charges qui pèsent sur elles. Elles vivent très difficilement la saisonnalité de leur activité. Notre rôle est d'essayer de faire en sorte qu’elles puissent se projeter durablement et ne soient pas limitées à un horizon saisonnier.
 
- Les entreprises corses ont-elles le réflexe de faire appel à vous ou vous connaissent-elles mal ?
- On n'est jamais suffisamment connu. J'espère que nous le serons un peu plus. Nous sommes plutôt bien installés dans le paysage des financeurs locaux, mais il faut toujours expliquer ce que nous faisons et le faire partager aux entrepreneurs locaux. Nous sommes là à leur disposition.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 




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