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Jean Zuccarelli : "Dimanche il faut faire gagner la République, il faut faire gagner la Corse"


Rédigé par le Jeudi 3 Décembre 2015 à 21:42 | Modifié le Vendredi 4 Décembre 2015 - 11:34


Jean Zuccarelli et ses colistiers de la Garantie Républicaine avaient choisi le péristyle du théâtre municipal de Bastia pour donner, jeudi soir, leur dernier meeting de la campagne des Territoriales qui s'achèvent. Plus de 200 personnes et des poids lourds de la gauche républicaine - Nicolas Alfonsi sur l'estrade et Emile Zuccarelli dans la salle - ont suivi les différents intervenants qui ont mis en permanence les valeurs de la République et de la France auxquelles ils sont attachés.


Jean Zuccarelli : "Dimanche il faut faire gagner la République, il faut faire gagner la Corse"
"Nul doute que nous aurons une élection régionale où passeront à la trappe tous les thèmes qui avaient occupé la mandature pendant 5 ans" disait Nicolas Alfonsi, 51eme sur la liste de La Garantie Républicaine, il y a quelques mois.
En ouvrant, jeudi soir, le cours des allocutions  Il s'est posé la question de savoir s'il s'était trompé ? "  Je ne pense pas. Avant le début de la mandature, j'avais dit que nous rentrions dans une période d'enfumage. Ce fut le cas. Puis il y a eu l'escamotage. Il s'est produit il y a quelques mois au moment de la création de la collectivité unique. Il a privé la Corse d'un référendum à l'inverse de l'Alsace. Je ne demeure pas convaincu que vous aurez la collectivité unique dans  2 ans. Il y aura toujours et des côtés des Nationalistes, et du côté de la Droite et même de la Gauche - c'est à dire même au cœur de notre débat - des gens qui traîneront les pieds pour des raisons diverses" . Mais le débat, il l'a reconnu, n'était pas là.

Pour lui, en Corse, le prix des suffrages n'est pas respecté, le clientélisme et les clans n'ont pas disparu puisque il y a "l'émergence du clan Simeoni : une attitude qui consiste, au-delà de la clientèle, à  acquérir des suffrages dans des conditions qui ne sont toujours pas les meilleures.
Autre affirmation de Nicolas Alfonsi :  en 30 ans les crédits publics - "un gaspillage généralisé" -n'ont jamais été utilisés à bon escient. Et si 65% des sommes allouées par la CTC sont allées à Bastia et à la Haute-Corse, cela est dû, selon l'ancien sénateur, à "la qualité des gens qui ont géré Bastia", mais pas seulement...

Cooffiacilité, statut de résident, inscription de la Corse dans la Constitution : les trois mesures de l'assemblée de Corse n'ont pas trouvé grâce aux yeux de Nicolas Alfonsi qui a ironisé un peu plus tard sur le Padduc, et ses "balivernes", qui envisage d'ouvrir la ligne de chemins de fer entre Bastia et Porto-Vecchio, qui représente "une résistance au développement".

Pierre-Félix Pieri a pris, ensuite, le relais. Pour dire qu'il était rentré en politique par hasard "après avoir rencontré Jean au moment où sa réussite était moindre, mais j'ai du respect pour cet homme-là parce que c'est un homme de grande valeur". Il s'est dit fier d'être à ses côtés pour défendre les valeurs de Gauche, les valeurs républicaines. "Mais ce n'est pas pour autant que je renie mes origines corses. Je suis 100% Bastiais. Et n'en déplaise à certains, je suis 100% Français."

La Garantie Républicaine, Jean-François Paoli l'a mise aussi en avant lors de sa brève intervention au terme de laquelle il a prédit de "belles surprises". " De grandes choses nous attendent"  soutient-il en citant le contenu du programme de la liste dont la Garantie républicaine est le "cadre".
Raphaëlle de Constanza, l'avocate ajaccienne, ne s'est pas davantage attardée devant l'auditoire du péristyle. "J'étais, déjà, avec Jean en 2010. J'y suis encore aujourd'hui avec cette même fierté et cette même sincérité. Pour que ce courant soit présent dans la prochaine mandature, il faut voter la Garantie républicaine."

Jean-Darius Salicetti, agriculteur à Ponte-Leccia, a plaidé avec beaucoup de conviction la cause du monde agricole et Marie-Pierre Coppi, porte-parole du monde rural, s'est dite "libre d'évoquer tous les sujets qui fâchent sans faux semblants ni langue de bois". Elle a affirmé, haut et fort, dans le sillage des actes terroristes de Paris, qu'on " ne transige pas en matière de sécurité, comme on ne transige pas en matière de laïcité et encore moins en matière d'égalité" . Tous deux se sont succédé à la tribune avant céder la place à François Casasoprana, Aline Castellani et  Jean Zuccarelli.

"J'ai été choqué par l'aggressivité manifestée par ceux qui ont été les collègues à l'assemblée de Corse de Jean Zuccarelli, choqués parce qu'ils sont sensés représenter la démocratie et le social" a souligné d'emblée François Casasoprana. Avant d'affirmer que les "démonstration de force, les discours musclés et les attaques" ne gommeront pas la faiblesse des arguments de ceux qui les ont menés.
Puis l'ancien élu ajaccien a décoché quelques flèches à destination de ceux qui définissent les colistiers de Jean Zuccarelli de "Jacobins". "Et eux que seraient-ils ? Nous, nous avons un moral d'acier. Nous avons des convictions et des valeurs. Nous avons un modèle de société : celui de Liberté, égalité, fraternité. C'est le contraire du repli et du communautarisme, c'est le contraire de l'opportunisme à court terme. Notre politique, c'est la constance dans les idées."
Et puis : "La Gauche n'a pas encore perdu la bataille des idées, même si certains aiment bien marquer contre leur camp. Je ne crois pas aux sondages qui en ont aveuglé plus d'un, qui se sont perdus dans de folles alliances et de folles aventures."
Les valeurs de la République ? François Casasoprana les a longuement évoquées. Développés aussi les grands axes du programme de la Garantie Républicaine déjà évoqués.

Aline Castellani a rapidement mis les choses au point. "Qui d'autres que nous pendant cette mandature ont défendu en tous points les principes républicains qui nous guident ? Qui d'autres que nous sont restés fidèles aux engagements qui avaient présidé à l'accord de 2010 ?  Oui, nous sommes bien les seuls parmi les listes de gauche et groupes de la majorité à être restés nous-mêmes". Et a enfoncé le clou : "La Corse dans la Constitution, le statut de résident et la coofficialité sont contraires aux principes d'égalité de chaque citoyen devant la loi. Aussi toutes ces délibérations proposées par l'Exécutif et adoptées à de très larges majorités n'ont été en fait que des concessions au mouvement nationaliste pour obtenir un large consensus."
Mais cela n'était pas anodin, selon Aline Castellani : "Ces larges consensus ont permis également de co-écrire - c'est le terme exact employé par Maria Guidicelli - le Padduc avec les mouvements nationalistes."
Un Padduc comparé à un "véritable carcan pour le développement économique de nos territoires" par la mairesse de Piana qui a embrayé sur la langue, le chantier de la collectivité unique, les conséquences de la prochaine échéance électorale, puis sur le monde rural auquel elle est profondément attachée.

Jean Zuccarelli est entré en scène pour, d'abord, faire observer une minute de silence. Puis, par petites touches et petites phrases savamment distillées, faire de ses adversaires autant de cibles.
Il a commencé par "le surprenant renouveau républicain dans les discours..."
"Ces derniers jours, la République a reparu dans le discours de celles et ceux qui l’avaient remisée depuis bien longtemps... Dans le discours de la responsable local du PS en Corse, qui avait, il y a encore quinze jours à peine, la Marseillaise honteuse quand il s’agissait de l’entonner devant son « patron » nationaliste.

La République a reparu aussi dans le discours du président de la CAB pour ne pas le citer, qui ici même, y a 18 mois à peine, a permis à Bastia, phare de la gauche et de la République en Corse depuis près d’un demi-siècle, d’être la première ville de notre île à tomber entre les mains des nationalistes, avec les résultats que l’on sait à la mairie comme à l’agglomération.

La République et la France ont reparu aussi dans le discours de Paul Giacobbi, dont la presse a dit qu'il avait pris hier soir ici même des accents Zuccarelliens ! On ne lui réclamera pas de droits d'auteur... Rassurez vous ! Mais je sais que vous préférez l'original à la copie.


Jean Zuccarelli a continué sur le même ton. A propos des symboles nationaux. De La Marseillaise. "En s'attaquant à ses symboles de la République, beaucoup en Corse cherchent à creuser un fossé entre notre île et le reste du  pays. Qu'ils sachent qu'ils nous trouveront toujours en travers de leurs chemins. Jamais nous ne trahirons nos convictions républicaines parce que c'est notre raison d'être politique" a-t-il prévenu.
"Les nationalistes, ceux qui leur courent après, les consensus scélérats" : le conseiller municipal de Bastia a passé tous les sujets à la moulinette avant de proclamer que "La Garantie Républicaine, c'est également la garantie de l'action. L’action, c’est ce que Gilles Simeoni est incapable d’engager à Bastia depuis avril 2014. « Aiò ch’hè ora ! » ce n’est pas le slogan de sa campagne ,mais bien le cri du cœur des Bastiais depuis des mois en constatant que leur ville s’enfonce dans la léthargie."

"Et l’enjeu, aujourd’hui, c’est d’éviter que la Corse ne soit demain condamnée à subir le même sort que Bastia aujourd’hui, en proposant une offre politique clair, et démocratiquement incontestable ! Le contraire de ce qui a été fait ici !
" a martelé Jean Zuccarelli pour qui l'enjeu est également de "continuer à impulser le développement économique ambitieux et solidaire qui est notre marque de fabrique : qu’on arrête de se payer de mots, de se draper dans des postures et qu’on agisse avec résolution pour gagner la bataille de l’emploi et de la solidarité."
Avec des femmes et des gens de gauche, "qui constituent une liste de valeur et qui ont fait leurs preuves," la Garantie Républicaine veut être un rempart : "Aujourd'hui, peut être pour la première fois de notre histoire, les nationalistes peuvent prendre le pouvoir à la région. C'est pourquoi mes amis, je vous demande d'aller autour de vous et de dire que l'heure est au sursaut républicain. L'heure est à la mobilisation autour des valeurs humanistes et de solidarité qui nous sont chères."
Ce furent les mots de la fin, avant l'interprétation par Anne-Marie Calloni de La Marseillaise .



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