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Jean-Jacques Panunzi : « Nous ne participerons pas au vote sur le statut de coofficialité »


Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 17 Mai 2013 à 18:09 | Modifié le Vendredi 17 Mai 2013 - 23:24


Si le débat à l’Assemblée de Corse sur le statut de coofficialité de la langue bute, depuis jeudi, sur l’examen de certains amendements, ceux proposés par le groupe Rassembler pour la Corse semblent faire l’unanimité contre. La plupart auraient été rejetés sans surprise dès jeudi soir puisque l’opposition de droite, à l’exception d’un de ses membres, étant avec celui de la Gauche républicaine, résolument hostile au projet de statut. L’un de ses élus, Jean-Jacques Panunzi explique, à Corse Net Infos, les motivations de ce rejet et la décision du groupe de ne pas participer au vote.


Jean-Jacques Panunzi, élu du groupe Rassembler pour la Corse
Jean-Jacques Panunzi, élu du groupe Rassembler pour la Corse
- Comment jugez-vous le rapport présenté ?
- Je ne suis pas favorable à la modification de la Constitution, donc je ne suis pas favorable à la coofficialité sur la langue corse. Mais, je suis favorable au bilinguisme et à une diffusion beaucoup plus large de la langue puisqu’un diagnostic a été fait et montre que, malgré tous les efforts déployés depuis 15 ans, la langue corse ne s’épanouit pas comme elle le devrait.
 
- Que reprochez-vous au projet ?
- Trois points me séparent du rapport présenté par l’Exécutif. Déjà, sur un point juridique, Pierre Chaubon l’a bien souligné lors du débat hier, le projet se heurtera à l’écueil constitutionnel qui sera le plus gros obstacle à franchir. Il y a, ensuite, un obstacle économique. Quand bien même une majorité se dégage pour demander l’inscription de la coofficialité dans la Constitution française, aurons-nous les moyens financiers de la mettre en place au niveau de la formation, de l’apprentissage, de la diffusion, de la transcription des textes… ? Je dis : Non. Donc, ce n’est pas la peine de mentir aux gens et de faire semblant de dire que ceux, qui sont contre la coofficialité, sont contre la langue corse.
 
- N’est-ce pas le cas ?
- Non. Ce n’est pas du tout ça ! J’estime que le travail que j’effectue, en ce moment, au niveau du Conseil général pour que l’apprentissage soit le plus largement diffusé sur tous les territoires de la Corse du Sud, est beaucoup plus important que celui que nous sommes en train de faire aujourd’hui. J’ai signé la Charte de la langue corse. J’ai mis en place des agences de développement qui vont intervenir sur le hors-temps scolaire pour introduire la langue corse dès la maternelle jusqu’à la 6ème sur les écoles primaires avec des ramassages scolaires et une gestion bien organisée. Je me demande même si le rapport qui va aboutir sur une délibération est quelque chose de légal et si le contrôle de légalité ne va pas rejeter la délibération. Ce qui voudra dire que nous aurons passé deux jours pour rien !
 
- Les plans de sauvetage de la langue ayant échoué, qu’est-ce qui vous fait penser que la coofficialité ne sera pas efficace ?
- Je ne suis pas d’accord. Le plan régional de développement de la langue corse, lancé en 2007 à l’initiative d’Antoine Giorgi et d’Ange Santini, a permis de faire des progrès considérables. La preuve est que le corse est, aujourd’hui, enseigné dans 98% des écoles primaires et dans une soixantaine de collèges bilingues. La charte de la langue corse a été signée. La langue corse est aujourd’hui la langue régionale la plus enseignée sur tout le territoire français.
 
- Mais le nombre de locuteurs diminue …
- Oui. Mais vous n’allez pas sauver le corse en contraignant un fonctionnaire et sa famille, qui viennent travailler 3 ans dans l’île, à l’apprendre. Quand ils s’en iront, ils oublieront la langue ! Aujourd’hui, sur 300 000 résidents insulaires, seul ¼ parle corse. L’important est d’introduire le corse de façon pérenne, de l’apprendre à quelqu’un qui ne l’abandonnera pas durant toute sa vie.
 
- Les 36 amendements, que vous avez proposés, ont tous été rejetés. Comment réagissez-vous ?
- Du moment que le 1er amendement est tombé, tout était, pour nous, déjà fini ! Cet amendement demandait le passage d’un statut de coofficialité à un modèle de bilinguisme.
 
- Allez-vous voter contre le statut ?
- Notre groupe ne participera pas au vote, sauf Marie-Antoinette Santoni-Brunelli qui a décidé de voter le rapport.
 
Propos recueillis par Nicole MARI




1.Posté par Bob le 17/05/2013 18:39
Il n'est pas contre la langue corse, à condition qu'elle meure.
OK. C'est comme dire : "J'aime ma mère, mais je ne veux pas qu'on lui donne des médicaments, et je ne veux pas que mes enfants le connaisse". En clair, il veut la tuer, mais il n'a pas le courage d'assumer publiquement ses opinions.

2.Posté par U Falcu le 18/05/2013 11:05
Edmond Siméoni veut "contraindre l'Etat" ??? Il faudrait déjà arriver à "convaincre" les corses, car nous ne sommes pas tous convaincus du bien fondé de la coofficialité.
En démocratie, la contrainte n'a pas lieu d'être, ni vis à vis de l'Etat, ni à l'égard de la population insulaire !
M. Siméoni qui a souvent le mot de "liberta" à la bouche devrait être le premier à comprendre que la liberté n'a pas à être réservée à quelques-uns pour être refusée à d'autres.
On voudrait creuser le fossé entre corses qu'on ne s'y prendrait pas autrement !

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