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Jean-Christophe Angelini : « Je crois plus que jamais à la victoire ! »


Rédigé par Nicole Mari le Samedi 25 Mai 2013 à 23:16 | Modifié le Dimanche 26 Mai 2013 - 02:11


Leader du PNC (Partitu di a nazione corsa), conseiller territorial de Femu a Corsica, conseiller général du canton de Porto-Vecchio, à la tête de la démarche locale Portivechju Altrimenti, Jean-Christophe Angelini se lance, donc, dans une nouvelle bataille municipale pour conquérir, lors du scrutin de mars 2014, la citadelle porto-vecchiaise. Après son premier meeting, il livre, à Corse Net Infos, sa méthode et sa stratégie, fustige le pouvoir en place, lance un appel au combat sur trois fronts et explique l’enjeu de la victoire.


Jean Christophe Angelini, leader du PNC, conseiller territorial de Femu a Corsica, conseiller général du canton de Porto-Vecchio, à la tête de Portivechju Altrimenti.
Jean Christophe Angelini, leader du PNC, conseiller territorial de Femu a Corsica, conseiller général du canton de Porto-Vecchio, à la tête de Portivechju Altrimenti.
- Ce 1er meeting lance-t-il le début officiel de votre campagne pour les municipales ?
- Oui. On peut parler d’une entrée en campagne. D’habitude, elle se fait par une interview, voire une conférence de presse, rarement par un meeting aussi organisé et enthousiaste. Ce qui fait que je n’osais rêver d’une entrée en campagne si dynamique et si forte ! Nous avons fait la démonstration que notre dynamique est intacte. Ce qui est né au cours des cantonales, des territoriales, des municipales passées est, aujourd’hui, beaucoup plus fort. En réunissant près de 500 personnes à 10 mois de l’élection, il y a tout lieu de penser que nous sommes en mesure de gagner, pour peu que l’ingénierie du projet et la méthode prévalent, enfin, au sein d’une opposition rassemblée.
 
- Vous êtes le 1er à organiser un meeting. Pourquoi si tôt ?
- Tôt ! Tout est relatif ! On peut, effectivement, considérer qu’à 10 mois du scrutin, la campagne est encore très en amont. En même temps, compte tenu du travail qu’il faut désormais accomplir, c’est le bon moment. Il nous faut élaborer et rédiger un projet, non pas à quelques-uns sur un coin de table, mais de manière partagée et ouverte et bâtir une offre politique avec une liste rajeunie, renouvelée, qui intègre des femmes et des hommes de tous horizons autour d’un objectif commun. Il faut, aussi, faire en sorte que cette campagne s’organise sur le terrain de manière très minutieuse et méthodique. Ce qui nous a conduit à ce meeting du 24 mai, c’est ce qui sépare une participation aux élections, d’une préparation de victoire d’un mouvement de conquête.
 
- C’est-à-dire ?
- Si nous étions uniquement dans une logique de témoignage, de présence simple, nous aurions, tout à fait, pu attendre la rentrée, voire le début de l’année 2014. Dès l’instant où nous voulons gagner pour faire vivre ce projet, nous intervenons au bon moment.
 
- Vous dites avoir tiré les leçons de la défaite de 2008. Que changerez-vous dans votre stratégie ?
- La défaite de 2008, toute relative, s’inscrit au confluent de diverses tendances : une impréparation relative de notre côté, un projet rendu public trop tardivement et, surtout, une méconnaissance des réalités électorales face à près de 1000 procurations. En même temps, une triangulaire a conduit l’opposition divisée à obtenir plus de suffrages que la majorité sortante. Si une union large, dynamique et plurielle avait prévalu, nous aurions vraisemblablement gagné. Il y a, là, des leçons à tirer en termes de projet et d’équipe, en termes de rassemblement et en termes de préparation. Sur ces trois fronts-là, nous ne décevrons pas et nous serons organisés et au rendez-vous.
 
- Près de 90% des procurations ont profité au maire actuel. Ferez-vous un travail pour y remédier ?
- Non. Nous faisons un travail sur la sincérité des listes et sur la conviction des habitants de cette ville. Nous pensons que le meilleur moyen de battre en brèche et de faire reculer les pratiques antidémocratiques est le travail, très en amont et très transparent, que nous faisons depuis plus d’une décennie à Portivechju. Nous le faisons, maintenant, de manière plus marquée car une logique de conquête exige des efforts importants. Mais cela ne nous fait pas peur. Epaulés comme nous l’avons été, lors de ce meeting, nous sommes sûrs que la victoire est possible.
 
- De quelle manière comptez-vous renouveler votre liste ?
- Nous pensons qu’aujourd’hui, l’attente des Porto-Vecchiais tourne, pour l’essentiel, autour d’une volonté de projets et de concret. Nous ne pouvons pas présenter une liste purement militante et idéologique, même si nous ne renions rien de nos engagements passés et actuels. Simplement, on ne présente pas, dans une logique de conquête, le même type de liste que dans une logique contestataire. Il faut nous préparer à gérer Porti Vechju. La liste doit être l’image de la table du prochain Conseil municipal. Les Porto-Vecchiais doivent visualiser, à travers chacun des candidats que nous présenterons, une personnalité capable d’améliorer leur vie. Ce sera déterminant !
 
- Bâtirez-vous une liste d’ouverture avec des non-nationalistes et au-delà du PNC et de Femu a Corsica ?
- Tout est ouvert. Ce n’est ni le PNC, ni Femu a Corsica qui sont candidats, mais Portivechju Altrimenti. Nous avons vocation, après la victoire des cantonales, à aller beaucoup plus loin. Nous ne sommes pas adeptes du fétichisme des structures ou du patriotisme des mouvements. Nous voulons ouvrir et gagner. Donc, à partir de là, élaborer un projet, initier un Collectif et organiser une campagne, conformément aux valeurs et principes qui nous guident et à l’objectif de victoire. Il est déterminant, aujourd’hui, de réaliser la transformation sociale et politique pour les Portovecchiais.
 
- Quand présenterez-vous cette liste et ce projet ?
- Le projet devrait être bien avancé à la rentrée prochaine. Notre volonté est de le présenter dans les mois qui viennent, et la liste dans la foulée. Nous allons inverser les tendances. On a l’habitude, y compris dans notre famille politique, de rédiger un programme sur un coin de table après avoir bâti une liste sur le nombre de voix porté par les uns et les autres au détriment de la compétence, de la présence, de la disponibilité et de la capacité à porter un projet. Nous voulons, d’abord, élaborer un projet et, ensuite, désigner, collégialement et démocratiquement, ceux qui seront le plus à même de l’incarner. C’est révolutionnaire dans la méthode ! Ça ne s’est jamais fait à Portivechju ! Je crois que cette démarche inverse portera des fruits magnifiques.
 
- Pensez-vous que la campagne sera très dure ?
- Le clan, qui dirige Portivechju depuis près de 70 ans, n’a pas l’intention d’être délogé facilement. Il s’accroche à un pouvoir qui relève, pour lui, d’une conception patrimoniale, pas d’une conception politique normale et ouverte. Dans cette logique de clanisme historique, la campagne sera difficile. Mais la difficulté ne nous effraie pas, nous pensons, au contraire, qu’elle va nourrir un débat démocratique fort animé. Nous sommes en mesure de remporter cette élection. Cette victoire semble correspondre à l’attente des Porto-Vecchiais et à leur envie de changement qui se manifeste de manière massive.
 
- Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer que « Portivechju va mal » ?
- Portivechju va mal car elle compte des milliers de chômeurs et de précaires. Elle va mal parce qu’elle n’a pas construit 1 mètre carré de logement social en 30 ans. Elle va mal parce que son développement économique, sa cohésion sociale et son offre touristique lui échappent au détriment d’une conception étrangère et décalée des choses. Elle va mal parce qu’elle est dans une situation à deux vitesses avec une activité concentrée sur quelques mois de l’année. Elle va mal pour des raisons tellement nombreuses qu’il est fastidieux de les énumérer. Ce qui est certain, c’est que nous devons changer les choses car nous ne pouvons pas nous permettre de vivre une nouvelle mandature ainsi.
 
- Vous lancez un appel aux Porto- Vecchiais. En quoi consiste-t-il ?
- C’est simple. Sans vouloir paraphraser, nous devons cesser de nous demander ce que Portivechju peut faire pour nous, mais au contraire, ce que nous pouvons faire pour Portivechju ! Cette démarche repose sur l’adhésion et la présence du plus grand nombre. Si chacun, quelque soient son origine, son rang social, sa situation professionnelle et son degré de compétence ou d’envie, adhère au projet que nous présentons et le porte à nos côtés, la victoire est inéluctable.
 
- Croyez-vous vraiment à la victoire ?
- J’y crois plus que jamais ! J’y ai cru aux Cantonales. J’y ai cru aux Territoriales. J’y ai cru aux Européennes. J’y ai cru aux Législatives, même si je ne mésestimais pas les difficultés d’une élection nationale. A la veille du scrutin municipal, plus que d’y croire, je mettrai tout en œuvre pour, avec mes amis, atteindre la victoire.
 
- Pour vous, ce scrutin est un enjeu majeur, peut-être le plus important. En quoi l’est-il plus que les autres, que les Territoriales par exemple ?
- Parce que nous sommes dans la 3ème ville de Corse et que la signification de ce scrutin dépasse les frontières de Portivechju. L’enjeu est capital parce qu’il relève, non pas d’une alternance dans une ville, mais d’un choix de société pour la Corse. Le choix de société porté par les gens, qui nous dirigent, est calamiteux. Il faut y mettre un terme et ouvrir une page nouvelle dans l’intérêt des Porto-Vecchiais et de la Corse toute entière. La chance et l’opportunité, qui nous sont données en mars, ne le sont pas tous les mois ou tous les ans, mais tous les six ans. Il est temps d’arrêter les dégâts qui sont faits dans notre quotidien pour nous projeter plus sereinement dans l’avenir autour d’un projet et d’une équipe renouvelée. C’est tout l’enjeu de la victoire !
 
Propos recueillis par Nicole MARI




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