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Inseme per a Corsica appelle à la structuration de Femu a Corsica en force de gouvernement


Rédigé par Nicole Mari le Dimanche 24 Juillet 2016 à 19:25 | Modifié le Lundi 25 Juillet 2016 - 04:47


Sept mois après la victoire des Nationalistes aux élections de décembre 2015, Inseme per a Corsica (IPC) a réuni ses élus et ses délégués à Corte pour faire le point sur la situation politique en Corse, sur l’action de l’Exécutif territorial, sur les rapports avec l’Etat et décider de la stratégie politique à venir. Réaffirmant leur soutien plein et entier à leur leader, Gilles Simeoni, à la tête du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Corse (CTC), et à sa majorité, les délégués, très motivés, ont insisté sur la nécessité de structurer Femu a Corsica, la plateforme électorale des Nationalistes modérés composée de trois mouvements, - Inseme per a Corsica (IPC), u Partitu di a Nazione Corsa (PNC) et A Chjama- et de l'élargir. L’objectif est de passer d’une logique et d’un mouvement d’opposition à une logique et un parti de gouvernement.


Le leader d'Inseme, Gilles Simeoni, entouré de membres de l'Exécutif.
Le leader d'Inseme, Gilles Simeoni, entouré de membres de l'Exécutif.
Comment capitaliser le changement issu du dernier scrutin territorial et atteindre l’objectif, si souvent martelé par Gilles Simeoni, de « passer d’une logique d’affirmation du nationalisme à une logique de construction nationale » ? C’est la réflexion qu’ont mené les élus et près de 135 délégués d’Inseme per a Corsica, représentant les territoires, dimanche après-midi, à l’université de Corte. Une réunion de mise au point, « indispensable, après la victoire de décembre et sept mois de mandature, pour engager une réflexion stratégique globale », indique, d’emblée, un délégué. L’occasion, d’abord, pour le président de l’Exécutif de la CTC, leader d’Inseme, Gilles Simeoni, et les élus de la majorité territoriale de rendre compte de leur action et de dresser un bilan politique d’ensemble de la situation corse et des rapports avec l’Etat. Le constat est unanime : « Décembre a été un point de bascule historique ! C’est, d’abord, la victoire du mouvement national, d’un idéal pour lequel nous nous sommes battus les uns et les autres depuis un quart de siècle. C’est, aussi, une victoire qui exprime, au-delà des Nationalistes, une attente profonde de la société corse ». Une attente qui, pour les délégués, n’a pas été déçue. Globalement satisfaits du travail effectué depuis le début de la mandature tant par le Conseil exécutif que par la majorité territoriale, ils leur ont apporté, de façon unanime, lors de ce Conseil des territoires, leur « soutien plein et entier ».
 
Une logique de construction nationale
Un rôle de soutien qu’il convient, désormais, de jouer de la manière la plus efficace possible. Les délégués ont, donc, analysé les décisions à prendre et les choix à mettre en œuvre pour renforcer la démarche initiée en décembre. Ils se sont interrogés sur la place à donner à l’action militante et, face au blocage de l’Etat, sur la nécessité de réinvestir le terrain. Pour continuer à porter les revendications nationalistes, ils ont appelé l’Exécutif et la majorité territoriale à rester fermes dans les négociations et décidé de renforcer la mobilisation populaire. Ils ont, également, insisté sur la nécessité de surfer sur la dynamique de la victoire électorale et de l’état de grâce dont jouit encore le pouvoir nationaliste pour porter à son terme la démocratisation de la société insulaire. « Nous voulons renouveler en profondeur les codes de la vie politique, casser le système claniste et clientéliste, ce que nous avons déjà commencé à faire, et remettre la démocratie au cœur des pratiques de la société corse. Inseme per a Corsica a toujours placé, au centre de son identité politique, la notion d’espace de convergence et la volonté de faire travailler ensemble les élus et les forces vives. C’est pour nous essentiel et c’est plus que jamais d’actualité ! », précise Hyacinthe Vanni, conseiller territorial et membre de l’Exécutif d’Inseme. « Faire de la politique autrement a été et reste à la base de notre action. C’est ce que nous faisons en réformant le règlement des aides aux communes, en traitant les gens par rapport à leurs projets et non par rapport à leur étiquette politique, en mettant de l’ordre dans les marchés publics et dans les procédures de recrutement, en redressant les comptes de la CTC… ».
 
Créer un outil politique
Pour les militants d’Inseme, les réponses à ces problématiques doivent désormais s’incarner dans Femu a Corsica. Avec au cœur des débats, une question cruciale : Comment Femu a Corsica, qui a été un acteur central de la victoire de décembre et qui est le premier groupe politique de la majorité territoriale, peut-il, désormais, devenir une force de gouvernement et le moteur de ces changements profonds ? « Comme les élus ne peuvent pas être coupés de leur mouvement et de la société corse, il faut repenser l’articulation entre les élus et la base militante, entre l’Exécutif et les territoires. Cela passe forcément par un renforcement, un élargissement et la création d’un outil politique qui rassemble, à la fois, les forces qui composent Femu, et tous ceux et celles qui nous ont soutenu et qui se reconnaissent dans notre action stratégique », poursuit Hyacinthe Vanni. « Nous allons proposer à nos partenaires d’A Chjama et du PNC d’aller vers ce renforcement par la création de Femu a Corsica comme outil majeur incarnant notre vision stratégique commune », confie un délégué.
 
Parti ou mouvement ?
Pour les Nationalistes, ancrés dans une logique de militantisme qui s’est toujours historiquement développée dans l’opposition et la contestation, l’heure est venue de faire l’apprentissage du pouvoir. La donne stratégique ayant changé, le mouvement Femu a Corsica doit, selon Inseme, évoluer et se structurer. Une structuration qui est une demande ancienne et récurrente du PNC, mais qui suscitait quelques réticences chez ses partenaires. La plateforme Femu a Corsica deviendra-t-elle un parti, comme le PNC, ou un mouvement, comme Inseme ? La question, comme celle de l’organisation, des statuts et du fonctionnement, n’a pas encore été soulevée. « C’est un débat qui est devant nous et que nous devons aborder de façon apaisée, en l’élargissant à tous les militants de toutes les organisations. Il faut construire cet outil dont la Corse a besoin et dont nous avons besoin pour être à la hauteur des enjeux », conclut Hyacinthe Vanni. Un accord de principe semble avoir été trouvé entre les partenaires. L’annonce, faite par Inseme dimanche à Corte, devrait être confirmée par le PNC, lors de son assemblée générale du 30 juillet. Ceci posé, tout reste à débattre et à construire. Inseme plaide pour un calendrier resserré avec une assemblée constituante qui pourrait être créée à la rentrée ou au plus tard à l’automne. Réponse du PNC dans six jours…
 
N.M.
 





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