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I Palazzi de Venzolasca : Un nouveau site mis au jour


Rédigé par le Jeudi 11 Décembre 2014 à 00:04 | Modifié le Jeudi 11 Décembre 2014 - 01:56


Une fouille préalable à la construction d'une résidence principale, sur le site de I Palazzi sur la commune de Venzolasca (Haute-Corse), a permis de mettre au jour un nouveau secteur de ce site situé sur un vaste plateau dominant la plaine littorale à une vingtaine de kilomètres au sud de Bastia.


Le site d'I Palazzi sur les hauteurs de Venzolasca
Le site d'I Palazzi sur les hauteurs de Venzolasca
"Le site de I Palazzi a été mis en évidence  dans les années 1970 par Geneviève Moracchini-Mazel et a, déjà, fait l'objet de deux fouilles préventives en 2001 et 2009" rappellent sur place Philippe Chapon, responsable de la fouille et les archéologues de l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) aux côtés de François Souq, directeur interrégional de l'insitut, et Franck Leandri, conservateur régional de l'archéologie.
Plusieurs campagnes de sondage ont permis de circonscrire son étendue sur deux hectares.
"Il s'agit d'une agglomération édifiée par les populations insulaires  entre le II ème et le I er siècles avant notre ère", souligne encore Philippe Chapon. " Autour de deux rues perpendiculaires, elle se compose d'un habitat extrêmement dense aux murs de galets et d'argile et aux toits de tuiles".

La fouille actuelle de 2000m2, montre la continuité de cet habitat avec celui des parcelles voisines, déjà, fouillées.
Le chantier a révélé l'existence d'au moins deux états successifs de l'agglomération entre 150 et 50 avant notre ère et le peu de profondeur des anciens travaux agricoles et la présence d'un aménagement de terrasses ont permis la préservation sur une hauteur importante des édifices mis au jour.

Céramique, monnaies, parures, ustensiles, restes humains…
"Du matériel domestique, abondant, a été retrouvé sous des édifices effondrés. Des amphores en provenance d'Italie du Sud, des céramiques provenant également d'Italie - preuve des échanges commerciaux particulièrement développés avec la péninsule italique et notamment avec la cité étrusque de Populonia derrière l'Ile d'Elbe - ont été découvertes" rappelle encore le responsable de la fouille qui souligne par ailleurs un travers curieux des habitants d'I Palazzi : ils disposaient également de céramique d'imitation… grecque !
Des ustensiles ont été également mis au jour. Et l'équipe de l'Inrap a pu encore prélever des restes de crânes humains.
La fabrication artisanale de tuiles sur place a aussi été mise en évidence grâce aux structures démantelées d'un four et des déchets de cuisson.

Destruction brutale
Les recherches entreprises sur place ont par ailleurs confirmé le fait de l'ouverture sur le monde méditerranéen d'I Palazzi. "Le site va à l'encontre de l'image d'une communauté repliée sur elle-même".
Il n'en demeure pas moins que le chantier tendrait à mettre en évidence "un épisode de destruction brutale du site" avec "des traces d'incendie". Un épisode qui a été suivi d'une restructuration complète de l'habitat vers la fin du 1er siècle avant notre ère.
Mais à la fin de ce même 1er siècle, le site a été abandonné.
"Cela semble correspondre au développement de la cité romaine de Mariana fondée en 100 avant notre ère dans la plaine de Lucciana toute proche" explique Philippe Chapon. En tout cas sur les parcelles d'I Palazzi, qui vont être encore explorées pendant plusieurs jours, il semble que son occupation a cessé avec la période de l'Empereur Auguste.
Kevin Pech responsable du site de Sorbollano en Corse-du-Sud, venu sur place pour apprécier cet autre site de l'âge de fer, n'a rien perdu des observations des archéologues. Tout comme Thomas et Livio, collègiens de Fesch qui, en stage à la Drac, ont, eux aussi, eut le droit de gratter, un peu, le sol d'I Palazzi…
 

Franck Leandri : 'Quand on fait des fouilles, on détruit l'objet de nos recherches"

De gauche à droite : Philippe Chapon, Franck Leandri et François Souq
De gauche à droite : Philippe Chapon, Franck Leandri et François Souq
L'éclairage de Franck Leandri, conservateur régional de l'archéologie à la direction régionale des affaires culturelles

- Pourquoi cette opération sur ce site ?

- On est dans le cadre d'une opération d'archéologie préventive qui fait suite à une première étape de diagnostic. Lorsque l'on est dans une zone sensible du point de vue de l'archéologie, on peut prescrire des opérations de détection pour voir si la présence de vestiges est avérée. Pour I Palazzi cette opération a été positive c'est la raison pour laquelle nous avons engagé cette action beaucoup plus lourde.

- Comment avez-vous pu estimer qu'elle était positive ?
- L'Inrap a été missionné il y a un an par l'Etat pour réaliser ce type de diagnostic. Cela se fait sous la forme de décapage à la pelle mécanique et de sondages assez précis dans des endroits très précis et un cahier des charges qui l'est tout autant. 

- Pourquoi et comment déclenche t-on une telle opération ?
- Elle est enclenchée dès que nous recevons une demande de permis de construire sur un site qui est situé  sur une zone sensible sur le plan archéologique.

- C'est une procédure automatiques ?
- Quasi automatique que l'on mène assez fréquemment en Corse. En effet, il y a trentaine d'opérations d'archéologie préventive qui est menée sur l'île tous les ans sur les zones sensibles qui, il faut le souligner, sont consultables sur internet.

- Comment celle-ci a t-elle été détectée ?
- Parce que le site avait, déjà, été révélé par Geneviève Morcchinini-Mazel. En fonction de cette information et de la cartographie, on a décidé de que ce serait un endroit sensible. Sur ce site nous sommes dans le cadre d'une procédure liée au fonds national de l'archéologie préventive. Comme l'objectif est également d'accompagner la construction d'une maison individuelle, l'Etat prend en charge la fouille archéologique.

- L'avenir du site ?
- Quand on fait des fouilles, on détruit l'objet de nos recherches. C'est la raison pour laquelle elles sont menées de façon ponctuelle. C'est un véritable acte chirurgical. Au fur et à mesure, tout ce que vous voyez là est trié, inventorié, scanné pour en faire une bonne photocopie.

- Rien ne s'oppose donc à la construction projetée ?
- Non mais si l'on avait fait une découverte exceptionnelle, comme le baptistère du site Alban d'Ajaccio, on aurait pris des mesures de protection…





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