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François Tatti : « Nous ne voterons pas le statut de la langue corse en l’état »


Rédigé par Nicole Mari le Mercredi 24 Avril 2013 à 18:03 | Modifié le Vendredi 26 Avril 2013 - 01:05


Le projet de statut de coofficialité sera soumis au débat et au vote, ce jeudi, à l’Assemblée de Corse. Farouchement opposé au principe de coofficialité, le groupe de la Gauche Républicaine entend peser dans le débat, qui s’annonce d’ores et déjà très long, en proposant près d’une cinquantaine d’amendements. Dénonçant un projet non abouti, discriminatoire, inapplicable et voué à l’échec, il accuse la majorité de faire une surenchère irresponsable et propose un contre-statut pour parvenir au bilinguisme. Explications, pour Corse Net Infos, de son leader François Tatti qui, avec Pascaline Castellani, appelle les élus à ne pas s’opposer idéologiquement, mais à accepter un compromis pour faire avancer la langue corse.


François Tatti et Pascaline Castellani, élus territoriaux du groupe La Gauche Républicaine
François Tatti et Pascaline Castellani, élus territoriaux du groupe La Gauche Républicaine
- Etes-vous, idéologiquement, contre le principe de coofficialité ou est-ce seulement le mot qui vous dérange ?
- Nous sommes favorables à un statut de langue corse territoriale s’inscrivant dans un statut national des langues régionales. Le statut de coofficialité, qui met à parité le français et le corse, ne correspond à rien. On rentre dans un schéma impraticable et on se fait plaisir. Le français est la langue du pays, tout le monde la parle. Avoir, du jour au lendemain, deux langues officielles, au même niveau, ne peut pas fonctionner. Si la question se posait dans 50 ans, lorsque la société corse sera bilingue, alors, à ce moment-là, ce sera un problème politique. Aujourd’hui, à ce problème politique s’ajoute la réalité sociolinguistique de l’île qui ne le permet pas. Il faut en tenir compte.
 
- C’est-à-dire ?
- L’officialité signifie que la langue est imposable à tous, que tout le monde a l’obligation de la connaître parce que c’est la langue du pays. Dire que le corse est imposable à tous parce qu’il est aussi la langue du pays, c'est commettre une erreur et créer une situation impossible pour la plupart des gens qui ne le parlent pas. Ça ne peut pas marcher !
 
- Ça marche ailleurs en Europe où de plus en plus de régions optent pour ce principe. Pourquoi ça ne marcherait pas en Corse ?
- Je ne sais pas s’il y a beaucoup de régions en Europe qui optent pour la coofficialité !
 
- Pourquoi opposez-vous la coofficialité au bilinguisme ?
- Le système de coofficialité n’est pas un système de bilinguisme. La coofficialité comporte des contraintes juridiques, des discriminations professionnelles et des difficultés de mise en œuvre. Les formations vont, peut-être, intervenir dans 30 ans ! On sait très bien que, juridiquement, la coofficialité est vouée à l’échec parce qu’elle suppose une modification de la Constitution que, dans l’état actuel des choses, personne ne souhaite. Et qui, en plus, n’est ni souhaitable, ni adaptée ! Le gouvernement, quand on lui expliquera ce qu’on veut faire, s’y opposera et rétorquera qu’on ne peut pas le faire. Nous sommes favorables au dialogue avec le gouvernement, pas à un bras de fer comme pour les Arrêtés Miot.
 
- Est-ce la raison pour laquelle vous estimez, non-abouti, le projet de statut proposé au débat ?
- Un tel statut, pensé en dehors de l’évaluation et de la mobilisation des moyens nécessaires pour le porter à bien, n’a pas de valeur. C’est une pétition de principe, un vœu pieu. Il faut se poser la question de savoir quels sont les moyens humains et financiers dont on dispose pour mettre en œuvre une politique qui nous porte au bilinguisme.
 
- Vous jugez ce statut discriminatoire. En quoi le serait-il ?
- En donnant des droits aux citoyens, ce statut, sans s’en rendre compte, est discriminatoire par rapport à ceux qui ne parlent pas le corse. Les non-corsophones n’auront pas les mêmes possibilités de carrière et de formation que les corsophones. Pour progresser dans sa carrière, il faudra parler corse. Mais, comment libérer un fonctionnaire pendant toute une année pour lui apprendre à parler corse ? Tout ceci ne serait rien si nous étions en capacité de mettre tout le monde en formation en même temps pour qu’il n’y ait pas de différence. Or, nous ne sommes pas en mesure d’offrir à chacun cette opportunité.
 
- Vous vous élevez, également, contre la priorité donnée au corse dans la culture et l’éducation ?
- Un exemple, le projet dit qu'à l’université, les professeurs s’exprimeront, comme ils le souhaitent, indifféremment en corse ou en français. Cela signifie que l’on veut une université, non plus de la lumière, mais de l’obscurité ! Comment un professeur du continent peut-il intervenir dans ce contexte ! Nous sommes une île de 300 000 habitants, nous avons besoin de respirer, d’avoir des passerelles importantes avec l’extérieur, notamment dans le domaine de l’excellence et de la formation. Il ne faut pas faire un statut qui, nécessairement, va créer des discriminations et ouvrira la porte à toutes les dérives.
 
- Que proposez-vous en contrepartie ?
- Pour faire avancer la langue corse, nous proposons un statut qui crée des obligations de formation, de proposition pour les pouvoirs publics et qui laisse le choix au citoyen d’adhérer à la langue corse. Le but est de porter la société corse au bilinguisme en misant sur cette complémentarité qui serait d’obliger les pouvoirs publics à mettre en place le dispositif et de laisser les citoyens volontaires s’y inscrire. Cela suppose que l’on mise sur un statut ambitieux, financé, cohérent, planifié dans la durée, mais qui ne mette pas d’obligations à charge des citoyens.
 
- Quels sont les points sur lesquels vous ne transigerez pas lors du débat ?
- Nous considérons qu’il faut vraiment se préoccuper de la langue corse, faire un statut de la langue corse, et rien d’autre ! Parce que ça fait bien de voter pour la langue corse, nous pourrions le faire, mais ce ne serait pas honnête. On pourrait dire : on vote… Et puis, on s’en fiche ! Le statut ne marchera pas… On s’en fiche ! Il sera retoqué par le Préfet. Il restera dans les cartons… On s’en fiche ! Mais, je pense qu’il faut être honnête, cohérent et faire ce que l’on croit utile, c’est-à-dire tenir un discours de réalisme et de vérité. On ne peut pas mentir aux gens sur des questions aussi sensibles. J’ai la chance de parler corse. Je sais bien que c’est intimement important de parler corse. Une langue est un lien profond et fort. On n’a pas le droit de jouer avec ces choses-là.
 
- Que ferez-vous au moment du vote ?
- Nous ne voterons pas le statut en l’état. Nous ferons un certain nombre d’amendements pour repositionner le statut, non pas à partir de la coofficialité, mais à partir de la volonté d’amener la société au bilinguisme. Ce qui signifie que nous proposerons beaucoup de modifications au document qui nous sera présenté.
 
- Votre 1er amendement demande le retrait du mot « coofficialité » et de la nature juridique du statut de coofficialité. Si cet amendement n’est pas accepté, voterez-vous le statut ?
- Non !

- Vous abstiendrez-vous ou voterez-vous contre ?
- Pour l’instant, nous ne nous mettons pas en position d’échec. Nous allons essayer de convaincre nos collègues de la justesse de nos propositions.
 
- N’avez-vous pas le sentiment de mener un combat d’arrière garde ?
- Nous avons le sentiment de mener un combat pour la langue corse et pas pour une nation corse ! Nous ne voulons pas gérer l’Education nationale, la justice… Nous voulons aller vers une société bilingue.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.



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25.Posté par arbasgiu le 02/05/2013 09:31
En parfait accord avec Lola.

24.Posté par stumaccatu le 01/05/2013 19:25
@lisandru Il est vrai que sur le plan du manque de sérieux scientifique on ne connait qu'une "théorie" pire que celle des OVNIS: celle sur la coofficialité (encore que celles sur les OVNIS sont de plus haut niveau)
Pour le reste il est notoire en Europe que le FUEV est un lobby pour l'Europe des ethnies, qu'il a poussé la charte des "langues" (qui n'a aucun rapport avec celle des droits de l'homme). C'est dur de se retrouver dans le camp des identitaires européens (surtout quand on veut passer pour progressiste et démocrate) mais rassurez vous: cette appartenance de la plupart des natios ne surprend personne en Europe non plus.

23.Posté par Lisandru le 29/04/2013 23:55
Et les OVNIS, qu'est-ce que vous en pensez ? Ils mettent en danger la République ?

22.Posté par stumaccatu le 28/04/2013 18:17
@arbasgiu
vous dites :"Les urnes nous départageront"
Oui, mais pour quel vote?
cette question de la langue officielle de la république en France est trop fondamentale pour être acceptée: cela ne peut donc qu'être un vote sur l'indépendance.
Je rappelle que les sondages sont contradictoires: 10% des corses voudraient l'indépendance seulement, mais entre 33 et 40% des français voudraient l'indépendance de la Corse. En poussant un peu et en mettant l'accent sur les projets corses actuels qui seraient en plus financés par l'Etat les 50% devraient être atteints facilement en France. (c'est l'histoire du "beurre et de l'argent du beurre" et de "à trop tirer sur la corde elle finit par casser" etc...)
Aujourd'hui, je ne sais pas si on peut dire comme Edmond Simeoni que "la Corse est mûre pour l'autonomie" mais une chose est sûre "la France est mûre pour l'indépendance de la Corse" et ça pourrait même arriver très vite: la France a dépensé 3,6 milliards d'€ en 2012 pour la Corse et il y a besoin de redresser l'industrie française.
On peut parier que beaucoup ont déjà fait le calcul ...

21.Posté par Pollini Joseph le 28/04/2013 17:34
Merci à "Stumaccatu" ( drôle de nom pour quelqu'un qui fait part dans ses commentaires d'autre chose que de ce qui l'écoeure et sait le faire avec courtoisie!), merci donc pour les précisions données sur le débat concernant les langues régionales et son contexte politicien. Comme je l'ai dit en "3" oui à un bilinguisme responsable et réaliste. Je ne suis en rien "nationaliste" ( qu'il soit corse ou français ) mais un simple corse, qui aime la Corse au moins autant que les nationalistes les plus purs et les plus dogmatiques et aussi fier d'être français. J'ose cependant encore croire qu'un bilinguisme peut être obtenu tout en maintenant la Corse au sein de la République Française. Mais par quelles voies, pacifiques , autres que l'éducation?
J'ai vécu un an au Québec, alors que ce type de problème se posait déjà avec acuité ( 1974 -75 ) à propos de l'anglais et du français et j'avoue que chez nos cousins d'Amérique le français était déjà ( et l'est encore ) défendu avec force et que le "bilinguisme" était très largement répandu; ce n'est qu'après qu'est advenue quasi naturellement, mais non sans heurts la co-officialité, le français y étant devenu dominant, mais rares sont encore aujourd'hui les québecois francophones, scolarisés, qui n'ont pas une excellent maîtrise de l'anglais. On me dira que le Québec n'a rien à voir avec la Corse... Est-ce si sûr?

20.Posté par stumaccatu le 28/04/2013 17:30
@lisandru: Françoise Morvan et d'autres chercheurs ont, eux, des éléments sérieux : l'historique du FUEV, c'est autrement plus solide que les affirmations gratuites (les prétendues études scientifiques sans démonstration) sur les soi disant "bienfaits de la cooficialité".
Comme références nazies il y a ce qu'il faut en Corse avec les oeuvres de Petru Rocca et Santu Casanova et la muvra. Ils sont aujourd'hui très bien suivis par toutes les mouvances identitaires d'Europe (dont des mouvements corses font objectivement partie aujourd'hui) qui font l'apologie d'une Europe des régions basées sur des ethnies. Ces mouvances comptaient beaucoup sur la charte des langues minoritaires, et certains natios avec, pour aller vers cette Europe ethniste des régions. Que des natios (alliés à des "clanistes de gauche" (oxymore)) se joignent à ces mouvances avec le sens du progressisme, de la démocratie et le goût du sérieux scientifique qui les a toujours caractérisés, cela n'a rien d'étonnant.

19.Posté par arbasgiu le 28/04/2013 15:27
@ stumaccatu

Chacun son opinion, je suis pour l'enseignement OBLIGATOIRE du Corse sur le territoire corse et le bilinguisme parfait (car c'est la seule chance de sauver le corse)

Vous non.

Je respecte vôtre opinion, c'est votre droit le plus stricte, respectez la mienne.

Les urnes nous départagerons.

En démocratie les lois et la constitution peuvent changer, depuis sa rédaction par Michel Debré, la constitution de la V république a été révisé 28 fois.

Quand aux lois, on en votes des dizaines nouvelles par années.

On se comptera dans les urnes démocratiquement.

A prestu

18.Posté par Lisandru le 28/04/2013 15:19
"Les chercheurs ont montré que...".
Le soi-disant "chercheur" que vous invoquez, Françoise Morvan, est une extrêmiste totalement décridibilisée qu'aucun linguiste, scientifique ou politiste ne prend au sérieux. Elle vient de publier un article sur le Club de Médiapart, dans lequel elle accuse les rédacteurs de la Charte européenne des langues minoritaires d'être issus d'une organisation nazie, ni plus ni moins. Quand on écrit que le Conseil de l'Europe est une organisation nazie, on a le même sérieux scientifique que Faurisson ou Dieudonné. J'ignorais que la Convention européenne des droits de l'homme était un texte nazi...
Je vous suggère de vous pencher sur les oeuvres de Gobineau et de Chamberlain ainsi que sur les discours de Goebbels. Vous y trouverez sans doute d'autres arguments tout aussi sérieux contre le droit des Corses à parler leur langue.

17.Posté par stumaccatu le 28/04/2013 14:48
Le choix n'est pas entre obéir et être jeté à la mer. Le corse est enseigné avec plus de personnel qu'il n'en faudrait et la culture corse est subventionnée. Il se trouve que cela n'intéresse presque pas la population qui vit en Corse. La France est une république avec une langue officielle: le français, si certains veulent la faire "évoluer" dans un sens ethniste et identitaire, et certains corses ( natios et clanistes "de gauche" ) ne sont pas les seuls à le vouloir, qu'ils l'assument. Ils osent appeller ça du progressisme et de la démocratie, les natios et les clanistes "de gauche" n'en sont plus à un oxymore près. La seule issue logique de leur démarche est la revendication d'indépendance qui consiste à se prendre en main, pas à être jeté à la mer, au lieu de persister dans des demandes d'aides de l'Etat, qu'ils n'auront pas. Un peu de courage: il faut proposer au peuple corse un référendum sur l'indépendance.

@arbasgiu: il parait qu' il est possible aujourd'hui de suivre une éducation bilingue ou trilingue (avec du corse même) dans toute sa scolarité sans passer par la coofficialité, où est le problème?

16.Posté par stumaccatu le 28/04/2013 13:23
La langue officielle de la république est le français. Il ne s'agit pas de chantage: il s'agit de demander un peu de courage et de vouloir aller jusqu'à l'indépendance parce qu'il n'y a pas d'autre solution dans ce cas. On ne peut pas d'un côté avoir des revendications de langue officielle corse et de l'autre laisser entendre qu'on se contenterait des aides de l'Etat . Qui est ridicule? Les vrais patriotes corses doivent se retourner dans leurs tombes ils méritaient mieux que d'être récupérés par des soi-disant héritiers aussi incohérents.
La république n'a pas de raison de changer sur ce point sauf faire plaisir à des diktats d'identitaires.

Je me permets de reproduire un com fait sur le sujet de F. Alfonsi et de la charte des langues minoritaires pour expliquer quels sont les enjeux:

"François alfonsi dit que la non ratification de cette charte "n'est pas un renoncement c'est une trahison". La chercheuse Françoise Morvan a , avec d'autres chercheurs Européens, une toute autre vision de cette charte, elle dit ceci : la volte face de FH est salutaire car cette charte « ne vise pas à défendre des langues minoritaires mais les langues de groupes ethniques, sur une base foncièrement raciste ». En effet, qui a poussé cette charte en Europe? Le lobby ethniste Européen la FUEV autrement appelée l'UFCE (Union Fédéraliste des Communautés Ethniques Européennes) vaguement issu en 1949 des réseaux pangermanistes allemands et que leur organe, Nation und Staat, suspendu en 1944 pour cause de nazisme, avait donné lieu à Europa ethnica (la revue de la FUEV reprenant la même numérotation. ) Leur but étant: « d’aider les minorités ethniques à préserver leur existence biologique et culturelle, en particulier le Volkstum allemand » (le « Volkstum », autrement dit « l’esprit de la race ») et la « protection des groupes ethniques ».
Les chercheurs ont démontré deux choses:
1/la FUEV n’entend nullement défendre des langues minoritaires mais des langues de minorités ethniques rattachables au sol du pays signataire : l’article 1 le précise bien, la Charte « n’inclut ni les dialectes de la (des) langue(s) officielle(s) de l’État ni les langues des migrants ». Sur cette base, l’arabe n’est pas une langue minoritaire ; le breton, langue d’une ethnie celte, ou supposée telle, est défendable mais non le gallo, dialecte français parlé en haute Bretagne…
2/la charte fait partie de tout un dispositif pensé dès l’origine comme une arme de guerre contre les États-nations (et en premier lieu la France) par les partisans d’une Europe des ethnies. Le complément de la Charte, la Convention-cadre pour la protection des minorités, a été adopté de la même manière et est entré en vigueur en 1998. Cette convention s’accompagne elle-même de chartes et conventions diverses visant à « dégager le substrat ethnique de sa gangue étatique. »
Voilà donc à quel lobby de "pensée" est affilié François Alfonsi et où la dérive d'une partie des nationalistes les a conduit: dans les pires marécages des identitaires d'Europe. Derrière la défense des langues se cache bien la défense d'une Europe des Régions sur une base ethniste. "

Et je conclus : 1/ les jeunes veulent tellement préserver leur langue qu'ils ne veulent plus l'apprendre
2/ le conseil constitutionnel et l'assemblée nationale refuseront ce projet pour les raisons ci dessus
3/ le bon docteur Chjonga a précisé par ailleurs que tout ceci ne pouvant pas être payé par la CTC ce serait payé par l'Etat. Ben voyons: c'est là le fond du problème, des postes et des subventions.
4/ les seuls cohérents dans cette affaire sont les indépendantistes sincères (les quelques uns qui restent) pour les autres ce n'est qu'une comédie.

15.Posté par mattei le 28/04/2013 10:06
la ctc vote et elle a raison.si on suit le raisonnement de certains il ne faut plus rien changer(laissons le prefet decider de tout)! les bretons,les basques,l'alsace n'auraient donc pas le droit de proteger leurs langues !c'est vrai parler le corse etait tres mal vu a une certaine epoque ,maintenant, il n'y a pas a l'opposer au francais,les jeunes veulent preserver cette langue et ils ont raison.

14.Posté par Bob le 27/04/2013 21:31
@ Stumaccatu
Toujours le même chantage débile à l'indépendance sauvage : soit vous obéissez, c'est-à-dire vous disparaissez, vous détruisez votre langue, vous vendez votre maison, soit on vous jette à la mer.
Et quand une femme a été violée, on lui de se la fermer ou alors on l'abandonne sur l'autoroute ?

13.Posté par arbasgiu le 27/04/2013 17:45
@ stunaccatu

Bonjour, ne parlons même de tradition, de devoir moral rendre hommage à nos aïeux etc etc... même si pour moi c'est important, passons.

Parlons pragmatique (pas idéologie) :

Il est prouvé, admis, par les pédagogues et scientifiques du monde entier depuis 30 ans (sur le net c'est facile de faire la recherche), qu'un enfant dans les 5 première année de sa vie peut facilement assimiler trois ou quatre langues sans problème, et quel que soit son QI, que ça aide à son développement intellectuel dans tout les domaines, et forcément professionnel plus tard, à l'age adulte, pour des raisons évidentes.

Alors pourquoi le Corse c'est une langue à ne pas négligé :

Parce que c'est une langue qui vient du vieuxToscan du 13 siècle, comme l'italien, sa cousine (pas son ancêtre, sa cousine), donc le Corse à des racines venant du latin, latin qui a influencer toute les langues européennse, à des degrés différents bien sur, mais même dans l'Anglais on retrouve du latin.

Donc le Corse c'est une porte d'entrée vers l'Italien bien sur, mais aussi, le français, mais l'espagnol, le Portugais (au passage deux des langues le plus parler au monde) etc etc....

Il est parfaitement compatible d'apprendre par exemple le Français, le Corse et l'Anglais dés le premier âge, et c'est trés facile et sans aucune difficulté ni souffrances, pour des enfants, avant 5 ans.

Moi j'ai l'exemple d'un ami dans mon village qui a épousé une allemande, ses 4 enfants, de manière naturelles ont appris trois langues comme si de rien n'était, et il parle un corse parfait, un français parfait, un allemand parfait , quelle chance ! Quel atout pour eux dans l'avenir !

Bon je fais vite mais il y aurait un livre à écrire, il y en a d'écrit d'ailleurs sur le sujet.

Pour ce qui est du conseil constitutionnel, en l'état actuel des choses, c'est clair il bloqueront, parce que Charasse, et Jean-louis Debré nous détestent, les pauvres.

Mais il faut savoir que même à Paris la conseil constitutionnel, ses nomination opaques, ses débats opaques, ses décisions opaques (on sait pas qui votent pour quoi), est largement remis en cause comme organe démocratique dans sa composition et son fonctionnement démocratique.

Si vous suivez l'actualité, il est prévu dans le quinquennat actuel, d'en changer les règles de nomination et de fonctionnement.

Et puis et je finirais la dessus, le débat serait trop long et trop riche.

En Bretagne il ont crées ce qu'on appelle les écoles Diwan, ou l'enseignement, y compris scientifique est donné en breton et en français, là on a 30 ans de recul, pour voir les résultats.

Ils ont monté ça sans subvention sans argent public.

20 ans aprés en 2012, je vous le donne en mille le meilleur taux de réussite au bac, avec les meilleurs notes, c'est pas Henri IV à Paris etc....

Non

C'est une école Diwan qui a gagné le premier prix de l'établissement le plus performant de France.

Voilà j'arrète là.

Et sur la base de ce que j'avance et que l'on peut prouver, si on se donne la peine de chercher sur son ordi (merci monsieur google), j'affirme qu'en effet les opposant à la coofficialité et au blinguisme dans une société sont des gens qui mènent, au mépris de toutes les expériences pédagogiques internationales, un combat idéologique d'arrière garde.

Salutations

Ps : J'aurai pu vous faire le texte en corse sans problème, je l'ai fait en français par politesse et parce que j'ai la chance de pouvoir la faire, grâce à mes parents et mes grands parents, que je remercie éternellement, d'avoir fait de moi un bilingue parfait.

Bon week-end

12.Posté par Francescu Santoni le 27/04/2013 17:44
@stumaccatu Oui c'est un combat d'arrière garde dans un esprit jacobin vieux de plusieurs siècle. Dans ce combat F. Tatti utilise des arguments totalement infondés et pratique l'obscurantisme.

"L’officialité signifie que la langue est imposable à tous, que tout le monde a l’obligation de la connaître"
Vous appelez cela de l'argumentation politique ? Les suisses vous saluent. La co-officialité, c'est l'ouverture.

Quand à votre argumentation elle n'en est pas moins ridicule :

"Soit on respecte les règles de la république, soit on considère qu'elles sont trop contraignantes et on demande l'indépendance"

Un pays n'est donc pas appelé à évoluer ? Les règles sont censées rester gravées dans le marbre ? Supprimons donc l'Assemblée Nationale et le Sénat ! Vous êtes complètement ridicule.

11.Posté par stumaccatu le 27/04/2013 16:06
Il est très drôle de parler de "combat d'arrière garde" à propos d'un opposant à la coofficialité délirante de la langue corse. Comme si la langue corse était le sommet du modernisme mondial, on aura tout lu....
Le projet de coofficialité sera annulé par le conseil constitutionnel pour des raisons logiques et chacun le sait. Ce n'est pas la première fois que la CTC vote n'importe quoi dans son histoire et on peut se demander à quoi elle sert.
Dans la république il n'y a qu'une langue officielle c'est le français. Soit on respecte les règles de la république, soit on considère qu'elles sont trop contraignantes et on demande l'indépendance. Mais pour cela il faudrait avoir un courage que les apôtres de la coofficialité du bon docteur Ghjonga n'ont pas, et il est plus confortable de demander des postes et des subventions.

10.Posté par arbasgiu le 27/04/2013 06:15
Exact Aramis, mais Tatti ne fait qu'obéir qu'obéir ces "maitres" parisiens, qui promettent avant les élections et qui se renient ensuite.

ça s'appelle un mensonge, et celui qui fait des mensonges, on appelle ça un menteur.

Au plus haut niveau de l'état on a donc un menteur, et ici le "petit" Tatti qui répète, comme le "petit " Stefani, front, de gauche, à Ajaccio qui est sur la même ligne (source corse-matin il y a deux jours)

Par les urnes et la démocratie nous les battrons caru fratè

A prestu

9.Posté par Aramis le 26/04/2013 14:05
La même gauche qu voulait enseigner l'arabe au collège est décidément bien mijaurée concernant les langues régionales !!

Et quelle pauvreté dans les arguments : "L’officialité signifie que la langue est imposable à tous, que tout le monde a l’obligation de la connaître". Il vous faut voyager un peu, Monsieur Tatti, aller voir ailleurs en Europe ce qu'il se passe, au lieu de nous débiter de telles sornettes.

8.Posté par ISA le 25/04/2013 17:41
S'exprimer dans sa langue et être compris devrait être un droit fondamental! C'est peu être pour ça que la non reconnaissance des cultures régionales est un lieu commun de tous les régimes totalitaires...

7.Posté par Petru le 25/04/2013 17:35
Quand un professeur français intervient en Angleterre quand un allemand intervient en Finlande, quand un Croate intervient en Roumanie... Il parle dans une langue commune telle que l'anglais! Est ce pour autant que toutes ces universités vivent dans un sordide obscurantisme moyenâgeux ethnocentriste et rétrograde???

Si un professeur intervient en Français ou en Anglais si il est étranger personne ne dira rien! Qu'un professeur Corse s'adresse en Corse à ses étudiants en Corse où est le problème? Refuser d'autoriser le parler de sa langue dans son université, ça c'est de l'obscurantisme jacobin de bas étage!!!

6.Posté par Mascio le 25/04/2013 17:25
Donc on doit continuer la fuite en avant et se laisser crever pour la commodité du personnel qui vient deux ans en Corse et repart à Mayotte ou la Réunion? A un moment donné il faudra faire un choix, ou laisser mourir le peuple Corse ou accepter les contraintes des solutions qui peuvent le sauver!

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