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Folelli : La population, vent debout contre l’implantation d’une centrale à bitume !


Rédigé par Nicole Mari le Mardi 10 Mars 2015 à 22:53 | Modifié le Mercredi 11 Mars 2015 - 01:42


La réunion publique, qui s’est tenue, mardi soir, à la mairie de Folelli, à l’initiative du Collectif contre l’implantation d’une centrale d’enrobage sur la Zone artisanale de la commune, a mesuré l’ampleur du refus. Très remontée et très inquiète des risques sanitaires et environnementaux, la population, venue en nombre, n’a pas été convaincue par les explications du groupe BETAG Brandisi, promoteur du projet. Le groupe, qui veut déménager sur Folelli sa centrale d’enrobage, actuellement située à Lucciana, renvoie la balle dans le camp du Préfet. Le Collectif, qui a recueilli, sur place, près de 350 signatures, a décidé de rencontrer le préfet de Haute-Corse pour lui demander de laisser la centrale là où elle est ! Explications en vidéo, pour Corse Net Infos, d’Antoinette San Martini, porte-parole du Collectif, de Yannick Castelli, maire de Folelli, de Patrick Brandisi, patron de BETAG, suivies de Jacques François Geronimi, agriculteur Bio et AOP.


La population, très inquiète et très remontée, est venue en nombre à la réunion publique de mardi soir.
La population, très inquiète et très remontée, est venue en nombre à la réunion publique de mardi soir.
La mobilisation contre l’installation de la centrale à bitume s’intensifie en Casinca ! Le projet du groupe BETAG Brandisi de déménager sur la Zone artisanale (ZA) de Folelli, à Penta-di-Casinca, sa centrale d’enrobage, actuellement située sur la ZA de Poretta, soulève une forte opposition de la population, des agriculteurs et des sociétés agroalimentaires implantées sur la commune et sur les communes voisines. Une enquête publique est en cours. Le Collectif contre cette implantation, créé, il y a une semaine, a organisé, mardi soir, à la mairie de Folelli, une réunion publique en présence du maire, Yannick Castelli, des maires des communes voisines, des représentants du groupe BETAG, des agriculteurs et de la population venue en nombre.
 
Des agriculteurs inquiets
Tout à la fois très inquiète, remontée et déterminée, la population a écouté, avec attention, les porte-parole du Collectif préciser les dangers sanitaires et environnementaux d’une telle centrale. Les agriculteurs, par la voix de Jacques-François et de Jean-Valère Geronimi, deux jeunes agriculteurs BIO et oléiculteurs AOP, dont l’exploitation est située à proximité du site d’implantation de la centrale, expliquent l’impact désastreux qu’elle aurait sur l’activité agricole (cf vidéo). Ils craignent la remise en cause des labels AOP, AOC, IGP et BIO obtenus pour leurs produits, ainsi que la menace qui pèse sur la pérennité de leurs exploitations. Ils ont averti l’INAO (Institut national de l’origine et de la qualité) qui donne, généralement, un avis consultatif aux services de l’Etat chargés d’examiner les autorisations d’exploitation des centrales à bitume. La levée de boucliers est telle que le maire, Yannick Castelli, se veut rassurant. Il assure que le Conseil municipal respectera les conclusions de l’enquête publique et ne prendra aucune décision qui mettrait en péril la santé des habitants.
 
Un transfert contraint
La réunion se tend avec l’intervention de Patrick Brandisi qui tente de justifier l’implantation de la centrale. Le patron du groupe BETAG a implanté, il y a quelques mois, sa centrale d’enrobage à Lucciana, près des gravières, avec une autorisation provisoire d’exploitation, renouvelée une fois, et qui arrive à terme sans possibilité de prolongation. Il doit, donc, la transférer ailleurs ou la fermer. Il a décidé de la déménager sur la ZA de Folelli où son entreprise est déjà installée, et a demandé aux services de l’Etat une exploitation de 4 ans renouvelable. Tout en reconnaissant que « d’un point de vue environnemental, ce n’est pas un bon choix de venir en Casinca », il se dit contraint par « ses obligations de chef d’entreprise », invoque « quinze emplois à sauver » et la concurrence rude des multinationales dans une contexte de crise et de raréfaction de la commande publique. Il affirme qu’il ne restera pas plus de 7 mois et qu’il repartira s’implanter, dès que possible, sur son premier site à Lucciana, plus approprié, selon lui, car situé à proximité des carrières.
 
Des habitants en colère
Ces arguments économiques font bondir les habitants et les agriculteurs qui n’apprécient pas du tout « ce chantage à l’emploi » et rappellent assez vertement le chef d’entreprise à ses propres responsabilités. Des échanges vifs les opposent aux représentants du groupe BTP. Le ton monte. Le maire de Castellare-di-Casinca, Eugène Bettelani, résolument contre la centrale, pointe les erreurs de l’étude d’impact réalisée. « Je suis contre parce que la centrale va produire des nuisances sonores, olfactives et sanitaires. La zone artisanale de Folelli date de plusieurs années. Depuis, la région a connu un développement important, les problématiques ne sont plus les mêmes. Nous sommes dans un secteur, à la fois, agricole et urbanisé. Ce type de ZA peut avoir un règlement plus strict qui préserve les habitants. La commune de Castellare commence à moins de 100 mètres du site retenu, la plus proche maison est à moins de 200 mètres. Les vents dominants sont des vents de Sud-Est, donc Castellare sera certainement la commune la plus impactée par les nuisances », confie-t-il en marge de la réunion.
 
Une issue possible
Patrick Brandisi renvoyant la balle dans le camp des pouvoirs publics, le Collectif tente de trouver une issue « satisfaisante pour tout le monde » et propose de rencontrer le préfet de Haute-Corse pour lui demander de laisser la centrale là où elle est ! Le problème est qu’une entreprise n’a pas le droit de déposer une demande d’installation définitive après avoir obtenu une autorisation provisoire ! Cela nécessite une dérogation ministérielle. Le groupe Brandisi accepte la main tendue (cf vidéo), sans que la tension ne s’apaise vraiment. Le Collectif, qui a récolté près de 350 signatures, clôt la réunion en appelant la population à continuer à se mobiliser et à participer massivement à l’enquête publique. Une page Facebook « nonalacentraledenrobeafolelli » a été ouverte et une pétition vient d’être mise en ligne sur le site Pétitions24.net. L’affaire de la centrale ne fait que commencer !
 
N.M.

Reactions d’Antoinette San Martini, porte-parole du Collectif, de Yannick Castelli, maire de Folelli, et de Patrick Brandisi, patron de BETAG.


Réaction de Jacques François Geronimi, agriculteur BIO et AOP.






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