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Du Cap Corse au Golo : 5 intercommunalités jettent les bases d’une coopération inédite !


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 16 Octobre 2014 à 23:00 | Modifié le Vendredi 17 Octobre 2014 - 01:32


C’est une première ! La Communauté d’agglomération de Bastia (CAB) et les communautés de communes du Cap Corse, de Marana-Golo, du Nebbiu et de la Conca d’Oro se sont réunies, jeudi matin, pour discuter du principe d’une coopération élargie et d’une mutualisation de moyens et de projets. Une démarche rendue possible par le changement de gouvernance à la mairie de Bastia qui clôt des décennies d’antagonismes et d’indifférence et remet au goût du jour le rêve du Grand Bastia. Explications, pour Corse Net Infos, de François Tatti, président de la CAB. Réactions en vidéo de Michel Rossi, maire de Ville-di-Pietrabugno et 1er vice-président de la CAB, d’Anne-Marie Natali, maire de Borgo et présidente de l’intercommunalité de Marana-Golo, de Jean-Pierre Leccia, maire d’Oletta et président de l’intercommunalité du Nebbiu, et Jacques Vesperini, conseiller municipal de Saint-Florent et représentant de l’intercommunalité de la Conca d’Oro.


Jacques Vesperini (Conca d'Oro), Jean-Pierre Leccia (Nebbiu), François Tatti (CAB), Anne-Marie Natali (Marana-Golo), Pierre-Michel Simonpietri (CAB), Michel Rossi (CAB) et Gilles Simeoni (Bastia).
Jacques Vesperini (Conca d'Oro), Jean-Pierre Leccia (Nebbiu), François Tatti (CAB), Anne-Marie Natali (Marana-Golo), Pierre-Michel Simonpietri (CAB), Michel Rossi (CAB) et Gilles Simeoni (Bastia).
 
- Quel était l’objet de cette réunion qui réactive un vieux rêve ?
- François Tatti : Elle répond effectivement à une volonté ancienne de considérer que les intercommunalités, qui existent sur notre territoire, ne répondent pas à la réalité du bassin de vie. Nous le savons ! Une fois ce constat établi, il y a deux façons d’agir : soit se battre pour changer les institutions, soit faire en sorte de mettre tout le monde autour de la table pour travailler avec les outils existants. C’est cette deuxième option que nous avons choisie. Je suis ravi du résultat de cette première rencontre.
 
- Est-ce véritablement, une première ?
- Oui ! C’est, à ma connaissance, une initiative unique en son genre ! Elle a rassemblé toutes les intercommunalités d’un grand bassin de population de plus de 100 000 habitants. L’objectif était, d’abord, de vérifier si nous avions ou pas la volonté de travailler ensemble. Nous avons rapidement constaté que, sur plusieurs sujets, nous n’avons pas les moyens politiques, institutionnels et géographiques de résoudre les problèmes qui se posent en matière de transports, de tourisme, d’économie, d’eau… Même si chacun veut rester maître sur son territoire, nous pouvons construire ensemble un partenariat thématique sur des questions précises.
 
- Lesquelles, par exemple ?
- Par exemple, nous pouvons réfléchir à la création d’un Office de tourisme de pôle. Aujourd’hui, la promotion de chaque Office de tourisme se fait de manière individuelle. Or, comment vendre Bastia sans vendre le Cap Corse, sans promouvoir la Conca d’Oro, l’étang de Biguglia… ! Il faut agréger toutes nos richesses pour être efficace. C’est évident !
 
- Cet Office de tourisme de pôle chapeauterait-il les autres Offices ou les supprimerait-il ?
- N’anticipons pas l’aboutissement éventuel sur le plan pratique ! Lors de cette première rencontre, nous n’avons pas poussé la discussion jusque-là. Nous avons individualisé les points et les sujets sur lesquels le besoin de coopération apparaît évident. Nous en avons identifié trois : le tourisme, les transports et une réflexion commune sur les projets, programmes et crédits européens à-venir. Nous avons demandé à nos administrations respectives de travailler sur l’ensemble de ces sujets et de nous remettre un rapport mi- ou fin novembre. Nous nous réunirons, de nouveau, mi-décembre, sur le plan politique, pour examiner les conclusions et poser les jalons d’un premier travail de coopération réelle.
 
- Ce vœu longtemps caressé, pensez-vous réussir à le réaliser ?
- Mon vœu le plus cher est, d’abord, de démontrer à la population que nous mettons de côté nos rivalités politiques et électorales dans l’intérêt commun. Dans ces temps de crise, de pénurie, de problèmes d’emploi… que nous subissons, c’est très important ! Nos administrés supporteraient mal que l’on se querelle alors qu’en nous regroupant, nous pouvons réussir. Ensuite, il faut faire des économies de moyens et d’énergie. Surtout, il faut mettre ensemble la totalité de nos forces et de nos richesses autant pour réfléchir à des projets que pour les concrétiser. Raisonner sur un territoire de 100 000 habitants permet de mieux penser les choses, d’être plus efficaces et mieux entendus dans le concert régional du développement, de l’octroi des crédits et de la répartition des moyens.
 
- La discussion entre ces Interco, notamment entre Bastia et les communes du Sud, semble assez aisée aujourd’hui. Pourquoi n’a-t-elle pas été possible avant ?
- Si je devais qualifier ce qui s’est passé pendant longtemps, je dirai que Bastia se comportait comme une citadelle assiégée, comme une victime d’injustices parce que tel service partait s’installer à Ajaccio ou tel projet était torpillé par les instances régionales… Or, en restant toute seule, Bastia sera toujours victime ! En revanche, si elle raisonne en termes de bassin de vie en rassemblant toutes les forces politiques et économiques pour défendre des intérêts communs, les choses se passeront très différemment dans les années à-venir.
 
- Peut-on parler d’un changement des temps ?
- Oui ! C’est un changement des temps ! Peut-être y avait-il aussi des histoires personnelles qui ont mené à de telles crispations ! Je ne veux pas revenir là-dessus. Mais, on peut tirer le constat de l’échec de cette situation et des fruits négatifs qu’elle a produit. Aujourd’hui, comme nous l’avons clairement affirmé, nous allons vers les autres intercommunalités sans esprit d’hégémonie, sans esprit de revanche et sans volonté de captation des richesses d’autrui ! Mais en mettant sur la table nos populations, nos besoins, nos capacités, nos richesses pour les partager et voir ce que nous pouvons faire ensemble. Il est sûr que ce discours-là n’avait jamais été tenu ! Du coup, tout le monde a constaté le même besoin de travailler ensemble.
 
- Le changement et l’union politiques à la tête de la municipalité de Bastia et à la CAB ont-t-il joué un rôle prépondérant ?
- Oui ! La démarche, que nous avons entreprise avec les élus de la CAB, qui étaient tous présents à cette réunion, a rencontré un écho très favorable dans les autres territoires. Faire de la politique de manière différente crée les conditions de réaliser des choses qu’on n’aurait pas pu faire autrement ! Rester dans une politique de clocher et de chapelle, simplement préoccupé de ses intérêts partisans, limite le développement ! En revanche, il apparaît prioritaire, non pas de devenir plus gros, mais de voir ce que nous pouvons faire ensemble, comme nous l’avons fait à Bastia où il y avait une attente de la population ! C’est la raison pour laquelle nous avons réussi une union qui a été gagnante !
 
- Ressentez-vous la même attente dans les populations des autres Interco ?
- Oui ! C’est pour cela que je suis ravi que cette initiative, prise avec la CAB, soit couronnée au moins de ce succès de lancement parce qu’elle répond, elle aussi, à une attente de la population. Cela nous encourage fortement à continuer dans le même état d’esprit ! Je ne suis pas naïf ! Je sais bien qu’un jour, il y aura des échéances électorales pendant lesquelles chacun reprendra ses droits. Mais cette pratique de la politique, de partage, de solidarité, de sortir de sa propre chapelle, est devenue incontournable.
 
- Peut-on dire que vous venez de poser la première pierre du Grand Bastia tel que vous l’avez rêvé ?
- Je ne dirais pas cela ! Ce qui m’intéresse, c’est que les gens travaillent ensemble. L’objet, aujourd’hui, n’est pas de se poser la question d’une association d’institutions. L’important est que les gens se retrouvent autour d’une table, apprennent à se parler, à se connaître, à se respecter, à ne plus avoir peur, à comprendre qu’on a intérêt à être ensemble pour réfléchir et réussir. A ce stade de notre travail politique, la Corse a besoin que nous réfléchissions ensemble aux problématiques. Si demain les institutions évoluent, si les départements sont supprimés, si les intercommunalités se transforment, nous verrons… Mais, chaque chose en son temps !
 
Propos recueillis par Nicole MARI
 

Réactions en vidéo de Michel Rossi, maire de Ville-di-Pietrabugno et 1er vice-président de la CAB, d’Anne-Marie Natali, maire de Borgo et présidente de l’intercommunalité de Marana-Golo, de Jean-Pierre Leccia, maire d’Oletta et président de l’intercommunalité du Nebbiu, et Jacques Vesperini, conseiller municipal de St-Florent et représentant de l’intercommunalité de la Conca d’Oro.





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