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Corte : "L'ora di u ritornu" pour Pierre Alessandri et Alain Ferrandi


le Vendredi 4 Décembre 2015 à 15:17 | Modifié le Vendredi 4 Décembre 2015 - 16:18


C'est le message et le voeu exprimés ce jeudi à l'Université de Corse par un collectif de soutien à Pierre Alessandri et Alain Ferrandi tous deux incarcérés sur le continent depuis 17 ans. En 2003 ces deux militants nationalistes ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 18 ans après avoir reconnu leur participation à l' assassinat du préfet Erignac.


Le collectif appelle l'opinion publique à la mobilisation pour obtenir leur transfert en Corse à la prison de Borgu.  Environ 300 personnes étaient réunies jeudi à Corte autour de cette revendication. A quelques mois d’une possible mesure de liberté conditionnelle, Pierre AlessandriI et Alain Ferrandi demandent en vain leur transfèrement au centre de détention de Borgu. Si le collectif a choisi de mettre en avant ces deux prisonniers dits "politiques", c'est à cause du caractère unique de leur situation.
En effet, si les deux hommes ont été condamnés dans le cadre du procès du "commando Erignac", de fait, selon les membres du collectif, "ils sont victimes de décisions particulière et anticonstitutionnelles de la part de l'Etat français". Ainsi, dans l'invitation envoyée à la presse, on peut lire que cette manifestation était organisée : " Face au silence assourdissant des autorités françaises, face à l’indifférence avec laquelle ces dernières considèrent les votes unanimes de la Collectivité Territoriale de Corse en faveur du rapprochement des prisonniers corses, face au très large mouvement de solidarité qui s’est exprimé sur notre territoire."

 

Cette situation est jugée "inacceptable, injuste et discrétionnaire", comme l'explique l'un des organisateurs et membre du collectif, Thierry Casanova : "Pierre Alessandri et Alain Ferrandu sont des hommes, avec des droits. Ce que nous demandons c'est le simple respect de cette loi, ni plus, ni moins. Ces hommes vont bientôt être conditionnables, s'ils sont toujours à Paris lors de cette demande, il sera logiquement plus difficile pour eux de trouver de entreprises qui puissent les aider à se réinsérer. Pierre Alessandri est agriculteur, il souhaite reprendre son activité, il est évident que cela ne peut être possible que s'il est préalablement transféré sur l'île. Et puis évidement ce transfert est aussi une nécessité pour les familles, le rapprochement familiale est aussi inscrit dans la loi, et cet acharnement représente une double-peine infligée aux prisonniers comme à leurs proches."

 

Ce collectif est pour l'instant informel, mais il annonce qu'il va se structurer prochainement sous la forme d'une association ouverte à tous ceux qui soutiennent ces revendications. Lors de cette première réunion, un large éventail de la population était représenté. Plusieurs représentants politiques étaient aussi présents mais à titre individuel. "Pour l'instant il s'agit de mobiliser l'opinion publique", explique Thierry Casanova, "lorsque le collectif sera formalisé, nous en appellerons à tous les acteurs de la société Corse qui se sentent concernés, les politiques bien sûr, mais surtout la population dans son ensemble, les acteurs sociaux, économiques, il faudra du monde pour mener à bien nos initiatives." 


Une pétition vient d'être lancée. Et d'autres initiatives verront le jour prochainement puisque le collectif projette de porter son message à l'Elysée et à Matignon, ainsi qu'aux autorités européennes et à la Ligue des Droits de l'Homme.
La pétition a déjà été signée par plus de 700 personnes et le collectif espère passer le millier ce week-end, en voici le contenu :
Pierre ALESSANDRI et Alain FERRANDI sont incarcérés depuis le 25 mai 1999 pour l’assassinat du préfet Claude ERIGNAC. Ils ont été condamnés le 11 juillet 2003 par la cour d’Assises de PARIS à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sureté de 18 ans. Ils purgent actuellement leur peine à la maison centrale de POISSY dans la région parisienne.

Depuis maintenant plus d’un an, ils demandent, en vain, la levée de leur inscription au répertoire des Détenus Particulièrement Signalés (DPS) et leur transfèrement sur le centre de détention de BORGU.

Leur fiche d’identité judiciaire semble irréversiblement les reconnaître, non pas comme des détenus de droit commun ou des prisonniers politiques mais plus simplement comme les membres du « commando ERIGNAC ». Ces ennemis de la république, ces soldats perdus du nationalisme Corse, ces jusqu’au-boutistes de la dérive brigadiste, ces bandits de grand chemin.

Cette surenchère de qualificatifs justifie-t-elle que les règles de droit ne soient pas respectées, que les attributs du code de procédure pénale soient ignorés, que les décisions du Conseil de l’Europe soient systématiquement oubliées ?

Nous ne pouvons pas comprendre le silence assourdissant du chef de l’Etat, du 1er ministre, du ministre de la justice sur des questions essentielles qui touchent directement à l’intégrité des hommes, à la légitimité des décisions politiques et administratives, à la reconnaissance des droits élémentaires de l’humanité.

• Aucun Etat démocratique ne peut s’arranger avec l’esprit de la loi,

• Aucun Etat de droit ne peut déconsidérer unilatéralement les principes de justice qui fondent l’esprit républicain,

• Aucun Etat moderne ne peut justifier que l’on utilise la vengeance et le mépris comme règle de droit.

Pour toutes ces raisons nous demandons très officiellement que les autorités françaises apportent des réponses précises aux demandes de rapprochement exprimées par A. FERRANDI et P. ALESSANDRI et qu’elles respectent l’article 717 du code de procédure pénale qui prévoit « de favoriser, le renforcement des liens familiaux, par le rapprochement familial des détenus condamnés dans un établissement pénitentiaire le plus proche de leur domicile… ».

Ne pas nommer les choses disait A. CAMUS, c’est ajouter au malheur du monde.

Notre mobilisation aujourd’hui s’inscrit donc délibérément dans cet esprit d’ouverture, de loyauté et de franchise.

Parler pour aider à mieux comprendre la réalité parfois complexe des choses. Et signer cette pétition pour exprimer sa solidarité et son empathie envers Pierre et Alain dans le respect des souffrances partagées.





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