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Core in Fronte met la pression sur la majorité territoriale


Philippe Peraut le Jeudi 15 Juillet 2021 à 19:37

Au cours d’une conférence de presse donnée ce jeudi 15 juillet dans les locaux de la Collectivité de Corse, Paul-Félix Benedetti, leader du mouvement indépendantiste, accompagné de quatre autres élus a clairement invectivé l’actuelle majorité territoriale afin qu’elle revoie sa position au lendemain de l’élection territoriale. En cause, une majorité absolue qui, selon Core in Fronte mettrait en avant le dernier scrutin pour négocier avec l’État, sans tenir compte de toutes les composantes de la famille nationaliste.



Sur les six élus de Core in Fronte, seul Jean-Baptiste Arena manquait à l’appel ce jeudi matin dans les locaux de la Collectivité de Corse où le mouvement indépendantiste donnait une conférence de presse. Aux commandes, Paul-Félix Benedetti, accompagné de Véronique Pietri, Serena Battestini, Marie-Claude Branca et Paul Quastana et un rendez-vous, pour le moins, animé. Il n’a pas été question de la prochaine session de l’Assemblée de Corse mais plutôt d’une mise au point qui pourrait, si les positions n’étaient guère revues de part et d’autres dans les mois et les années à venir, constituer le fil rouge de la famille nationaliste. En cause, non pas la politique générale ni les différents thèmes relatif au développement de l’île. Plutôt la position de l’actuelle majorité territoriale à l’aube de nouvelles négociations avec Paris. « Pour importante qu’elle soit, peste Paul-Félix Benedetti, la position affichée à l’Assemblée Nationale Française par le député Jean-Félix Acquaviva s’avère insuffisante. Elle ne s’est traduite par aucune consultation, ni par aucun échange avec les autres groupes et élus patriotiques à la CdC, tant sur la forme que sur le fond...Elle ne prend pas suffisamment en compte une approche partagée sur les revendications historiques...»


Si le score des nationalistes s’est avéré particulièrement élevé lors du dernier scrutin, les élus de Core in Fronte dénoncent ce qu’ils considèrent comme un manque de respect. « On ne peut pas aller à Paris évoquer un vote nationaliste à 68 % et en Corse se limiter à 32 élus, ajoute pour sa part un Paul Quastana particulièrement affuté, si on ne se respecte pas nous-mêmes, on ne voit pas comment les Français vont nous respecter. Il y a le poids des idées, de l’histoire et d’un combat vieux de 50 ans. Si nous en sommes là aujourd’hui, c’est parce qu’il y a une lutte de plusieurs décennies. »


Sans langue de bois, l’élu territorial reviendra même sur des négociations « ouvertes par l’État en 1981 découlant sous la Présidence de François Mitterrand, sur de grandes avancées. Il y a aujourd’hui, une conscience nationale corse qui se positionne clairement face à la politique jacobine française. Paris devra en tenir compte mais en Corse, il faut mettre un terme à l’ivresse du pouvoir avant de négocier quoique ce soit. Et tenir compte de la pluralité nationaliste dans ces négociations. »
Pour conclure, Paul-Félix Bededetti a rappelé « qu’il n’est pas question, pour nous d’être cantonnés à un rôle d’opposant. Sur les bases d’un compromis historique et d’un consensus sur un tronc commun à la CdC entre les trois courants patriotiques, la Corse doit être en mesure de faire des propositions fortes quant à une évolution institutionnelle... »
Voilà qui promet des prochaines sessions pour le moins animées...