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Après deux ans de combat, Centuri se refait une santé grâce à l’arrivée d’un médecin urgentiste !


Rédigé par Nicole Mari le Samedi 8 Octobre 2016 à 21:24 | Modifié le Samedi 8 Octobre 2016 - 23:54


Deux jours avant que l’Assemblée nationale n’examine l’acte II de la loi Montagne dont un des objectifs est de lutter contre les déserts médicaux, la commune de Centuri a inauguré, samedi après-midi, l’ouverture de son cabinet médical et l’installation d’un médecin, le Dr Eric Coujard, venu de Haute-Savoie. Ce médecin urgentiste, âgé de 50 ans, qui officiait à la clinique d’Annemasse, exercera aussi dans les villages alentour. Son arrivée, quasi inespérée, a été accueillie avec beaucoup de soulagement par une population, en grande partie âgée, et les élus de la microrégion qui ont assisté, nombreux, à l’événement. Elle est le résultat d’un combat tenace, mené depuis deux ans, notamment, par le maire de Centuri, David Brugioni. Celui-ci explique, à Corse Net Infos, que la présence d’un médecin est une condition sine qua non du développement, non seulement pour répondre à l’urgence sanitaire, mais aussi pour maintenir les habitants sur place et en attirer d’autres.


Le maire de Centuri, David Brugioni, entouré de la conseillère territoriale, Anne-Laure Santucci, du président du Conseil départemental de Haute-Corse, François Orlandi, et du nouveau médecin, le Dr Eric Coujard.
Le maire de Centuri, David Brugioni, entouré de la conseillère territoriale, Anne-Laure Santucci, du président du Conseil départemental de Haute-Corse, François Orlandi, et du nouveau médecin, le Dr Eric Coujard.
- L’ouverture de ce cabinet médical, peut-on dire que c’est le fruit d’un long combat ?
- Oui ! Un long combat de deux ans et même un combat laborieux au début. Nous avons rencontré des difficultés diverses que nous avons surmontées par le travail collectif du Conseil municipal, l’aide du Conseil départemental et de médecins sur place. L’aide surtout du Dr Cordoleani qui a contribué à faire venir son ami d’enfance, le Dr Coujard.
 
- Pourquoi ce fut si laborieux ?
- Dès notre élection en 2014, nous avons fait paraître, dans une revue médicale spécialisée, une offre qui mettait, à disposition d’un médecin généraliste, un cabinet médical et un appartement sur la commune de Centuri pour une installation la plus rapide possible. Nous avons reçu des réponses venant des pays de l’Est, beaucoup de Bulgarie, mais qui ne rentraient pas dans nos critères, notamment celui de médecin généraliste. Pour l’anecdote : il y a même un brancardier qui a répondu à l’offre ! Rien à voir avec un médecin !
 
- Ça été difficile de convaincre un médecin de s’installer à Centuri ?
- C’est difficile de trouver un médecin qui veut s’installer dans le rural, loin des grandes agglomérations, avec, en plus, une population vieillissante. Cela veut dire une moyenne d’âge de 80 ans et des patients qui ont des pathologies lourdes. Un jeune médecin n’a pas forcément envie de traiter ce genre de patients. D’ailleurs, aucun jeune médecin n’a répondu à notre offre ou n’a même fait une demande de renseignement.
 
- Cette installation est-elle en quelque sorte une victoire ?
- Oui ! Nous avons quand même travaillé d’arrache pied avec le Conseil municipal pour installer un médecin dans des délais très courts. Au bout de deux ans, on n’y croyait plus. Le Dr Coujard est arrivé. Il a visité la commune et le cabinet médical. Il connaissait un peu la région, il est tombé sous le charme.
 
- Quel est son profil ?
- Le Dr Coujard était médecin urgentiste à la clinique d’Annemasse, en Haute-Savoie, près de Megève. Auparavant, il a été marin-pompier à Marseille. En tant que médecin militaire, il a couvert des conflits européens. Il a l’habitude de relever les défis. Il voudrait, ici, exercer son vrai métier de médecin urgentiste, spécialiste en réanimation, notamment dans des interventions cardiovasculaires. C’est là, nous a-t-il dit, où il peut sauver des vies et où il se sent utile. Une discussion est en cours avec l’ARS (Agence régionale de santé) pour lui donner une habilitation intervenance SMUR (Services mobiles d’urgence et de réanimation). Il pourrait, alors, en cas d’appel du SAMU, intervenir, s’il est dans le secteur. Ça évitera d’envoyer un hélicoptère avec un médecin du SAMU à bord, surtout en cas de problèmes cardiovasculaires.
 
- Quand et sur quelles communes, ce médecin va-t-il rayonner ?
- Le cabinet est, officiellement, ouvert à Centuri depuis ce samedi. Le Dr Coujard va essentiellement rayonner dans les communes du Cap Corse, côté Ouest, où il y a une carence de médecins, c’est-à-dire en priorité à Centuri, Morsiglia et Ersa. Il pourrait, également, avoir une permanence, un ou deux jours par semaine, dans un cabinet multi-sites qu’on parle d’installer sur Barrettali pour compléter l’offre médicale sur Canari, Nonza, Ogliastro et Olcani. Je pense que sa venue soulagera les autres médecins du secteur, ils pourront se compléter, se remplacer pendant les gardes et alterner les permanences du weekend.
 
- Quelle est le coût de cette installation ?
- Nous avons reçu l’aide du Conseil départemental. La commune possédait déjà la structure depuis 2009 où deux appartements étaient réservés, même par la précédente municipalité, pour le médecin. Nous avons continué avec l’espoir d’en trouver un. Le fait d’avoir ces deux appartements disponibles a grandement facilité les choses. L’investissement pour le matériel n’est pas énorme, il est inférieur à 10 000 euros. Je pense que cet investissement est judicieux, pas seulement pour Centuri. C’est pour cela que le Conseil départemental nous a aidés. Il a compris l’enjeu d’installer un médecin sur le secteur.
 
- Quel est le besoin médical de la microrégion ?
- Le besoin est important par rapport à la population vieillissante qui vit sur nos communes. A Centuri, il y a pas mal de personnes âgées. Des administrés venaient me voir régulièrement à ce sujet. Pendant l’inauguration, ils m’ont félicité en me disant qu’ils sont, maintenant, rassurés. C’est pareil à Morsiglia. Cela facilite aussi l’installation de jeunes couples avec des enfants. Il y en a quelques uns ! La présence d’un médecin les rassure. C’est un maillon essentiel dans nos efforts pour revitaliser nos territoires. Cela nous permet de remettre nos communes sur de bons rails, d’avoir une autre vision du développement et de penser l’avenir différemment.
 
- Avez-vous d’autres combats en ligne de mire ?
- Je pense que notre prochain combat concernera La Poste.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 




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