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#Amnistia : Entre 5 000 et 7 000 personnes dans les rues d'Ajaccio


Rédigé par le Samedi 24 Septembre 2016 à 19:45 | Modifié le Dimanche 25 Septembre 2016 - 19:08


Entre 5 000 et 7 000 personnes ont répondu à l'appel de Sulidarità. Parmi eux, des délégations basque, bretonne, sarde, une O.N.G., la Ligue des droits de l'homme, et de nombreux élus de tous bords.


#Amnistia : Entre 5 000 et 7 000 personnes dans les rues d'Ajaccio
  

" Un vrai succès pour que Paris ne puisse plus nous ignorer "


Tel était l'objectif de cette manifestation du 24 septembre, afin de soutenir la démarche Amnistia impulsée par l'association Sulidarità. Pari tenu, entre 5000 et 7000 personnes ont défilé de la gare d'Ajaccio à la place du Diamant. Un service d'ordre conséquent était présent afin d'éviter tout débordement. La manifestation s'est déroulée dans le plus grand calme. A 17 heures, après les interventions de Katty Bartoli et Jean-Marie Poli - respectivement vice-présidente et président de Sulidarità - et la lecture d'une lettre rédigée par les parents des prisonniers politiques, la foule s'est dispersée tranquillement.

 


Katty Bartoli, vice-présidente de Sulidarità.
Katty Bartoli, vice-présidente de Sulidarità.

" Un vrai succès pour le mot d'ordre #Amnistie, sur le plan international comme local, pour tous nos prisonniers. De nombreuses délégations internationales, et une O.N.G. internationale - l'ONG CNRJ  - se sont déplacées.

Une O.N.G. qui vient nous rencontrer de son propre chef c'est une première, ce qui veut dire que notre message commence à être relayé, et qu'il y aura désormais une écoute plus forte à l'international. Maintenant, c'est à Paris qu'on doit nous écouter."
 
 
  

Gilles Simeoni, Président du Conseil exécutif de l'Assemblée de Corse.
Gilles Simeoni, Président du Conseil exécutif de l'Assemblée de Corse.

" Toutes les générations étaient présentes, des gens et des élus de tous bords, et bien entendu beaucoup de nationalistes. Une participation massive, avec un fort esprit de responsabilité : du calme et pas le moindre incident, ce qui ne donne que plus de force et de portée à notre message. 

Ceci étant, il ne faut pas confondre notre volonté d'apaisement avec une quelconque faiblesse : nous sommes déterminés dans tous les domaines, sur tous les dossiers, et particulièrement sur celui des prisonniers politiques.

Des gens de tout âge de tous bords, mais on peut regretter la faible représentation de maires non nationalistes ?

Il y en avait plusieurs qui sont significatifs. C'est vrai que l'on aurait pu espérer une mobilisation plus large sur ce point. A nous de créer les conditions pour que, si nous devions nous mobiliser une nouvelle fois, celles et ceux qui n'étaient pas là aujourd'hui y soient une prochaine fois. "


Antonin Bretel, secrétaire de la section corse de la Ligue des droits de l'Homme.
Antonin Bretel, secrétaire de la section corse de la Ligue des droits de l'Homme.


" Cette belle mobilisation était très importante: il fallait que la question des prisonniers politiques ne soit pas occultée après la victoire des nationalistes au mois de décembre. Nous avons eu peur qu'elle n'apparaisse plus, et avions été obligés de forcer la discussion avec le Premier ministre pour en parler lors de sa venue en juillet. 

Aujourd'hui, nous sommes très contents de voir que cette question est encore au centre de la vie politique et insulaire, car la Ligue la considère centrale dans le cadre du Processus de paix en Corse.

Elle seule permettra d'apporter un réel apaisement pour notre île. "

  
       
  

Plusieurs maires présents dans le cortège.


Alexandre Sarrola, maire de Sarrola.
Alexandre Sarrola, maire de Sarrola.

" Il faut que la loi soit appliquée pour tous, et ce n'est pas le cas aujourd'hui. Nous sommes sensés être dans un Etat de Droit, et pourtant la loi n'est pas respectée, notamment en ce qui concerne le rapprochement des prisonniers. Vis-à-vis des familles, nous avons aujourd'hui une situation dramatique.

La Corse est un grand village, nous avons tous des parents, parenti è amichi, il m'a donc paru naturel de venir soutenir ces familles qui sont dans la peine aujourd'hui. "


Jean-Charles Orsucci, maire de Bonifacio.
Jean-Charles Orsucci, maire de Bonifacio.
" J'ai participé avec d'autres, lors de la précédente mandature, à l'initiative majeure pour obtenir l'Amnistie des prisonniers politiques. Au-delà de ce que cela implique pour les familles,  c'était aussi une manière de répondre au dépôt des armes initié par le F.L.N.C., et d'amener la Corse vers la Paix. Nous attendions un geste fort des clandestins, et je pense que l'on est en droit aujourd'hui d'en attendre un de l'Etat. Cela dépasse les clivages Droite-Gauche, et cette démonstration de force était importante, pour dire à Paris que l'on attend un geste qui ne nécessite aucune révision constitutionnelle, et nous permette de sortir par le haut de cette impasse que l'on connait depuis 40 ans.

Ma présence était dans le droit fil de ce que je défends depuis longtemps : l'Amnistie des prisonniers politiques. Je mets le commando Erignac à part, puisque l'on est là face à un crime de sang, mais là encore on ne comprend pas l'attitude de l'Etat : il ne peut pas s'inscrire dans une politique de vengeance. Il doit appliquer les règles qu'il a lui même édictées, et la règle dit que tout prisonnier qui a été condamné doit pouvoir bénéficier du rapprochement. Il est inadmissible que l'on condamne les familles, et c'est aussi pour cela que j'étais présent aujourd'hui, car en tant que membre de la Ligue des droits de l'Homme, j'attends de l'Etat qu'il respecte la loi, c'est ce que l'on doit attendre d'un Etat de Droit. "

Jean-Yves Leandri, maire de Granace, Corsica Libera.
Jean-Yves Leandri, maire de Granace, Corsica Libera.

" Cette réussite d'aujourd'hui est une réelle réponse faite à Manuel Valls. Aujourd'hui, le peuple corse en a assez que la France ne nous écoute pas. Nous attendons des actes, et des actes forts de la part de l'Etat français.

L'Amnistie des prisonniers est une demande qui a été portée par l'ensemble des élus de l'Assemblée de Corse et non seulement les nationalistes. C'est la volonté de l'ensemble du peuple corse, et la France doit nous écouter. "


Jean-Claude Lucchini "Ribeddu", maire de Zerubia.
Jean-Claude Lucchini "Ribeddu", maire de Zerubia.

"Nous sommes tous venus pour militer pour l'Amnistie des prisonniers politiques. On retrouve toutes les catégories sociales et d'âge, des non-nationalistes, des gens qui ont débuté le combat et les générations suivantes jusqu'à la jeunesse, c'est rassurant. 

Par ailleurs, concernant le rapprochement, je pense qu'il faudrait peut-être aussi élargir le débat aux prisonniers de droit commun corses qui ont certains problèmes similaires à ceux des prisonniers politiques. A un moment donné, il va falloir se préoccuper de ces gens et de leurs familles, soumises à une double peine, l'éloignement et le coût financier pour rendre visite aux leurs. C'est valable pour tous les Corses. "

   
  
  • Ci-dessous, une vidéo du Diu vi Salvi Regina, qui a clôturé la manifestation sur la Place du Diamant.
   

   
  • Ci-dessous, un diaporama de photos réalisées durant la manifestation.
  





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