Un engagement né en 2019
Dans les villages de Balagne, la sécurité civile ne repose pas uniquement sur les services professionnels. À Nessa, des citoyens bénévoles ont choisi de s’engager au service de la collectivité et de contribuer à la prévention des risques et à la protection de la population. La RCSC de Nessa a été créée le 4 octobre 2019, à l’initiative du maire Jean-Michel Nobili et de Franck Orsini, alors élu municipal et sapeur-pompier volontaire à L’Île-Rousse. L’objectif était de mettre en place, à l’échelle du village, une structure capable d’assurer prévention et surveillance du territoire, en complémentarité avec les services de secours.
Un véhicule pour passer à l’action
Dès sa création, la réserve bénéficie du soutien du Service d’incendie et de secours de la Haute-Corse (SIS 2B), qui lui fait don d’un véhicule léger tout-terrain de première intervention réformé par le service. Équipé d’une citerne de 600 litres, il constitue un outil opérationnel essentiel pour les bénévoles. Dès sa première année, la réserve commence ses patrouilles de surveillance, notamment durant la période estivale. Au fil des années, le véhicule est devenu l’un des symboles de la RCSC, régulièrement présent sur les routes et pistes communales lorsque la sécheresse et le risque d’incendie imposent une vigilance accrue.
Une présence de proximité toute l’année
La mission de la réserve repose avant tout sur la prévention et la proximité. Ses bénévoles peuvent surveiller le territoire, repérer une situation dangereuse, participer à la prévention des incendies et intervenir sur un feu naissant dans le cadre de leurs compétences, toujours en complémentarité avec les services professionnels. Ils peuvent également apporter leur concours lors de situations nécessitant une présence auprès de la population, notamment des personnes fragiles. Cette disponibilité est particulièrement importante en été, lorsque la sécheresse accroît fortement le risque d’incendie. Les bénévoles assurent alors des surveillances quotidiennes, du matin au soir.
« C’est une aide 365 jours par an », souligne le maire Jean-Michel Pinaud. « L’été, en cette période vraiment très sèche où le risque d’incendie est sérieux, ils effectuent des surveillances quotidiennes, du matin jusqu’au soir. Ils forment une véritable équipe au sein de la commune, et c’est essentiel pour nous de disposer de cette surveillance. »
Des moyens construits grâce à la solidarité
Comme beaucoup de petites structures citoyennes, la RCSC doit toutefois composer avec des moyens matériels limités. Si le véhicule donné par le SIS 2B constitue une ressource essentielle, l’équipement individuel et collectif reste à améliorer. Au fil des années, des particuliers et des personnes issues du monde des secours ont donné ou permis de récupérer tuyaux, pièces de jonction et différents matériels. Les besoins demeurent néanmoins importants, notamment en tenues adaptées, cagoules et gants. Pour permettre à la réserve de poursuivre son développement, une nouvelle étape a été franchie avec la création d’une amicale.
Le souvenir de Serge Martinelli
Créée en octobre 2025, l’Amicale Serge-Martinelli a pour vocation d’apporter un soutien matériel et financier à la RCSC. Symbole fort, Josette et Isabelle Martinelli, maman et sœur du regretté sauveteur figurent parmi les membres actifs. Elle organise des manifestations et permet de recueillir dons et subventions. Le choix de son nom est profondément symbolique. Serge Martinelli, enfant de Nessa, était un jeune sapeur-pompier de 23 ans disparu tragiquement en 1994. Plusieurs décennies après sa disparition, son souvenir demeure présent dans la commune. La réserve communale, qui porte désormais son nom, a récemment tenu à lui rendre hommage lors d’une cérémonie organisée à Nessa. Au cours de celle-ci, un texte du poète Michel Frassati a notamment été dévoilé. Le poème a inspiré une chanson composée par le groupe A Filetta, donnant à l’hommage une dimension artistique et profondément Corse.
Une marche pour financer du matériel et rassembler le village
Cette volonté de renforcer les liens entre la réserve et la population s’est également exprimée lors de la première marche musicale et intergénérationnelle organisée par l’amicale, le vendredi 7 août. Habitants de Nessa et participants venus des communes voisines se sont retrouvés pour une manifestation destinée à soutenir financièrement la réserve tout en faisant découvrir le patrimoine du village. Accompagné d’une sonorisation et escorté par le véhicule citerne de la RCSC, le cortège a parcouru le village pendant environ une heure. Plusieurs pauses ont permis de présenter les missions de la réserve ainsi que différents éléments du patrimoine communal, notamment l’église et le monument aux morts.
Pour Franck Orsini, président de l’amicale, cette dimension patrimoniale et intergénérationnelle est indissociable du projet : « C’est une marche musicale et intergénérationnelle, organisée autour du patrimoine de Nessa. » L’objectif était concret : récolter des fonds pour acheter le matériel nécessaire aux bénévoles. Mais la manifestation visait aussi à renforcer la cohésion du village. « L’idée est de regrouper les différentes générations pour transmettre les valeurs de nos anciens à nos enfants. » Une philosophie qui donne à l’amicale une dimension qui dépasse le simple financement de la réserve.
La sécurité civile, une affaire de proximité
L’histoire de la RCSC de Nessa illustre ce que peut produire une mobilisation locale lorsque compétences et bonnes volontés se rencontrent. Une initiative municipale en 2019, l’engagement d’un élu également sapeur-pompier volontaire, le soutien du SIS 2B, des dons de matériel puis la création d’une amicale ont permis à une petite équipe de construire, en quelques années, un dispositif pleinement intégré à la vie communale. La réserve ne prétend pas se substituer aux services professionnels de secours. Sa raison d’être est d’agir en complémentarité avec eux dans les domaines de la prévention, de la surveillance et du soutien à la population. Cette complémentarité prend toute sa valeur dans un territoire rural et méditerranéen particulièrement exposé au risque d’incendie durant l’été.
-
Après l’accident de Lucciana, la douleur : la mort à 16 ans !
-
Incendie à Cagnanu : une centaine d’hectares parcourus
-
Marion Maréchal à Bastia : « L’idée de l’autonomie est de répondre à cette aspiration, à cette singularité »
-
Football National 2 : Corte s’incline lourdement à Linas-Montlhéry (4-0)
-
Cagnanu : un incendie parcourt 10 à 15 hectares de maquis










Envoyer à un ami
Version imprimable






