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Traitement des déchets : Le maire de Tallone tire la sonnette d’alarme !


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 12 Mars 2015 à 20:51 | Modifié le Vendredi 13 Mars 2015 - 01:05


La décharge de Tallone, qui traite 80 000 tonnes d’ordures par an, soit la moitié des ordures de l’île, est complétement saturée et doit fermer le 23 juin prochain. La commune prévoyait de la remplacer, sur un terrain adjacent de 6000 m2, par un centre de Tri-mécano-biologique (TMB), c’est-à-dire de triage et de compostage des déchets. Mais, le projet, autorisé par la préfecture, est bloqué par un recours en annulation déposé par une association environnementale au motif de la loi Littoral. Le maire de Tallone, Christian Orsucci, demande une dérogation à cette loi et lance un appel aux 130 communes qui utilisent ce site. Il explique, à Corse Net Infos, que si rien n’est fait avant la date fatidique, la décharge fermera.


Christian Orsucci, maire de Tallone, entouré de maires et de représentants des communautés de communes de la région.
Christian Orsucci, maire de Tallone, entouré de maires et de représentants des communautés de communes de la région.
- Pourquoi lancez-vous un appel à la population et aux élus ?
- La décharge de Tallone a, par arrêté préfectoral, une durée de vie fixée jusqu’au 23 juin 2015. Si d’ici au 23 juin, rien n’est fait, si le permis de construire du nouveau centre de traitement des déchets n’est pas validé par le Tribunal administratif, par le Conseil des ministres ou un autre organisme, la commune de Tallone se verra dans l’obligation de fermer le site et de ne plus traiter les déchets à partir du 24 juin. Nous voulons, donc, tirer la sonnette d’alarme, alerter tout le monde, la populations corse, tous les maires et tous les élus, qu’ils soient départementaux ou régionaux, pour leur dire : attention ! L’intérêt général va, demain, se retrouver bloqué par une association environnementale qui a attaqué le permis de construire dans le cadre de la loi Littoral.
 
- A quel titre ?
- Lorsque une commune dispose d’un pourtour littoral, la loi Littoral s’applique sur la totalité de son territoire. Le littoral de Tallone n’est pas concerné par cette problématique puisque le centre d’enfouissements des déchets se trouve à 10 kilomètres de la mer. Seulement, la loi Littoral ne tenant pas compte de l’intérêt général, le permis de construire risque de tomber !
 
- Que proposez-vous sur ce site pour remplacer la décharge existante ?
- Nous avions prévu de créer un véritable pôle environnemental permettant de répondre à une question très délicate qui est celle du traitement des déchets dans un cadre digne du 21ème siècle. L’usine emploiera 30 personnes et laissera 500 000 € dans les caisses des collectivités pour développer cette microrégion. La mise en place de cette usine coûte entre 15 et 20 millions €. Un investisseur s’est engagé, a obtenu un permis il y a 4 mois et est prêt à investir. Mais nous ne pouvons pas commencer les travaux car le permis a été attaqué et nous ne voulons pas subir un arrêté suspensif. Nous ne voulons prendre aucun risque.
 
- Cette usine, de quoi s’agit-il exactement ?
- Avec mon Conseil municipal, nous avions pris des engagements auprès de la population de Tallone pour ne rien faire d’autre qu’une usine de Tri-mécano-biologique (TMB). Cette usine permet de recycler un grand nombre de matériaux qui composent les déchets et de résorber à 99% la problématique olfactive. Elle a une vocation pédagogique très intéressante. Plus les communes feront de tri à la base, moins elle apporteront de matières à l’usine, et moins elles payeront. Nous devions donner une image positive de notre microrégion. Si, aujourd’hui, la loi vient contrarier l’intérêt général, je pense qu’il n’y a plus rien à dire, ni rien à faire !
 
- Combien la décharge traite-t-elle de déchets actuellement ?
- Aujourd’hui, 100 000 tonnes de déchets sont enfouies dans la décharge. Demain, avec l’usine de TMB, il ne restera plus que 35 000 tonnes de déchets enfouis, le reste aura été recyclé et valorisé. Ce qui permettrait de faire des économies dans le recyclage des matières. On passerait, également, de 8 emplois actuels à 30 emplois.
 
- Où se situe exactement le blocage juridique ?
- Le permis de construire du projet de TMB a été validé par les services de l’Etat et par la commune. Cela bloque uniquement dans le cadre de la loi Littoral qui impose de construire dans la continuité de l’existant. Or, il est impossible, pour nous, de construire un tel ouvrage dans un village ou une ville !
 
- Qu’attendez-vous de cet appel que vous lancez ?
- Je n’attends rien ! Je tire une sonnette d’alarme pour expliquer à tout le monde dans quelle situation, je me trouve, quels sont mes engagements, mes intentions, ce que je peux faire et ce que je ne peux pas faire. Je préviens que, si le 23 juin, nous n’avons pas bouclé ce dossier de façon positive, nous ne ferons plus rien ! Je pense que ce n’est pas ce qu’il y a de mieux à faire en pleine saison touristique et dans une période difficile ! Nous donnerons une image négative de la Corse. Ce qui n’est pas la meilleure chose !
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 




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