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SNCM : Le départ du Tour de France suspendu à la levée du préavis de grève


Rédigé par Nicole Mari le Mardi 25 Juin 2013 à 00:41 | Modifié le Mardi 25 Juin 2013 - 01:22


Le comité d'entreprise de la SNCM s’est réuni, ce lundi, à Marseille pour présenter, à la fois, le plan de sauvetage de la compagnie maritime adopté, jeudi dernier, en conseil de surveillance et la modification de l’actionnariat. Les syndicats, inquiets de l’avenir de l’entreprise, ont voté une motion de défiance. Ils décideront, à l’issue de la réunion, mardi soir, s’ils lèvent ou non le préavis de grève de 24 heures, reconductible, déposé pour jeudi 27 juin, à deux jours du départ du 100ème Tour de France cycliste. La SNCM doit assurer la logistique et le transport du Tour, depuis la cité phocéenne, permettant le départ de la grande boucle, samedi, en Corse.


SNCM : Le départ du Tour de France suspendu à la levée du préavis de grève
Le départ du 100ème Tour de France cycliste, qui devrait s’effectuer samedi à midi de Porto-Vecchio, est-il menacé par une grève de la SNCM et de la CMN ? Quatre syndicats ont déposé, avant même d’entamer les discussions, un préavis de grève pour le 27 juin. Histoire de mettre la pression sur le gouvernement, les politiques et Veolia ! Même si tout le monde, organisateurs, politiques, professionnels du tourisme, refusent d’envisager cette possibilité, et même si les responsables syndicaux, conscients de l’impact médiatique désastreux d’une grève qui entraverait la compétition sportive la plus populaire de la planète, tentent d’y surseoir, le risque est latent. Lors de la réunion du comité d'entreprise de la SNCM (Société nationale Corse Méditerranée), qui a débuté lundi matin à Marseille et devrait durer deux jours, toutes les parties en présence ont semblé afficher la même volonté d’apaiser les tensions et de trouver un terrain d’entente.
 
L’avenir en jeu
C’est, donc, une séance d’explication qui se tient, depuis lundi matin, entre la direction de la compagnie maritime et les différents syndicats. Au menu : le plan de sauvegarde de l’entreprise validé jeudi dernier en conseil de surveillance, son financement et son impact social. Egalement, la modification de l'actionnariat qui doit permettre à l’actionnaire majoritaire, Veolia, de prendre, seul, le contrôle de la société. En jeu : l’avenir de la SNCM et la délégation de service public (DSP) de la desserte de la Corse entre 2014 et 2023. Début juin, l’Assemblée de Corse, ayant jugé l’appel d’offres infructueux et l’offre conjointe SNCM-CMN trop cher, a voté la reprise de négociations directes afin de laisser une nouvelle chance à la compagnie en difficulté. Le plan industriel viserait, ainsi, à permettre à la SNCM de réaliser des gains de productivité afin de remporter cette DSP, vitale pour l’entreprise.
 
Un plan de sauvetage
Le plan de sauvetage de la SNCM, discuté depuis lundi matin, est quasiment conforme à ce qui avait été annoncé depuis plusieurs jours. Il s’articule autour de trois axes majeurs.
D’abord, un plan social présenté sans licenciement sec, ni départ contraint. Plus d’un tiers des effectifs, soient 525 emplois sur les 1400 en équivalent temps plein que compte la compagnie, seraient supprimés sur la période 2014-2019, dont 415 dès l'an prochain. Le plan prévoit près de 160 départs volontaires parmi le personnel à quai et 34 parmi le personnel naviguant. Chez les navigants, près de 225 CDD (Contrats à durée déterminée) en équivalent temps plein ne seront pas renouvelés. Près de 100 autres départs volontaires devraient s’échelonner entre 2017 et 2019.
 
Une flotte à renouveler
Ensuite, le plan envisage le renouvellement d’une partie de la flotte. Agée de 18 ans en moyenne, la flotte de la SNCM, composée de 9 bateaux, serait, en partie, modernisée et réduite à 8 en 2014. Deux cargos mixtes (fret et passagers), pouvant accueillir 1500 passagers et 2000 mètres linéaires de fret, seraient commandés en 2016 et 2017 et deux autres en 2018, si les résultats de l’entreprise le permettent. Ces cargos nécessitent un équipage réduit au moins de moitié par rapport aux navires actuels. Enfin, le plan prévoit la création d’une marque spécifique pour la desserte des ports insulaires, Via Corsa, qui se distinguera, ainsi, des lignes vers le Maghreb.
Pendant ces deux jours, sera également abordée la question du financement de ce plan, que ce soit pour l'achat de navires ou pour le volet social. La question se pose d’autant plus que l’entreprise a affiché, en 2012, un déficit de 14 millions €. Et que pèse, sur elle, l’épée de Damoclès de 220 millions d’euros d’aides publiques que la Commission européenne lui demande de rembourser.
 
Un changement d’actionnariat
Au-delà du plan industriel, ce qui inquiète surtout les syndicats, c'est la modification de l'actionnariat qui doit intervenir le 30 juin prochain et à laquelle ils s’opposent fermement. 
Aujourd'hui, le capital de la SNCM est détenu à 66% par Veolia Transdev, à 25% par l’Etat et à 9% par les actionnaires salariés. Les 66% sont partagés à égalité entre Veolia Environnement et la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Théoriquement, dans 5 jours, Veolia Environnement doit récupérer la totalité de ces 66% et prendre, seule, le contrôle de la SNCM. Ceci, dans le cadre d’un accord signé avec la CDC qui, elle, récupère le reste de Veolia Transdev et ses 2 milliards € de dettes. Un accord, donc, crucial pour Veolia Environnement, mais qui ne fait pas l’affaire des syndicats de la SNCM. Ceux-ci n’ont aucune confiance dans leur futur actionnaire majoritaire qu’ils accusent de vouloir saborder la compagnie maritime. Ils en appellent à l’arbitrage de l’Etat qui joue l’ambiguïté.
 
Une motion de défiance
Résultat : ce lundi, les syndicats, estimant qu’ils n’ont toujours pas assez d’assurances pour accepter le changement d'actionnaire, ont voté une motion de défiance. Les discussions se poursuivent ce mardi.
« Nous avons demandé à l’Etat, à Transdev et à la Caisse des dépôts de se rapprocher de l’Exécutif de l’Assemblée de Corse pour leur apporter toutes les garanties nécessaires au maintien en activité de la SNCM et du service public de continuité territoriale. De garantir aussi que la réponse, qui sera faite par la SNCM sera pleinement soutenue et mise en avant par les actionnaires si elle était retenue par l’Assemblée », indiquait, lundi soir, Frédéric Alpozzo, secrétaire général du syndicat CGT marins. 
« Une fois que le Comité d’entreprise sera terminé, nous rendrons compte à l’encadrement et aux personnels. Les décisions seront prises à ce moment-là. Il est très important d’avoir les réponses du gouvernement et des actionnaires », ajoutait Maurice Perrin, responsable syndical de la CFE-CGC et représentant élu des actionnaires salariés.
Face à cette incertitude sur l’actionnariat, les syndicats ont maintenu le préavis de grève, déposé pour jeudi. Ils accepteraient de le lever si la date butoir du 30 juin était repoussée. Ce qui paraissait, lundi soir, à l’issue de la 1ère journée de discussion, assez plausible.
Réponse attendue mardi soir ou mercredi.
N. M.




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