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Prisonniers politiques : Une « priorité absolue » pour la nouvelle majorité territoriale


Rédigé par le Jeudi 14 Janvier 2016 à 22:25 | Modifié le Mardi 16 Février 2016 - 13:49


Ce jeudi après-midi, le président de l’Exécutif de Corse, Gilles Simeoni, et le président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, ont reçu les représentants de l’Associu Sulidarità à la de la Collectivité Territoriale de Corse. A l’issue de cette rencontre, les deux hommes ont réaffirmé leur volonté de faire de la résolution de la question des prisonniers politiques une priorité absolue de leur mandature. Une question qu’ils porteront d’ailleurs devant le Premier Ministre à Matignon, dès lundi


Prisonniers politiques : Une « priorité absolue » pour la nouvelle majorité territoriale
« Nous avons l’espoir de faire évoluer les choses ». Ils l’avaient affirmé haut et forte pendant la campagne, puis à nouveau lors de leur prise de pouvoir. Ils ont tenu une nouvelle fois à le marteler : la résolution de la question des prisonniers politiques est une « priorité absolue » pour la nouvelle majorité territoriale. C’est dans cette optique que le président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, et le président de l’Exécutif de Corse, Gilles Simeoni, ont accueilli une délégation de l’Associu Sulidarità ce jeudi après-midi
 
Se faisant le relais de l’Associu qui avait tenu à leur faire part de sa préoccupation, les deux présidents ont en premier lieu déploré que « les conditions de détention des prisonniers corses n’ont de cesse, actuellement, de se dégrader ». « Il y a une volonté, sans doute, de la part d’une partie de l’administration pénitentiaire, de faire payer aux prisonniers corses le succès des nationalistes aux dernières élections », fuse Jean-Guy Talamoni. Evoquant « certaines tracasseries devenues véritablement inquiétantes » pour certains prisonniers il détaille : « Le mardi 12 janvier, dans la prison de Fleury Merogis, deux prisonniers politiques Cédric Courbey et Xavier Ceccaldi se sont vus accusés à tort d’être responsables d’une émeute avant de se retrouver arbitrairement placés en quartier disciplinaire. A Bois d’Arcy, Nicolas Battini, prisonnier politique en détention préventive, s’est vu privé d’électricité alors même qu’il est en pleine période d’examens universitaires et qu’il avait besoin de son ordinateur pour poursuivre ses révisions. Pour avoir protesté, il est actuellement en quartier disciplinaire ».
 
Faisant le bilan des années passées et du manque d’avancées dans ce dossier, le président de l’Assemblée de Corse a par ailleurs déploré que malgré les promesses et les engagements pris par la France, l’ensemble des condamnés n’ait pas encore été rapproché dans l’île et qu’une partie d’entre eux soit toujours sous le joug de l’exil carcéral. « Cela va faire bientôt 15 ans que M. Raffarin, Premier Ministre à l’époque était venu solennellement à Ajaccio pour promettre que tous les condamnés devaient être rapprochés », note-t-il. « Une parole quand elle est donnée ne se reprend pas. Il ne faudrait pas que la Corse soit le seul territoire où l’on se croit autorisé à donner une parole pour ensuite ne pas la respecter », reprend quant à lui Gilles Simeoni appuyant sur le fait que les conditions de détention des prisonniers insulaires « ne respectent pas la loi française » sur le rapprochement de 2008.

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« L’amnistie est le corollaire logique du processus de disparition de la clandestinité »
Les deux présidents ont également profité de l’occasion pour rappeler qu’une large majorité de l’Assemblée de Corse, s’est prononcée en faveur de l’amnistie au cours de la précédente mandature. Une demande renforcée depuis par un vote à l’unanimité du Conseil Départemental de Haute-Corse, mais aussi par ceux de la moitié des communes de l’île.

« La revendication d’amnisite, corollaire logique du processus de disparition de la clandestinité, est partie intégrante du contrat de mandature validé par une majorité de Corses à l’occasion des élections territoriales », a appuyé Jean-Guy Talamoni, « Le Gouvernement ne peut traiter cette demande, exprimée et validée démocratiquement par une majorité de Corses et d’élus de la Corse, par un refus de principe d’aborder cette question, sauf à ne pas tenir compte du fait démocratique ».

Soulignant le fait que partout dans le monde quand un conflit politique, de même nature que celui qui a agité la Corse pendant des décennies, est réglé, une amnistie est nécessaire pour clôturer le chapitre, il enfonce le clou : « Aujourd’hui le fait de s’entêter à dire qu’on ne va pas faire d’amnistie parce qu’il n’existe pas de prisonniers politiques est une position absurde ».
 
« Il existe des prisonniers politiques corses »
A ce propos, Gilles Simeoni, en bon avocat, répliquera quelques instants plus tard aux attaques du Premier Ministre, qui alléguait il y a quelques jours encore qu’il n’existe pas de prisonniers politiques corses : « La notion de prisonniers politiques existe et existe triplement aujourd’hui dans la pratique administrative, judiciaire et pénitentiaire », posera-t-il avant de développer un argumentaire en trois parties : «  Un prisonnier politique est quelqu’un qui est poursuivi ou emprisonné au nom d’actes qu’il a commis au nom de ses idées politiques.  Or à l’évidence, les gens qui sont en prison du fait de leur participation réelle ou supposée à des actes en lien avec la situation en Corse, sont des prisonniers politiques. Au plan administratif, l’Associu Sulidarità nous a fait remarquer que l’ensemble des prisonniers politiques corses sont inclus et regroupés sous le statut de mouvance. Ce sont donc des prisonniers qui se distinguent des prisonniers de droit commun. Enfin, au niveau judiciaire, on est obligé de constater qu’aujourd’hui les prisonniers politiques corses sont une catégorie à part entière lorsqu’il s’agit de ne pas leur appliquer la loi », conclut-il en prenant pour exemple le processus de demande de liberté conditionnelle. En effet, et ce alors que « tous les feux sont au vert », le parquet et le parquet général s’opposeraient systématiquement aux demandes formulées par les prisonniers insulaires. « Or il faut rappeler que le parquet et le parquet général sont hiérarchiquement dépendants des instructions donnés par le Garde des Sceaux et le gouvernement », souligne-t-il.
 
 
La question des prisonniers politiques et de l’amnistie remise sur la table dès lundi à Matignon
Cette rencontre a également permis aux deux présidents de confirmer à l’Associu Sulidarità que la question des prisonniers politiques et de l’amnistie ferait bien partie des points développés lors de leur rencontre avec Manuel Valls, lundi prochain, en fin de journée.
 
« Nous l’avons dit et répété nous sommes dans un état d’esprit de dialogue. Nous demandons simplement qu’on écoute notre argumentaire et qu’on en tienne compte », a lancé Gilles Simeoni à quelques jours de sa rencontre avec le Premier Ministre à Matignon.
« Si les choses ne devaient pas progresser avec Paris nous aurions aussi la possibilité d’aller devant les instances européennes pour montrer ce que la France, pays des Droits de l’Homme, fait en Corse », a quant à lui averti Jean-Guy Talamoni.

Manon PERELLI




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