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Présidentielles : Les réactions, les inquiétudes et les attentes des Nationalistes corses


Rédigé par Nicole Mari le Lundi 8 Mai 2017 à 04:02 | Modifié le Lundi 8 Mai 2017 - 04:43


La vague Marine Le Pen, qui avait submergé la Corse au 1er tour des élections présidentielles, avait surpris par son ampleur et inquiété nombre de leaders politiques, notamment les Nationalistes. Si les Indépendantistes de Corsica Libera et du Rinnovu n’ont pas dévié de leur ligne traditionnelle d’abstention, les Modérés, dont un certain nombre s’est abstenu au 1er tour, sont, après mure réflexion, montés au créneau pour appeler à participer au Front républicain et faire barrage au Front national. En tête, le président de l’Exécutif territorial, Gilles Simeoni, sans pour autant cacher sa réserve et ses doutes envers Emmanuel Macron. Son appel a permis de faire refluer la vague. Sa réaction à chaud et ses attentes, ainsi que celles de Paul-Félix Benedetti, leader d’U Rinnovu.


Gilles Simeoni, président de l’Exécutif de la Collectivité territoriale de Corse (CTC) et leader des Nationalistes modérés
Gilles Simeoni, président de l’Exécutif de la Collectivité territoriale de Corse (CTC) et leader des Nationalistes modérés
Gilles Simeoni, président de l’Exécutif de la Collectivité territoriale de Corse (CTC) et leader des Nationalistes modérés : « Il faut entendre ce cri de colère, d’inquiétude, de mécontentement » :
« Je suis satisfait que la Corse se réveille, demain matin, sans avoir donné une majorité à l’Extrême-droite. C’est important ! En même temps, il faut entendre le message politique que nous lancent les Corses à travers cette élection. D’abord, à travers le score considérable de Marine Le Pen. Il faut entendre ce cri de colère, d’inquiétude, de mécontentement, quelque fois de désespoir, rencontrer les gens et leur apporter des réponses fortes. On ne peut pas avoir une Corse à deux vitesses ! Ensuite, à travers le fort taux d’abstention et de votes blancs et nuls. Il est vrai que les Nationalistes de Corsica Libera et d’U Rinnovu, une partie de la droite et du mouvement de Mélenchon avaient appelé à l’abstention. Mais cela montre bien la défiance vis-à-vis, à la fois, de la politique française en général et de ces deux candidats en particulier. Enfin, à travers le résultat final. Je pense que mon appel à voter pour faire barrage au Front national (FN), qui était arrivé largement en tête au 1er tour en Corse, a contribué de façon décisive à inverser la tendance. On ne pouvait pas se contenter d’une abstention ou d’un vote blanc...
Pour l’avenir ? : C’est, maintenant que les choses sérieuses commencent. Emmanuel Macron a d’immenses chantiers devant lui, aussi bien au plan français, européen qu’international. Mais, parmi ces chantiers essentiels et urgents, un nous concerne au premier chef : c’est celui d’une solution politique à la question corse. Il faudra qu’il s’y attelle sans tarder. Notre rôle et nôtre responsabilité sont de rappeler aussi bien au nouveau président qu’au nouveau gouvernement, que c’est indispensable. D’où l’importance de continuer et de renforcer le combat politique démocratique, notamment lors du scrutin des législatives ».
 
Paul-Félix Benedetti, leader d’U Rinnovu : « Il faut revenir à de la vraie politique » : «  J’attends que le nouveau président solde 40 années de conflit contemporain avec un impact politique gagnant-gagnant et une proposition d’émancipation pour la Corse à la hauteur de ce qu’ont déjà les autres îles de la Méditerranée. Il faut, aussi, que nous-mêmes, les Nationalistes, ceux qui avons mené le combat et essayé de porter la Corse vers des cieux nouveaux, nous revenions à de la vraie politique. Nous devons nous adresser aux Corses pour leur donner un fil conducteur avec un choix de société novateur et ne pas les laisser s’éparpiller dans des choix manichéens qui leur imposent de se caler sur des modèles de société qui ne sont pas adaptés à la Corse. On le voit à Bastia, ville autrefois de gauche, gagnée de haute lutte par les Nationalistes et qui a presqu‘aujourd’hui, basculée dans les extrêmes et le totalitarisme. Il faut s’adresser à cet électorat. Il n’y a pas en Corse 50% de crypto-fascistes ! Ce n’est pas vrai ! Ce sont des gens comme nous, qui vivent ici, mais qui n’ont pas entendu le bon message. Il faut faire en sorte que, par un discours clair, des choix de société, une proposition politique cohérente, la perspective d’un avenir meilleur centré sur la Corse, on ait une solution à la hauteur des enjeux. L’électoral est devenu très versatile. La politique politicienne et les victoires électorales ne sont pas forcément des victoires politiques ! ».
 
Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée de Corse et leader de Corsica Libera, a réagi sur son compte twitter : « Nous répétons au Président Macron ce que nous avons dit au candidat : les institutions corses attendent le respect de toutes leurs décisions ».
 
 
 
 




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