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Pierre-Marie Mancini : "La population la plus précaire est en Balagne"


Rédigé par le Jeudi 25 Février 2016 à 21:01 | Modifié le Jeudi 25 Février 2016 - 21:40


Alain Thirion, préfet de la Haute-Corse, a coprésidé jeudi matin, avec François Orlandi, président du Conseil départemental de la Haute-Corse le comité de pilotage du Plan départemental d'action pour le logement et l'hébergement des personnes défavorisées (PDALHPD). Ce plan, qui sera le cadre de référence en matière de politique du logement et de l'hébergement des personnes défavorisées pour les 6 prochaines années, devra être validé le 11 Avril prochain par le comité régional du logement et de l'hébergement présidé par le préfet de Corse. Les explications du préfet de Haute-Corse et de Pierre-Marie Mancini, président de l'office de public de l'habitat du Département.


- Qu'est-ce qui caractérise ce plan dans un département où il y a une réelle crise du logement?
- Il y a une quinzaine de jours nous avons mis en place la conférence intercommunale  en matière logement qui doit faire en sorte que l'on puisse avoir des critères transparents d'attribution. Aujourd'hui nous avons un nouvel outil dans le dispositif global sur le plan des logements.  Ce plan est le deuxième qui est mis en place  pour la période allant jusqu'à 2020. Il vise, et c'est la vrai nouveauté, à faire en sorte que l'on ait des parcours de logement qui partent, en amont, de l'hébergement d'urgence jusqu'à l'accès au logement et qui est ciblé, en priorité, sur les publics les plus en difficulté. L'intérêt c'est de pouvoir réunir les acteurs dans une démarche partenariale globale permettant, sur l'ensemble du territoire et dans une logique territoriale, de pouvoir des réponses adaptées aux publics qui ont le plus de difficultés à accéder au logement.

- Vous évoquez la transparence pour l'attribution des logements…
- Il ne faut pas se cacher derrière le petit doigt. Il y a eu des interrogations sur la manière avec laquelle les logements ont été attribués. Là il s'agit de pouvoir se réunir, de définir des de critères qui sont clairs, partagés et appliqués par tout le monde  de manière à ce que justement qu'il n'y ait pas, de suspiscion sur la manière avec laquelle on attribue les logements. Il faut que les choses soient dites clairement...

- L'action ne va t-elle pas se diluer avec l'intervention de tant d'organismes ? 
- Au contraire. En travaillant ensemble et ayant une vue extrêmement précise  des outils et des possibilités sur les différents bassins de vie, nous allons pouvoir concentrer, de manière convergente, notre action avec l'ensemble des acteurs. Il s'agit là d'un élément qui doit renforcer l'efficacité de  l'action en matière d'accès au logement pour les plus défavorisés.

- Vous avez une idée des besoins sur ce plan ?
- On considère aujourd'hui que l'on satisfait une demande sur trois sur l'ensemble du département. On est assez loin de ce que l'on pourrait faire. Il ne faut pas arriver à la conclusion qu'il faut construire en conséquence. l faut surtout développer les parcours. Une des difficultés que nous avons sur le département où  la demande est très forte, et qui est liée au fait que nous avons un parc assez ancien  avec plutôt des grands logements, c'est d'améliorer la nature de ce parc. Il y a un besoin très fort  de studios et de F1. Il est exprimé à la fois par les jeunes et de nombreuses familles monoparentales. Et puis il faut développer les parcours. C'est à dire faire respirer l'ensemble du système de manière à ce que progressivement l'on crée une dynamique en matière de logements. C'est que nous sommes en train de mettre en place avec la CIL puis avec cet outil là. Et je suis rassuré quand je constate la volonté de l'ensemble des acteurs de vouloir avancer dans ce domaine.

Pierre-Marie Mancini : "Etre réactifs et disponibles"

- Quel est l'importance de ce plan
- Il s'adresse à un public qui est souvent dans des conditions très précaires. Il s'agit d'un public qui doit être soutenu par les collectivités afin qu'il puisse redémarrer une vie normale dans des conditions normales.  C'est son premier objectif. Il doit permettre à ces publics e reprendre une vie sociale ordinaire.


- C'est beaucoup d'efforts pour une population relativement modeste ?
- Nous avons malheureusement des populations modestes et précaires qui augmentent compte tenu de la situation économique  et que c'est effectivement maintenant que nous devons être les plus réactifs et plus disponibles pour pouvoir éviter que la dégradation ces populations... D'où ces efforts.

- Ce plan est aussi synonyme de transparence ?
- Il doit être la traduction de la transparence dans l'attribution des logements et des aides - avec le FUL (Fonds Unifié Logement) qui intervient de façon plus précise sur ces dossiers.  Mais la transparence, c'est vrai, nous y travaillons avec les services de l'Etat, les services sociaux, avec les services des collectivités, avec les associations. Nous essayons, en effet, de mettre une méthode pour intervenir de la manière  la transparente, la plus précise et en adéquation  avec les populations.

- Quelles sont les régions qui sont les plus impactées par le problème ?
- C'est assez général. Mais les études sociales effectuées au niveau du Département, et cela va paraitre paradoxal, indiquent qu'une région comme Balagne est celle où se concentre la population la plus précaire, alors que l'on pourrait penser que c'est celle où la vie sociale est la meilleure. Mais ce n'est malheureusement pas le cas. Bastia, parce que c'est là  où la concentration de la population est la plus importante, et la Côte orientale, connaissent également des difficultés dans ce domaine avec des publics très défavorisés.

Les chiffres en Haute-Corse
7 799 logements sociaux dont près de 5000 sur la commune de Bastia 
1 900 logements relevant du contingent préfectoral sur l’ensemble du territoire et réservés aux publics relevant du PDALHPD. 

Les centres d’hébergement, uniquement localisés sur Bastia, ils offrent : 
• 89 places en CHRS (56 pour les hommes et 33 pour les femmes) 
• 13 places d’urgence ouvertes 6 mois par an 

L’accompagnement des ménages 
L’Etat finance : 
• 30 places de maisons relais, dispositif adapté aux personnes ayant besoin d’une structure intermédiaire sans être collective. (7 places supplémentaires sont en projet au CHRS de Furiani).
• 34 mesures d’intermédiation locative qui permettent un accompagnement des ménages les plus en difficultés autour de problématiques liées au logement 
• des mesures d’AVDL(accompagnement vers et dans le logement), 
• le SIAO (service intégré d’accueil et d’orientation) qui centralise les demandes d’hébergement et/ou de logement accompagné dans le cadre d’une politique d’orientation prioritaire vers le logement.




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