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Municipales à Ajaccio : Des promesses à la réalité…


Rédigé par Vanina Bruna le Vendredi 28 Mars 2014 à 16:31 | Modifié le Vendredi 28 Mars 2014 - 22:09


Après les débats et les différents meetings, la plupart des électeurs ont déjà fait leur choix et attendent impatiemment dimanche pour l'exprimer. Les discussions vont bon train dans les rues de la cité impériale, et chacun y va de son pronostic personnel. Mais pour qui vote ses électeurs, ou plutôt contre quoi?


Des echos...

Municipales à Ajaccio : Des promesses à la réalité…
A l'entre-deux-tours, chaque parti encore en course présente son programme et continue de défendre ses idées. Simon Renucci, malgré ce qu'on en dit a quand même fini en tête au premier tour, et du côte de Laurent Marcangeli après avoir fait mentir les sondages on se réjouit du non accord avec les nationalistes, persuadés que la victoire est la, à portée de main.
Les ajacciens se sont exprimés au premier tour, Simon Renucci a fait des mécontents. Et dans la ville, les commentaires fusent : "il est foutu Tonton; pas d'accord avec les natios, Marcangeli va gagner". Mais pas seulement, des personnes proches de Simon Renucci font campagne, des coups de fil à droite à gauche pour rallier les voix qui se sont abstenues au premier tour, ou encore, des électeurs qui culpabilisent de ne pas être passées par l'isoloir: "dimanche je vais voter, on ne peut pas laisser passer Marcangeli!"
Si les partisans d'Avec vous pour Ajaccio se sont réjouis de l'échec de l'accord entre Aiacciu Inseme et Cità Nova, les partisans de Renucci eux se mobilisent pour faire barrage à "l'UMP de Marcel Franscici", à l'image d'Aiaccini, ces nationalistes ralliés à Simon Renucci, dès le début de la campagne, qui ont appelés à se rallier à leur cause pour empêcher la droite de reprendre le pouvoir. 
Mais pour qui vote-t-on à Ajaccio? Avant de voter pour un parti, on vote pour un homme. On vote pour une promesse, ou contre quelqu'un. En
réalité, on vote pour soi. Ce qui est frappant en cette période de municipales ce sont les raisons qui emmènent chacun a voter. Si, heureusement, des citoyens votent pour une vision globale, on voit beaucoup d'électeurs qui font de la chose publique un moyen d'accéder à leur objectifs personnels. "Si je vote pour lui au moins je pourrais demander ce que je veux...", ou autre "je vote contre lui parce qu'il ne m'a pas donné de HLM"...
En réalité ce qu'il va falloir choisir c'est les règles de vie en communauté proposées par les uns ou les autres. Combien de ces électeurs centrés sur leur petite personne auront suivi ce débat diffusé le mercredi 26 mars à 20h45?

Un débat, des hommes...

Jean-Vitus Albertini a mené le débat entre les trois candidats. Simon Renucci, Laurent Marcangeli et José Filippi sont invités à évoquer leur programme sur la citadelle, le fond de baie, la réforme des rythmes scolaires, les restrictions budgétaires à venir. Difficile de mener le débat dans ce climat de tension. Laurent Marcangeli est remonté, gonflé à bloc et talonne son adversaire. Les reproches fusent "votre gestion autocratique de la ville", "en treize ans vous avez avancé à pas de fourmis" et on s'éloigne du vrai débat. Sur la citadelle les trois candidats sont d'accord pour dire qu'il faut en premier lieu rentrer dedans avant d'élaborer un quelconque projet. Simon Renucci travaille dessus, mais le problème ne date pas de son arrivée au pouvoir.
Sur le fond de baie, Laurent Marcangeli propose un aménagement, de la zone Saint Joseph Aspretto, mais rien de précis, aucune proposition concrète. "Je vous remercie de nous dire ce que nous faisons déjà" ironise le Maire sortant.
Sur la réforme des rythmes scolaires, Laurent Marcangeli dit qu'il souhaite se battre contre, dans la mesure du possible et qu'il ne souhaite pas l'appliquer. José Filippi, qui souligne qu'il n'aura pas le choix, montre toute sa connaissance du sujet afin de replacer les choses dans leur contexte et Simon Renucci développe le projet tel qu'il a été pensé avec les moyens mis à disposition par la mairie.
Sur la question des finances, Laurent Marcangeli promet un audit financier pour chaque quartier avec la transparence des comptes, José Filippi préconise une gestion plus proche de celle du privé afin de redresser la barre. Les deux opposants à Simon Renucci lui reproche le coût de l'Emploi au sein de la Mairie avec un seuil de 66% du budget dédié. Pour sa défense Simon Renucci s'explique: "les 66%, ils tiennent compte de quoi? Le Musée, le port, c'est la ville qui paie mais le port nous rembourse, ensuite, nous traitons bien le personnel puisque nous sommes passés de 350 emplois précaires à 50. Nous respectons les gens, il y a des jurys, il y a des avancées sociales. Ensuite il y a le service public. Le service public c'est la seule richesse des gens qui ne possèdent rien. Aujourd'hui les gens sont dans la misère, mais quand ils vont à la crèche, ils ont un tarif spécifique, les crèches ont été multipliées par trois, quand ils vont au centre de loisir, aux activités sportives, les centres de loisirs ont été multipliés par dix. Qui va dans les crèches? Un tiers sont des familles modestes, 10% sont des familles monoparentales. Tout ça, c'est du service public, si on ôte tout ce qui est service public on tombe à 57%. Donc le choix que vous voulez faire aujourd'hui, certainement que nous dépenserons moins, mais ça sera le contribuable qui paiera plus."
La différence entre les additions et les explications, c'est la prise en compte de l'humain. A l’électeur de démêler les intentions des uns et des autres.

Des égos et des electeurs…

Au final, ou en sommes nous? José Filippi en refusant l'accord a certainement perdu gros puisqu'il se retrouvera à l'issue du second tour dans l'opposition certes, mais ça n'est pas autant que ce que proposait le maire sortant aux nationalistes, et l'électorat de Cità Nova risque bien de se dissoudre dans cette bipolarisation annoncée. Jacques Billard a retrouvé "ses amis" et soutient Laurent Marcangeli, François Filoni qui est opposé à Simon Renucci en fait de même. Anne-Marie Lucciani, vexée de ne pas avoir été contactée, n'a, pour sa part, pas appelé au vote ainsi que José Risticoni avec qui personne ne souhaite s'allier par peur d'être taxé d'extrême droite... Simon Renucci pour qui personne n'a appelé au vote compte dans son équipe les nationalistes de la mouvance Aiaccini, les verts, et les communistes. Sans compter le réservoir de voix d'abstentionnistes du premier tour qui s'élève à 5 000 ou 6 000…
Au-delà des conflits d'égo, l’électeur devra choisir celui qui semble le plus à même de mettre le sien de côté pour exercer une politique au sens noble du terme. Si la politique doit être un combat, il doit être celui du citoyen avant tout. Au vu du spectacle navrant que nous a offert le débat du second tour, il conviendrait de redonner dans cette dernière ligne droite toute sa noblesse à la politique. Parce que si tous les coups sont permis en politique, il ne faut pas oublier sa mission première qui définira la gestion de notre ville pendant les six années à venir.
Il ne s'agit pas de faire gagner ou perdre un homme, mais bien de faire triompher des idées et une vision des choses commune. Les avis sont pour le moins divisés, l'électeur fera la différence dimanche.




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