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Municipales : Tête à tête avec... François Filoni


Rédigé par Vanina Bruna le Lundi 17 Mars 2014 à 21:46 | Modifié le Mercredi 19 Mars 2014 - 15:03


Dans le cadre de la rubrique "Tête à tête avec… " Vanina Bruna a rencontré François Filoni, le leader Ajaccio Energie. Son interview


Si vous deviez vous définir en quelques mots?

Municipales : Tête à tête avec... François Filoni
Déterminé, bagarreur, et... qui ne sait pas renoncer. C'est, peut être, mon plus grand tort. 

Qu'est-ce que vous aimez dans la vie?

La vie !  Je me lève tous les matins et je prends ça comme un art de vivre! 

Comment êtes-vous entré dans le paysage politique local ? Quel a été votre parcours ?

J'ai fait pendant longtemps du syndicalisme. J'ai défendu la veuve et l'orphelin, affronté des choses terribles. En 1995, avec des amis nous avons créé le forum des citoyens. C'était l'époque d'anciens nationalistes comme Bernard Trojani, des socialos à naitre, Simon Renucci, et nous avions décidé de faire ce forum pour regrouper ce qui pouvait être intelligent et sortir des schémas ordinaires. En fait, nous n'avons jamais vraiment décollé, mais nous avons mis Simon sur orbite... En 1995 il prend son envol sur Ajaccio, un peu plus tard il créait Corse Social Democrate. Pendant ce temps, je n'avais pas renoncé à défendre la veuve et l'orphelin. Lorsqu'on affronte les notables de la ville, on ne crée pas le passage pour la politique. C'est même tout le contraire. 
Après j'ai eu ma part de galères avec mon employeur, puisque j'ai du passer par onze procès avec EDF, que j'ai tous gagné, je suis passé par le pénal, l'administratif, révoqué par le ministre, j'ai tout affronté, et je suis toujours debout.
En septembre 2000, je rejoins Chevènement, pas parce qu'il va venir en Corse, mais parce qu'il est contre la guerre du Golfe, pour moi c'est une guerre coloniale. J'aurais préféré qu'il se retrouve Ministre des Sports ou de la Culture, mais il se retrouve à l’intérieur et la... il épouse le personnage et il devient le contraire de ce qu'il est. Jusqu'à ce que je me sépare de lui, après avoir assumé des choses qui lui appartenaient. Parce que lorsqu'on est avec quelqu'un on assume même ses conneries. J'ai assumé beaucoup de choses pour lui alors que je n'étais même pas à l’intérieur, j'étais un simple politique d'"en bas". Au même moment j'ai fais ma première liste. Avec Simon, bizarrement, ça ne marche plus, je suis issu de la famille de gauche, mais je vais avec l'équipe de droite, puisque je rejoins à l'époque Marc Marcangeli, qui me paraissait déjà plus clair. C'est plus l'humain que le parti que j'ai rejoins. Ensuite, comme la plupart des gens, Marc m'a déçu puisqu'il n'a pas tenu ses engagements. Six mois après, élections, je fais l'union avec Paul Antoine. Nous faisons 13%. nous avons le point de bascule et je peux dire que je suis l'artisan de l'union Napoléon- communiste -je peux dire que c'était infaisable à l'époque!- il fallait quelqu'un qui ne soit ni chez les communistes, ni chez les bonapartistes, ni chez Simon, je peux donc dire que nous avons fait le ciment. Nous avons donc pris la Ville, moi j'arrivais des syndicats, plein de rêves... De jour en jour, j'ai affronté la marais, tout ce qui est moralisation dans la commune... à force de défaire le soir ce qui avait été fait le matin; je n'étais pas venu pour les indemnités, je n'étais pas venu pour l'écharpe, je suis parti! Ca a duré 18 mois... Voila pour ce qui est de ma période avec Simon. Ensuite, ce qu'il y a de bien lorsqu'on rejoint l'opposition, c'est qu'on apprend. J'ai appris plus en un an d'opposition qu'en cinq ans dedans.  Je peux dire qu'aujourd'hui je fais parti des cinq personnes qui connaissent le mieux la ville dans tous les domaines. La circulation, les finances, le patrimoine, 

Qu'est-ce que cette expérience vous a apporté de plus que les autres candidats?

Une vision globale ! C'est que non seulement je connais les dossiers, mais j'ai une vision, pas pour paraitre prétentieux, pas du matin pour le soir, mais j'ai une vision a vingt ans. Prenons un exemple. La rocade. Pour moi elle doit devenir une avenue. Elle est déjà morte. Autour nous avons laissé construire, nous avons laissé faire. Elle ne sera jamais une rocade, il faut la repenser. Le problème c'est qu'aujourd'hui nous fonctionnons avec la décentralisation. Avant il y avait un état Jacobin qui disait la route va de tel endroit à tel endroit, c'était fait. Aujourd'hui pour faire une route, la commune va dire "ce n'est pas notre compétence, c'est le département, c'est la région." C'est à la ville d'initier le projet! Le rôle du Maire serait de dire, je prends ce dossier, je le porte, je vais voir toutes les autres collectivités, et je les mets autour de la table." Si on ne prépare pas aujourd'hui les voies de demain, on est morts ! 
Ce que j'appelle une vision c'est de dire : "qu'est ce que nous allons faire d'Ajaccio?" Une ville de commerce? une ville de culture? D'art? De patrimoine? Ou une ville industrielle? 

Alors que voulez-vous faire d'Ajaccio?

Moi, je pars de son potentiel. Son potentiel, c'est son patrimoine. sa culture, son identité. Lorsque je vous parle de la citadelle par exemple, nous pourrions instaurer une présidence tournante mondiale. Par exemple les Egyptiens rentreraient dans l'association et proposeraient une exposition relative  leur histoire et a leur culture. Comment sont ils allés chercher l'obélisque par exemple ? C'est à dire des expositions permanentes sur une année. L'année suivante, les Belges viendraient nous expliquer leur vision de Napoléon, Les Japonais, eux-mêmes, fans de Napoléon, présideraient aussi. Ce qui veut dire que nous aurions les moyens de financer un projet pour la citadelle sans apport de la municipalité, donc sans le moindre coût pour le citoyen, quelque chose qui pourrait être féerique. Il faut savoir que, dans la citadelle, une partie est classée et l'autre non. Il suffirait de l'inscrire aux Monuments Historiques pour que le financement soit pris en charge par d'autres que la ville! Encore faut-il savoir comment ça marche!
En dehors de la citadelle, il y a tout le parcours patrimonial, mais il n'y a qu'en ayant une exigence de qualité que nous pourrons tirer la ville vers le haut. Par exemple, la ou va être réalisé le parking, n'y a-t-il pas un parcours patrimonial a à faire? Pour avoir discuter avec ceux qui vont réaliser ce parking, je peux dire que pour eux, il est plus facile d'avancer sur la mer pour faire un parking, que d'en faire un la ou la mer a été. Il aurait suffit de décaler le parking de quinze-vingt mètres et mettre en valeur le patrimoine en créant un parcours autour de Napoléon. Ainsi la ville vivrait de son patrimoine et de sa culture! 
La ville a besoin d'équilibre! Je suis un combattant contre le nombre. La qualité d'accord, mais ça ne veut pas dire la rupture avec la mixité sociale!
Lorsque nous faisons des ZPPAUP, cela implique des coûts supplémentaires pour faire des rénovations, C'est à dire que nous faisons fuir les "petites gens" du centre-ville!
Il y aurait cinquante exemples qui vous montre qu'aujourd'hui on nous tire vers le bas.
Le fond de baie aussi me pose un problème! Nous savons tous comment a fini l'histoire du port Charles Ornano. Le fond de baie, c'est 56 millions d'euros d'investissements. Qui va payer? Est ce que déplacer le port va aider économiquement la ville? Pour ma part, je pense qu'il fallait laisser le port ou il est, déplacer la gare -c  'est le bon sens, il n'y a personne dans les trains - à Saint Joseph, se servir de cet espace, pas pour ne faire que du parking, mais aussi un lieu de promenade et de vie incluant un parking,
C'est une vision globale. Ca n'est pas un projet, mais quinze projets. Maintenant, continuer a construire des HLM... Je ne fais pas le procès des personnes qui habitent dans des HLM, mais toutes ces habitations ont été concentrées coté rocade, la ou il est prévu le passage à la double voie. On construit les quartiers nord de Marseille... Parce que quand nous serons passés à la double voie, la ville sera coupée en deux. Ce sont des schémas qui ont déjà été reproduits partout...  Dans tous les domaines il y a des améliorations a apporter. 
Aujourd'hui, nous sommes dans une situation où nous n'héritons pas de nos parents, nous héritons de nos enfants. Aujourd'hui à Ajaccio, nous nous payons un train de vie qui n'est pas le nôtre. Nous endettons nos enfants pour le maintenir! Ça n'est pas juste, c'est de l'égoïsme. La dette était à 49 millions à notre arrivée à la mairie, aujourd'hui elle est à 85 ! Sachant que nous avons une annuité de la dette de 11 millions d'euros à rembourser ! Sur treize ans nous avons donc remboursé 130 millions d'euros d'emprunt, alors que nous en avions cinquante... Quels sont les investissements réalisés sur la ville par rapport a un tel endettement? 

Vous parlez souvent du clientélisme, comment se manifeste-t-il selon vous?

Lorsqu'on parlait de clientélisme au départ avec Simon, il disait que le clientélisme entrainait l'aliénation qu'il fallait faire des concours... Demain vous avez un enfant, vous vous sacrifiez pour l'envoyer à corté, quand il revient ça ne sert à rien. On ne rentre pas par rapport au diplôme. Il faut un minimum ! Et Simon c'est tout le contraire, c'est 80 à 90% de recrutement sans concours. Il n'y a pas d'égalité. Pour les logements c'est pareil, le social devient une variante. Le social ça devrait être un budget pour des besoins et sans variantes ! La nous créons des besoins pour certains, qui n'en ont pas, c'est ce que j'appelle moi le clientélisme, c'est tout ce qui réduit l'être humain. A Ajaccio, les gens sont toujours en train de quémander, même quand ils ont leur dî, ils se disent qu'avec un Simon ils obtiendront toujours quelque chose. 

Quelle place selon vous pour Ajaccio dans l'Europe?

Municipales : Tête à tête avec... François Filoni
L'Europe, c'est quelque chose d'abstrait. Jusqu'à présent elle nous amène plus d'inconvénients que d'avantages. Aujourd'hui, l'Europe nous permet d'utiliser ses fonds pour régler certains de nos problèmes d'investissements, mais comme les dossiers ne sont pas montés ou qu'ils sont périmés… L'Europe pourrait nous apporter le financement en matière de traitement des ordures ménagères. Aujourd'hui la ville d'Ajaccio traite environ 55 000 tonnes d'ordures et ça coûte 19 millions d'euros. C'est moi qui ait saisi la commission européenne, pour que le centre d'enfouissement de Saint Antoine, qui était complètement illégal, soit mis aux normes. 
Le problème c'est que le maire pense que tout peut se faire par la discussion. Il a acheté un terrain à côte de l'aéroport, pour créer un centre de valorisation des ordures ménagères. Je suis intervenu en conseil municipal pour expliquer que c'était impossible, à cause du risque aviaire. Cela représentait un danger pour les avions. Il n'a rien voulu entendre, a acheté le terrain quand même pour un montant d'1.5 millions d'euros. Au final le préfet n'a pas donné son accord et le terrain n'a pas pu être exploité. Ca ne devrait pas arriver ! En matière d'environnement les directives européennes sont intéressantes. Il faut en connaitre le fonctionnement pour pouvoir solliciter les aides financières.

Malgré toutes les déceptions connues au plan politique vous vous présentez une nouvelle fois : qu'attendez-vous de cette nouvelle campagne?

Je reste encore optimiste, je me dis que si j'arrive à faire une fourchette entre 7 et 9%, je suis en position de choisir le maire. Simon rêve d'être reconduit pour une histoire d'orgueil et pas de projets, Laurent, je pense que lui voudrait être maire de suite et qu'il ne sera pas regardant pour laisser travailler les autres. Je saurai négocier en atteignant ce score. Que ce soit avec l'un ou l'autre.

Quelle place pour la culture dans votre programme?

La culture c'est tout en même temps. C'est lié à l'identité. J'aime tout mais je ne suis pas pour l'ouverture à tout. Notre rôle c'est de défendre notre identité, notre adn, même si cela peut paraître dérisoire pour certains de vouloir conserver les paghjelli par exemple : pour d'autres ça représente une joie immense. Aujourd'hui on nous impose un modèle qui n'est pas le nôtre, une culture de consommation. Je veux travailler pour laisser un héritage à nos enfants en adéquation avec notre histoire et ce, quel que soit le domaine. 

Si vous aviez un message à faire passer à vos électeurs?

Les mots sont tellement galvaudés aujourd'hui... Je dirais simplement, si vous en avez marre du système, ne votez pas blanc, votez pour moi. !



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