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Meeting de Femu Aiacciu : Une détermination plus forte que jamais !


le Vendredi 16 Janvier 2015 à 10:20 | Modifié le Vendredi 16 Janvier 2015 - 10:33


Ils étaient tous là. Jeunes et anciens, leaders et militants, tous engagés dans cette dernière ligne droite qu’ils entendent emprunter avec humilité pour aller au bout de leur challenge. Le ton était ferme et la détermination particulièrement forte pour qu’Aiacciu devienne enfin une ville digne de son histoire et de sa culture


Meeting de Femu Aiacciu : Une détermination plus forte que jamais !
« Lorsque nous avons lancé notre mouvement pour la première fois, nous avions loué cette salle et l’on se demandait si nous n’avions pas vu trop grand. Il y avait du monde, mais sans plus. Cinq ans après, l’auditorium est noir de monde et s’avère trop petit pour contenir une foule enthousiaste. Je vous laisse constater le chemin parcouru » a lancé, jeudi soir au palais des congrès, Jean-Christophe Angelini lorsqu’il a succédé à Gilles Simeoni sur une scène chauffée par un jeune groupe local très apprécié.
 
La lutte d’un peuple
Régis Gomez a lancé le débat dans une salle comble et surchauffée, noyée dans une mer de bandera pour saluer l’arrivée sur scène de Gilles Simeoni, maire de Bastia. Celui-ci n’a pas caché sa joie de retrouver ses amis de Femu Aiacciu. Il a rappelé la création du mouvement et le chemin parcouru depuis, sans oublier le moindre détail de cette avancée spectaculaire de Femu à Corsica : « Cette route, nous l’avons tracée ensemble et nous sommes à vos côtés. Notre lutte nous portera vers la victoire car une seule chose compte à nos yeux : notre peuple. Ce soir il s’agit du peuple d’Aiacciu. J’ai pu me rendre compte de la qualité de cette liste qui  représente l’avenir d’Aiacciu, vous vous préparez à construire une ville démocratique. C’est votre combat, nous sommes avec vous pour le mener dans la transparence. La bataille des idées est gagnée. Soyons prêts à battre le système claniste d’une part, celui de l’Etat de l’autre, cet Etat qui nous méprise. La voie choisie est celle empruntée par nos anciens qui ont sacrifié loisirs et vie de famille pour avancer, pour porter nos idées avec un seul et unique objectif : la lutte d’un peuple. Aujourd’hui, nous ne semons plus, nous récoltons ; ce combat, c’est le nôtre, vous n’êtes pas seuls à le mener, nous vous soutenons, partout vous êtes soutenus dans la lutte pour l’émancipation. »
 
La diversité, synonyme de richesse
Jean-Christophe Angelini sait ce que le mot lutte signifie. Normal direz-vous pour un battant de la sorte. Depuis son engagement en politique, il a été de tous les combats, de toutes les élections, de toutes les campagnes. Il sait trouver les mots justes, appropriés, connaissant toutes les difficultés d’une campagne. Il s’associe à cette de Femu Aiacciu avec sa légendaire détermination et sa verve habituelle : « Les tribunaux administratifs, ava basta ! La ville est traumatisée et Dieu sait si nous l’avons été ces derniers jours avec ce qui s’est passé à Paris. La bataille est difficile, c’est vrai, mais il faut se battre. Nous avons connu les années de souffrance, les prisons, les gardes à vue, les sacrifices. Ce soir, nous sommes en mesure de gagner, comme nous avons gagné la bataille du clan contre Rocca Serra. La coalition est forte et l’union plus belle. Cette même coalition qui fera, j’en suis persuadé, tâche d’huile partout dans l’île. La diversité est synonyme de richesse et d’efficacité car nous avons trouvé la voie du rassemblement. On peut et doit trouver la voie de la consécration dans une ville traumatisée pour laquelle nous nous battrons. C’est un combat pour la démocratie il faut redouble d’effort, donner de l’espoir à nos jeunes »
 
Serge Piera : diagnostic !
Le toubib connaît sa ville mieux que personne. Il y exerce depuis plus de trente ans mais a connu les quartiers très jeunes, les parties de foot place Abattucci le quartier du tribunal et l’école Pascal Paoli. C’est dire si u spiritu aiaccinu est ancré en lui. Calme et pondéré, il sait que son équipe est aussi soudée qu’efficace. Pour lui, retisser le lien social est une priorité parmi les priorités : « Cela bien sûr à travers une démocratie participative. Mais les problèmes sont nombreux et il faudra travailler dur pour sortir de l’ornière dans laquelle se trouve notre ville. Lutte contre la pauvreté, les inégalités. Ajaccio se meurt au fil des jours et des semaines, la santé, l’emploi, le logement, le nationalisme peut répondre à ces problèmes basés sur la démocratie. La solidarité est un élément fondamental de notre démarche. Plus de 13000 personnes sont en difficulté à Ajaccio, on ne peut laisser cette situation perdurer. Nos idées sont simples, claires, convaincantes, il faut passer à l’action et notre programme est le lien social qui s’impose… »
 
Transports : l’imbroglio
Jeune mais déterminée, Delphine Grimaldi s’exprime avec des mots justes, surtout lorsqu’elle aborde un sujet qu’elle maîtrise parfaitement : celui des transports : « C’est le nœud du problème. Tout est à reprendre point par point. Les déplacements urbains autant que le stationnement. Nous sommes capables d’apporter une réponse à ces problèmes récurrents du transport et du stationnement. Il faut commencer par développer un plan et adopter une politique urbaine tout en posant le problème de la pollution qui, vous le savez, fait d’Aiacciu une des villes les plus polluées de France avec notamment la centrale du Vazziu qui n’en fini plus de déverser son poison. Il faut également revitaliser le centre ville, accroitre l’activité économique, tisser le lien social et redonner sa place à la culture. »
 
Aiacciu : situation délicate
Musique boostée à fond, très boxe, très Rocky, Jean-François Casalta fait son entrée sur scène mais garde la tête froide de celui sait analyser les causes d’un mal qui frappe « sa » ville : « Plus de maire, plus de PLU, population divisée, l’équipe municipale a fait exactement l’inverse de ce qui s’imposait pour Aiacciu. J’en veux pour preuve le parking Campinchi, les rythmes scolaires, le bilan des six derniers mois est désastreux sur l’ensemble des grands dossiers, le tout sur fond de fraude électorale sans oublier les promesses non tenues des horodateurs ou encore la réduction des charges du personnel avec tout de même une ardoise de 870 000 euros voté en six mois…On a parlé de manœuvres systématiquement organisées, moi j’appelle cela fraude électorale. Il y a tant à faire pour notre ville qui regorge de grands personnages : Napoléon, Tino Rossi, Sebastianu Costa, François Coty, autant d’atouts pour notre culture. »
Jean-François Casalta est également revenu sur quelques dossiers comme le parking, qu’il qualifie de « ratage complet » mais aussi sur la voirie, les transports et le stationnement, les équipements structurants : « Aiacciu doit impérativement revenir sur le devant de la scène. Logement, urbanisme, quartiers, il faut des projets. »
Le jeune avocat est revenu sur la désunion avec ses camarades de Corsica Libera mais les a salués en leur disant « nous nous retrouverons car nous avons toujours vocation à nous réunir… » Puis il a conclu son intervention par ces mots : « Nous sommes des nains sur des épaules de géants. Il y en a dans cette salle… » En montrant du doigt et en saluant la présence d’Edmond Simeoni.
 
Engagement militant
Une vraie, une pure, tombée dans le chaudron du nationaliste, una zitella d’Aiacciu, Géraldine Arrighi, fidèle parmi les fidèles qui ne s’arrête pas à la Maison carrée mais va bien au-delà. L’enseignante des Cannes a rappelé sa fierté d’avoir été choisie pour faire partie de cette liste : « Je suis une enfant d’Aléria, née avec le Riaquistu, j’ai suivi toute l’évolution du mouvement et ma place sur cette liste, c’est le résultat de quarante années de lutte. Je n’ai pas oublié le temps de la CFR et des Bonapartistes qui avaient honte de notre bandera alors qu’aujourd’hui, ils sont plus nationalistes que nous. »
La jeune candidate a évoqué la langue corse, la culture, les jeunes surtout, dont il faut s’occuper pour les sortir de ce fléau de la drogue puis a ajouté : « Je suis fière d’être une enfant d’Aiacciu, raison pour laquelle il faut se battre pour lui redonner une autre dimension… » 
 
José Filippi est revenu sur scène pour boucler ce tour d’horizon des leaders de Femu Aiacciu-Femu a Corsica avec sa verve habituelle, son franc-parler et ses « pointes » qui dérangent : « Il faut une rupture dans la gouvernance, il faut améliorer le cadre de vie des Ajacciens et la qualité de la vie, et cela doit se bâtir autour de trois axes :
- Construction d’un cadre de vie de qualité, des logements, l’accès à la propriété, le tri sélectif et la tri-valorisation, le patrimoine, la pollution, les transports, le trafic etc…
- Instaurer un mode de vie de qualité, s’occuper de nos quartiers, combler le vide socio-éducatif, créer des projets pédagogiques, instaurer la langue corse, les transports scolaires et lutter contre la précarité. Il faut également favoriser les échanges culturels et valoriser la création artistique.
- Impulser une dynamique au développement, travailler avec l’Université de Corse, faire d’Ajaccio ce qu’elle a toujours été ; une ville de qualité au riche passé culturel, créer des entreprises productives, dynamiser les métiers de la mer, la pêche, le tourisme.
La période des meetings est bel et bien lancée. Hier soir, Femu Aiacciu-Femu a Corsica a donné le ton de la dernière ligne droite : celui du sérieux et de l’enthousiasme.
J. F. 




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