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Manifestation pour Paul-André Contadini à Ajaccio : Le « J’accuse » de Jean-Marie Poli


Rédigé par le Samedi 26 Septembre 2015 à 23:29 | Modifié le Mardi 16 Février 2016 - 14:48


Ce samedi après-midi, à l’appel de l’Associu Sulidarità, près de 200 personnes se sont rassemblées devant la préfecture de région à Ajaccio afin de manifester leur soutien à Paul-André Contadini, détenu à Fresnes en grève de la faim depuis le 15 septembre dernier. Plus largement, c’est la question des prisonniers politiques qui a été au cœur d’un véhément discours adressé à l’Etat, du président de l’Associu, Jean-Marie Poli


Manifestation pour Paul-André Contadini à Ajaccio : Le « J’accuse » de Jean-Marie Poli
C’est sous un ciel gris que près de 200 personnes se sont rassemblées ce samedi aux alentours de 17 heures devant la préfecture d’Ajaccio, afin de venir témoigner leur soutien à Paul-André Contadini. L’aboutissement d’une semaine de manifestations aux quatre coins de la Corse, durant laquelle de nombreux lycéens notamment sont venir grossir les rangs de la mobilisation.
 
L’état de santé de Contandini devenu inquiétant
Pour rappel, Paul-André Contadini, prisonnier politique corse, détenu à la prison de Fresnes demandant son rapprochement vers le centre pénitentiaire de Borgo, est entré en grève de la faim le 15 septembre dernier. Et aujourd'hui, les nouvelles ne semblent guère rassurantes. L’homme âgé d’une trentaine d’années a déjà perdu plus de 12 kilos, au point qu’il a été hospitalisé en urgence vendredi, du fait d’une inquiétante faiblesse de son organisme. Sans toutefois que sa détermination ne faillisse.
 
Ainsi, du côté de Sulidarità, on se dit très inquiet pour sa santé. « Nous accusons la France et ses dirigeants de jouer avec la vie de Paul-André Contadini, victime d’une violation de son droit au rapprochement », a ainsi lancé Cathy Bartoli, tout en instant sur le fait que la ministre de la Justice serait parfaitement au courant de la situation, « Aucune décision n’est intervenue, aucun signe de préoccupation ou d’intérêt pour la situation de Paul-André n’a émané du ministère de la Justice. Nous condamnons cette lamentable attitude, irresponsable et dangereuse. Nous espérons fortement que le gouvernement français n’aura pas à assumer la honte de son écrasante responsabilité dont il aurait à répondre devant notre peuple si par malheur l’irréversible se produisait pour Paul-André », a-t-elle ajouté.
 
Présent aux côtés de l’Associu, la section corse de la Ligue des Droits de l’Homme a également tenu à assurer de son soutien. « Il y a des incompréhensions totales dans la manière dont le gouvernement et la  présidence de la République gèrent ce dossier, c’est absolument inacceptable », s’est exprimé André Paccou, qui a précisé avoir alerté la présidence nationale de la LDH qui a également formulé une intervention que Paul-André Contadini soit rapproché.
 
Un réquisitoire à la façon Zola
Plus largement, la question des prisonniers et recherchés politiques a également été au cœur du rassemblement ajaccien de ce samedi après-midi.
En effet, alors que le 20 mai dernier, la problématique était largement évoquée lors d’une réunion avec la Garde des Sceaux, aujourd’hui encore, rien ne semble avancer. « Depuis la réunion avec Madame la Ministre, 4 mois se sont écoulés, ce qui est un délai large pour, que comme Madame Taubira s’y était engagée, prendre en compte la problématique des prisonniers politiques corses et y apporter les réponses nécessaires », a lancé Jean-Marie Poli, le président de l’Associu et conseiller territorial de Corsica Libera, soulignant que depuis lors, un large consensus s’est fait jour sur l’île afin de réclamer l’amnistie.  « Force est de constater que Paris ne saisi pas l’opportunité politique sans précédent d’accompagner la situation d’apaisement et de construction qui prévaut aujourd’hui et qui a été possible grâce à l’initiative majeure du FLNC prise il y a plus d’un an. Jusqu’à quand Paris continuera-t-il d’ignorer cette importante étape pour la paix », a-t-il repris avant de fustiger « l’irresponsable attitude de fermeture de l’Etat qui est susceptible d’hypothéquer gravement ces décisions fortement porteuse d’espoir de paix ».
 
Pis, sur le plan des conditions de détention et du respect des lois relatives aux droits humains, le conseiller territorial a entendu une nouvelle fois dénoncer de « multiples transgressions » dont se rendrait coupable l’Etat et qui toucheraient les prisonniers politiques corses et leurs familles. « La France se rend responsable de traitement inique, d’ostracisme, et d’infractions répétée à sa propre législation », a-t-il insisté.
Enumérant une à une ces infractions, il s'est alors lancé dans un véritable réquisitoire, sur le ton du célèbre « J'accuse » de Zola:

« Ces atteintes aux droits humains sont indignes d’une démocratie éclairée, et elles déshonorent la France, prétendue patrie des droits de l’Homme », a-t-il conclu, « A plusieurs reprises nous avons informé Christiane Taubira et François Hollande qui ne peuvent plus faire semblant d’ignorer ces graves manquement à leur législation ».
 
La mobilisation continue
Par ailleurs, il est à noter que l’Associu Sulidarità a lancé un nouvel appel à rassemblement, invitant ceux qui le désirent à se joindre à des veillées, tous les soirs devant les préfectures d’Ajaccio et Bastia tant que le cas de Paul-André Contadini ne sera pas réglé.

Manon PERELLI




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