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Les députés nationalistes font leur entrée à l'Assemblée nationale


Rédigé par Nicole Mari le Mardi 27 Juin 2017 à 22:10 | Modifié le Jeudi 29 Juin 2017 - 00:40


C’est avec une évidente satisfaction et une certaine fierté que les deux députés de Haute-Corse, Michel Castellani et Jean-Félix Acquaviva, et le député de Corse du Sud, Paul-André Colombani, ont siégé, pour la première fois, mardi à 15 heures, sur les bancs de l’Assemblée nationale pour l’ouverture de la nouvelle législature. Malgré une matinée de négociations sous la houlette des trois leaders nationalistes à la tête de la Collectivité territoriale (CTC), Gilles Simeoni, Jean-Guy Talamoni et Jean-Christophe Angelini, les tractations en vue de former un groupe parlementaire n’ont pas abouti. Retour sur une journée exceptionnelle et premières impressions en vidéo.


Les trois députés nationalistes, Jean-Félix Acquaviva, Michel Castellani et Paul-André Colombani, en compagnie de Gilles Simeoni, président de l’Exécutif territorial, Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée de Corse, et Jean-Christophe Angelini, conseiller exécutif et président de l’ADEC.
Les trois députés nationalistes, Jean-Félix Acquaviva, Michel Castellani et Paul-André Colombani, en compagnie de Gilles Simeoni, président de l’Exécutif territorial, Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée de Corse, et Jean-Christophe Angelini, conseiller exécutif et président de l’ADEC.
C’est un événement historique, éminemment symbolique, difficilement imaginable ne serait qu’il y a encore quelques semaines ! Pour la première fois dans l’histoire de l’île, comme dans celle de l’Assemblée nationale, des députés nationalistes corses siègent en tant qu’élus sur les bancs de l’hémicycle, et non plus en tant que visiteurs occasionnels dans les tribunes réservées aux invités. C’est, entourés de leurs suppléants, de quelques dizaines de militants qui ont fait le déplacement pour l’occasion, et de conseillers territoriaux, comme Josepha Giacometti et Saveriu Luciani, mais aussi et surtout des leaders des trois principales formations nationalistes, Gilles Simeoni, président de l’Exécutif territorial, Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée de Corse, et Jean-Christophe Angelini, conseiller exécutif et président de l’ADEC (Agence de développement économique de la Corse) que les trois députés, Michel Castellani, Jean-Félix Acquaviva et Paul-André Colombani, ont fait cette première rentrée parlementaire.
 
Un sentiment de responsabilité
Réunis avant la séance au Café Bourbon, en face du Palais du même nom, la joie est indéniable, rehaussée par la conscience d’avoir encore franchi un pas supplémentaire dans le long chemin qui leur a permis d’accéder, en moins de quatre années, aux différentes marches du pouvoir dans l’île. Sur les visages, une intense satisfaction, et un peu d’émotion comme le souligne Paul-André Colombani : « Etre là, c’est une grande émotion et beaucoup de plaisir. C’est une très grande victoire pour le peuple corse d’avoir réussi à envoyer trois députés nationalistes à l’Assemblée nationale ». Mais surtout la conscience de la responsabilité et de l’espoir qui pèsent désormais sur leurs épaules : « Après une décennie de luttes où nous avons essuyé tant d’injures et de mépris, où nous avons négocié avec tous les gouvernements, où nous avons du faire preuve de tant de force et de détermination, c’est vraiment quelque chose d’être là. Mais, c’est surtout l’immense sentiment de notre responsabilité qui domine. Nous allons essayer de ne pas décevoir ceux qui nous ont fait confiance et de construire parce que la Corse a tant besoin », commente Michel Castellani. Ce sera un mandat de combat assure Jean-Félix Acquaviva : « C’est très important de rentrer dans cet hémicycle. C’est impressionnant et symbolique. Nous avons le sentiment de vivre un moment historique. Nous mesurons encore tout le chemin à parcourir. Nous avons déjà fait beaucoup de chemin pour arriver jusque là, mais il en reste encore beaucoup à faire avant que la Corse ne réussisse à faire respecter ses droits ».
 
Une légitimité renforcée
Des sentiments partagés par les leaders nationalistes présents aux côtés de leurs représentants. « C’est un événement historique. C’est un séisme dans la société corse, une rupture avec le passé politique et électoral de l’île. Nos trois députés ont montré qu’ils n’étaient pas isolés et qu’ils sont en train de renforcer un groupe d’influence que nous nous étions déjà efforcés de constituer avec des parlementaires corses ou amis de la Corse. Cela nous permettra d’avoir des postes avancés au Palais Bourbon et même au Sénat pour défendre les intérêts de la Corse avec plus d’efficacité », estime Jean-Guy Talamoni. « C’est un moment de joie profonde. Nous sommes heureux d’être ici. C’est un moment très fort, très important pour la Corse et pour notre combat. La présence de trois députés nationalistes au Palais Bourbon a une portée politique importante. Cela renforce notre légitimité. Nous avons montré au cours des discussions concernant la formation d’un groupe que nous n’étions pas isolés et que notre discours était susceptible d’être entendus, et même partagés. Il faudra faire un travail de pédagogie, renforcer notre présence à Paris pour mieux faire comprendre les espoirs et les besoins de la Corse et de son peuple », déclare Gilles Simeoni.

Pas de groupe
Les négociations sur la formation d’un groupe régionaliste n’ayant pas abouti, les trois députés siègent sur les bancs des non-inscrits qui comptent une trentaine d’élus. Et pourtant, ils ont été bien près de réussir leur pari. Les discussions entamées, vendredi, se sont poursuivies lundi et jusqu’à mardi midi avec près de 18 députés, notamment martiniquais, guadeloupéens, polynésiens, bretons, mais aussi le député corse de Sarcelles, François Pupponi, les Radicaux Valoisiens et les Ecologistes. « Nous avons fait comprendre que nous étions dans une attitude constructive pour tendre la main et trouver une solution politique. Nous sommes partis sur des valeurs de progrès économique, d’écologie politique, de rejet des discriminations, de justice sociale... et sur un trait d’union de prise en compte des territoires avec des évolutions législatives, règlementaires et constitutionnelles nécessaires. Sur ces points-là, il n’y a pas eu de problème particulier. Cela signifie qu’en termes de discussions et d’influence, nous avons réussi à atteindre un haut niveau politique de regroupement », explique Jean-Félix Acquaviva. La déclaration finale de constitution du groupe était quasiment validée, mais le point d’achoppement a été le vote de confiance au gouvernement. Refus des trois députés corses qui ont l’intention de s’abstenir sur ce sujet-là et sur un certain nombre d’autres et ne veulent, en aucun cas, être assimilés à la majorité, ni présidentielle, ni parlementaire. Pas question, pour eux, d’accepter un groupe à n’importe quel prix ! Comme, du côté de leurs interlocuteurs, d’aborder l’épineux dossier de l’amnistie des prisonniers ou du statut de résident.

Poursuite des négociations
Finalement, un accord a été trouvé à 13 députés, nombre insuffisant puisqu’il en faut 15 pour créer ce qui aurait été le huitième groupe parlementaire. « Le groupe n’a pas pu se faire pour des raisons numériques et par manque de temps. Si nous avions eu quelques jours supplémentaires, nous aurions atteint, voire même dépassé le quorum. Rien n’empêche que par la suite, nous ne puissions pas constituer ce groupe sur les mêmes bases, avec les mêmes personnes avec lesquelles nous avons déjà discuté, et avec d’autres députés que nous n’avons pas eu le temps de contacter, par exemple des députés sans étiquette du rural », poursuit le député de Corte-Balagne. « Le dialogue perdure. C’est capital ! Personne n’a signifié la fin des discussions. Tout le monde a dit : « C’est le début » et a argué des délais très brefs impartis pour constituer des groupes. C’est une forme d’anomalie. Même à l’Assemblée de Corse et dans les hémicycles où nous avons l’habitude d’évoluer, nous ne sommes pas confrontés à de tels délais, ni à ces modalités très dures. Nous comptons bien les transcender. Le dialogue est installé et il va durer », confirme Jean-Christophe Angelini.
 
Des questions à poser
Les groupes politiques jouent un rôle majeur dans le fonctionnement de l’Assemblée nationale. Leurs présidents siègent à la Conférence des présidents, les commissions sont composées en proportion de l’importance numérique des groupes et le temps de parole est distribué en fonction de l’effectif des groupes. Le fait de ne pas appartenir à un groupe est-il pénalisant pour les Nationalistes corses ? « Non ! Cela ne nous empêchera aucunement de travailler. De toute façon, le travail de fond politique et législatif sera fait, d’une part, en mutualisant nos moyens, d’autre part en créant des solidarités avec ce réseau et avec d’autres, comme celui des élus de montagne. Ils n’ont pas participé à nos discussions parce qu’ils sont engagés à droite ou à gauche. Ce travail de fond durera 5 ans, nous ne doutons pas de son efficacité », affirme Jean-Félix Acquaviva. L’idée est de créer un groupe de travail sur toutes les questions qui n’ont pas l’habitude d’être posées entre, d’un côté la Corse, les territoires ultramarins, la Polynésie, et, de l’autre, la République et l’Etat. S’y agrègeront, aussi, les difficultés d’autres territoires, comme les territoires ruraux, de montagne, voire même les banlieues. « Nous nous inscrivons dans la durée, nous avons, d'ores et déjà, démontré que nous ne sommes pas, comme certains ont pu le dire, isolés, mais qu'au contraire, dès aujourd'hui, nous pouvons compter au sein de l'Assemblée nationale sur des contacts politiques forts et de nombreux relais. C’est un terreau à faire fructifier », renchérit Gilles Simeoni. 
Pour l’heure, en attendant la prochaine séance qui se tiendra mercredi, les Nationalistes ont fêté l’évènement à la Casa di u populu corsu à Issy les Moulineaux.

N.M.
 
 






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