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Le « Panorama de l’agriculture en Corse » un document essentiel


Rédigé par Marie MAURIZI le Vendredi 18 Août 2017 à 14:14 | Modifié le Samedi 19 Août 2017 - 00:39


Depuis plusieurs années, le Service Régional de l'Information Statistique et économique (SRISE) de la DRAAF de Corse collabore avec l’Office du Développement Agricole et Rural de Corse (ODARC) et la Chambre Régionale d’Agriculture de Corse à l’élaboration de publications annuelles sur l’agriculture. Le « Panorama de l’agriculture en Corse » permet aujourd’hui de porter un regard plus profond sur l’agriculture insulaire. Il dresse un état des lieux rétrospectif de l’agriculture corse en valorisant les données des cinq derniers recensements agricoles de 1970 à 2010.


Le « Panorama de l’agriculture en Corse » un document essentiel
Au-delà des données économiques, de structure et de production, le document aborde l’organisation des filières et leur évolution au cours du temps. La dernière partie, « les thématiques transversales », est consacrée à des sujets à enjeux pour les années à venir.
 
Opérations statistiques et publications gratuites
La statistique agricole française repose sur le Service de la statistique et de la prospective (SSP) placé au sein du Secrétariat Général du Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, et sur les Services régionaux de l’information statistique et économique (SRISE) au sein des Directions Régionales de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DRAAF).
Le SSP et les SRISE effectuent périodiquement de grandes opérations statistiques, comme le recensement de l’agriculture, qui a lieu tous les 10 ans, mais aussi des enquêtes auprès des agriculteurs, des industriels de l’agroalimentaire ou des collectivités territoriales, sur l’occupation de l’espace et les caractéristiques du territoire. Ils  établissent le suivi de la conjoncture agricole et bon nombre d’indices économiques.
La diffusion des publications a pour média principal le site internet Agreste : http://agreste.agriculture.gouv.fr/
Cette diffusion se fait dans le strict respect du secret statistique. Les données recueillies lors des enquêtes statistiques sont protégées par la loi 51-711 du 7 juin 1951 modifiée et font l’objet d’une stricte confidentialité : La diffusion d’information est réalisée sous forme agrégée.
 
Le recensement agricole : une enquête statistique de référence sur le monde agricole
Le recensement agricole s’inscrit dans un cadre européen et mondial. Il constitue la plus importante opération statistique menée par le Ministère de l'Agriculture et de l’Alimentation. Tous les dix ans, il fournit une photographie complète et détaillée de l’agriculture française. Il s’intéresse à tous les aspects de l’activité agricole et à tous les types d’agriculture, hormis la pêche et la sylviculture. L’opération recouvre le recueil des données terrain, leur analyse et leur diffusion sous différentes formes.
Il concerne l’ensemble des exploitations agricoles, qu’elles soient grandes ou petites, que l’agriculture corresponde à l’activité principale ou secondaire de l’exploitant. L’enquête se déroule auprès des chefs d’exploitation. Il s’agit d’une obligation légale à laquelle l’agriculteur doit répondre. Il étudie toutes les facettes de l’agriculture d’aujourd’hui. Quelques 700 données sont recueillies relevant de grandes thématiques, dont :
 
- Les cultures et superficies cultivées,
 -L’élevage et le cheptel,
-Les modes de protection des cultures,
-L’équipement des exploitations,
 -La diversification des activités (tourisme vert...),
-La commercialisation des produits (AOC, vente directe...)
-L’emploi (salariat, emploi familial...) et le niveau de formation,
-La gestion de l’exploitation.
 
Présentation du panorama : en quarante le visage de l’agriculture s’est transformé
L’agriculture corse est fortement marquée par ses caractéristiques géographiques et profondément ancrée dans son patrimoine. Si le relief et l’insularité constituent des handicaps pour la production et la commercialisation de produits agricoles, la position méditerranéenne de l’île, son climat, ses caractéristiques pédologiques, la présence de races domestiques endémiques la dote d’indéniables atouts. La structuration des filières a été engagée avec de beaux succès et la recherche de valeur ajoutée a permis l’émergence de nombreux signes officiels de qualité.
La Corse fait partie des régions les plus dynamiques dans le domaine de l’agriculture biologique et dans toutes les filières de production
Pour autant, des difficultés et des menaces continuent de peser sur l’avenir de l’agriculture corse : les résultats économiques dans certaines filières restent faibles, la population agricole vieillit et la problématique d’accès au foncier freine l’installation de jeunes agriculteurs, et ce, dans un contexte de diminution constante du nombre des exploitations depuis quarante ans. Par ailleurs, les impacts du changement climatique sont d’ores et déjà perceptibles. L’adaptation des pratiques agricoles à ces nouvelles contraintes constituera un enjeu fort pour les années à venir.
 
Les exploitations agricoles en Corse : 2 810 exploitations en 2010.
Le nombre d’exploitations agricoles a diminué de 68 % entre les recensements agricoles de 1970 à 2010, taux comparable à l’évolution nationale sur la même période, mais à un rythme différent.
 A partir des années 1990, le nombre d’exploitations a mieux résisté en Corse (baisse de 45 %) que sur le continent (baisse de 52 %).
Les quatre principales productions agricoles régionales (viticulture, arboriculture, élevage de bovins, élevage d’ovins et de caprins) constituent les trois quarts des exploitations corses et l’élevage de ruminants, près de la moitié à lui seul.
Le paysage agricole insulaire est majoritairement composé de petites et moyennes exploitations. Les grandes exploitations ne représentent que 13 % des exploitations corses (contre 32 % en France métropolitaine). Entre 1988 et 2010, le nombre de petites exploitations a diminué d’environ 60 % en Corse comme sur le continent. Les restructurations se sont faites localement plutôt en faveur des exploitations de moyenne dimension économique.
La Production Brute Standard (PBS) moyenne par exploitation est de 65 000 €, très inférieure à la moyenne nationale qui est de 105 000 €. Elle a progressé de 45 % entre 1988 et 2010. Elle varie fortement selon les productions : de 29 000 € pour l’orientation technico-économique (Otex) bovin
viande à 298 000 € pour l’Otex viticulture.
Avec 72 % de la surface régionale (871 675 ha) en bois, landes ou maquis, selon les critères de l’enquête Teruti, la Corse est avant tout une région avec des espaces naturels importants. C’est également la région ayant le plus faible taux de surface artificialisées (4 % contre 9% au niveau national) mais ce taux a fortement progressé ces dernières années (+ 47 % entre 2006 et 2014, plus forte progression au niveau national).
 
Les exploitants agricoles : 3 000 exploitants dont 2 810 chefs d’exploitation
Comme sur le plan national, la population agricole vieillit (moyenne d’âge 51 ans). Plus de la moitié des exploitants interrogés en 2013 ne savaient pas qui leur succéderait.
La part des femmes chefs d’exploitations a doublé au cours des quarante dernières années passant d’à peine 11 % en 1970 à 23 % en 2010 4 exploitants sur dix ont au moins le niveau BAC. 5 pour les moins de 40 ans.
 
L’enseignement agricole
2 établissements publics d’enseignement agricole et 1 centre de formation privé, préparent à des diplômes du niveau V (CAPa) au niveau III (BTSA).
En 2015-2016, les deux EPLEFPA regroupaient 456 apprenants dont plus de 50 % inscrits comme élèves et étudiants, en formation initiale scolaire (FIS). L’agriculture est de loin le secteur privilégié par les jeunes inscrits dans ces établissements (30 %), principalement dans des diplômes de niveau IV (Bac pro et Bac techno) et de niveau III (BTSA ACSE).
L’installation des Jeunes agriculteurs (JA) reste une priorité de l’enseignement agricole. Les diplômes ouvrant droit aux aides à l’installation en agriculture et reconnus pour octroyer la capacité professionnelle agricole, sont accessibles par toutes les voies de formation dans les 2 établissements publics.
 
L’emploi et la valeur ajoutée agricole et agroalimentaire
 Avec respectivement 4 000 et 2 600 emplois, l’agriculture et l’agroalimentaire représentent 5,3 % de l’emploi régional soit un taux légèrement supérieur à la moyenne nationale (5,1%).
 La main-d’œuvre familiale (chefs d’exploitation, co-exploitants et les membres de leur famille) constitue plus de 70 % du volume d’emploi agricole.
Les 30 % restant se répartissent en 24 % de salariés permanents et 6 % de main d’œuvre  saisonnière. Les salariés sont principalement employés dans les exploitations viticoles et arboricoles.
De 1992 à 2012, la valeur ajoutée de la branche agricole est restée stable, autour de 100 millions d’euros. Parallèlement, la valeur ajoutée de la branche agroalimentaire a quasi doublé passant de 68 à 120 millions d’euros. Le marché de l’agroalimentaire apparaît comme structurellement porteur et dynamique.
 
 La valeur vénale des terres
 En 2015, le prix des terres agricoles est en moyenne de :
 
• 5 000 € L’hectare de terre labourable
• 2 500 € L’hectare de surface en herbe
• jusqu’à 28 000 € l’hectare de vigne AOP
• 14 000 € L’hectare de vigne hors AOP
 
Des analyses DRAAF-2015 (Source DIA SAFER) montrent que le prix varie fortement selon la distance à la mer : si cela paraît compréhensible pour des terrains à bâtir, l’effet sur les terres agricoles est plus surprenant car on compare des terres ayant des qualités agronomiques similaires. Cette variation de prix est déconnectée de la rentabilité économique agricole mais la pression de l’urbanisation et du tourisme fait monter le prix, avec un changement toujours possible de la destination du terrain.

Les aides à l’agriculture
 Environ 1 700 exploitations bénéficient en Corse des aides de la politique agricole commune (PAC). Comme sur le plan national, les aides du premier pilier (environ 25 millions d’euros) et du second pilier (environ 15 millions d’euros) ont connu une progression constante jusqu’en 2011. En Corse, la progression favorable des aides s’est poursuivie après 2011.
Dans le cadre de la nouvelle PAC 2014-2020 qui se veut plus verte et plus juste, la Corse bénéficie du rééquilibrage des aides en faveur des territoires défavorisés. Au-delà de la PAC, 7,7 millions d’euros ont été mobilisés pour l’agriculture dans le cadre du programme Exceptionnel d’Investissements entre 2002 et 2012.
Les filières agricoles corses ont bénéficié également de plusieurs plans de soutien consécutifs depuis 2005 qui ont permis de soutenir, dynamiser et développer l’agriculture corse :
- plan de relance 2005-2007 (25 millions d’euros)
- plan de consolidation 2008-2010 (19 millions d’euros)
- plan d’amplification 2011-2013 (21 millions d’euros)
 
Les thématiques à forts enjeux
-La coopération agricole
 Les 29 structures collectives (coopératives agricoles et filiales, SICA et CUMA) représentent 895 exploitations engagées en coopérative. Elles génèrent environ 105 millions d’euros de chiffre d’affaires global et emploient 350 salariés.
 
 -L’agriculture biologique
 Selon l’Agence BIO, l’agriculture biologique représente en Corse 7,3 % de la SAU ( 3e rang français) et 11 % des exploitations.
 Le nombre de producteurs engagés en agriculture biologique a plus que doublé ces dix dernières années, passant de 124 en 2005 à 302 en 2015. Toutes les productions agricoles de Corse sont représentées au sein de la filière biologique. Les surfaces dédiées à l’élevage sont les plus importantes (7 232 ha), suivies de celles consacrées à l’arboriculture (1 312 ha), à la viticulture (726 ha) et à la culture de plantes à parfum aromatiques et médicinales - PPAM (218 ha).
 
-La qualité et la promotion des produits agricoles
 La Corse est riche de produits aux caractéristiques particulières pouvant être liées à leur composition, à leurs méthodes de production ou de transformation. Cette distinction qualitative et identitaire est reconnue et attestée par de nombreux signes officiels de qualité (notamment 16 AOP, 5 IGP et 2 labels rouges) qui apportent une véritable valeur ajoutée aux produits.
 
 -Les enjeux climatiques
Les changements climatiques attendus au cours des années à venir auront un impact direct sur l’agriculture, notamment par la diminution de la ressource en eau, la baisse des rendements, la modification des calendriers des pratiques culturales et viticoles et l’extension géographique des pathogènes et ravageurs de culture.
 Les politiques publiques mises en œuvre visent à réduire l’impact de ces changements à travers deux objectifs majeurs :
- la réduction des émissions de gaz à effet de serre
- le développement des pratiques agro-écologiques
 
-Les enjeux sanitaires
 La position géographique de la Corse, son climat méditerranéen et l’afflux de visiteurs en période estivale l’exposent particulièrement à l’introduction et à l’implantation de maladies animales ou végétales considérées aujourd’hui comme exotiques en France métropolitaine.
 Par les pertes de production qu’elles occasionnent directement ou indirectement, les crises sanitaires ont des conséquences socio-économiques significatives.
 La prévention des risques et la gestion des crises sanitaires s’organisent autour de deux grands axes :
 
- pour les maladies non présentes : éviter leur introduction sur le territoire ;
- pour les maladies présentes : parer à leur dissémination en contenant les foyers avérés.
 
Un réseau de surveillance associe les services de l’État sous l’autorité du préfet, les vétérinaires sanitaires et les professionnels agricoles.
 
Les races locales
Les races locales corses (chèvre, brebis, vache, porc, cheval et abeille) particulièrement rustiques et adaptées au territoire constituent un patrimoine vivant indéniable.
 Ces dernières années, dans un contexte de diminution du nombre d’élevages, le maintien des effectifs et la conservation de ces races reste un enjeu pour l’avenir.
 Pour que tout un chacun enrichisse sa réflexion sur l’agriculture corse, le panorama est téléchargeable sur les sites internet de la DRAAF (http://draaf.corse.agriculture.gouv.fr ) de l’ODARC (http://www.odarc.fr ) et de la Chambre Régionale d’Agriculture de Corse  (http://www.corse.chambres-agriculture.fr ).
 
 
 
 



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