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Jean-Baptiste Andreani : Le jeune acteur corse est la révélation du film Marcumariu


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 6 Mars 2014 à 00:12 | Modifié le Jeudi 6 Mars 2014 - 01:44


Court métrage de 21 minutes réalisé par Julie Perreard, Marcumaria, qui sera projeté jeudi soir à l’espace Diamant à Ajaccio et vendredi à la Cinémathèque de Porto-Vecchio, raconte l’histoire des 11 pendus du Niolu, un épisode dramatique et emblématique de l’histoire corse, à travers le destin de l’un d’entre-eux, Marcu Maria, jeune paysan de 15 ans. Le film sera également projeté lors d’I Scontri di u filmu cortu, les Nuits Meds, des Rencontres méditerranéennes du film court qui se tiendront du 24 au 27 mars à Corte au cinéma ALBA et le 1er avril au cinéma Grand action à Paris. Rencontre, pour Corse Net Infos, avec Jean-Baptiste Andreani, le jeune acteur de 19 ans, originaire de Patrimoniu, interprète de Marcumaria, qui joue son premier rôle au cinéma.


Jean-Baptiste Andreani, révélation du film Marcumariu sur les Pendus du Niolu. .
Jean-Baptiste Andreani, révélation du film Marcumariu sur les Pendus du Niolu. .
- Comment vous êtes-vous retrouvé à l’affiche de ce court-métrage pour interpréter le rôle titre ?
- J’ai passé un casting en été avec mise en situation. Julie Perreard cherchait un jeune homme entre 16 et 18 ans qui parle corse. L’action se passe entre la langue corse et la langue française : les Corses parlent corse, les Français, qui veulent parler aux Corses, parlent italien et parlent français aux Français ! Deux mois plus tard, la réalisatrice m’a téléphoné pour me dire que j’avais le rôle.
 
- Pourquoi Julie Perreard, qui réalise des documentaires, a-t-elle choisi un tel sujet pour son 1er court-métrage de fiction ?
- Elle a assisté à une cérémonie commémorant cet événement tragique au couvent de Calacuccia. Elle a été saisie d’effroi, s’est renseignée, puis s’est prise d’amour pour l’histoire et a absolument voulu en parler. Elle a écrit et peaufiné le scénario et l’action pendant 10 ans et a mis beaucoup d’elle-même. Elle a utilisé le biais du cinéma qui est un langage universel, accessible, qui peut parler à beaucoup de gens et facilement diffusable dans n’importe quel festival. C’est un moyen de faire connaître l’histoire de la Corse au-delà des frontières.
 
- Elle a néanmoins pris quelques libertés avec l’histoire…
- Il y a quelques anachronismes comme dans tout film historique. Julie a pris le parti de parler de l’essence de l’histoire plutôt que de s’attacher à des faits précis. La scène de la pendaison se passe dans une châtaigneraie et pas au couvent de Calacuccia. Les pendus ne sont que 4 au lieu de 11. Elle a choisi une réalisation personnelle, poétique, tout en respectant le gros de l’histoire.
 
- Avez-vous eu accès à des sources historiques importantes ?
- Il se trouve que j’ai eu la chance d’avoir un vrai cours sur les Pendus du Niolu par mon professeur de langue et de culture corses, Mr Pergola, en classe de 3ème au lycée Jeanne d’Arc à Bastia. Chaque élève a du intervenir sur cet événement historique en faisant un exposé. Nous nous sommes, donc, beaucoup renseignés sur le sujet qui est resté assez vif dans ma mémoire. En plus, Julie Perreard a fait un vrai travail de recherche. Elle a trouvé des documents historiques. Les lettres d’Alexandre de Roux dans le film sont des lettres authentiques et ont été conservées mot pour mot. Elle m’a envoyé le scénario et toute une documentation pour que je puisse me renseigner sur le personnage, l’intégrer et travailler le rôle.
 
- Comment avez-vous abordé ce premier rôle ?
- C’est effectivement mon premier rôle au cinéma. J’avais fait un peu de théâtre avant, j’ai saisi l’opportunité que Julie Perreard m’a offerte. Pendant quelques mois, j’ai travaillé le personnage dans mon coin, surtout l’intention de jeu, puisque le film comporte assez peu de dialogues. Mais, ce fut dur de porter ce rôle à bout de bras alors que je n’avais aucune expérience et que j’étais entouré de grands professionnels et de grands techniciens dont l’opérateur qui a travaillé sur le film Himalaya et le preneur de son des films de Lars Von Trier.
 
- Qu’est-ce qui a été le plus dur ?
- Le plus dur a été de faire la mise en situation. C’est un film historique, donc très loin de notre monde contemporain. J’ai du me mettre en situation, intégrer un personnage du 18ème siècle qui, en plus, était opprimé et à l’opposé de moi. Je suis quelqu’un de vivant, de spontané, de social alors que Marcumaria est un adolescent beaucoup plus introverti. C’est un personnage très contenu et assez dur à jouer d’autant qu’il parle peu. Quand il y a des dialogues, on peut se réfugier dans le confort du texte et communiquer par la parole. Là, j’ai du communiquer mes émotions par le biais du regard, des gestes, des expressions. C’est un rôle très dépouillé.
 
- Que représente pour un jeune Corse d’incarner ce personnage ?
- C’est extraordinaire ! C’est génial ! J’ai accepté tout de suite. En même temps, ce qui est arrivé à Marcumaria est effroyable. A l’époque, la Corse vivait dans l’angoisse et la peur. Les gens ont vraiment vécu une oppression terrible. Aujourd’hui, on n’arrive pas à imaginer la force et le courage dont ils ont du faire preuve pour survivre. Marcumaria est un film dur, mais c’est un questionnement. On aurait pu en faire une trilogie tellement il y a de la matière. Le film donne des clés, des codes aux spectateurs pour leur donner, ensuite, l’envie de comprendre leur propre histoire. Marcumaria est un personnage symbolique au même titre que Pascal Paoli. C’est un jeune innocent qui symbolise l’injustice que connaît la Corse à cette époque. Il est important de faire ce travail de mémoire et de sensibiliser les gens. On ne peut pas savoir où on va si on ne sait pas d’où on vient !
 
- Qu’allez-vous faire après ce rôle ?
- Je suis en 1ère année de licence en arts du spectacle à l’université de Corse. Je veux continuer en tant qu’acteur. Je cherche un agent et des projets de fiction. Je passe des castings. Je fais de la figuration. Je m’intéresse, aussi, à la mise en scène. Il y a, en Corse, tellement à faire, tellement d’histoires à raconter. Le cinéma se développe de plus en plus dans l’île. Il y a un vrai engouement. Caroline Poggi, qui a eu l’Ours d’or du court-métrage à Berlin, c’est extraordinaire ! Je suis admiratif. Elle est le symbole d’une Corse de culture, d’une Corse qui réussit. C’est cette Corse-là que j’ai envie de porter et de défendre.
 
Propos recueillis par Nicole MARI

En juin 1774, 5 ans après la défaite de Ponte Novu, des patriotes du Niolu se soulèvent contre l’occupant français. Une soixantaine d’entre-eux sont faits prisonniers, incarcérés dans le couvent de Calacuccia et torturés. Le 23 juin, 11 sont pendus à Corscia, dont un jeune garçon de 15 ans, totalement innocent, Marcu Maria Albertini. Leurs cadavres sont exposés à l’entrée des villages pour décourager d’autres rébellions et ne recevront une sépulture que le 31 juillet. 52 autres prisonniers sont déportés au bagne de Toulon où ils mourront de faim, de froid et de maladie. Cette année 1774 est resté, dans les annales de l’histoire corse, comme l’annu di a disgrazia, l’année de la Disgrâce. Le court-métrage raconte cet épisode dramatique à travers les destins parallèles de Marcu Maria et d’Alexandre, un jeune officier français.
Aux côtés de Jean-Baptiste Andreani, qui interprète le rôle titre et son premier rôle au cinéma, des acteurs déjà expérimentés : Jean Emmanuel Pagni, qui a, notamment, joué dans "Un Prophète", Jeremy Kapone, héros de la comédie "LOL" et Marcella Stefanelli.
 
Liens sur la page Facebook :
https://www.facebook.com/events/741046585913553/?ref=notif&notif_t=plan_user_invited
 
Liens pour bande annonce
http://www.youtube.com/watch?v=WXjlKLJtg-o
 




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