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Inseme per Bastia fait campagne pour un Bastia festif et vivant


Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 29 Novembre 2013 à 00:03 | Modifié le Vendredi 29 Novembre 2013 - 09:31


Rendre Bastia plus vivante, plus festive et plus attractive pour doper l’activité économique et commerciale tout en améliorent le lien social et le vivre ensemble et assurer la tranquillité et la sécurité des habitants... C’est le pari du groupe nationaliste d’opposition municipale, Inseme per Bastia, qui entend proposer, dans son programme électoral, une nouvelle politique de la ville. Une démonstration réussie, mercredi soir au théâtre municipal de Bastia, où des spécialistes français et italiens ont débattu des enjeux d’une vie nocturne de qualité et sur les moyens de la mettre en œuvre devant une salle bondée. Explications de Gilles Simeoni, leader d’Inseme, et de Michel Marcus, Délégué général du Forum français pour la sécurité urbaine.


Denis Tailledec, Michel Marcus, Gilles Simeoni, Véronique Nahoum-Grappe et Franco Corradini.
Denis Tailledec, Michel Marcus, Gilles Simeoni, Véronique Nahoum-Grappe et Franco Corradini.
L’enjeu, mercredi soir au théâtre municipal de Bastia, était double pour les Nationalistes modérés d’Inseme per Bastia. D’abord, de démontrer la capacité du groupe d’opposition à trouver des réponses adaptées et efficaces au problème du vivre ensemble qui se pose, notamment, en centre-ville. Ensuite de prouver, à quatre mois du 1er tour des élections municipales de mars 2014, le dynamisme de la mobilisation autour du leader, Gilles Simeoni. Et le pari fut doublement réussi. Le débat entre des spécialistes français et européens en la matière eut la qualité attendue et l’affluence, dans un péristyle du Théâtre de Bastia bondé, fut la démonstration de force espérée.
 
Une tradition de vie nocturne
Plus de 400 personnes, dont de nombreux commerçants et patrons de bars, ont écouté avec beaucoup d’intérêt quatre spécialistes européens expliquer les nouveaux enjeux urbains des villes qui vivent désormais, de nuit comme de jour, et la problématique en termes, à la fois de sécurité, de tranquillité publique et de gestion de l’espace, mais aussi de développement économique, de commerce et d’emplois. Comment offrir à tous, notamment aux jeunes, une ville vivante et festive, toute l’année ? Comment dynamiser l’activité économique et commerciale, y compris la nuit, et renforcer l’attractivité touristique de Bastia ? Comment concilier ces deux aspects avec le respect des habitants et de la qualité de vie ?
« Bastia est une ville qui a une tradition de vie nocturne. Les jeunes ont envie de s’amuser. Les commerçants ont envie de travailler. Les gens ont envie de dormir. Que fait-on dans les villes d’Europe pour concilier ces trois envies ? », résume Gilles Simeoni.
 
La nécessité de la fête
Ouvrant le débat, l’anthropologue, Véronique Nahoum Grappe, souligne la nécessité de la fête dans toutes les sociétés en tant que soupape de sécurité, mais aussi des risques, des dérapages et des conflits potentiels liés notamment aux excès de la jeunesse. « Les problèmes, sur lesquels nous discutons, sont historiquement classiques. Il n’y a pas de société où le passage de l’enfance à la vie adulte n’est pas marqué par une période de turbulence. Il n’y a pas d’exemple où le désordre de la jeunesse puisse être évacué sereinement. On ne peut pas empêcher l’espace festif et les ennuis liés à l’épanouissement de cet espace festif ».
Un sentiment partagé par les trois autres intervenants qui vont livrer, à différents niveaux, les expériences vécues et les solutions apportées.
 
Une médiation politique
Michel Marcus, Magistrat honoraire, Délégué général du forum français pour la sécurité urbaine et conseiller du Forum européen pour la sécurité urbaine qui regroupe 250 collectivités locales, confirme la généralisation des débordements nocturnes de la jeunesse dans toute l’Europe. « Ce phénomène apparaît un peu partout dans toutes les villes d’Europe et s’aggrave de plus en plus. C’est une sorte de mouvement clandestin accru par Internet. La responsabilité d’un élu est d’essayer de récupérer ce type de fête qui pose des problèmes majeurs, mais est créatrice d’emplois ».
Le problème est, d’abord, un problème d’organisation et d’équilibre entre des logiques d’intérêts contradictoires dont la réponse passe nécessairement par la médiation. « Il faut imaginer toute une série de médiateurs pour gérer les problèmes de bruit, d’urbanisme, d’agencement de l’espace, de santé publique, d’alcools, de drogues, d’abus sexuels… Ensuite, de réfléchir à l’adaptation des normes pour encadrer l’économie de la réjouissance. La définition de ces normes de régulation est un exercice difficile qui est de la responsabilité des élus locaux ».
Pour lui, cette recherche du vivre-ensemble est une démarche politique qui dépasse le simple équilibre entre commerçants et riverains pour devenir l’un des grands enjeux des villes modernes.
 
Un Conseil consultatif
La régulation et la médiation sont aussi les maîtres-mots de Denis Talledec, directeur du Collectif Culture Bar qui a développé le principe des chartes de vie nocturne dans maintes villes françaises. Fustigeant la prolifération des normes qui ne règlent pas les problèmes, mais « tuent les lieux de nuit » et « aseptisent le centre-ville », il prône de réunir tous les partenaires concernés : associations de commerçants, d’étudiants, forces de l’ordre, pouvoirs publics, élus… Il lance « un appel à constituer des Conseils consultatifs de la nuit dans les collectivités locales pour fixer des objectifs et répondre de manière transversale aux problèmes et, pour, ensuite, co-évaluer l’impact sur le terrain des mesures décidées ensemble ». Le Collectif a pris, dans trois villes, une initiative symbolique en faisant élire un « maire de nuit » afin de pousser la population à s’organiser et à se responsabiliser.
 
Un dialogue démocratique
L’implication de tous dans la recherche de solutions, c’est la politique qu’a mise en œuvre la ville de Reggio-Emilia en Italie confrontée aux débordements de sa jeunesse dans un contexte de quasi-quadruplement de sa population en 20 ans. « La consommation massive d’alcool a provoqué des violences et de graves difficultés à vivre librement dans l’espace public de certains quartiers. Ce qui a entrainé une grosse protestation des citoyens. Le choix de la municipalité a été d’adopter une stratégie politique claire fondée sur le dialogue démocratique et la participation active de tous les citoyens à la résolution du problème. Nous avons pu, ainsi, définir une nouvelle identité de notre ville avec les jeunes et une nouvelle méthodologie que nous allons appliquer maintenant au niveau économique. Notre philosophie est : si tu veux aller vite, tu dois aller seul. Si tu veux aller loin, tu dois aller ensemble ! », explique Franco Corradini, adjoint au maire à la cohésion sociale et à la sécurité et vice-président du Forum européen pour la sécurité urbaine.
 
Un vide à combler
Le débat, qui a suivi, est revenu sur des contingences locales. Un jeune patron de bar a déploré le vide de l’espace public bastiais et la sous-exploitation de la Place Saint-Nicolas. « Nous avons, paraît-il, une des plus grandes et des plus belles places d’Europe et on n’y fait rien. A part deux ou trois évènements ringards dans l’année et le NRJ Music Tour, il ne s’y passe rien ! Pourquoi ne pourrait-on pas l’aménager pour que tout le monde puisse en profiter et que, nous, commerçants, on puisse mieux travailler et y vivre ? ».
La question, déjà très prégnante entre commerçants et riverains, mais aussi entre la majorité municipale et l’opposition nationaliste durant la mandature qui s’achève, devrait être l’un des points de friction de la campagne électorale. Inseme per Bastia fera de la question un des piliers de son futur projet pour la ville qu’il devrait dévoiler, courant décembre.
 
 
N.M.

Gilles Simeoni, leader d'Inseme per Bastia et candidat à l'élection municipale de mars 2014.
Gilles Simeoni, leader d'Inseme per Bastia et candidat à l'élection municipale de mars 2014.
Gilles Simeoni : « Il n’y a jamais eu de politique municipale du vivre ensemble à Bastia »
 
Leader d’Inseme per Bastia et candidat à l’élection municipale de mars 2014, Gilles Simeoni explique, à Corse Net Infos, sa volonté d’intégrer une charte de vie nocturne dans sa politique pour Bastia et fustige les carences de la majorité municipale sortante.
 
- Pourquoi avez-vous tenu cette table ronde ?
- Pour répondre à un besoin très fort à Bastia qui s’exprime sous des formes différentes. D’abord, une attente des jeunes et des moins jeunes qui disent que Bastia ne vit pas assez, notamment la nuit, été comme hiver. Ensuite, un besoin de développer la ville en termes d’attractivité économique et commerciale par le renforcement de la stratégie touristique. Ce qui permettra à ceux qui vivent du commerce et de la vie nocturne de développer leurs activités. Enfin, l’intérêt des habitants du centre-ville qui ont droit à la tranquillité, été comme hiver.
 
- Les quartiers festifs sont souvent désertés par les habitants. N’est-ce pas le dilemme ?
- Ce n’est absolument pas le modèle que nous voulons promouvoir. A la différence de grands quartiers festifs de certaines villes européennes, comme Liège où la fête se concentre dans le quartier dit du Carré complètement abandonné par ses habitants, nous voulons que les gens continuent de vivre et d’habiter à Bastia et en centre-ville.
 
- Comment concilier ces exigences apparemment contradictoires ?
- Cela peut se faire. Les intervenants français et européens de haut niveau de la Table ronde, que nous avons organisée, nous ont présenté des exemples qui démontrent qu’il n’y a pas une réponse unique. Il n’y a pas une recette magique qui règlerait tous les problèmes et permettrait que la ville soit, à la fois, vivante et vivable. Par contre, il y a une constante dans toutes les politiques qui réussissent en la matière : c’est l’implication forte des pouvoirs publics, notamment des municipalités dans la définition d’un vivre ensemble qui se décline, ensuite, de façon très opérationnelle.
 
- C’est-à-dire ?
- Il faut une volonté politique, un engagement des pouvoirs publics et une concertation associant les jeunes, les riverains et les commerçants. Ensuite, il faut mettre en œuvre un certain nombre de mesures opérationnelles qui peuvent, notamment, se concrétiser dans des chartes de la vie nocturne. Nous en proposerons une dans notre projet pour Bastia.
 
- Comment se manifeste à Bastia ce problème, que connaissent, de façon aigue, nombre de villes européennes ?
- Par des problèmes de nuisances sonores et de cohabitation difficile entre les commerçants et les riverains dans certains quartiers, par exemple à la Citadelle, sur le Marché ou sur le Vieux Port, particulièrement les nuits d’été. Il y a, aussi, des problèmes d’alcoolisation excessive où les jeunes mettent en danger leur santé. S’il est normal que les jeunes aspirent à faire la fête, il est tout aussi normal qu’ils puissent la faire dans de bonnes conditions pour leur sécurité.
 
- Ce qui n’est pas le cas à Bastia ?
- Il n’y a jamais eu de politique municipale en la matière à Bastia. Cette Table ronde a montré que, partout ailleurs, les municipalités réussissent à apporter des réponses fortes et efficaces. La condition sine qua non est de s’engager aux côtés de tous les partenaires. C’est pour cela que nous avons invité des spécialistes qui nous ont fait part de retours d’expérience de villes festives, souvent universitaires, qui comptent donc beaucoup de jeunes et où les problèmes sont gérés en amont. Ces municipalités, en concertation avec tous les protagonistes, développent des politiques actives de la ville qui rendent la vie nocturne agréable et facile pour tous.
 
- Dites-vous que l’équipe municipale en place n’a pas fait son travail ?
- Jusqu’à aujourd’hui, la majorité municipale sortante n’a absolument pas géré ce type de problèmes. C’est une des raisons pour lesquelles, ceux-ci se posent avec acuité. Si on ne se donne pas les moyens de résoudre un problème qui existe, par définition il persiste et, quelquefois même, s’aggrave. Le témoignage de l’adjoint au maire, chargé de la sécurité et de la cohésion urbaine de la ville de Reggio Emilia, est significatif. Cette ville italienne est passée, en 20 ans, de 50000 à 170000 habitants. Elle a du faire face à de très graves problèmes de sécurité et à des dégradations de quartiers entiers auxquels elle a apporté une réponse, absolument pas sécuritaire, mais citoyenne, concertée et innovante. Alors que cette ville partait d’une situation beaucoup plus dégradée que celle que vit Bastia, elle est devenue, aujourd’hui, plus sûre, plus agréable, plus vivante et plus festive.
 
- Si rien n’est fait, la situation peut-elle se dégrader à Bastia ?
- Nécessairement. Elle ne peut que se dégrader avec des conflits d’usage et une lecture sélective des textes qui régissent l’occupation du domaine public. Il faut, donc, introduire de la transparence, de la lisibilité, de l’équité et, en amont des problèmes, mettre en place des politiques de concertation permettant de dégager des solutions satisfaisantes pour tout le monde. Il n’y a pas de fatalité d’antagonisme entre ceux qui veulent vivre la nuit et ceux qui veulent dormir, pas de fatalité de l’alcoolisation excessive et des accidents de la route, pas de fatalité de l’abandon du centre-ville par les résidents… Il y a, simplement, une carence de l’action municipale. Plus nous développerons notre activité économique et touristique, plus ces problèmes vont s’accroître, si on n’y apporte pas de réponses adaptées. Il faut agir et mettre en œuvre des solutions pensées, approuvées et appliquées par tous les acteurs concernés.
 
Propos recueillis par Nicole MARI

Michel Marcus, magistrat honoraire, Délégué général du Forum français pour la sécurité urbaine et Conseiller du Forum européen pour la sécurité urbaine.
Michel Marcus, magistrat honoraire, Délégué général du Forum français pour la sécurité urbaine et Conseiller du Forum européen pour la sécurité urbaine.
Michel Marcus : « Le monde de la nuit est créateur d’emplois » 
 
Magistrat honoraire, Délégué général du Forum français pour la sécurité urbaine et conseiller du Forum européen pour la sécurité urbaine, Michel Marcus évoque, pour Corse Net Infos, la problématique de la ville nocturne et les réponses apportées en matière de sécurité et de prévention. Pour lui, la solution n’est pas de sanctionner, mais de donner plus de contenu à ce monde créateur d’activités et donc d’emplois.

- Quels problèmes récurrents pose, aux villes, le désir festif des jeunes ?
- Nous sommes saisis, depuis un certain temps, de demandes d’aides de villes qui ont un problème de conflits sur l’espace public, des conflits entre des jeunes qui font la fête, des patrons de bars et leurs voisins résidents. Ces voisins ne sont pas contents et demandent l’intervention policière. Ce problème est beaucoup plus complexe qu’il n’y parait car, à travers lui, se dessine une nouvelle économie du monde de la nuit.
 
- C’est-à-dire ?
- La fête est devenue un mode de vie. Beaucoup de gens travaillent la nuit. Beaucoup de services publics devraient intervenir la nuit. De ce fait, à la question très simple de la fête, une réponse complexe doit être apportée.
 
- Qui dit économie, dit emploi. Le monde de la nuit est-il créateur d’emplois ?
- C’est évident ! Les emplois ne tournent pas uniquement autour des cafés ou des débits de boisson. Nombre de villes ont développé d’autres activités en adjonction, notamment des activités culturelles, sportives, créatives, artistiques comme des expositions de photos ou des représentations théâtrales qui viennent se brancher sur les lieux de vie nocturnes.
 
- Dans quel but ?
- Parce que ces cafés ou ces bars ne doivent pas restés uniquement des lieux de boisson. Il faut enrichir la problématique. C’est à ce prix-là que l’on peut arriver à réduire les taux de violence et de surconsommation de produits alcoolisés ou psychotropes qui peuvent exister à l’intérieur de ces lieux. Ce type de politique permet, aussi, d’abaisser le seuil de nuisances pour les résidents voisins.
 
- Ces nuisances sont-elles en augmentation en milieu urbain ?
- En termes de chiffre global, non. Le nombre de bars diminue considérablement en France. S’il y en a de moins en moins, ils se concentrent de plus en plus dans certains quartiers, notamment les quartiers anciens, historiques de centre-ville. Cette concentration, couplée à d’autres facteurs, produit des effets pervers. Les habitants désertent le centre-ville, les logements perdent leur valeur, ne se louent plus… Dans certaines cités de l’Ouest de la France, notamment Rennes, des quartiers ou des rues du centre-ville sont complètement désertes le jour et ne fonctionnent plus que la nuit.
 
- Outre, les nuisances causées par le bruit, quelles sont les violences les plus graves ?
- Il y a les dégradations de biens, mais surtout les agressions sexuelles et les viols. Les taux déclarés de viols en France sont très en dessous de la réalité. Le chiffre noir est considérable. On s’en aperçoit en regardant les chiffres des autres pays européens sensibilisés à cette question, qui ont mis en place, plus tôt, des politiques de prévention, comme l’Espagne et l’Italie où les taux sont beaucoup plus élevés. Dans ce type de situation de fête nocturne, où les jeunes sont très alcoolisés, les inhibitions sautent. Comme bien souvent les victimes sont dans le même état d’ivresse, elles ne prennent pas tout de suite conscience du viol commis sur elles. Peu porte plainte. C’est un problème que l’on connaît mal en France et où tout reste à faire.
 
- Que peut faire une municipalité face à ce type de situation ?
- La solution n’est évidemment pas répressive. On ne règle pas ce type de problème en décidant la fermeture des bars à 23 heures ou minuit. Cela irait, d’abord, à l’encontre d’une logique économique. Les patrons de bars, obligés de fermer tôt, vont licencier, auront moins d’activité, donc auront besoin de moins de serveurs, etc. Ensuite, la jeunesse, qui quitte les bars, va ailleurs. On ne sait pas où, mais souvent dans des endroits où on ne la contrôle plus. Une politique cohérente de la ville a intérêt à faire le choix de savoir où a lieu la fête et même de l’organiser pour faire baisser le niveau de violence.
 
- Faut-il repenser complètement la politique de la ville en intégrant cette dimension festive des jeunes ?
- Oui. Complètement ! Car la question dépasse largement le problème posé par les jeunes. A Bastia, d’après ce que j’ai vu, ce type de problèmes se pose dans quatre zones. On peut, sur ces quatre zones, en mutualisant l’ensemble des partenaires, négocier et faire accepter des solutions de compromis dans un climat de transparence et de justice. Par exemple, la mairie peut négocier avec les patrons de bars, en début de saison, une sorte de calendrier d’ouverture : les bars de certains quartiers seraient ouverts les jours pairs, les bars d’autres quartiers le seraient les jours impairs.
 
- Serait-ce efficace ?
- Oui. C’est une façon de moduler, de lisser, de gérer les modes d’occupation de l’espace public et, donc, de concentrer les moyens humains d’intervention sur une zone plus restreinte. Cela suppose, aussi, que, sur ces quatre zones, la mairie déploie des moyens en termes d’aménagement de l’espace. Par exemple, elle peut négocier avec les patrons de bars l’installation de stores renforcés qui réduisent considérablement les niveaux sonores. Ce type d’insonorisation a apporté, dans certains quartiers de grandes villes, des améliorations considérables dans le traitement du bruit.
 
- Le sentiment d’insécurité grandit-il chez les citoyens en milieu urbain ?
- Il est stable, mais à un niveau très élevé. Le sentiment d’insécurité est une notion complexe qui ne dépend pas seulement de questions de délinquance ou de criminalité. Bien d’autres facteurs rentrent en ligne de compte, notamment les particularismes locaux, mais aussi la crise économique, le chômage, la peur de l’avenir… et des facteurs liés au statut personnel. Par exemple, les personnes âgées ont un sentiment maximal d’insécurité en ville, alors qu’elles sont, objectivement, les personnes les plus en sécurité ! Une femme célibataire avec des enfants ressent énormément de craintes, surtout pour son enfant sur le trajet de l’école. C’est irrationnel ! Le sentiment d’insécurité obéit à des facteurs si difficilement maîtrisables que si on indexe la politique de sécurité à la réduction du sentiment d’insécurité, on n’y arrive jamais !
 
Propos recueillis par Nicole MARI




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