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Gilles Simeoni : « Nous construirons, avec Femu a Corsica, un parti de gouvernement »


Rédigé par Nicole Mari le Dimanche 30 Juillet 2017 à 01:17 | Modifié le Vendredi 4 Août 2017 - 00:59


C’est une assemblée générale historique qui s’est tenue, samedi matin, à l’université de Corte, pour la structuration de la plateforme électorale des Nationalistes modérés, Femu a Corsica, en parti politique. Cet acte fondateur, qui apparaît comme une nouvelle étape majeure dans la démarche de construction nationale, a rassemblé, dans une ambiance de meeting, près de 800 militants, de nombreux élus et les leaders des trois composantes, Inseme per a Corsica, U Partitu di a Nazione Corsa (PNC) et A Chjama Naziunale, qui vont fusionner. L’objectif est de construire un vrai parti de gouvernement, puissant et structuré, composé de militants déterminés, mais largement ouvert à toutes les bonnes volontés. L’ouverture politique, en ligne de mire des prochaines élections territoriales, a été au cœur des discours et vivifiée par la présence, dans le public, d’anciens opposants… Le leader Gilles Simeoni explique, à Corse Net Infos, qu’il n’est pas question de tergiverser sur les fondamentaux, que la priorité reste l’union du mouvement national, mais qu’il faut construire un pays avec l’ensemble des forces vives.


Gilles Simeoni, leader des Nationalistes modérés de Femu a Corsica, et président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Corse.
Gilles Simeoni, leader des Nationalistes modérés de Femu a Corsica, et président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Corse.
- La structuration de Femu a Corsica en parti politique, est-ce un moment historique ?
- Oui ! C’est un point d’aboutissement. C’est le prolongement logique de ce que nous avons construit ensemble à partir de 2008 aux municipales, puis en 2010 aux Territoriales. La plateforme électorale Femu a Corsica avait vocation à devenir un mouvement qui fusionne les trois entités : Inseme, PNC, A Chjama. C’est, aussi, un point de départ historique parce qu’il y a la volonté de tous ceux qui étaient là aujourd’hui et de ceux qui se reconnaissent dans la démarche de construire un parti politique à la hauteur des enjeux.
 
- Quels sont les enjeux ?
- Ils peuvent se résumer en un mot : il faut construire un pays avec l’ensemble des forces vives. Nous construisons Femu a Corsica en conciliant deux aspects. D’abord, notre attachement indéfectible à ce que nous sommes avec des militants inscrits dans le fil historique de la lutte du peuple corse pour la reconnaissance de ses droits. En même temps, nous l’avons toujours dit et nous l’avons pratiqué : une volonté de s’ouvrir et de travailler avec tous les Corses qui se reconnaissent, aujourd’hui, dans une démarche d’émancipation qui s’est donnée, depuis décembre 2015, tous les moyens de réussir. C’est, à travers cette volonté de concilier enracinement nationaliste et ouverture vers l’ensemble des forces vives que nous avons gagné au plan électoral et au plan politique.
 
- On vous accuse de vouloir pratiquer l’ouverture aux dépens des fondamentaux. Est-ce un risque ?
- Non ! C’est un mauvais procès qui ne résiste pas à l’examen. Ces accusations sont totalement démenties par ce qu’il s’est passé depuis près de 10 ans. Nous avons défini le cadre stratégique et jeté les bases de Femu a Corsica en 2008 pour les élections municipales autour de trois principes clairs : la fidélité totale aux fondamentaux, le choix exclusif de l’action démocratique, en termes de méthode comme d’objectifs, en tournant la page de la clandestinité, la nécessité de passer d’une logique de nationalisme à une logique de construction nationale en étant capable d’intégrer l’ensemble des forces vives dans une démarche de progrès. Ce que nous avons porté sur les fonds baptismaux, à ce moment-là, a été validé par les élections et nous a porté là où nous sommes aujourd’hui. Il n’y a aucun dévoiement, aucun renoncement, aucune dilution de l’identité nationaliste. Bien au contraire, elle est renforcée, elle s’enrichit, et elle gagne !
 
- Certains craignent l’intégration « des Nationalistes de la 25ème heure ». Que leur répondez-vous ?
- Le moment n’est, ni à la crainte, ni à la frilosité. Les Corses nous ont fait massivement confiance en décembre 2015. Cette confiance a été réaffirmée en juin 2017. Les scores montrent que des milliers de gens, qui ne sont pas forcément nationalistes, ont décidé de nous permettre de continuer à travailler au service de la Corse. Nous devons, à notre tour, faire confiance à notre peuple et dire à toux ceux qui ont envie de travailler avec nous : « Avançons ensemble et travaillons au service de la Corse, d’une Corse démocratique, développée, émancipée ». C’est notre responsabilité, en tant que Nationalistes et en tant que Femu a Corsica, - notre analyse est partagée par la majorité territoriale – d’aller au-delà de notre famille politique et de créer les conditions d’intégrer tous les Corses qui se reconnaissent dans cette dynamique d’émancipation en leur permettant de s’engager et de s’investir pleinement à nos côtés.
 
- Que pensez-vous du désir d’U Rinnovu de rejoindre la majorité territoriale ?
- U Rinnovu a une vision très critique de l’action de la majorité territoriale et de Pè a Corsica. Il l’a dit à plusieurs reprises. Nous en prenons acte et nous ne contestons pas son droit à la critique. Mais, quand on veut intégrer une démarche, on ne commence pas par la critiquer de façon féroce et publique ! Ensuite, sur certains points importants, alors que le FLNC a fait le choix d’arrêter totalement et définitivement l’action clandestine, il n’a pas pris de position claire et publique. Tous ces éléments font qu’ U Rinnovu n’est pas prêt à intégrer notre majorité, mais nous sommes, pour notre part, bien évidemment, tout à fait prêts à dialoguer et avoir, avec lui, une relation constructive.

 
- Vous dites que Femu a Corsica doit devenir un parti de gouvernement. Quel rôle lui attribuez-vous ?
- Aujourd’hui, les Nationalises sont en situation de responsabilité à la Collectivité territoriale de Corse et dans de nombreuses mairies. C’est un mouvement qui a vocation à se maintenir et à se renforcer. Au-delà des victoires électorales, l’essentiel est l’objectif politique de construire un pays et de passer d’une logique de sous-développement, de déficit démographique, de difficultés extrêmes au plan économique et social, à une logique de pays émancipé dans tous les domaines. Cela ne peut pas se faire uniquement à travers l’action des élus. Nous avons besoin de structures politiques qui, sur tous les terrains et dans tous les domaines, sont capables d’apporter des idées, d’être force de proposition, d’être innovantes, de former des militants, de construire des passerelles entre le politique, l’économique, le social et le culturel… C’est le rôle que devra jouer le nouveau Femu a Corsica.
 
- Cela signifie-t-il qu’il y aura renouvellement des cadres ?
- Oui ! Femu a Corsica aura un rôle de formation et de renouvellement des élus. C’est un gage de démocratie d’être capable de présenter des personnes compétentes et nouvelles. Le parti doit aussi répondre à notre volonté d’être en prise directe avec la société civile dans tous les domaines, notamment politique et institutionnel. Il faudra continuer à mener des combats démocratiques, y compris par rapport au refus de l’Etat de prendre en compte la dimension politique de la question corse. C’est pourquoi Femu a Corsica doit franchir un pallier qualitatif.
 
- En tant que président de l’Exécutif, la présidence du nouveau parti Femu a Corsica vous revient-elle de fait ?
- Cela fait partie des thèmes qui seront débattus entre l’acte fondateur d’aujourd’hui et le congrès constitutif qui aura lieu fin septembre. Nous avons mis en place des groupes de travail, notamment un consacré à l’organisation juridique et politique du parti, ses statuts et ses relations avec les élus. Des systèmes différents peuvent être imaginés. Dans les pays anglo-saxons comme l’Ecosse ou la Grande-Bretagne, le chef du gouvernement est le chef du parti majoritaire. Dans d’autres cas, il y a dissociation entre les élus et le parti politique. Ce débat mérite d’être abordé. Aussi faisons-nous les choses en deux temps.
 
- Concernant les élections territoriales, Corsica Libera souhaite une liste unique Pè a Corsica dès le 1er tour. Quelle est votre position ?
- Il y a, entre Corsica Libera et Femu a Corsica, des acquis essentiels. Nous avons gagné ensemble, au sein de la coalition Pè a Corsica, en décembre 2015. Nous gouvernons ensemble. Nous avons fait du bon travail dans le cadre de la majorité territoriale au service de la Corse, les Corses nous l’ont signifié. Nous avons gagné ensemble aux législatives 2017. Nos relations, au plan politique et humain, entre les élus et entre les militants sur le terrain, sont des relations de confiance. De façon évidente, nous proposerons aux Corses de reconduire la majorité territoriale en décembre. Au-delà, nous avons vocation avec nos partenaires de Corsica Libera à discuter d’un cadre stratégique sur une période d’au minimum dix ans, soit deux mandatures, pour dire aux Corses comment nous voyons les choses. Mais, avant ce débat, nous devons engager une discussion pour savoir quelle est la meilleure configuration pour se présenter aux élections de décembre.
 
- Quel choix comptez-vous faire ?
- Il y a deux choix. Le choix de deux listes au 1er tour est celui qui nous a fait gagner en décembre 2015. Il reflète la réalité de deux offres politiques qui restent différentes. Le choix d’une liste unique est renforcé par le résultat des élections législatives de juin et le fait que nous avons gouverné ensemble, et bien gouverné, au service de la Corse. Pour nous, ces deux choix ne sont pas tranchés. Nous l’avons dit à nos partenaires de Corsica Libera. Un des objectifs de la réunion d’aujourd’hui est de faire repartir le débat vers la base entre nos militants et, au-delà, entre nos soutiens, pour avoir une appréciation aussi exacte que possible de la solution la plus efficace au plan électoral et au plan politique. Notre objectif est de conserver et de renforcer la cohésion de la majorité territoriale. Ce débat sera rapidement tranché dans les semaines à-venir.
 
- Envisagez-vous d’intégrer des non-nationalistes à la liste de la majorité territoriale ?
- L’ouverture, c’est-à-dire la nécessaire intégration, notamment au sein de Femu a Corsica, mais également au sein de la démarche de la majorité territoriale, de gens qui, jusqu’à présent, n’en faisaient pas partie, est un débat avant tout politique avant d’être un débat électoral. Je suis persuadé que, tout en maintenant le fil de notre engagement tel qu’il a été validé par les Corses, nous devons être capables, en tant que majorité territoriale, d’intégrer des gens qui se reconnaissent dans notre action. C’est une évidence ! Comment cela se traduira-t-il dans la composition de la liste ? C’est un débat second. Nous l’aurons au plan interne avec Femu a Corsica et avec nos partenaires de Corsica Libera.
 
- Repartirez-vous sur le même contrat de mandature ?
- Oui ! Ce contrat a vocation à être reconduit et, éventuellement, enrichi par la discussion entre Femu a Corsica et Corsica Libera. L’idée est d’aller toujours plus loin dans l’écoute des besoins et des attentes exprimés par les Corses et dans la mobilisation des moyens pour y répondre de façon efficace.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 




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