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Ghisonaccia : L’état des réseaux d'assainissement et la future station d'épuration en débat


Rédigé par Patrick Bonin le Jeudi 19 Mai 2016 à 17:58 | Modifié le Jeudi 19 Mai 2016 - 22:55


Récemment, lors d'une réunion qui s'est tenue dans les locaux de la mairie de Ghisonaccia, le bureau d'études Pozzo di Borgo épaulé des organismes CETA Environnement et Egis eau, a présenté aux élus de Ghisonaccia et Prunelli-di-Fium'orbu, en présence de nombreux organismes d'Etat, l'avancée de l'étude diagnostic sur les réseaux d'assainissement et le dimensionnement de la future station d'épuration de Ghisonaccia.


Les résidences de vacances du bord de mer ainsi que le réseau communal ont été investigués en partie. Les dernières mesures seront effectuées après la saison estivale

Organismes d'état, collectivités et élus sont venus écouter ce point d'étape sur l'étude en cours.
Organismes d'état, collectivités et élus sont venus écouter ce point d'étape sur l'étude en cours.
Des mesures notamment à partir de tests à la fumée ont permis de démontrer de nombreuses anomalies d'étanchéité des réseaux que le bureau d'études désigné a décliné en deux sources principales. 
Les eaux claires parasites et les eaux claires parasites météoriques, c'est à dire liées à des évènements de pluviométrie, s'infiltrent dans le réseau d'assainissement et augmentent de manière non négligeable la charge de matières que la station d'épuration de Ghisonaccia doit ensuite traiter.
Ainsi différentes entrées d'eau se produisent soit par infiltration à l'endroit même des pompes de relevage pour certaines, soit par le branchement direct de gouttières de particuliers sur le réseau d'assainissement ou par le biais de grilles non étanches. 
Un chiffre a été avancé pour illustrer les propos; à savoir 500 m3 d'eau claire parasite en moyenne par jour à l'entrée de la STEP (Station d'épuration).
Les solutions proposées par le bureau d'études sont donc d'une part de passer à la facturation du volume réel et donc la pose de débitmètres pour inciter les particuliers à effectuer les travaux de rénovation ou de renouvellement des réseaux privés, et d'autre part de faire rectifier les anomalies constatées lors des tests à la fumée, à savoir la déconnection des gouttières appartenant à des particuliers, ainsi que l'étanchéification des grilles et autres avaloirs. 
Autre point évoqué, procéder à la rehausse de la cuve du point de relevage communal de Caprone.  


Débutées en cours d'année, les mesures sur le réseau d'assainissement se poursuivront en juin avec d'autres tests à la fumée sur une partie du réseau n'ayant pas encore été investiguée ou sur d'autres parties où les mesures ont, en raison de racines, de bouchons,  mis en évidence des anomalies.  
Cette étude très importante pour affiner les données d'assainissement communal va permettre de fournir un certain nombre d'informations sur le dimensionnement de la future station d'épuration de Ghisonaccia.

De nombreuses interrogations persistent sur ce que seront les caractéristiques techniques de la future STEP

Docteur André Rocchi : "Evitons le rejet des eaux dans le fium'orbu"
Docteur André Rocchi : "Evitons le rejet des eaux dans le fium'orbu"
Chiffres à l'appui, fort des études jusqu'alors menées, le bureau d'études a présenté les différentes données techniques indispensables au dimensionnement de la future station d'épuration.  
Trois interrogations de taille se posent tout de même. 
La commune de Prunelli di Fium'orbu sera t elle raccordée au réseau ?  
Quel sera le process choisi quant à l'évacuation des eaux usées ? 
Enfin le montant des travaux prévu à près de neuf millions d'euros permettra t-il de réaliser l'entier agencement de cette future station ?

Vocable utilisé constamment, le fameux indice équivalent habitant (E/H) dont le néophyte peut avoir du mal à en saisir la signification. Cet indice sans entrer dans les détails permet de faire un ratio entre les unités de capacité de traitement, de volume et de charge organique d'une station d'épuration et le nombre d'habitants d'une commune.  Cette unité permet alors de déterminer facilement le dimensionnement d'une station.  
Or les données initiales de la station d'épuration actuelle , un ouvrage mis en service en 1994, étaient un dimensionnement maximum de 15 000 E/H.  Située en zone d'inondation , nécessitant un by pass complet lors d'interventions correctives, sous dimensionnée, cette station dépasse sa capacité de traitement.  
Les mesures effectuées sur une semaine de pointe soit par auto contrôle soit par une source de contrôle indépendante indiquent un chiffre aux environs de 23 000 E/H soit un dépassement important de la capacité de traitement de la station.  Prunelli participant à hauteur de 24 à 31 % du chiffre global annoncé.  Ainsi l'évolution prévue, notamment à moyen terme, serait le dimensionnement de la station future à 23 700 E/H si les deux communes Prunelli di Fium'orbu et Ghisonaccia alimentaient le réseau de la station. 
Une hypothèse qui semble se confirmer même si le maire de la commune de Prunelli Pierre Siméon de Buochberg veut prendre le recul nécessaire : " L'intérêt principal de ma réflexion est de savoir ce que cela va coûter au contribuable de ma commune. Si une solution économique viable pour les deux communes en terme de coût est retenue, pourquoi pas mais une étude financière affinée s'impose" a déclaré l'élu.   La compétence Assainissement, qui devrait passer à l'intercommunalité à qui reviendrait alors la charge de mener à bien ce dossier, devrait faire pencher la balance vers une seule et unique station même si rien n'est encore fait. 

Rejet des eaux dans le Fium'orbu ou en mer : Le docteur André Rocchi monte au créneau
L'étude proposée fait état d'un rejet des eaux traitées de la station dans le ium'orbu avec une difficulté annoncée, celle de contrôler avec précision la bactériologie et la qualité des eaux rejetées notamment en période estivale où le fleuve a beaucoup moins de débit et au moment où les plages sont très fréquentées. 
Le docteur André Rocchi, élu de la municipalité de Prunelli du Fium'orbu a tenu à manifester son opposition : " Avec le réchauffement constant du climat et des eaux, notamment sur notre île, malgré tous les traitements et filtres possibles, c'est une ineptie que de vouloir rejeter les eaux dans un cours d'eau et même en mer. La région mise sur son tourisme et la qualité des eaux de baignade en est un atout. On ne peut faire un tel investissement pour une structure neuve qui serait déjà "Has been".  La situation virologique est catastrophique et il suffit parfois de peu pour engendrer un risque d'essaimage biologique. De nouvelles techniques existent comme le Ré Use. Les bambouseraies sont également une solution. Il faut y penser" a déclaré le médecin.
Une intervention à laquelle a répondu Nicolas Briançon de l'Agence de l'eau : "Rien n'est à exclure et tout est envisageable. Le ré use qui demande des études supplémentaires de faisabilité et de nombreuses autorisations à un niveau de décision très haut  existe dans certaines régions notamment avec l'irrigation de surfaces de grandes cultures céréalières. Nous prendrons notre part dans le financement des études de faisabilité du ré use ainsi que dans la résorption des eaux parasites sur le réseau mais il est important de justifier certaines augmentations de mise en charge de la station actuelle et d'étayer le dossier" a précisé l'agent de l'Etat.

Un ré use qui aurait toute sa légitimité sur le secteur comme l'explique le maire de la commune de Ghisonaccia Francis Giudici : " Nous avons, non loin de la station, 50 hectares de champs de maïs sans parler de 800 hectares de forêt et de lieux de pacage.  Ce projet de Ré use semble sur notre commune trouver sa juste place et serait un projet pilote et novateur pour la région" a précisé le maire.
Reste l'inconnu du financement auquel l'état prendrait sa part : " 80% d'une assiette de 4 millions d'euros seraient pris en compte par l'Agence de l'eau plus les études annexes liées au Ré use" a précisé le représentant de l'agence de l'eau. Manqueraient donc les cinq millions du projet  finalisé évalué à neuf millions. Un financement qui pourrait très bien être progressif dans le temps , la station pouvant être conçue en mode évolutif, d'où l'importance capitale de l'étude menée par le cabinet en charge.




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