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"Dumane da fà" : Une étude sur les conséquences économiques de la grève de la SNCM


Rédigé par le Jeudi 12 Février 2015 à 23:07 | Modifié le Vendredi 13 Février 2015 - 00:11


Le collectif "Dumane da fà" créé au début de l’année 2014 a pour but le développement économique et social de la Corse et la défense des acteurs économique et de l’emploi insulaires. Un travail sur les problèmes de court terme que rencontrent les socio-professionnels mais aussi sur les problématiques de développement à long terme de l’économie corse. Face à une politique de transport jamais évaluée, le lancement d’une étude a été présenté jeudi matin à la presse. Une étude qui sera effectuée avec l’aide financière de la CTC, et visant à déterminer les dommages subis par les entreprises corses à la suite de la grève de la SNCM au début de l’été 2014.


"Dumane da fà" : Une étude sur les conséquences économiques de la grève de la SNCM
Pour ce faire, le collectif s’appuiera sur la CGPME et ses 16 branches, ainsi que l’UPA et l’ordre des experts-comptables. La réalisation de cette étude a été confiée à deux économistes insulaires connaissant parfaitement le tissu économique local : Guillaume Guidoni, du cabinet Gecodia, et Marc Siméoni du cabinet MS Consulting qui évalueront le préjudice économique et financier subi par les entreprises corses et lié aux discontinuités du service maritime.

Une étude en deux temps

Dans un premier temps elle estimera la vulnérabilité de l’économie corse par rapport à la saisonnalité et à la discontinuité du service public. L’étude estimera ensuite les conséquences de la grève de 2014 sur l’économie et s’attachera enfin à définir quelques pistes d’amélioration de la desserte maritime.
Une seconde phase affinera un chiffrage par filière et une analyse financière par secteur d’après les données du terrain.
L’intérêt sera de comprendre à travers des monographies, et après avoir longuement rencontré une vingtaine d’entreprises, l’impact qu’a eu cette grève sur la rentabilité de ces dernières au cours de la saison et de l’année, ainsi que sur leur trésorerie,  sur leur fond propre, c’est-à-dire  sur tout ce qui conditionne leur  développement, leur croissance, leur  investissement, leur politique de recrutement.
Un travail quantitatif qui sera doublé d’un travail qualitatif  qui définira quelles ont été les mesures de substitution mises en œuvre  pour faire face à cette problématique,  les modalités  de continuité  qui pourront être appréciées et les stratégies de développement  qui ont été remises en cause  du fait de la discontinuité. Une explication économique qui permettra de comprendre comment chacun de ces secteurs clefs a cherché à continuer son activité.

Des objectifs et des méthodes bien définis

Les objectifs se voudront pragmatiques et viseront à donner une vision objective des dommages subis par l’économie corse : détermination de la baisse du flux des passagers et de marchandises, cadrage macro-économique visant à calculer la perte globale de richesse pour l’économie corse et ses conséquences structurelles (croissance, emploi…), cadrage micro-économique visant à quantifier les pertes par filière (variation des chiffres d’affaires, des réservations…) et les effets induits, étude des besoins réels des entreprises en matière de transport.
Les méthodes de travail comporteront outre des analyses statistiques et financières des entretiens qualitatifs avec les acteurs du territoire. Les experts s’appuieront sur les branches professionnelles composant le collectif et sur l’ordre des experts comptables. La première phase se terminera aux environs du 15 avril 2015 pour une étude qui durera 4 mois  et qui sera rendue en juin 2015.
La synthèse comportera non seulement des données chiffrées, mais également ce qui pourra se révéler comme étant le plus important, ainsi que des pistes et des propositions stratégiques pour améliorer la desserte maritime. La balance commerciale de la Corse est à ce jour très déficitaire, elle importerait six tonnes pour une tonne exportée. L’économie corse reste assez dépendante du secteur public, d’un tourisme axé sur le non marchand et de la construction.

Le mot de Jean-André Miniconi

L’écosystème aujourd’hui n’est pas mis en place pour un développement harmonieux de l’économie au sens général. Nous avons des entreprises qui travaillent, des points forts, des filières qui sont en train de se développer, la question est: quel est le schéma de transport idéal pour permettre ce développement harmonieux ? Une chose est certaine, sans transport il n’y a pas d’économie. Nous ne sommes pas là pour jeter la pierre à quiconque,  mais nous avons vécu dans un système qui a fait que la Corse se développe moins vite que beaucoup d’autres îles méditerranéennes.  Il faut étudier pourquoi,  dans le but de créer une amélioration.
Je ne pense pas qu’en soutenant les grèves de la SNCM depuis 30 ans  on puisse se développer. 30 jours de grève par an en moyenne depuis 1975 c’est beaucoup trop. Aucune économie ne peut supporter ça. Nous ferons des propositions suite à cette étude. Le premier but est de réorienter la politique de transport. Si on arrive à dire ce dont on a besoin pour le transport, pour se développer ce sera très bien. A ce jour personne de l’Office des transports n’est venu demander aux privés ce dont ils avaient besoin. Aujourd’hui nous voudrions faire des recommandations car nous avons le sentiment que certaines choses ont été faites pour sauver quelques emplois  à la SNCM et pas trop pour développer l’économie de la Corse.  Et pourtant le développement économique est un axe de la DSP.

Les organisations patronales du Collectif Dumane Dà Fà

Centre des Jeunes Agriculteurs, CGPME Corsica (Confédération Générale des petites et moyennes entreprises), FDSEA (Fédération Départementales des syndicats d’Exploitants Agricoles), CDJA (Centre Départemental des jeunes Agriculteurs), INTER BIO CORSE, L’UMIH CORSE, URCPAPN (Union Régional Corse des Professionnels des Activités de Pleine Nature), Groupement des Professionnels de Montagne, Syndicat des Guides Interprètes, Syndicat de la Coiffure, Syndicat des Artisans Taxis, SIB 2A (Syndicat des instituts de beauté), Corsica Diaspora, Strada Corsa, UMIH Corse et l’UPA Corse (Union pour les artisans) avec ses trois confédérations : la CAPEB (Confédération de l’Artisanat et des petites entreprises du bâtiment), la CGAD (Confédération Générale de l’alimentation de détail) et la CNAMS (Confédération Nationale de l’Artisanat des métiers et des Services). Le collectif Dumane Dà Fà est ouvert à tous les acteurs de la sphère économique, y compris ceux qui n’appartiennent à aucune structure.





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