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Desserte maritime : « Rien n’est fait ! », selon Paul Giacobbi


Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 5 Juillet 2013 à 23:51 | Modifié le Samedi 6 Juillet 2013 - 00:57


Lors du débat sur l’avis de la Chambre régionale des comptes concernant le déficit du budget de l’Office des transports (OTC), le président de l’Exécutif, Paul Giacobbi, a tenu à faire une mise au point très ferme sur l’appel d’offres concernant la Délégation de service public (DSP) maritime afin de clarifier la situation. Il explique, à Corse Net Infos, que rien n’est fait et qu’aucun accord n’est intervenu avec les deux actuels délégataires, le duo SNCM-CMN. Selon lui, c’est à l’Assemblée de Corse de trancher.


Paul Giacobbi, président de l'Exécutif de l'Assemblée de Corse.
Paul Giacobbi, président de l'Exécutif de l'Assemblée de Corse.
- Vous avez tenu à faire une mise au point sur la DSP maritime. Qu’avez-vous dit ?
- La vérité ! On écrit des articles dans lesquels on dit que tout est fait. Non ! Rien n’est fait ! Nous avons franchi une étape de négociation avec deux compagnies. C’est très bien. Reste à examiner le détail des choses, notamment la clause d’indexation. Ensuite, il faut faire une analyse ligne par ligne de l’appel d’offres, faire des comparaisons, interroger une autre compagnie, en tirer des conclusions après calcul… C’est seulement à ce moment-là qu’on pourra présenter à la CTC une proposition de DSP. Dire que tout est fait parce que nous avons travaillé avec deux compagnies et obtenu quelque chose qui pourrait être acceptable ! Non ! Pour le moment, nous n’avons pas conclu ! Loin de là !
 
- Pourtant, les négociations ne concernent que les deux actuels délégataires ! N’est-il pas acquis que l’accord sur la DSP se fera avec eux et qu’ils sont prioritaires ?
- Il n’y a pas de priorité en ce domaine. Ça n’existe pas ! Nous ne favorisons ni les uns, ni les autres. Favoriser les uns ou les autres serait un délit de favoritisme.
 
- Paul-Marie Bartoli, le président de l’Office des transports, n’annonce-t-il pas un accord ?
- C’est loin d’être terminé ! Aujourd’hui, nous avons, dans la négociation, avancé un dispositif qui paraît convenable pour les compagnies délégataires. Restent à faire des comparaisons avec d’autres, des comparaisons ligne par ligne, à présenter un rapport à la CTC qui se prononcera. Ce n’est qu’à ce moment-là que l’on pourra signer un contrat avec l’une ou l’autre des compagnies. Aujourd’hui, on est loin du compte ! Il y a une grande confusion dans les esprits. C’est pourquoi je rappelle les choses dans un esprit de clarification.
 
- Des compagnies, autres que le duo SNCM-CMN, peuvent-elles donc demander à négocier ?
- Bien entendu ! Nous avons, à plusieurs reprises, essayé de relancer une négociation avec Corsica Ferries. Sans succès, à ce jour ! Nous verrons, ces jours-ci, ce qui se passe. Cette compagnie est convoquée à la négociation. Nous ferons une analyse ligne par ligne et nous conclurons dans quelques semaines ou dans quelques jours.
 
- Pensez-vous conclure avant la fin juillet, comme c’était souhaité ?
- Je l’espère ! Je n’en suis pas sûr du tout ! Plus vraisemblablement, début septembre. Il ne faut pas sauter aussi vite aux conclusions. Une phase de négociation n’est pas la clôture de la négociation ! C’est encore moins le rapport que l’on fait à la CTC. Et, moins encore, le vote de la CTC ! Ne confondons pas vitesse et précipitation !
 
- Pourquoi dénoncez-vous la lettre de l’Autorité de la Concurrence ?
- L’Autorité de la Concurrence m’envoie une lettre. C’est très bien. Simplement, je lui ai demandé sur la base de quel texte légal et règlementaire, elle intervient dans une procédure ! C’est un point de droit. Je communique cette lettre qui dit que nous avons eu raison de prendre la décision de rejeter l’appel d’offres. Nous le savions ! J’ai peu apprécié que la lettre soit antidatée. Elle est datée du 4 juin. Manque de pot, la décision de la CTC est intervenue le 7 juin ! Quand on est une juridiction, on essaye de ne pas mentir sur les dates, c’est le moindre des respects du droit. Cela témoigne d’un certain état d’esprit qui n’est pas bon, pas conforme à la loi et pas du tout conforme à la Constitution.
 
- Le plan industriel de Veolia vous inquiète-t-il ?
- Il ne me regarde pas ! Je me réjouis qu’un plan dynamique ait été accepté par le Conseil de surveillance de Veolia. Il me regarde en tant que citoyen, en tant qu’élu, en tant que député… mais pas en tant qu’autorité délégante !
 
- Ne craignez-vous pas que ce plan ne génère des grèves en pleine saison touristique ?
- Je ne crains rien ! Chacun est responsable. Si on pense que l’on peut influer sur l’évolution d’une procédure de désignation par des mouvements, je crois qu’on se trompe. Nous n’avons malheureusement pas le droit d’en tenir compte ! A l’inverse, un service interrompu ne plaide pas en faveur d’une compagnie.
 
- N’est-ce pas une façon d’exercer un chantage social sur la CTC ?
- Ce n’est pas sérieux ! Il faut effectivement sauver des emplois, mais, en tant qu’autorité délégante, nous respectons totalement les procédures. C’est cela la réalité et non pas celle que l’on imprime !
Propos recueillis par Nicole MARI
 



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