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Des eurodéputés au chevet de la coopération entre Corse et Sardaigne


Rédigé par Nicole Mari le Dimanche 21 Juillet 2013 à 19:37 | Modifié le Lundi 22 Juillet 2013 - 01:17


Pendant 3 jours, du 15 au 17 juillet, les députés de la Commission de développement régionale de l’Union Européenne (UE), en mission d’étude, ont pu vérifier sur le terrain la réalité de la politique européenne et l’utilisation des fonds alloués. Cette 1ère mission transfrontalière France-Italie maritime, basée sur la coopération entre la Corse et la Sardaigne, est inédite et originale. Elle a suscité beaucoup d’intérêt chez les europarlementaires qui se sont, ainsi, confrontés aux deux réalités insulaires. Explications, pour Corse Net Infos, de Constanze Krehl, présidente de la délégation et eurodéputé allemande.


Les Eurodéputés à leur arrivée dans l'espace VIP de l'aéroport de Figari.
Les Eurodéputés à leur arrivée dans l'espace VIP de l'aéroport de Figari.
C’est la première fois qu’une délégation d’eurodéputés effectue une mission transfrontalière. Il a fallu beaucoup de détermination croisée à l’eurodéputé corse, François Alfonsi, et à son collègue sarde, Giommaria Uggias, tous deux membres de la Commission, pour obtenir que cette mission s’intéresse, conjointement, aux deux plus grandes îles de la Méditerranée, appartenant à deux pays différents et toutes aussi en délicatesse avec leur Etat respectif. Ordinairement, ce type de mission d’étude est organisée, trois fois par an, dans un seul pays ou une seule région de l’UE, dans le cadre des activités de la Commission de développement régionale. Il fait, ensuite, l’objet d’un rapport devant la Commission européenne. « L’objectif est de constater de visu la réalité de la politique de développement régional, valider un certain nombre de choix concernant des règlements, des priorités ou des textes législatifs…, voir comment les choses avancent grâce aux crédits européens et, surtout, discuter avec les populations pour comprendre leurs attentes et les actions plus importantes et plus intéressantes qui pourraient être menées dans le futur », explique François Alfonsi. Un retour de terrain qui permet aux eurodéputés d’améliorer les décisions prises fort loin des lieux où elles sont mises en œuvre.
 
Les réalités insulaires
Cette visite est d’autant moins anodine qu’elle intervient au moment où Bruxelles planche sur le prochain programme 2014-2020 de développement régional. « Ce voyage est une fenêtre importante sur deux réalités insulaires qui ont encore beaucoup à faire en matière de développement et de prise en compte de l’insularité, notamment au niveau des infrastructures de transport », commente Giommaria Uggias. Le thème de la mission portait sur les crédits européens et leur importance pour développer la relation transfrontalière entre deux espaces insulaires à travers la relation corso-sarde. « L'organisation de cette délégation, pour laquelle nous nous sommes personnellement impliqués avec les collègues de Sardaigne, sera l'occasion d'éclairer les parlementaires sur la réalité insulaire. Nous espérons ainsi démontrer l'immense intérêt que représente le développement de la coopération territoriale entre la Corse et la Sardaigne et, plus généralement, entre régions insulaires appartenant à un même bassin de vie. C’est une problématique très particulière. Il est beaucoup plus facile de développer des coopérations terrestres que des coopérations incluant des frontières maritimes », ajoute François Alfonsi.
 
Un symbole fort
La délégation a débuté son séjour îlien par une réception dans le nouvel espace VIP de l’aéroport de Figari, inauguré il y a quelques jours, et s’est poursuivie par la visite du Parc marin international des Bouches de Bonifacio (PMIBB), sous la houlette de sa directrice Madeleine Cancemi, et des îles Lavezzi. Le Parc corso-sarde, qui bénéficie depuis 2013 du statut de Groupement européen de coopération territoriale (GECT), est la plus grosse action de coopération financée par des fonds européens dans la région. « La réserve naturelle est le symbole le plus fort de l’entente et des liens entre la Corse et la Sardaigne », résume Jean-Charles Orsucci, le maire de Bonifacio, en recevant la délégation à l’espace Saint-Charles. La journée s’est clôturée par une conférence-débat de Gianluigi Cancemi, Chef de mission du GECT-PMIBB sur la mise en œuvre et le travail effectué au sein de cette réserve.
 
Des liaisons maritimes faibles
Le lendemain, la visite s’est poursuivie par une réunion de travail sur le thème de la coopération transfrontalière en matière de transports, en présence de Paul-Marie Bartoli, Président de l'Office des transports de Corse, et José Bassu, responsable des affaires européennes à l'Office des transports de Corse. (Nous y reviendrons, par ailleurs). Si des deux côtés, corse et sarde, tous les participants ont appelé de leurs vœux un renforcement des liaisons maritimes, les eurodéputés ont manifesté leur étonnement devant la faiblesse de cette relation entre deux côtes si proches qui, dans l’Antiquité, ne formaient qu’un même territoire. « En dépit des quelques initiatives existantes, la proximité géographique entre la Corse et la Sardaigne est loin d'être valorisée à la hauteur de son potentiel. La situation des îles mérite d'être davantage prise en compte par la politique européenne de cohésion et, dans ce cadre, la coopération territoriale entre régions insulaires appartenant à un même bassin maritime doit permettre de résoudre les handicaps structurels des îles, dus à leur réalité territoriale, comme l'enclavement, la difficulté d'accès au marché intérieur, les défis démographiques et environnementaux », précise François Alfonsi. « Je milite pour une continuité territoriale entre les deux îles », conclut le maire de Bonifacio.
 
Une stratégie macro-régionale
L’étape corse achevée, les eurodéputés ont gagné par bateau la Sardaigne et visité Capo Comino, réserve d’intérêt stratégique, où un ancien phare a été reconverti en observatoire astronomique grâce aux fond européens. Une visite suivie, en fin de journée, à Olbia, par une rencontre avec les autorités sardes sur le prochain programme de fonds européen 2014-2020 (ResMar, TPE) et sur l'accès aux projets, notamment en matière de coopération nautique (Projet Innautic). La réunion a été perturbée par une délégation de militants indépendantistes sardes demandant la création d’une zone franche fiscale en Sardaigne.
Le séjour s’est clos, le 17 au matin, par une réunion, toujours avec les autorités locales, sur les projets de coopération en Méditerranée (MED, ENPI-CBCMED, Retraparc, In.Port.O) et les stratégies macro-régionales. Le but est, à travers l’expérience de la stratégie macro-régionale initiée en Mer Baltique, de promouvoir la coopération dans le bassin méditerranéen entre les 7 pays de l’UE et les 7 pays du Sud. L’idée est également d’aider au développement économique des zones rurales pour favoriser la cohésion sociale et d’améliorer la gestion locale de projets stratégiques, comme, par exemple, la gestion concertée de la pêche dans les Bouches de Bonifacio. Là aussi, certains représentants locaux n’ont pas été tendres avec la délégation européenne, accusant Bruxelles de délaisser une île très affectée par la crise économique. Ce qui ne fut pas du goût de la présidente et eurodéputé allemande Constanze Krehl qui a estimé que la Sardaigne ne faisait pas partie des régions pauvres de l’espace communautaire.
N. M.

Constanze Krehl : « La situation entre la Sardaigne et la Corse est unique ! »
 Présidente de la Commission de développement régionale de l’Union Européenne (UE) et eurodéputé allemande.

Constanze Krehl
Constanze Krehl
 - Quel était l’enjeu principal de cette mission ?
- L’objectif était double. D’abord, voir comment la Corse et la Sardaigne ont utilisé les fonds européens jusqu’à présent et quelles ont été leurs difficultés et, voir comment elles ont l’intention d’utiliser ces fonds dans l’avenir.
 
- Quel bilan tirez-vous ?
- Pour moi, il a été très intéressant d’écouter chacun des intervenants venant de différentes régions et de différentes institutions. Je vois mieux maintenant quelles sont les possibilités, pour le futur, d’accroître la coopération entre les deux îles corse et sarde. Je suis surprise que cette coopération entre la Sardaigne et la Corse n’ait débutée concrètement qu’il y a seulement quelques d’années. Je pense qu’il y a, dans l’avenir, un énorme potentiel de développement de cette relation. Nous avons constaté que la coopération autour du parc marin des Bouches de Bonifacio fonctionne vraiment très bien.
 
- Cette coopération est originale en Europe. Est-elle exportable ?
- C’est un exemple de coopération transfrontalière réussie qui peut être utile pour l’avenir. Les deux îles devraient utiliser ce modèle pour développer beaucoup plus la coopération dans le domaine des infrastructures de transport. Je pense que ce sera possible grâce à la prochaine programmation sur les fonds européens que nous sommes en train d’établir.
 
- Vous êtes étonnée du retard de coopération entre la Corse et la Sardaigne. Les autres îles bénéficient-elles de coopération plus étendue ?
- La situation entre la Sardaigne et la Corse est unique ! Deux îles très proches l’une de l’autre, mais appartenant à deux Etats-membres différents. C’est vraiment unique ! J’ai visité la Sicile, Malte et les autres îles méditerranéennes qui bénéficient de programmes différents. Il est très intéressant de voir la réalité de la Corse et de la Sardaigne qui est, quand même, quelque chose de très particulier.
 
- Qu’est-ce que concrètement l’UE peut faire pour améliorer cette coopération régionale ?
- L’Union européenne et Bruxelles donnent un cadre et des instruments aux régions pour qu’elles utilisent, elles-mêmes et par elles-mêmes, les fonds européens, par exemple sous la forme de coopération régionale. Mais seulement un cadre ! La décision de développer une coopération appartient aux régions elles-mêmes.
 
- Vous jugez ce voyage corso-sarde intéressant. Qu’est-ce qui vous a le plus surpris ?
- Vous me mettez dans l’embarras avec cette question ! Ma plus grande surprise a été de ne pas trouver de taxi à mon arrivée à l’aéroport de Figari à 22h30, ce qui m’a mise dans une situation difficile ! Plus sérieusement, ce qui m’a le plus frappé, c’est, comme je l’ai déjà dit, que deux îles si proches l’une de l’autre, comme la Corse et la Sardaigne, débute, à peine, leur coopération en matière de transport. Pour nous, il est très important de venir voir concrètement comment les choses se passent sur le terrain. Ce sont, d’ailleurs, ces messages que nous transmettrons au Parlement européen et à la Commission régionale dans la perspective de la nouvelle programmation.
 
- A quelques mois des prochaines élections européennes, quel sentiment se dégage des régions que vous visitez : pro ou anti-européen ?
- Un sentiment mitigé, un peu les deux. Les attentes sont élevées. C’est la raison pour laquelle il est important que nous allions dans les régions pour expliquer ou tenter de répondre aux questions qui se posent afin que les gens sachent et comprennent mieux ce que fait l’Europe, comment les choses fonctionnent et ce que nous pouvons ou ne pouvons pas faire.
Propos recueillis par Nicole MARI
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1.Posté par arbasgiu le 22/07/2013 14:09
Era tempu, evviva l'Europe des peuples sans états ou avec état, et leur collaborations positives pacifiques etc...., dans leur contexte prioritaire géographique et géopolitique.

2.Posté par Zeruffu le 23/07/2013 00:36
Dans l'Antiquité, la Sardaigne et la Corse formaient une seule île. A l'origine, les Corses et les Sardes forment un seul et même peuple.
C'est la folie des hommes, et la violence des Etats-Nations, français et italien, qui ont séparé ces deux soeurs et ont élevé leurs enfants dans l'ignorance réciproque, quand ce n'était pas carrément dans un racisme folklorique. Je me suis avoir entendu des centaines de fois de mes anciens des propos du genre "La Sardaigne n'est pas belle, ce n'est pas comme la Corse" ou encore "Les Sardes ne sont que des Italiens", etc. Quelle ne fut pas ma surprise, quand je suis allé en Sardaigne, de découvrir un pays extraordinairement beau, développé, sain et accueillant ! Et quelle fut ma stupeur de découvrir, à Santa Teresa, des gens qui parlent le corse ! Et mieux qu'en Corse, naturellement, sans complexe, sans "barrage" psychologique et le plus gentiment du monde !
Si la coopération commence seulement maintenant, c'est parce que, de notre côté, la France nous a coupé de la Sardaigne volontairement, pour que nous n'ayons aucun rapport culturel, économique et politique avec notre aire naturelle de développement. Et ce, pour deux raisons bien claires : primo, la Sardaigne est autonome depuis 60 ans, et croyez-moi, quand vous y allez, vous voyez la différence... ce qui ne peut que vous transformer en autonomiste sur le champ, si vous ne l'étiez pas; secundo, si la Corse et la Sardaigne se développent ensemble, alors elles pèseront beaucoup plus, parce que la Sardaigne, c'est 3 fois la Corse, 1 millions d'habitants, et une vraie économie: finie dans ces conditions, la tyrannie de la "solidarité nationale" présentée comme une charité à une île prétendument pauvre...
Bref, en un mot, l'avenir de la Corse est en Sardaigne !

3.Posté par arbasgiu le 23/07/2013 16:06
@ Zeruffu

Une fille de mon village, petit village 900 m d'altitude, 25 km de Corti, ValleRustie, entre Erone et San Lorenzu, c'est mariée en Sardaigne sur la côte ouest, à mi chemin de Santa-Térésa di Gallura et Cagliari, on a été reçu comme on recevait en Corse il y a 60 ans. On se comprenait, bien (et c'était pas la Gallura pourtant), fallait juste articuler bien et parfois 2 fois sur 10, changer de mot de vocabulaire, c'était génial.

L'allegria.....

Aprés on est passé à Berchidda (30 km d'Olbia), même latitude, donc on a traversé la Barbagia (sauvage, c'est un peu comme le Corse des montagnes, on te tape pas sur l'épaule en 5 mn comme à Marseille, on t'observe, et aprés une longue observation, soit il y a le feeling et tu peux rester un mois nourris logé, soit tu te sens de trop et tu les laisses tranquille, nuus il y a eu le feeling, en une heure, mais on est pas resté un mois, "4 jours", on avait un route à tracer). Mais Berchidda plus dans la montagne, pas la mer à Berchidda, là c'était comme au village, Olbia plus balnéaire (pas trop quand même) , mais trés sympa aussi.

On a pas eu le temps de passer par Cagliari, gros regret, car y a joué de nombreuses années Modesto notre compatriote corse,grand footballeur de chez nous.

Bref oui en un mot l'avenir de la Corse est en Sardaigne coté sud, et en Toscane coté nord (12 km, contre 60 km avec plein d'îles au milieu.)

Le mot Corse, vient d'une tribu étrusque (Toscane actuelle), I Korsi plusieurs siècles avant JC, si c'est pas plus.....à vérifier.....

Bref nous sommes latin, "italique" (pas Italien, "italique", étrusque, un brin phocéens (Grecs), mais ils sont parti vite et jamais monter dans les montagnes, un brin phéniciens et encore , ils avaient juste un comptoir sur la plaine pour faire du commerce, eux aussi, ils s'aventuraient pas dans les montagnes, un petit brin ligure et Pisan (mais c'est de l'étrusque aussi le Pisan). Romains un peu plus, eux ils ont un peu pénétrés l'intérieur, un peu Vandale aussi, quand ils ont été chassé de Carthage par les Byzantin et Justinien, ils ont déplacés leurs femmes et leurs enfants dans leur petit empire méditerranéens, dont la Corse, certaines vallées (contrées, Pieve en garde la trace...), un brin de francophonie (philie pourquoi pas), 250 ans sur 4000 ans d'histoire (Bof), mais ça compte, 10 %.

Bref nôtre avenir et avec les nôtres, premier cercle (regarder une carte géographique), deuxième cercle, l'Europe et la Méditerranée, troisième cercle le vaste monde et nos frère humain de Kanaky, d'Irlande, du Pays-basques, les apaches et des sioux etc.... de l'humanité dans toutes ses composantes ,ses différences qui font sa richesse.....L'humain, auquel nous apportons notre toute petite pierre et petite différence mélangée CORSE....

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