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Corte : Une journée scientifique pour un bel hommage à Jacques Gamisans


Rédigé par Marie MARTELLI le Mardi 12 Juillet 2016 à 18:10 | Modifié le Mardi 12 Juillet 2016 - 18:31


Eminent botaniste, président du Comité scientifique « Flore Corse », ce fin connaisseur de notre patrimoine végétal nous avait quittés en septembre dernier, en laissant derrière lui de nombreux travaux sur la végétation des montagnes corses


Cette journée scientifique s'est tenue à l’Amphi Landry, sur le campus Mariani de l’Université de Corte, ce mardi dès 9h30. Une journée hommage qui était organisée par le Conservatoire Botanique National de Corse, L’Office de l’Environnement d la Corse et l’Université.
De nombreux intervenants se sont succédé pour évoquer des parties de travaux de ce catalan passionné. Ces scientifiques ont largement évoqué en matinée les études sur la flore et la végétation de Corse.
Après Edmond Simeoni et un hommage appuyé à Jacques Gamisans, qui a lancé la manifestation, la journée s’est déroulée entre allocutions scientifiques pures et anecdotes. De grands noms étaient au programme : Gianluigi Bacchetta, professeur en sciences naturelles à l’Université des Sciences de Cagliari, Christophe Panaiotis, responsable du pôle « habitats naturels » au Conservatoire botanique national de Corse, et bien d’autres encore étaient là pour évoquer l’immensité des travaux de Gamisans. Certes, des scientifiques et des botanistes étaient là, mais pas seulement. 
Ce fut aussi l’occasion pour Muriel Poli, Maître de conférences à l’université de Corse, UMR Lisa, de faire une présentation sur «la phyto toponymie balanine et sa distribution spatiale » ; des termes savants pour un public averti, mais la linguiste nous éclaire : « il s’agit simplement de traiter du lien étroit qu’il existe entre la langue corse et le végétal ».


Tous les imminents intervenants du jour étaient d’ailleurs liés de près ou de loin à Jacques Gamisans, l’avaient côtoyé, et avaient travaillé avec lui. Ce qui amène Muriel Poli a expliqué que le botaniste était curieux de la langue corse, qu’il était très régionaliste, et qu’il aimait connaître le « signifié » du nom. En linguistique le signifié est la représentation mentale d’une chose.
Elle nous donnera d’ailleurs quelques exemples : « en Corse, il y a un chardon piquant que l’on appelle Batte Cristu. Jacques, qui me demandait souvent le nom corse d’une chose, s’amusait beaucoup de ce genre mot, qui pour celui-ci renvoie à la religion, notamment à la couronne d’épines du Christ. »


Mardi, pour faire le lien avec ses travaux, ce sont les noms des végétaux qui ont été traités. La phyto toponymie donne aussi parfois des indications historiques et économiques, comme par exemple de savoir que « chialzetu » qui signifie mûrier, révèle  la présence de mûrier à l’époque où le nom a été attribué, mais aussi, qu’il y avait élevage de ver à soie en Balagne, qui perdure aujourd’hui encore. « Pruniccia », le buisson épineux ou encore « liceddu », le chêne vert, sont des toponymes qui reviennent très régulièrement et qui témoignent d’une intimité du corse avec son environnement.
Bel hommage en tous les cas à l’Université de Corse, pour le botaniste et auteur de nombreux ouvrages sur notre flore locale.





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