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Corsica Libera : « Le statut de résident est, déjà, applicable. Ceux, qui achètent pour spéculer, seront expropriés ! »


Rédigé par Nicole Mari le Samedi 14 Janvier 2017 à 21:21 | Modifié le Samedi 14 Janvier 2017 - 23:10


C’est au pied du couvent Santa Catalina à Siscu, théâtre de la polémique sur la création d’une Association foncière pastorale (AFP), que Corsica Libera a tenu à lancer une mobilisation contre la spéculation immobilière et remettre le statut de résident au cœur des enjeux. Le 2 décembre dernier, le tribunal administratif de Bastia avait annulé l’arrêté préfectoral autorisant la création de cette AFP, suite à un recours déposé par Yann Streiff, le gérant et propriétaire du domaine Santa Catalina, retardant, ainsi, l’installation de plusieurs agriculteurs. Prenant ce cas en exemple, le mouvement indépendantiste avertit que le statut de résident est d’ores et déjà applicable et que les non-résidents corses, qui achètent la terre pour des opérations spéculatives, seront expropriés. Explications, pour Corse Net Infos, d’Eric Simoni, membre de l’Exécutif de Corsica Libera, leader d’Un Alba nova per Bastia.


Eric Simoni et les militants de Corsica Libera, samedi matin, devant le couvent Santa Catalina à Siscu.
Eric Simoni et les militants de Corsica Libera, samedi matin, devant le couvent Santa Catalina à Siscu.
- Pourquoi cette nouvelle mobilisation à Siscu ?
- D’abord, pour revenir sur l’affaire Yann Streiff, le gérant de la propriété Santa Catalina, qui a déposé une requête au tribunal administratif contre l’AFP. Mais, au-delà de cette affaire assez anecdotique, mais en même temps emblématique des dangers de la spéculation et de la colonisation de peuplement, nous voulons rappeler que nous avons déjà proposé des solutions politiques à un problème éminemment politique.
 
- En quoi cette affaire est-elle emblématique ?
- On s’aperçoit que n’importe quel étranger fortuné, qui débarque en Corse, peut se permettre de s’accaparer des terres et des biens patrimoniaux, spéculer et, même, comme aujourd’hui, empêcher le développement au bénéfice des Corses et des agriculteurs en se servant de procédures complètement contre-productives. Cette affaire de Siscu illustre parfaitement les obstacles auxquels on se heurte chaque fois qu’on veut construire un projet de développement au service de la Corse et de son peuple. C’est un problème général qu’il faut traiter sur le plan politique en affirmant des règles applicables à tout le monde.
 
- Justement, quelles solutions proposez-vous ? Le statut de résident ?
- Oui ! Le statut de résident, voté en 2014 sous l’ancienne mandature, et la citoyenneté corse, telle que nous l’avons expliquée dans notre programme Corsica 21. Notre mouvement Corsica Libera tient à rappeler que ces solutions, que nous avons proposées, ont reçu, démocratiquement, l’assentiment du peuple corse et qu’elles ont même, pour certaines d’entre-elles, fait l’objet de votes majoritaires au sein de l’Assemblée de Corse. Nous tenons, aujourd’hui, à affirmer solennellement que ces lois, qui ne sont pas inscrites dans le marbre de la loi française, sont, pour nous, d’ores et déjà applicables.
 
- Comment peuvent-elles l’être ?
- Ce cadre institutionnel, nous continuerons à le faire évoluer, persuadés que, demain, nous serons en mesure de légiférer dans le domaine de la validation de certaines transactions immobilières. Par honnêteté politique, nous voulons, aujourd’hui, apporter toute la clarté sur nos intentions et lancer un avertissement dissuasif aux gens qui, parce que le statut de résident n’est pas applicable dans le cadre législatif français, en profitent pour continuer dans leur logique spéculative.
 
- C’est-à-dire ?
- On dit aux non-résidents de faire attention, on ne sait pas de quoi demain sera fait ! Nous arriverons à légiférer, comme nous avons réussi à prendre le pouvoir territorial. Il faut que les gens sachent que ceux, qui auront acquis des biens immobiliers en dehors du cadre du statut de résident tel qu’il a été voté et voulu par le peuple corse, ceux qui achètent pour spéculer, seront expropriés ! Leurs acquisitions seront caduques ! Leurs opérations immobilières seront annulées ! Ces gens ne pourront pas se prévaloir d’une décision arbitraire avec une application rétroactive puisque, pour nous, cette loi existe déjà. C’est le message que nous voulons faire passer.
 
- Mais, l’Etat n’a-t-il pas mis un veto complet sur le statut de résident ?
- L’Etat français reconnaît un peu ce qu’il veut. Pour nous, le gouvernement légitime de la Corse s’est exprimé sur ce sujet. Le peuple corse, aussi. De la même manière que nous avons fait évoluer un certain nombre de choses dans le sens que nous voulons, nous ferons en sorte qu’on nous octroie la possibilité de légiférer et de mettre en place le statut de résident. Ce sera le combat politique des années à-venir. Ceux, qui, aujourd’hui, achètent en dehors de ce cadre, doivent s’attendre à le voir appliquer. Nous appelons l’ensemble de la société corse à se mobiliser au niveau des communes, des élus et des institutions pour prendre des délibérations dans cet esprit-là. L’objectif est d’essayer d’empêcher ces transactions en mettant des obstacles aux acheteurs étrangers.
 
- Le statut de résident reste assez clivant. Pensez-vous que la population et les élus adhèreront et se mobiliseront ?
- Le statut a été adopté à une large majorité par l’Assemblée de Corse. A partir du moment où nous pouvons nous prévaloir d’un tel vote, cela nous suffit largement ! La légitimité du statut de résident est dans ce vote, pas dans des règles ou des lois étrangères à notre pays.
 
- Allez-vous remettre ce sujet sur la table à l’Assemblée de Corse ?
- Bien entendu ! Nos élus travaillent toujours dans ce sens. Ils ont avancé sur pas mal de points et ont déjà remarquablement réussi dans le domaine des transports, dans la reconnaissance de la Corse île-montagne… Même si aujourd’hui il y a des obstacles, ces propositions et ces mesures ont une cohérence et s’inscrivent dans le projet global que nous voulons mettre en place. Dimanche prochain, à l’occasion de notre Cunsulta, qui se tiendra à Corte à partir de 14 heures, nous lancerons une vaste campagne transnationale sur ce thème-là, comme nous l’avons fait, par exemple, sur l’amnistie.
 
- Ce sujet sera-t-il la priorité de 2017 ?
- Ce sera une des priorités, il y en a beaucoup ! Dans les mois à-venir, nous déploierons notre action sur ce terrain-là pour créer la réalité alternative dont nous avons besoin. A partir du moment où, sur place, nous aurons créé les conditions pour que cela fonctionne, nous pourrons peser dans les négociations que nous engagerons avec l’Etat français.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 




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