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Contrat local de santé : Bastia veut fédérer autour de cet enjeu majeur


Rédigé par Nicole Mari le Lundi 12 Janvier 2015 à 20:09 | Modifié le Lundi 12 Janvier 2015 - 23:34


Pour lutter contre les inégalités d’accès aux soins, la ville de Bastia a décidé d’élaborer, avec l’Agence régionale de santé (ARS), un Contrat local de santé (CLS) et d’y associer, dans sa démarche de démocratie participative, les habitants et les acteurs de terrain. Un Comité technique s’est réuni, pour la première fois, lundi après-midi, à l’auditorium du musée de Bastia, en présence du maire, des institutionnels et de 80 associations bastiaises pour définir des actions stratégiques. Explications, pour Corse Net Infos, de Leslie Pellegri, adjointe en charge de la Santé et du Handicap, référent politique du Contrat local de santé pour Bastia.


Leslie Pellegri, adjointe en charge de la Santé et du Handicap, référent politique du Contrat local de santé pour Bastia.
Leslie Pellegri, adjointe en charge de la Santé et du Handicap, référent politique du Contrat local de santé pour Bastia.
- Qu’est-ce que le Contrat local de santé (CLS) ?
- C’est une définition locale du Plan régional de santé (PRS). Il s’agit de traduire localement ce plan par des actions concrètes en y intégrant les attentes des Bastiais. Le CLS sera, normalement, signé à la fin du 1er semestre 2015. 
 
- Ce Contrat ne concerne-t-il que Bastia ?
- Pour l’instant, oui. Comme le contrat arrive à échéance fin 2016, en même temps que le Plan régional, nous avons limité nos ambitions. Nous avons décidé de conserver le périmètre municipal. Le périmètre de la CAB (Communauté d’agglomération bastiaise) sera envisagé seulement lors de l’élaboration du prochain CLS, début 2017.
 
- La santé est-elle une priorité municipale ?
- Oui ! Mais la ville n’est pas seule en cause puisque le Contrat est élaboré avec l’Agence régionale de la santé de Corse (ARS) et avec l’aide d’un partenaire essentiel : l’Institut régional d’éducation et de promotion de la santé (IREPS). Celui-ci nous aide techniquement à mettre en œuvre le CLS. Nous avons, aussi, comme partenaires : l’Etat, le Conseil général et de nombreuses institutions qui peuvent être signataires du contrat. Depuis notre élection, nous avons, également, sollicité les acteurs de terrain et les habitants pour la définition conjointe d’actions concrètes et progressives sur un sujet qui concerne tout le monde.
 
- De quelle manière ?
- Nous nous sommes engagés dans une démarche de co-construction volontaire afin d’identifier les axes d’intervention sur l’accès aux soins, l’information, la prévention et l’éducation à la santé, mais aussi les déterminants environnementaux… En parallèle du travail effectué par les institutions compétentes en matière sanitaire et sociale, l’IREPS a recueilli la parole des habitants au sein d'« ateliers de l’avenir ». Cinq ateliers ont, ainsi, été organisés et ont permis de réunir et de concerter des groupes témoins composés de seniors, de jeunes, de personnes actives, de personnes vulnérables et de jeunes parents. Pas moins d’une centaine de personnes ont été impliquées dans la réflexion. Nous aurions pu faire mieux, mais nous avons été contraints par le calendrier.
 
- Qu’en est-il ressorti ?
- Les paroles des habitants ont permis de compléter la vision du comité de pilotage qui est, peut-être, un peu plus institutionnelle. Certains groupes ont eu des réflexions très intéressantes qui peuvent servir de base de travail. Lorsque les Comités de quartier seront mis en place, nous nous appuierons sur eux pour la mise en œuvre du CLS et l’élaboration du CLS 2. En attendant, nous avons voulu marquer le coup et associer, dès le départ, les Bastiais à ce travail.
 
- Quelles attentes ont été exprimées par les Bastiais ?
- Les attentes des Bastiais sont fortes. La principale est de pallier le manque d’information et de fluidité du parcours de soins. Nous allons travailler sur cette problématique et réfléchir pour améliorer concrètement la coordination entre tous les partenaires et diffuser ainsi une meilleure information. Le but est que tous les Bastiais sachent ce qui existe, tout ce qui est fait en matière de santé et où ils pourront trouver l’information dont ils ont besoin. D’autres actions plus ambitieuses sont envisageables.
 
- Quel constat faites-vous de la situation de la santé à Bastia ?
- Il existe de fortes inégalités, à la fois, en termes social et de territoire et, en même temps, j'insiste, un manque crucial d’information. Par exemple, les gens peuvent bénéficier de consultations gratuites, or celles-ci sont sous-utilisées, voire même perdues. Le comité de pilotage s’est rendu compte que le renoncement aux soins est une pratique de plus en plus présente à Bastia et dont il faut se préoccuper. Il y a, donc, un vrai effort de communication à faire, un effort qui apportera beaucoup aux Bastiais.
 
- Etait-ce l’objet de cette réunion du Comité technique ?
- Nous avons réuni tous les acteurs de terrain qui ont un lien, même lointain, avec la santé et le social, au total plus de 80 associations, pour leur présenter le travail du Comité de pilotage, la démarche et les objectifs qui ont été retenus. Nous leur avons proposé de participer à des ateliers à thème pour réfléchir à la meilleure manière de répondre aux problématiques soulevées et définir des objectifs opérationnels et des actions concrètes.
 
- Quels objectifs avez-vous retenus ?
- Nous avons retenu quatre axes dans chacun desquels nous avons priorisé deux objectifs. Par exemple, un objectif prioritaire est de prévenir la conduite à risque chez les jeunes, surtout après les accidents dramatiques du weekend dernier. Un autre objectif peut concerner la santé mentale, nous avons discuté de la création d’un Conseil local de santé mentale. Le logement insalubre, la prévention en matière de santé, la fluidité du parcours de soins… sont aussi des objectifs qui ont, tous, été jugés prioritaires.
 
- Le rôle de la Ville est-il essentiellement d’informer ?
- Oui. Mais pas seulement ! Le rôle de la Ville est aussi de mettre en lumière le travail des acteurs de terrain, des associations qui sont là, tous les jours, auprès des Bastiais et font beaucoup de choses. Egalement de coordonner le travail des acteurs qui interviennent sur le même thème pour aller plus loin ensemble, mutualiser les moyens et les compétences.
 
- Comment définirez-vous la nouvelle politique de santé de Bastia ?
- La Santé, mais plus largement l’amélioration du cadre de vie et le bien être de chacun, sont parmi les priorités de la nouvelle équipe municipale. Tout cela passe par le dialogue avec les citoyens mais aussi par notre implication dans la défense des outils de santé, particulièrement l’Hôpital de Bastia. C’est le travail en commun qui nous permettra d’avancer !
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 




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