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Bilharziose : Baignade interdite dans le Cavu à Zonza et à Conca


Rédigé par Lydie Colonna le Lundi 16 Juin 2014 à 22:10 | Modifié le Mardi 17 Juin 2014 - 00:19


« La bilharziose est une maladie parasitaire qui se traite et dont on guérit ». Jean Jacques Coiplet, directeur de l’Agence Régionale de Santé (ARS) se veut rassurant lors d'une conférence de presse dans les locaux de l’ARS, ce lundi à Ajaccio. Joseph Matteï, ingénieur sanitaire régional, Jean Dominique Chiappini, ingénieur sanitaire ARS de Corse, David Myard, directeur de cabinet du préfet de Corse du Sud, Laurent Larivière, directeur adjoint de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection de la Population (DDCSPP), Jean Houbeaut, directeur général adjoint de l’ARS, Marc Ruello de la cellule inter régionale d’épidémiologie et le docteur Annie Macarry, médecin inspecteur chargée de la veille sanitaire à l’ARS étaient présents pour expliquer ce qu’est la bilharziose, son mode de contamination et quel plan d’action pour lutter contre sa propagation en Corse-du-Sud.


Bilharziose : Baignade interdite dans le Cavu à Zonza et à Conca
La bilharziose est une maladie parasitaire tropicale très connue, 2ème après le palud, que 250 millions de personnes ont déjà contractée dans le monde. Elle est due à un ver plat, le schistosome. Ce ver a comme particularité de ne vivre que dans les eaux douces, on peut donc le trouver dans les rivières, les étangs ou les lacs mais en aucun cas dans les piscines ni dans la mer. En effet le schistosome ne vit pas ni dans les eaux salées, ni dans les eaux polluées et préfère les eaux stagnantes d’une température autour de 23 à 25°.
Si l’homme est l’hôte définitif de ce parasite, ce dernier a toutefois besoin d’un hôte intermédiaire, le bulin qui est un mollusque vivant dans les eaux douces également. 

Le cycle de contamination
Une personne contaminée urine dans un cours d’eau où vivent des bulins, elle libère ainsi des œufs. Ces œufs libèrent à leur tour des larves dans l’eau. Ces larves vont pénétrer dans le bulin qui au bout d’un mois rejettera à son tour une larve transformée. La durée de vie de cette larve est de 48 à 72 heures. La contamination se fera à l’homme en mode transcutané lors d’une baignade ou de tout autre contact même bref avec l’eau.
En aucun cas la maladie ne peut s’attraper par un autre moyen. Il n’y a pas non plus de contamination inter humaine possible.
La contamination n’est possible que dans une eau infestée de bulins contaminés.
 
Cette maladie, qui est donc une maladie uro génitale, est très souvent asymptomatique et peut passer inaperçue avec une guérison spontanée possible. Le seul signe clinique significatif est une hématurie souvent microscopique au départ. A l’examen biologique on peut retrouver une augmentation des oesinophiles (globules blancs).
Le traitement de cette maladie est simple, un médicament administré per os en une seule prise traite efficacement ce parasite. Pa contre, en l’absence de traitement, au long court, des complications peuvent survenir au niveau de l’appareil urinaire et du système génital.
 
En avril dernier, des cas de bilharziose ont été diagnostiqués sur des personnes qui n’ont pas voyagé dans une zone endémique mais qui se sont toutes baignées dans le Cavu en Corse-du-Sud. C’est la première fois, en France que l’on détecte des cas de bilharziose contractés dans nos eaux douces. Des investigations épidémiologiques, écologiques et environnementales ont donc été mises en place rapidement  par les autorités sanitaires locales et nationales.
L’ARS et la DGS (Direction Générale de la Santé) en collaboration avec la préfecture de Corse ont mis en place un plan d’action sur deux volets.
 
Au niveau environnemental, il a été décidé d’interdire la baignade à Zonza et à Conca ainsi que tout contact cutané avec les eaux de la rivière Cavu. Cet arrêté préfectoral qui démarre dès ce jour a pour objectif d’éviter tout risque d’exposition pour les personnes fréquentant ce cours d’eau mais aussi d’empêcher toute contamination des bulins de ces eaux par des personnes contaminées qui urineraient dans l’eau.
 
Au niveau sanitaire, le HCSP (Haut Conseil de la Santé Publique) préconise un diagnostic chez toutes les personnes exposées.
 Tout d’abord, les personnes ayant eu un contact cutané avec l’eau du Cavu entre 2011 et 2013 sur la période de juin à septembre que ce soit par simple baignade ou par toute autre activité nautique comme la plongée, le canyoning, le rafting… sont invitées à consulter leur médecin traitant mais sans caractère d’urgence. Un questionnaire épidémiologique va être transmis à tous les médecins traitants ainsi qu’un schéma de conduite à tenir. Même si la bilharziose n’est pas une maladie à déclaration obligatoire, une fiche de signalement va leur être fournie pour faciliter le recensement. Le dépistage se fait par une prise de sang permettant de réaliser le test Elisa ou HA. En cas de résultats positifs, un traitement anti parasitaire sera donné, le tout pris en charge par la sécurité sociale.
 Les personnes présentant des symptômes comme l’hématurie sont prioritaires pour ce dépistage, d’autant plus si elles ont eu un contact avec l’eau du Cavu pendant les périodes à risque.
Les personnes travaillant au contact de cette eau comme les pêcheurs, ouvriers d’entretien des canaux d’irrigation, personnels de contrôle de la qualité des eaux…sont également concernées par ce dépistage et doivent consulter prioritairement leur médecin traitant.
 
Paralèllement, des investigations sont toujours en cours pour déterminer si les 54 autres points d’eau de la Corse sont contaminés et réaliser une cartographie de la Corse.
Par ailleurs les études malacologiques (zoologie consacrée à l'étude des mollusques) entamées dans les cours d’eaux de Corse du sud vont être poursuivies avec la venue d’une partie de l’équipe du professeur Théron pour former les personnels de l’office de l’environnement et universitaires. Cette même équipe qui va également travailler en lien avec les services vétérinaires afin d’effectuer des recherches pour voir si le ver vecteur pourrait ou non toucher les populations animales en particulier les bovins et les caprins.
 
« Il faut prévenir, ne rien cacher, déclare Jean Jacques Coiplet, mais il ne faut pas se montrer alarmiste quand il n’y a pas lieu ».
La bilharziose est une maladie qui se soigne et qui ne s’attrape que dans des eaux infestées de mollusques (le bulin) contaminés, en l’occurrence, en Corse, dans la rivière Cavu.
 
Pour tout renseignement complémentaire, consulter les sites suivants :
www.sante.gouv.fr
www.ars.corse.santé.fr
www.who.int/fr/
www.invs.sante.fr
www.anses.fr/fr
www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapports
www.ansm.sante.fr




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