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Alexander Panagopulos : « Nous avons la meilleure offre de reprise de la SNCM »


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 12 Novembre 2015 à 21:29 | Modifié le Jeudi 12 Novembre 2015 - 23:07


À huit jours de la décision du Tribunal de commerce de Marseille concernant le futur repreneur de la SNCM, l’armateur grec Alexander Panagopulos et l’ex-président du Port Autonome de Marseille, Christian Garin, ont présenté leur offre de reprise. Le premier, devenu actionnaire majoritaire (75%) du nouveau montage financier et principal acteur du projet baptisé « Ferry de France », met en avant son expertise dans le domaine des ferries. Avec sa société Arista Shipping, il propose 12 millions € sur fonds propres pour récupérer 878 salariés et 6 navires de la SNCM, 28 millions € de fonds de roulement et 420 millions € d’investissements sur 4 ans. Son objectif affiché est d’améliorer le service et de développer la desserte pour récupérer le leadership maritime. Explications, pour Corse Net Infos, d’Alexander Panagopulos, président d’Arista Shipping, qui se dit confiant.


L’armateur grec, Alexander Panagopulos, et Christian Garin, ancien président du Port Autonome de Marseille et ancien président de l'association des armateurs de France, candidats à la reprise de la SNCM.
L’armateur grec, Alexander Panagopulos, et Christian Garin, ancien président du Port Autonome de Marseille et ancien président de l'association des armateurs de France, candidats à la reprise de la SNCM.
-  Votre groupe Arista Shipping est inconnu du grand public français. Pouvez-vous, en quelques mots, dire qui vous êtes ?
- Arista Shipping a été créée suite à la vente de nos actifs d’Attica en 2007. Le groupe Attica est une compagnie de transport maritime, fondée en 1995, qui opère des liaisons par ferry entre la Grèce et l’Italie. Nous avons créé Superfast Ferries, puis rajouté Blue Star, soit, au total 23 navires pour exploiter des lignes entre la Finlande, la Suède et l’Allemagne, l’Ecosse et la Belgique, ainsi que dans les îles grecques. Nous transportons 5 millions de passagers par an et 500 000 camions avec un chiffre d’affaires de 380 millions €. Arista Shipping est l’une des filiales du groupe Arista Group. Notre activité principale est le transport de vracs secs (minerai de fer, charbon, aluminium, céréales). Nous menons, en ce moment, un projet novateur, Project Forward, en vue de réaliser la transition avec des carburants LNG (gaz naturel liquéfié). Nous sommes associés avec une entreprise française connue, GTT (Gaztransport & Technigaz), et avec ABS (American Bureau of Shipping).
 
- Pourquoi avez-vous choisi d’investir dans une compagnie qui multiplie les mauvaises passes et se révèle très complexe à gérer ?
- Nous aimons la difficulté ! Nous aimons les challenges ! Sans quoi la vie n’est pas intéressante ! Plus sérieusement, nous sommes venus à Marseille en octobre 2014. Cela fait plus d’un an que nous suivons ce dossier. Nous avons rencontré la direction de la SNCM. Quand nous sommes sortis des bureaux de la compagnie, les médias étaient là, mais nous n’avons pas souhaité, à l’époque, attiré l’attention. Nous avions, déjà, compris quelle était la situation, et sa complexité. Beaucoup de choses ont été clarifiées depuis. Il nous manquait, surtout, un partenaire local que nous avons trouvé en Christian Garin.
 
- Pourquoi lui ?
- Il a des qualités indéniables qui en font un bon partenaire. C’est comme dans un mariage. Vous devez aimer la personne et elle doit vous apprécier. Vous devez être bien ensemble. Pour nous, Christian Garin est un homme honnête, qui travaille dur. C’est un homme fiable qui partage notre vision et notre rêve. Nous mettons, tous les deux, notre propre argent sur la table. C’est très important ! En Angleterre, on dit : « Vous parlez beaucoup, mais maintenant, il faut montrer son argent ! ». Eh bien, c’est ce que nous sommes en train de faire. Nous croyons fortement que nous avons la meilleure offre, actuellement proposée pour la reprise de la SNCM.
 
- Ce n’est pas l’avis du procureur de la République qui juge votre offre irrecevable en l’état. En quoi votre offre est-elle, selon vous, la meilleure ?
- Nous en sommes convaincus pour plusieurs raisons. D’abord, nous offrons une sécurité d’emploi aux salariés qui resteront dans la compagnie. Nous conservons de nombreux postes et nous offrons aussi de l’espoir à ceux qui ne pourront pas nous suivre, dans un premier temps, mais nous rejoindront, peut-être, plus tard. Ensuite, nous prévoyons la construction de ferries de dernière génération dotés de normes environnementales accrues. Ces ferries sont déjà financés pour 200 millions €. Nous proposons de reprendre 6 des 7 navires de la SNCM ainsi que 878 salariés pour 12 millions d'euros.
 
- Le procureur a jugé que l’offre du groupe Rocca était, par défaut, la meilleure. Que répondez-vous ?
- Nous ne commentons pas ces propos. Il n’y a eu aucun rejet de notre offre. Je sais que des bruits court sur celle du groupe Rocca. Le Tribunal administratif n’a pas encore rendu sa décision, il la rendra le 20 novembre. C’est pourquoi nous sommes là ! Aujourd’hui, nous voulons dire qui nous sommes et pourquoi nous croyons que notre offre est, en fait, la meilleure.
 
- Le Tribunal met en doute la solidité financière des 4 offres proposées. En quoi la vôtre est plus solide ?
- Je ne parlerai pas des autres offres. La nôtre est claire et simple : nous apportons nos propres fonds. Arista Shipping est une entreprise très connue. Elle fait partie d’un très grand groupe qui appartient à ma famille. Nous disposons des financements complets pour ce projet. Nous avons démontré aujourd’hui que nous avons, également, le soutien de notre banque historique, Norld LB, à hauteur de 200 millions € pour la construction des nouveaux ferries. Nous mettons, donc, sur la table, non seulement 15 millions € de nos fonds propres, mais aussi 200 millions € de notre banque. Je vous laisse faire les calculs par rapport aux autres offres.
 
- Les syndicats ont déposé un préavis de grève pour le 21 novembre. Quels rapports entretenez-vous avec eux ?
- Nous avons entendu l’annonce de cette grève qui reflète plus une situation existante entre la Direction et les équipages dans un contexte très difficile. Cela ne nous concerne pas. Nous avons été sur les bateaux et dans les bureaux de la SNCM, nous avons rencontré la Direction et les équipages. Je peux vous assurer que l’accueil a été très chaleureux. Nous avons tout à fait l’habitude de ce genre de situation. Nous avons déjà repris des compagnies similaires. Nous avons employé jusqu’à 2500 personnes. Nous savons bien comment renverser une mauvaise tendance. Nous sommes une très grande entreprise qui garantit la sécurité de l’emploi et la satisfaction de l’emploi. Nous voulons créer une société fantastique car tout le monde, les Corses, les Marseillais, les Maghrébins, méritent le meilleur service. Nous sommes capables de le fournir.
 
- Quelle est votre position par rapport à la Délégation de service public (DSP) entre la Corse et le continent ?
- La DSP doit continuer. Elle est essentielle. Elle fait partie intégrante du service. Elle est un ingrédient nécessaire pour fournir une prestation de service public et assurer les connexions normales entre la Corse et le reste de l’Europe. Nous avons fourni tous les justificatifs pour démontrer notre capacité à l'assurer. Notre but est d’améliorer le service existant et de conserver un service régulier et performant avec des cargos mixtes, été, comme hiver, pour la population corse, mais aussi pour l’industrie avec le transport du fret. Nous sommes là pour le faire.
 
- De quelle façon ?
- Nous avons l’habitude de desservir des populations insulaires sensibles. Nous opérons dans les îles grecques, même sur de toutes petites îles où ne vivent que 30 habitants. Nous assurons les liaisons par tous les temps, même pendant les tempêtes, été comme hiver, toute l’année pour maintenir un service régulier. Nous comprenons bien que les populations et les industriels ont besoin de ce service en permanence. Nous savons combien il est important pour la Corse de maintenir le service des cargos toute l’année et le fret même l’été, quand on préfère généralement donner plus d’espace aux voitures particulières et aux touristes. Nous savons que c’est important, pas seulement pour la population, mais aussi pour l’entreprise, pour ses employés, pour ses équipages et pour ses prestataires. Je peux vous assurer que la famille Panagopulos a l’habitude de travailler et de bien travailler dans tous ces domaines. Il n’y a rien de nouveau pour nous !
 
- Maintiendrez-vous toutes les liaisons de la desserte Corse-continent ?
- Absolument ! Nous maintenons toutes les lignes existantes avec la Corse, nous pensons même à en créer plus. Nous comptons améliorer le service et les dessertes, tout cela sous pavillon français de 1er registre avec des équipages nationaux.
 
- Les amendes européennes qui planent sur la SNCM ne vous effraient-elles pas ?
- Nous avons reçu, du Tribunal, toutes les assurances juridiques que ces questions sont en cours de résolution. C’est pour cela que nous sommes aujourd’hui à Marseille.
 
- Croyez-vous vraiment que vous pourrez remporter la donne ?
- Oui ! Absolument ! Nous sommes très confiants, très sûrs de nous. Chaque fois que nous avons déposé une offre, nous avons toujours gagné. Nous sommes également persuadés que tout le monde sera très reconnaissant et très content de nous voir arriver.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 




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