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Alain Mosconi : « Nous avons tourné la page du pillage organisé sur le dos de la Corse ! »


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 8 Septembre 2016 à 16:18 | Modifié le Jeudi 8 Septembre 2016 - 16:30


Très ému et très heureux, Alain Mosconi ! Le patron du STC Marins, qui a fait de la compagnie maritime corse, son cheval de bataille, a vu, mardi matin, son rêve se réaliser lors de la session de l’Assemblée de Corse. Avec d’autres syndicalistes, il a suivi attentivement et silencieusement les courts débats. Et, même s’il savait depuis quelques temps déjà, la victoire acquise, il a, avec ses collègues, laisser éclater sa joie à l’annonce du résultat du vote. Il livre, à Corse Net Infos, son sentiment sur ce moment historique tout en fustigeant l’attitude de la gauche défavorable au projet.


Alain Mosconi, patron du STC Marins, entouré de membres du syndicat corse.
Alain Mosconi, patron du STC Marins, entouré de membres du syndicat corse.
- Ce vote d’une compagnie régionale, est-ce enfin un vieux rêve qui se réalise ?
- Oui ! C’est effectivement un vieux rêve qui se concrétise. C’est beaucoup d’émotion ! C’est vraiment un moment historique pour nous, pour moi personnellement, mais aussi pour la Corse ! C’est un aboutissement politique dont il faut prendre la mesure. C’est quand même la rupture avec un schéma qui a dysfonctionné pendant des décennies et la mise en place d’une démarche nouvelle de maitrise des transports de la Corse et pour la Corse.
 
- Pourtant, ce nouveau schéma n’est pas exactement celui que vous auriez souhaité. N’est-il pas en deçà de vos revendications ?
- Oui, ce n’est pas complètement ce que nous aurions voulu ! Mais, nous ne sommes pas enfermés dans le dogme. Nous voulions convaincre et non contraindre ! Une solution, qui satisfait le plus grand nombre, nous satisfait pleinement. Sans nous aliéner, sans perdre nos fondamentaux, nous avons accepté effectivement un projet un peu en dessous de celui que nous souhaitions. Nous l’avons fait pour pouvoir agglomérer le plus de monde possible dans la démarche. Pour nous, c’est une victoire ! Cela participe du bon sens, de la volonté d’avancer et de sortir ce pays de la situation dans laquelle d’autres que les Nationalistes l’ont mis pendant des décennies.
 
- Sur les ports principaux, les opérateurs privés gardent la main. Cela ne vous inquiète-t-il pas ?
- C’est déjà le cas ! Je vous rappelle que Corsica Linea est une entreprise privée ! Demain, elle ne sera privée qu’en partie puisqu’elle devra subir et gérer une minorité de blocage de 34 %. Après-demain, comme le document le précise, il y a un droit de préemption. Si des actionnaires de cet opérateur veulent quitter le navire et vendre leurs actions, ils ne pourront le faire que vers la Collectivité territoriale (CTC) qui a droit de préemption. Donc, c’est 34 % aujourd’hui, mais c’est le minimum !
 
- La Gauche s’est abstenue ou a voté contre, arguant notamment l’inquiétude des personnels. En tant que syndicaliste, que répondez-vous ?
- La gauche aurait du s’inquiéter avant ! Par exemple, quand elle a géré, pendant les cinq dernières années, l’entreprise. Il y a quand même eu un plan social de 600 salariés, où était-elle alors ? Où était-elle, pendant des années, quand nous avons eu affaire à Veolia et à Butler, qui nous ont pillé, ont volé les navires, se sont gavés sur les dos des travailleurs ? Aujourd’hui, elle veut donner des leçons ! Qu’elle retourne faire de la politique, et pas de la politique fiction ! Je suis syndicaliste, la gauche ne peut pas me faire le procès d’intention de ne pas penser aux travailleurs. Je pensais aux travailleurs quand elle ne pensait plus qu’à ses sièges d’élus. Je continue de penser aux travailleurs dont je suis. C’est un faux procès d’intention ! C’est un argument irrecevable !
 
- Le fait que la CTC récupère deux navires ne va-t-il pas poser de problèmes au niveau des personnels navigants ?
- Non ! Absolument pas ! C’est une invention, une hérésie, une vue de pensée de la gauche ! Nous maintenons nos statuts et nos salaires. La gauche ne sait pas gérer une collectivité territoriale, alors qu’elle a joué à ce jeu pendant cinq ans, maintenant elle joue à faire peur !
 
- Peut-on espérer que les tempêtes sur les transports maritimes de la Corse sont désormais révolues et qu’on peut espérer naviguer sur un long fleuve tranquille ?
- Non ! Le long fleuve tranquille, ça n’existe pas ! Aujourd’hui, nous avons tourné la page des dysfonctionnements et du pillage organisé sur le dos de la Corse. Nous sommes en marche pour construire. Nous rentrons dans une construction permanente et nous nous y attachons.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 





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