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"Afrikacorse" : Bienvenue dans le cinéma underground de Gérard Guerrieri


Rédigé par Laurent Hérin le Mercredi 20 Juillet 2016 à 21:14 | Modifié le Mercredi 20 Juillet 2016 - 21:38


Ce Mercredi matin, un cercle de privilégiés a eu la chance d’assister à la première projection du nouvel OVNI de Gérard Guerrieri, "Afrikacorse", au cinéma le Régent de Bastia. Le film, toujours en attente d’un distributeur, a été réalisé dans la douleur, comme ses deux précédents long-métrages. Pas toujours facile de faire du cinéma en Corse !


Daniel Benedittini, directeur du Régent et Gérard Guerrieri, réalisateur (Photos @Laurent H)
Daniel Benedittini, directeur du Régent et Gérard Guerrieri, réalisateur (Photos @Laurent H)
A 49 ans, Gérard vient de boucler son 3e long métrage pour autant de courts et de participations à divers tournages comme assistant ou producteur (sur l’Enquête Corse, Corsicaland, etc.) Pourtant, avec une formation d’archéologue, rien ne le prédestinait à une carrière dans le cinéma. Mais, c’était sans compter sur son goût pour l’écriture et la mise en scène. Et sur une passion sans faille pour le 7e art.
Et il faut l’être, passionné, pour se lancer dans l’aventure de la réalisation d’un film en Corse.  C’est même un véritable parcours du combattant pour un scénariste/réalisateur comme lui de monter un tel projet. Gérard nous explique, en aparté, que les comédiens et leurs agents refusent de jeter un œil au scénario si le film n’a pas de producteur. Mais qu’un producteur refuse, lui, de se lancer dans l’aventure sans un acteur de renom, « bankable » comme on dit dans le milieu. Compliqué !
D’ailleurs, Afrikacorse s’est monté au départ parce que Jean-Claude Dreyfuss a accepté de jouer un des rôles clefs du film, celui du notaire. Mais à quelques jours du début du tournage, volte-face de l’acteur et de son agent qui finissent par refuser de participer à l’aventure, pour cause d’emploi du temps trop chargé. Le même jour, alors que le tournage a débuté, que Gérard est sur le pont avec toute son équipe, on lui refuse l’accès à une villa dans laquelle il était censé tourner. Ce qui doit arriver sur la plupart des tournages devient tout de suite plus compliqué avec de petits moyens et une équipe réduite! Mais pas de quoi décourager le bonhomme.
Aujourd’hui, le tournage terminé, avec pas mal de retard, le film monté et mixé, le réalisateur et le producteur sont toujours à la recherche d’un distributeur.
Et c’est avec son film sous le bras qu’il vient faire face au public, ici en projection presse, bientôt au Festival de Lama ou encore à celui d’Arte Mare en octobre prochain.
Daniel Benedittini, directeur du cinéma Le Régent, a aussi décidé de l’aider en lui proposant de projeter son film pendant une semaine dans ses salles, à la rentrée.
 

Avec Gérard Guerrieri, donnez des couleurs à vos envies !
Avec Gérard Guerrieri, donnez des couleurs à vos envies !
Mais revenons au film. Après une courte présentation, dans laquelle est soulevé le problème du paiement qu’attendent encore certains fournisseurs depuis 3 ans, les lumières s’éteignent et l’écran s’allume. Le film commence sur les chapeaux de roues. On est très vite dans l’ambiance. Et, on peut le dire, la surprise est de taille ! Gérard aime le cinéma et ça se voit. Les références sont nombreuses et se succèdent à un rythme d’enfer. De Kubrick aux Monty Python, de Ridley Scott à Woody Allen en passant par les fameux ZAZ (Zucker Abrahams Zucker de Y a-t-il un Pilote dans l’Avion) ou encore Jean-Pierre Mocky. Mais aussi, ici, une référence aux 3 Frères, des Inconnus, respectivement interprétés avec beaucoup de plaisir par Michel Ferracci, Jacques Leporati et Gérard Guerrieri himself !
Il n’a pas peur non plus de dénoncer, de déranger mais n’oublie jamais de nous faire marrer.
Il aime le côté obscur de l’histoire. Ici, des descendants de généraux SA nazi prêts à tout pour découvrir ou se cache le trésor de Rommel, disparu en méditerranée…ou en Corse peut-être !

Et même si le film est parfois inégal, il nous régale de passages incroyables comme la reconstitution de l’arrivée des trois généraux allemands dans un village corse à la fin de la guerre. Les dialogues sont hilarants et totalement décalés (doublage oblige), les acteurs méconnaissables et la scène finit en apothéose avec un SS qui déambule dans une villa, mitrailleuse dans une main, pot de chambre dans l’autre !
On a bien à faire à une comédie déjanté et décalée. Même à certains passages gores ou à des scènes de poursuites façon Benny Hill. Les anachronismes sont de mises mais peu importe, le plaisir est là.
On sens qu’Afrikacorse est aussi et surtout un film de potes. Tous ces amis présents dans la salle et qui applaudissent à tout rompre dès que les lumières se rallument…
Et, devant ce parterre de journalistes, d’amis, de passionnés, de techniciens et d’acteurs, Gérard, toujours aussi décontracté, en tong, short et débardeur observe, écoute les réactions du uns et des autres. On le sent gêné, ému parfois. Mais son ressort comique est là pour lui permettre de mieux rebondir par une blague ou une touche d’humour. Et pour répondre avec passion aux quelques questions qui lui sont posées.
Pas de doutes, le film est réussi. Touchant et terriblement marrant. Mais pas de doutes non plus, Gérard Guerrieri est bien le vilain petit canard du cinéma en Corse ! Et de conclure sur cette jolie phrase : « Le jour ou je sais pourquoi je fais des films comme ça, il faut que j’arrête de les faire ! »





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