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"Yvan Colonna, la traque" : Pour Benoit Bertrand-Cadi "le témoignage de José Versini est un acte politique et courageux"


Rédigé par le Dimanche 8 Novembre 2015 à 16:08 | Modifié le Lundi 9 Novembre 2015 - 02:24


"Yvan Colonna, la traque" : l'émission de France 2 "Faites entrer l'accusé" était consacrée ce dimanche soir à l'assassinat du préfet Claude Erignac. C'est un documentaire de Benoît Bertrand-Cadi qui a servi de cadre à l'évocation de ce dossier. Journaliste depuis 15 ans en télé - il a travaillé pour des émissions d'enquête ( Envoyé Spécial, Spécial Investigation, Pièces à Conviction, Arte ). Passé par l'agence CAPA ancien rédacteur en Chef d'une Agence de Presse audiovisuelle (TAC Presse) - Benoit Bertrand-Cadi s'intéresse à la Corse depuis de nombreuses années. Tout est parti d'un reportage pour TF1 sur la tragédie de Furiani et au-delà de l'enquête, la volonté d'aller plus loin pour comprendre le contexte corse. Il explique à Corse Net Infos pourquoi il a travaillé plus particulièrement sur ce dossier


"Yvan Colonna, la traque"  : Pour Benoit Bertrand-Cadi "le témoignage de José Versini est un acte politique et courageux"
- Pourquoi cet intérêt pour cette affaire ?
- L'affaire Erignac étant un tournant majeur dans l'histoire de la LLN, j'ai tenté de trouver de la documentation sur l'histoire de ce groupe dans le cadre d'un projet de fiction qui deviendra le film : Les anonymes diffusé sur Canal + dont je fus l'initiateur, avant de me retirer du projet. 
Je me suis rendu compte que ce groupe avait été marginalisé dans l'histoire même du FLNC alors, qu'avant de se radicaliser, ses membres en étaient des piliers. Les policiers, les magistrats, les avocats que j'ai pu rencontrer étaient unanimes : un groupe de militants, sincères, honnêtes, entièrement dévoués à l'idéal d'une Corse qu'ils rêvaient,  mais meurtris par les divisions du mouvement, les compromissions de certains, les morts enfin, notamment celles de Robert Sozzi et de Frank Muzzi qui allaient plonger le mouvement dans des dérives meurtrières. 
J'ai donc entrepris des démarches pour me rapprocher d'eux  et comprendre leur histoire, leurs parcours, leurs motivations, ce qui m'a permis d'écrire un livre paru en mars 2013 : "La véritable histoire du commando Erignac". Un pari que d'aucun considérait comme perdu d'avance tant les préjugés chez certains confrères sur la loi du silence en Corse sont grands. C'est évidemment faux. La seul ambition de ce livre était de replacer leur parcours au sein de l'Histoire du mouvement. Force est de constater que la cas d'Yvan Colonna intéresse plus les media, y compris en Corse, que cette histoire complexe qui a projeté ce groupe de militants vers cet acte ultime, cette tragédie du 6 février 1998.  


- Pourquoi avoir sollicité le témoignage de Joseph Versini ?
- Si José Versini a accepté de témoigner c'est sans doute pour tourner une page de cette histoire et permettre à ses amis encore incarcérés de bénéficier d'une évolution dans leur statut de "prisonnier politique". Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, malgré un parcours carcéral irréprochable sont toujours sous le statut de DPS (Détenu particulièrement surveillé); une absurdité administrative qui obère toute possibilité de rapprochement en Corse pour terminer leurs peines. Pour émouvant qu'il soit, le témoignage de José Versini est un acte politique et courageux  de prise de parole vis-à-vis de la famille de Claude Erignac mais également des autorités françaises.   


- Votre sentiment sur ce dossier au terme de la réalisation de votre documentaire ? 
- Quant à ma conviction sur l'affaire, elle s'est forgée en plusieurs temps : j'ai été tout d'abord très proche de Gilles Siméoni  qui était un ami et qui m'a initié à toutes les carences du dossier concernant Yvan Colonna. Depuis la parution du livre nous n'avons plus de liens… 
Les membres du Commando ont accepté leur condamnation et n'ont pas fait appel de cette décision. Yvan Colonna a bénéficié  d'un soutien médiatique et populaire sans égal. Il a été jugé coupable à trois reprises. Sa stratégie de défense n'a cessé d'évoluer alors que dès son premier procès les membres du commando ont tenté de se rapprocher de ses avocats pour établir une ligne de défense plus cohérente compte tenu des aveux en garde à vue. Ce fut sans suites. Ils en portent, pour certains d'entre eux, la responsabilité. Peut-être que certains ont vu dans la défense d'un fils de notable, d'un ancien député, oh combien respectable, l'opportunité de faire grandir leur notoriété, alors que les autres n'avaient, finalement, que peu de "valeur".
Reste la tragédie entre les hommes, les rancœurs, les lettres rances qui ne font pas honneur à ce que fut leur combat et leur amitié indéfectible jusqu'alors. Reste surtout la douleur d'une famille qui après 5 procès n'a toujours pas entendu la vérité d'un homme qui leur aurait permis un deuil moins douloureux.




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