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Voyage atypique dans l’histoire du Service de Santé de la Grande Armée


le Mardi 20 Août 2013 à 18:33 | Modifié le Mercredi 21 Août 2013 - 00:37


C’est à l’initiative de cette association unique en France, fondée et présidée par le Commandant de la réserve citoyenne du Service de Santé de l’armée Gaston Leroux-Lenci, qu’une exposition sur l’histoire de cette corporation médicale intégrée dans les bataillons, a eu lieu dans le hall de la mairie à l’occasion des festivités de la Semaine Napoléonienne. Corse Net Infos a fait la visite pour vous, remontant le cours de l'exposition jusqu’aux champs de bataille sur lesquels ont combattu, ont été blessés, soignés et sont parfois morts, les soldats de l’Armée Napoléonienne…


Gaston Leroux-Lenci, en uniforme du chirurgien en chef de la Grande Armée Dominique-Jean Larrey, et Eric Sadtler en tenue de Caporal infirmier despotat, lors de l'exposition. (Photo : Yannis-Christophe Garcia)
Gaston Leroux-Lenci, en uniforme du chirurgien en chef de la Grande Armée Dominique-Jean Larrey, et Eric Sadtler en tenue de Caporal infirmier despotat, lors de l'exposition. (Photo : Yannis-Christophe Garcia)
Des scies chirurgicales qui côtoient des couteaux recourbés destinés aux amputations, le tout placé juste à côté de trépans, d’un nécessaire de chirurgien et même… d’un boulet de 14 livres (environ 6 kilos) ! On ne rejouait pas un épisode de Jack L’Eventreur, Docteur House ou Grey’s Anatomy du côté de la Maison Carrée les13 et 14 août, mais bel et bien un fabuleux retour dans le temps ! Un voyage incroyable dans l’Histoire, à travers une remarquable exposition consacrée au Service de Santé de la Grande Armée. Entendons par là évidemment, l’armée de l’Empereur Napoléon Bonaparte, dont on célébrait la naissance le 15 août, dans le cadre de la Semaine Napoléonienne.

Un zoom sur le service de santé de la Grande Armée pour revivre l’Histoire de la Révolution puis de l’Empire
Car si l’on connait généralement assez bien l’histoire de Napoléon Bonaparte et de l’Empire, c’est toujours sous les prismes des batailles, des conquêtes (ou des plus rares défaites) ou encore des éléments de la vie privée de l’Empereur… Et le grand intérêt que revêt cette exposition, c’est précisément celui de revivre l’Histoire du début de la Révolution Française (1789) et la fin de l’Ancien Régime, en passant par le coup d’état du 18 Brumaire de Napoléon Bonaparte (le 9 novembre 1799) jusqu’à l’avènement de l’Empire (1804), par un zoom sur le service de Santé de la grande Armée.
Car le service de santé des armées, organe officiellement créé sous le règne de Louis XV le 17janvier 1708 (avec un corps permanent d’officiers de santé comprenant un nombre déterminé au préalable, s’élevant à 300 médecins et chirurgiens. Ils sont cantonnés dans les régiments frontaliers et dans les ports de guerre. Ces praticiens sont placés sous la haute autorité des ordonnateurs et des commissaires de guerre) va évoluer au fil des ans. Notamment par les impératifs d’adaptation du corps médical face aux nouvelles stratégies militaires.

De l’idéal Révolutionnaire… à la médecine sur le champ de bataille !
Car après 1792, l’heure est à la guerre de mouvement. Sur les champs de bataille, dans les tranchées, les combats au corps à corps et les tirs des canons font des ravages dans les rangs de l’armée française. Obligeant ainsi les pharmaciens, médecins, infirmiers et chirurgiens à porter secours, soigner et opérer au beau milieu du champ de bataille, sous les rafales des canons. Ainsi, le service de santé de la Grande Armée devient le tout premier service d’unité de terrain à cette période troublée. Celui-ci deviendra d’ailleurs autonome en 1888.
Mais ce qui a également changé, c’est la conception même que l’on avait du soldat, à fortiori quand celui-ci était blessé lors de sa mission. « A partir de 1790, il apparait clairement un idéal révolutionnaire qui va conduire à considérer différemment le soldat. Et de fait, au-delà des soldats de son propre camp, on va également soigner les blessés du côté ennemi. C’est notamment à cette époque que va apparaître le statut d’invalide de guerre » explique Gaston Leroux-Lenci, président de l’association du service de santé de la Grande Armée, à l’initiative de cette exposition.

L'exposition sur le service de Santé de la Grande Armée en images. (Photos : Yannis-Christophe Garcia)

Une association de tradition unique en France portée par des passionnés
Et faire vivre la tradition de ce service de santé pour porter à la connaissance de tous, ce pan assez méconnu de l’Histoire, c’est bel et bien le crédo de cette association qui compte 18 membres. Chacun d’eux est d’ailleurs toujours réserviste du service de santé actuellement. Créée en 1998 par Gaston Leroux-Lenci, commandant de la réserve citoyenne du service de santé des armées et infirmier libéral à Ajaccio, elle est labélisée association de tradition du service de santé des armées le 13 mai 2007 par les plus hautes autorités militaires. Ce qui fait d’elle l’association unique en France sur ce thème.
Si l’exposition passe par un bon nombre de rappels historiques nécessaires afin de se replacer clairement dans le contexte de l’époque, ces explications s’intègrent parfaitement dans le panorama global de l’exposition, sans jamais devenir pesantes ou ennuyeuses. La chose tient sans doute, outre l’aspect intéressant et particulier de l’histoire de l’Empire pour les insulaires que nous sommes, au fait que cette présentation est relatée avec passion par Gaston Leroux-Lenci. L’homme sait clairement de quoi il parle, et il transmet ses connaissances avec une passion non feinte.

Des instruments chirurgicaux et pièces d’armement pour s’immerger dans la réalité des combats
Du côté de l’exposition, les visiteurs (insulaires ou vacanciers) ont pu découvrir une foule d’objets de l’époque, qui illustraient à eux seuls tout un pan de cette histoire de la médecine et des soins dans l’Histoire avec un grand "H". Que ce soit par la présentation d’instruments chirurgicaux (scies chirurgicales, couteaux recourbés destinés aux amputations sur le terrain, nécessaire de chirurgien, trépans ajustables, etc.) nécessaires aux interventions les plus pratiquées dans le cadre de la chirurgie dite « de guerre » ou « de bataille », ou encore par l’exposition de l’armement utilisé par les soldats et autres « grognards » (armes, boulets d’artillerie, etc.), qui permettent au public de réaliser la capacité de blessure de cet arsenal sur les corps humains, le public est concrètement immergé dans l’aspect le plus horrible des combats.

Des documents et archives d’époque qui retracent la vie sociale, de la Révolution à l’Empire
Mais malgré cela, il n’est pas question de résumer cette exposition à un simple catalogue des horreurs de la guerre. Car le thème central est bel et bien le service qui apportait des soins aux blessés, du plus légèrement touché au plus gravement atteint. Et là aussi, de nombreux trésors ont été mis à disposition du public, gratuitement. Patiemment rassemblés par l’association (sur ses propres fonds), de nombreux documents d’archives ont pu être présentés, parmi lesquels de remarquables gravures représentant des scènes de la vie sanitaire au combat, des plans des premières ambulances mobilisées sur le front ou encore des archives officielles d’époque (décrets, assignats, textes de loi, journaux, etc.).
Ces véritables « traces historiques » que l’on découvre au fil de la visite, achèvent l’immersion sur les pas des soldats de la Grande Armée. A l’instar d’un film documentaire en caméra embarquée au milieu des tirs de canon et des corps meurtris par les éclats d’obus…
Quelques documents spécifiques à la Corse (vie civile sous la Révolution et durant l’Empire) étaient également présentés. « Au-delà de l’aspect militaire et médical, il était important de présenter les divers aspects de la vie sociétale des gens à cette époque » ajoute Gaston Leroux-Lenci, qui officie en tenue de Dominique-Jean Larrey, chirurgien en chef de la Grande Armée. Tout comme son collègue Eric Sadtler, qui lui, a enfilé le costume d’un caporal infirmier despotat.

Un souci du détail qui n’a pas manqué d’impressionner les visiteurs. Ces derniers sont d’ailleurs venus nombreux assister à l’exposition qui s’est déroulée les 13 et 14 août, dans le cadre de la semaine Napoléonienne.
En définitive, une remarquable exposition offerte au public insulaire et aux vacanciers par des passionnés et qui aura permis durant quelques jours, d’apprendre une foule de choses sur cet aspect méconnu de l’histoire de la Révolution française et de l’Empire.

Yannis-Christophe GARCIA      

SAVOIR +
Association de tradition du service de santé des armées
Contact : napoleon.armee.sante@wanadoo.fr
A Noter : Dans le cadre des activités de l’association, le président Gaston Leroux-Lenci, présentera une conférence sur le thème de « L’état sanitaire de la France durant la Révolution » le samedi 14 septembre à 18h au musée Terre et Temps à Sisteron (Alpes de Haute-Provence). Plus d’infos et contact par mail : musee.terre.temps@sisteron.fr ou par téléphone au : 04.92.61.61.30



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